Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Passe-Passe

.Notre vie est un roman qui s'écrit tout seul. Nous sommes les personnages et nous ne comprennons pas toujours bien ce que veut l'auteur. [GREEN]

13,52 | 02 juillet 2007

Bande son : Eels - Souljacker Part II.

Vie de lycéenne officiellement terminée.

9h58. Bousculade devant la grande porte verte, en bois.
10h05. Les yeux volent au dessus des listings. le ventre serré.
AAA, BBB, CCCC, DDD.
Admis Mention Assez Bien.
Soulagement. Mal de ventre. Déception. Aurai souhaité mieux.
Bousculade encore. La tête tourne. La télé est là. Fuir les caméras. Trouver les amis.

Tu l'as? Tu l'as pas?
Deux heures dans cette cours inconnue hier, oubliée demain. Deux heures qui passent en deux minutes.
Joie. Déception. Larmes. Cris. Tout est là. Tout s'entend.

Et puis. Les appels. Les textos. Suivent.

16h17. Là. N'en reviens pas.
J'ai le Baccalauréat.
Je n'irai plus au lycée.

Etage au dessus.
Ca y'est. Je suis une étudiante.

Publié par Jaya à 16:17:33 dans Trame | Commentaires (0) |

Sex-U-Alité. | 01 juillet 2007

Rien. Néant. Vide. Besoin. Envie. Folie.

Cinq ans d'hôpital. Cinq ans d'enfermement. Cinq ans entre squelettes féminins. Cinq ans à douze ans. 

Libido qui apparaît à seize ans, une fois l'air de dehors dans les poumons. Flirts.

Et puis. Les kilos. La honte. Le dégoût. De moi. D'eux.
Bouahh, pas ces regards sur moi.
Penser plus au suicide qu'au sexe. 
S'en suit un mieux être. Et des envies qui débordent. Mais rien. Parcque dégoût  de vilain corps est toujours là.
Envie d'orgasmes à en devenir folle. Alors découverte du corps. Orgasme OK.
Bras chauds. Sensualité. Baisers torrides. Nuits enflammées. Pas OK.  
 
Vide. Perdue. Où. Mal. D'attendre. Et si.
S'il fallait finir entre les mains de ce Rabbit. Passer par là avant de.
Honte.
Tant de bobards raconter pour cacher cette honte de merde. Honte de cette foutue virginité. 

Il me faudrait un non-voyant. Vilaine fille. Non. Il sentirait. Avec ces mains.
Et puis, au delà du corps contre corps. Asociabilité. Fuite. Communication zéro. Pétrifiée. Peureuse. Timide maladive.

Bouhh un homme. 

Et si.
J'achetais John sur le net.
Ou bien je finissais vieille fille.

Publié par Jaya à 15:48:43 dans Trame | Commentaires (0) |

Dimanche 9 février 2003. | 01 juillet 2007


Bande son
: Michael Andrews - Mad World.


16h30

Papou et maman sont repartis. C'est passé très vite. On n'a fait que parler, parler de tout, de rien, de la maladie, de ce qui m'était difficile...
Il pleut. Je n'ai pas trop le moral.
Maman va rappeler mardi après midi pour savoir si j'ai le droit au téléphone, au courrier et à une visite mercredi ou jeudi prochain (...)
Il y a leur parfum dans ma chambre. Ils me manquent déjà (...).
Au goûter, j'étais toute seule, c'était hyper déprimant, surtout que papou et maman venaient de partir.
J'ai découvert un truc horrible au goûter ; je suis en faite à 1050 calories, car cette tourte de Marie-Jo c'était gourée la première fois qu'elle m'a vu, j'avais un régime de 850 calories, et comme Florence m'a augmenté hier de 200, ça fait que je suis a 1050 !!
Ca me stress vachement, j'ai l'impression d'avoir eu une augmentation et puis j'ai dépassé les 1000 calories, je trouve ça horrible. Je me sens hyper mal d'être a 1050, je trouve ça énorme (...).
Sinon le repas de ce midi c'était assez mal passé ; j'ai pleuré car je n'avais pas la bonne part de viande. (..)
Je suis vraiment trop énervée d'être à 1050.. c'est une horreur, j'ai envi de buter Marie-Jo (..)
Christophe m'a dit qu'il y avait quatre entrants demain. Ce soir, on va être huit. J'ai trop le cafard. En plus je sens que le Dr Berthier ne va jamais me donner le téléphone ni le courrier !! J'ai la trouille putain (...)

