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Don Juan | 26 juin 2007

Don Juan : Donnez-moi un baiser pour gage de votre parole. Charlotte : Oh ! Monsieur, attendez que nous soyons mariés je vous prie ; après ça, je vous baiserai tant que vous voudrez. Don Juan : Eh bien ! Belle Charlotte, je veux tout ce que vous voulez ; abandonnez-moi seulement votre main, et souffrez que par mille baisers, je lui explique le ravissement où je suis...

Publié par baroudia à 20:14:48 dans baroudia | Commentaires (0) |

Les deux bonnes soeurs | 26 juin 2007

 La Débauche et la Mort sont deux aimables filles,
Prodigues de baisers et riches de santé,
Dont le flanc toujours vierge et drapé de guenilles
Sous l'éternel labeur n'a jamais enfanté.
Au poète sinistre, ennemi des familles,
Favori de l'enfer, courtisan mal renté,
Tombeaux et lupanars montrent sous leurs charmilles
Un lit que le remords n'a jamais fréquenté.
Et la bière et l'alcôve en blasphèmes fécondes
Nous offrent tour à tour, comme deux bonnes soeurs,
De terribles plaisirs et d'affreuses douceurs.

Quand veux-tu m'enterrer, Débauche aux bras immondes?
Ô Mort, quand viendras-tu, sa rivale en attraits,
Sur ses myrtes infects enter tes noirs cyprès?

                                                                     Baudelaire

Publié par baroudia à 15:17:15 dans baroudia | Commentaires (0) |

Allégorie | 26 juin 2007

 

C'est une femme belle et de riche encolure,
Qui laisse dans son vin traîner sa chevelure.
Les griffes de l'amour, les poisons du tripot,
Tout glisse et tout s'émousse au granit de sa peau.
Elle rit à la Mort et nargue la Débauche,
Ces monstres dont la main, qui toujours gratte et fauche,
Dans ses jeux destructeurs a pourtant respecté
De ce corps ferme et droit la rude majesté.
Elle marche en déesse et repose en sultane;
Elle a dans le plaisir la foi mahométane,
Et dans ses bras ouverts, que remplissent ses seins,
Elle appelle des yeux la race des humains.
Elle croit, elle sait, cette vierge inféconde
Et pourtant nécessaire à la marche du monde,
Que la beauté du corps est un sublime don
Qui de toute infamie arrache le pardon.
Elle ignore l'Enfer comme le Purgatoire,
Et quand l'heure viendra d'entrer dans la Nuit noire,
Elle regardera la face de la Mort,
Ainsi qu'un nouveau-né, - sans haine et sans remord..

Publié par baroudia à 15:14:53 dans baroudia | Commentaires (0) |

Suite | 26 juin 2007

Elle s'accrocha à lui avec un sifflant soupir d'émerveillement qui était presque un soupir de crainte, de terreur. Il la tenait fort, mais ne disait rien. Il ne disait jamais rien. Elle glissa plus près de lui encore, plus près pour être tout près de ce miracle sensuel qui était lui. Et, du fond de son absolue, de son incompréhensible immobilité, elle sentit de nouveau la lente et fatale montée du phallus, de l'autre puissance. Et son coeur  fondit et s'écroula dans une sorte de terreur. Et, cette fois, la présence de l'homme en elle ne fut que douceur et chatoiement, si pure qu'elle devenait insaisissable. Tout son être frémit, inconscient et vivant, comme du protoplasme. Seulement cela. Après, elle resta entièrement tranquille, entièrement sans connaissance, elle n'aurait pu dire combien de temps. Et il était tranquille comme elle, plongé avec elle dans un insondable silence. Elle ne pouvait savoir ce que c'était. Elle ne pouvait se rappeler ce que ç'avait été ; seulement que ç'avait été plus délicieux que rien autre ne pouvait ne pourrait jamais l'être.

Publié par baroudia à 14:57:50 dans baroudia | Commentaires (0) |

Et de tout cela, ils ne parleraient jamais. | 26 juin 2007


 

 

L'amant de Lady Chatterley

D.H. LAWRENCE

Et il lui sembla qu'elle était comme la mer. Dans le reflux, elle comprit toute cette beauté. Maintenant tout son corps s'accrochait avec un tendre amour à l'homme inconnu et aveuglément, au pénis défaillant qui tendrement, faiblement, sans le savoir, se retirait, après le furieux assaut de sa puissance. Comme il se retirait, chose secrète et sensible, et abandonnait son corps, elle poussa un cri inconscient, un cri de pure perte, et elle essaya de le remettre. Ç'avait été si parfait ! Elle en avait eu tant de joie !

 Et maintenant seulement, elle comprenait la petitesse du pénis, sa délicatesse, sa réticence de bourgeon ; et un petit cri d'émerveillement et de douleur lui échappa encore ; le cri de son coeur de femme émerveillé par la délicate fragilité de ce qui avait été la puissance.-Que c'est beau ! Gémit-elle. Que c'est bon ! Mais il dit rien ; il l'embrassait seulement doucement, couché sans mouvement sur elle, et elle gémit avec une sorte de béatitude, comme une victime, comme une chose qui vient de naître.Et maintenant dans son coeur s'éveillait l'étrange émerveillement qu'elle avait de lui. Un homme ! L'étrange puissance de la virilité sur elle ! Ses mains erraient sur lui, encore un peu craintives devant cette chose étrange, hostile, légèrement repoussante qu'il avait été pour elle : un homme. Et maintenant elle le touchait, et c'étaient les fils de Dieu avec les filles des hommes. Qu'il était beau et charmant, fort, et pourtant délicat ! Quelle immobilité du corps sensible ! Quelle absolue immobilité, l'immobilité de la puissance et de la chair délicate. Qu'il était beau ! Elle lui glissa craintivement les mains le long du dos jusqu'aux globes doux et serrés des fesses. Beauté ! Quelle beauté !

Publié par baroudia à 14:51:22 dans baroudia | Commentaires (0) |

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