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« A l'abri de rien » est l'un des meilleurs romans français de la rentrée! Olivier Adam décrit l'absence d'avenir près du centre de Sangatte. Portrait d'un jeune écrivain arrivé à maturité.
Il est l'écrivain des fêlures, des émotions à fleur de peau. Ses livres montrent des héros à bout de souffle, prêts à basculer. Olivier Adam parvient comme personne à décrire des vies comme celles des autres, comme les nôtres. Avec l'étouffant et splendide A l'abri de rien, le voici qui risque d'agrandir une audience déjà large. Certains verront là un roman sur Sangatte, le centre d'hébergement et d'accueil d'urgence humanitaire inauguré en septembre 1999, près de Calais et du tunnel sous
Publié par Asulon à 22:00:41 dans Bibliographies | Commentaires (0) | Permaliens
Depuis les années 1980, les mutations économiques et politiques en Chine ont permis et provoqué une reprise de l'émigration issue des provinces côtières de Chine du Sud vers l'Europe de l'Ouest mais aussi l'essor de celle de
Dans un livre passionnant, la sociologue Laurence Roulleau-Berger, directrice de recherches au CNRS, a rassemblé, à côté de ses propres travaux sur le sujet, les analyses d'une dizaine de chercheurs européens présentant la situation en Russie, en Bulgarie, en Autriche, au Portugal ou à Naples, et un contrepoint de Wang Chunguang, de l'Académie des sciences sociales de Pékin. L'ouvrage décrit les nouveaux itinéraires des migrants et la diversification des activités dans lesquelles ils ont été conduits à s'investir, au gré de la saturation progressive des secteurs traditionnels comme la restauration et le petit commerce ethnique, de l'apparition de besoins de main-d'oeuvre dans les industries locales ou de l'émergence de
Il apparaît une féminisation et une hiérarchisation accrues de cette émigration, révélant le processus de mondialisation économique « par le haut » comme « par le bas ». D'un côté, des étudiants chinois en Europe qui deviennent souvent entrepreneurs, des hommes et des femmes d'affaires, des cadres, des migrants bénéficiant de forts réseaux de solidarité locaux et en Chine. De l'autre, des ouvriers mal payés et vulnérables, une main-d'oeuvre féminine peu qualifiée et insécurisée socialement, la dure vie des petites mains du secteur informel.
Le livre montre le rôle des routes du commerce et de l'émigration, comme le lien que constitue le Transsibérien pour les échanges avec l'Europe. Il décrit aussi les peurs dans les pays européens, les discriminations et l'influence des mesures restrictives contre l'immigration.
En conclusion, l'analyse du chercheur chinois Wang Chunguang réconcilie cependant, vue de Pékin, la mondialisation « par le bas » et « par le haut », soulignant les réseaux informels de solidarité qui permettent notamment aux récents émigrés de trouver des capitaux pour financer leur ascension sociale : « La plupart des ouvriers chinois travaillent pour des employeurs chinois qui les nourrissent en même temps. Par rapport aux petits et moyens entrepreneurs locaux, les entrepreneurs chinois gagnent relativement plus d'argent. (...) Par contre, le salaire des ouvriers chinois est moins élevé que celui des ouvriers locaux et, surtout, leurs conditions de travail sont moins bonnes ; mais ils peuvent devenir entrepreneurs en moins de dix ans et s'enrichir assez rapidement, incarnant alors un modèle de «réussite» sociale et économique. »
Adrien de TricornotPublié par Asulon à 19:09:19 dans Bibliographies | Commentaires (0) | Permaliens
Choisir « ses » immigrés, n'est pas une idée neuve. Née à la fin du XIXème siècle, c'est surtout après 1945 que démarre la planification de l'immigration en fonction des besoins de l'économie. Pendant plus d'un demi-siècle vont ainsi se succéder des politiques dont la logique bureaucratique - qui n'a d'ailleurs jamais convaincu le patronat - est de trier les étrangers pour qu'ils répondent au mieux aux aléas des besoins du marché du travail, en restreignant toujours davantage leur droit à un statut stable.
Publié par Asulon à 19:15:26 dans Bibliographies | Commentaires (0) | Permaliens
Les projections démographiques annoncent que la migration sera d'ici une génération le principal, voire l'unique facteur de croissance de la population. Aucun pilotage du solde migratoire, aucun ralentissement du regroupement familial ne sera de taille à inverser cette tendance, sauf à rêver d'immigration zéro ou d'un chimérique baby-boom. Effet d'une infusion durable et non d'une intrusion massive, le brassage des populations dans la société française est un défi à relever, au même titre que le vieillissement. Pour y faire face, mieux vaut discuter des principes que de briser des tabous. Quitte à repenser nos conceptions du volontarisme et de la souveraineté.
Publié par Asulon à 15:38:48 dans Bibliographies | Commentaires (0) | Permaliens
Venues d'Afrique ou du Moyen-Orient, d'Europe Centrale ou d'Asie, chaque année des dizaines de milliers de personnes, fuyant la misère, tentent coûte que coûte de pénétrer sur le territoire français. Beaucoup seront interpellés par la police et placés dans un centre de rétention. Chargé d'un rapport parlementaire, Louis Mermaz a visité ces lieux (de Roissy à Marseille en passant par Calais ou Bobigny), interrogé les divers acteurs (police, associations d'entraide, services médicaux) et enquêté sur le sort réservé aux étrangers ainsi arrêtés (hébergement, restauration, justice). Sa conclusion est rude : "Les zones d'attente et les centres de rétention sont l'horreur de notre République." A partir de nombreux exemples individuels, en nous montrant des atteintes concrètes à l'intégrité morale et physique et en nous faisant découvrir certaines situations bouleversantes ignorées des médias, Louis Mermaz dénonce des "geôles indignes aux frontières de l'humanité".
Publié par Asulon à 18:59:48 dans Bibliographies | Commentaires (0) | Permaliens
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