20h05
Papa maman me manquent, je les adorent..
(..) Ca ne va pas du tout, je pleure très fort. Le repas de ce soir c'est très mal passé car il y avait trois clémentines en dessert et que d'habitude c'est deux, et du coup, j'étais stressée durant tout le repas à cause de ça et j'ai eu vachement de mal a manger. Je n'ai mangé que deux clémentines, mais je me sens quand même très mal et j'ai très envie de voir papou et maman. C'est atroce ce qu'ils me manquent. Je veux rentrer chez moi, c'est horrible, je n'arrive pas à m'arrêter de pleurer, je veux les voir. (..)
J'ai peur de ne pas les voir ou de ne pas avoir de contacts avec eux pendant longtemps. Je veux les voir, ils me manquent, j'ai mes albums photos sur les genoux, mais c'est trop dur ici..
J'ai envie d'être chez moi bordel, avec eux, j'en peux plus d'être ici. (...)
Je pensais beaucoup à eux pendant le repas ce soir, parcque j'avais du mal a manger et que cet après midi, on avait discuté de mes efforts à faire contre cette foutue maladie. C'est dur.
Je les aime. (..)
J'ai mal au cœur, j'ai l'impression d'avoir un énorme poignard d'enfoncer dedans quand je pense a eux. (...)
J'en peux plus de souffrir comme ça, de me torturer l'esprit. Il faut que je me détende, que je respire profondément et que je sois positive. (...)
Je suis ici pour me soigner, et une fois que je serais en meilleure forme, je sors. Et dehors je finis de guérir et puis à moi la belle vie...

 

Publié par Jaya à 15:17:53 dans Avant | Commentaires (0) |

.T'es qui toi?. | 24 juin 2007

Dix-huit ans. Bac S passé il y a treize jours.
Issue d'une petite famille en apparence douce et tranquille : Papa, Maman, Grand frère et Moi. Ballades en vélos le dimanche. Randonnées en montagne. Vacances dans la maison familiale en bord de mer.
Sauf que.
Sauf que Grand frère est violent, dans ses mots et dans ses gestes. Et que Petite soeur a manqué crever plus d'une fois entre ses mains.
Sauf que Maman chiale sans cesse, que la semaine, elle vit comme une petite casanière, entre le grand père, la voisine gâteuse, l'épicier du coin et le fer à repasser. Et cela depuis vingt ans.
Sauf que Petite soeur a passé cinq années à l'hôpital psychiatrique.
Et que Papa, lui, semble indifférent à tout cela.
Voilà.

Le séjour à l'hôpital est dû au fait qu'un jour, du haut de mes douze ans, j'ai décidé de ne plus nourrir ce corps qui semblait bien trop volumineux pour moi. Les kilos se sont alors envolés, les uns après les autres. Et petite conne que j'étais je suis, je n'ai pu stopper la descente.
Alors direction les murs blancs, une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, cinq fois, six foix.
Mes séjours à l'asile l'hôpital se déroulaient en plusieurs étapes. J'arrivais squelettique. On m'engraissait me faisait reprendre du poids. On faisait style je parle aux gentils psychiatres qui me remettent dans le droit chemin. J'atteignais un poids qui me permettait de parler et de marcher sans tomber. Je ressortais. Je maigrissais. Je revenais.
Jusqu'à ce que.
A la quatrième hospitalisation, JE me mis à "lâcher prise", comme ils disent dans leur jargon de grands savants. Et la petite aiguille de la balance s'est amusée à partir à l'opposé.

Alors. Une boîte. Deux boîtes. Dix boîtes. Rails du métro parisien. Ballade sur les toits. Tout y est passé.
Pleins d'hôpitaux testés. Lariboisière. L'hôtel Dieu. Simone Veil.
Seul le souvenir de la sirène est resté. Au-delà, c'est flou. Des gens. Qui me parlent. Me secouent. Me rassurent. Me perfusent. Oui, souvenir des perfusions aussi. Partout des tuyaux de tout côté. Des médecins qui ne comprennent pas "pourquoi une jeune fille veut mettre fin à ses jours", qui tentent d'effrayer "tu sais que tu bousilles ton foie là".
Et pour moi, toujours l'unique et obsédante envie de Mourir.

