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Elle était là tout près
Son rire cristallin
Bruissait au fil des pages
De mes livres d'école
Elle parlait d'amitié
Eternelle et sans faille
Comme si de rien jamais
Devait nous séparer
Nous avions l'âge de nos poupées
Et nous jouions à chat perché
Elle était là tout près
Allongée sur mon lit
La brume de ses cheveux
S'entremêlant aux miens
Ses bras de porcelaine
S'abandonnaient aux draps
J'étais neuve et fragile
Etrangement vaincue
Nous avions l'âge de nos vingt ans
Et nous jouions à faire semblant
Elle était là tout près
Désarmant ses contours
Je fouillais ses trésors
Aux charmes transparents
Elle collait à ma peau
Comme l'abeille au miel
Vertige de l'absence
De l'homme tant aimé
Nous étions d'un âge avancé
Et nous cherchions à nous calmer
Elle n'est plus là tout près
J'ai renversé le temps
De la divinité
Toutes griffes rentrées
J'invoque mes démons
Aux lumières éclatées
Pour laisser place nette
À l'homme tourmenté
Nous n'avons plus d'âge ni mémoire
Nos chemins se sont séparés
Elle n'est plus là tout près
J'ai le corps enchaîné
À l'homme du présent
Et de mon devenir
J'ai plié le genou
Sans jamais courber l'âme
Ferme les yeux amour
Et trouve le repos
J'ai traversé des nuits d'orages
Pour n'être plus qu'à mon image
Catherine Ribeiro
Publié par kissea à 21:27:23 dans Lesby | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par kissea à 18:53:14 dans Lesby | Commentaires (0) | Permaliens
Laisse que je dispose de ton corps. Ferme les yeux. Oublie tout ce qui n'est pas. (tel est le point capital). Laisse donc que mes mains disposent de ton corps, le suivent, le préparent dans ses profondeurs de par le contentement et l'appel de sa surface. Comme si je le formais et déduisais de place en place de la suite de ses formes. Ainsi je te fais connaître tes propres parties et leurs dépendances.
Je te lisse, je t'enveloppe, je te presse.
Je t'applique une vie ici et là une douceur te couvre comme une ombre
Une caresse qui (contient) l'ombre d'une force et parfois la prononce, et parfois s'allège et te fuit le long de toi si frôlée que ta chair se hérisse et se dresse vers la paume chargée de vit, etc. Je fais naître une attente de prodiges.
Je te formerai. Je te fermerai toute comme dans une immense main. Tu es prise dans ce que tu veux et que je fais vouloir --- comme tu me fais vouloir ce vouloir.
Maintenant, tu es faite. Et je te connais, je te vois comme en transparence. Que de ressources tu te sens que tu ignorais.
Je te transforme. L'Intelligence passe sur toi.
Paul Valéry
Publié par kissea à 09:37:19 dans In Bed | Commentaires (0) | Permaliens
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