Et puis, petit à petit, je me suis dit que je devais manquer de force ou de courage, que la fin n'était pas pour aujourd'hui. Que je devais sûrement attendre encore un peu. Alors je suis rentrée en Clinique. Je ne sais pas vraiment pourquoi en fait.
Sûrement parcqu'à la maison, c'était invivable, pour eux. Pour moi.
Alors j'ai reparlé à des gens qui n'étaient pas attaché à leur lit. J'ai re-ris, doucement. J'ai réappris les divisions, les atomes, les fonctions, la géologie et la biologie. Passé mon bac de français.
Et puis, il y a un an. Tout juste. Je me suis mise à hurler. A hurler dedans et dehors aussi. Pour une fois.
Et j'ai dis "merde". J'ai dis "j'me casse". J'ai dis "aller vous faire foutre". J'ai dis "je veux revoir des vrais gens".
Beaucoup m'ont rit aux nez. Des médecins. Et puis des professeurs. J'avais trop de lacunes selon eux. Et puis la terminale S, ça allé être dur. Trop dur. Et puis les vrais jeunes, je n'en avais pas vu depuis quatre ans.
Mais j'ai dis merde quand même. En tremblant. Mais je l'ai dit.

Septembre 2006. Je suis arrivée dans cet immense endroit qui grouillait de monde. De la sixième jusqu'en khâgne. Je n'avais pas choisit le plus petit lycée.
J'ai pleuré. Pendant deux mois. Tous les matins et tous les soirs. J'ai souri le jour et pleuré la nuit. Je me suis flagellée de l'intérieur en me disant que, pauvre conne, quelle idée de vouloir toujours prouver qu'on est plus forte. Surtout quand on est la première à dire qu'on est la plus faible.
J'ai travaillé, comme une cinglée. Et sanglotée en silence à chaque fois que le professeur abordait des notions de seconde ou de première. Que je n'avais donc pas vu.
Et puis j'ai mentis aussi. Beaucoup mentis. Il a fallut m'inventer une vie. Quand des questions touchaient les années passées. Et puis ne pas se tromper, se souvenir de ce qu'on a dit à untel et untel. Et souvent, esquiver les questions. Sourire, ça aide de sourire, les gens oublient.

Et surtout, j'ai rencontré des gens. Des vrais. Ceux dont je rêvais et qui me paraissaient si loin depuis des années. Je leur ai parlé. J'ai ris avec eux comme je n'avais jamais ris avec personne. Je suis même partie en vacances avec certains.
Et là je me suis dit que je devais être normale. Ou bien que tout le monde était fou.

Juin est arrivé. Le stress s'est décuplé. Le Bac est passé.

24 juin 2007. Je suis là, toujours debout. Toujours X kilos de trop. Toujours un mal à l'âme plus ou moins marqué suivant les jours. Mais je suis là, et j'ai réappris à sourire, à parler, à croire en moi, et à aimer la vie, parfois.

plumes

Publié par Jaya à 18:53:01 dans Avant | Commentaires (0) |

Côtes d'Armor | 22 juin 2007

Enive, envie, envie...
De partir loin. Respirer l'iode. Le vent. Le sable. Le soleil de là-bas. Oublier cette année. Ces années. Retrouver douceur. Légerété. Rire, fous-rires, à s'en crevr le bide. Se saouler au vent.

Dans quelques semaines. Peut-être.
Si assez de force, de motivation pour.
Si les résultats du Baccalauréat ne sont pas trop mauvais, pour moi, pour elle.
Si je n'ai pas tout laissé tomber d'ici là.
S'il ne m'a pas oublié.
Si la peur ne m'arrête pas cette fois.

Alors peut-être. Peut-être. Que l'on ira.

 

Publié par Jaya à 16:55:39 dans Au loin | Commentaires (0) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| >>

Tous les derniers titres

Novembre

DiLuMaMeJeVeSa
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930     
  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03