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Dans la foret lointaine...

Journal d'une jeune étudiante païenne, écolo et parfois un brin tordue.

Je cours partout | 05 juin 2007

Je crois que je vais passer ma semaine à courir dans tous les sens et à stresser pour être dans les temps. Et je ne peux m'en prendre qu'à moi-même...Et oui, Isaïà, lorsqu'elle a quelque chose d'important à faire, elle s'y prend toujours au dernier moment et elle se retrouve avec tout qui lui tombe sur le dos en même temps. Je vous explique : l'année prochaine, je migre de Montpellier à Lyon, je dois donc demander un transfert de dossier entre ma fac actuelle et ma prochaine ; on m'avait dit qu'on ne pouvait pas faire de demande avant d'avoir ses résultats, alors moi je m'étais dit c'est bon, pas de problème, j'ai le temps...Ouais, tu parles ! Aujourd'hui, une amie allait sur Lyon, alors je me suis dit que c'était le bon jour pour faire ma demande. Et qu'apprend-je dans le bureau de la secrétaire ? Qu'il faut que le dossier leur parvienne vendredi dernier délai. VENDREDI ! Je vous explique qu'entre temps je dois faire signer ma demande de transfert par le président de ma fac en personne (rien que ça...), que je fasse photocopier des documents qui sont restes chez mes parents en Auvergne (donc en gros il faut que je remonte chez eux dès demain...) et que j'envois tout ça en recommandé (pour faire court, demain matin il faut que je cours jusqu'à ma fac en esperant que le president y soit et qu'il ait le temps de me recevoir, puis ensuite je dois sauter dans un train direction Clermont-Ferrand, photocopier tous les documents qu'il faut, puis courir jusqu'à la poste avant qu'elle ne ferme et poster tout ça en priant pour n'avoir rien oubliè; bref, en fait ça ne fait qu'une journée de stress terrible). Je crois que je vais pleurer...
Moi qui avait prévu une petite semaine d'introspection et de méditation, je crois que j'ai plus qu'à remettre tout ça à plus tard, parce que toute cette agitation autour de mon inscription à Lyon III a déjà bouffé la moitiè de ma semaine et puis, chez mes parents, l'introspection, ce n'est guére possible :D.

Publié par Isaïàenchemin à 19:38:50 dans Comme un long fleuve... | Commentaires (0) |

Le conte de Regula | 03 juin 2007

J'ai trouvé interessant d'introduire cette partie consacrée à la Femme et à la feminitude par ce conte sur les menstruations . Peu de femmes acceptent leurs régles avec "joie" et beaucoup les considérent encore comme quelque chose de sale et/ou de honteux,  et c'est encore un sujet tabou dont certains hommes se servent pour rire ouvertement des femmes, des differentes phases de leur cycle et des changements que ça entraine dans leur état d'esprit. Pourtant, les régles sont primordiales dans notre decouverte de notre Feminin Sacré et c'est un maginfique cadeau que nous fait la Déesse chaque mois. Bonne lecture...

Régula est un drôle de phénomène, avec un caractère imprévisible. Je dirai même lunatique.
Elle menait une vie très curieuse ; quatre à cinq jours par mois à peine, elle se montrait au grand jour, avec hésitation ou parfois de façon intempestive, et d'autres fois encore de façon abondante- ce qui serait le mot le plus juste.
Le reste du mois Régula ne se manifestait pas. Rien. Pas un signe de vie. Le silence le plus complet. Elle restait à l'intérieur.
Régula avait tout entendu sur elle. On la traitait avec beaucoup de mépris, de honte... Le comportement des autres, des femmes en particulier, était ambivalent.
On se souhaitait pas réellement sa venue et on s'inquétait ou on se réjouissait fort dans certains cas de son absence.
Vous l'avez deviné, la vie de Régula était un vrai casse-tête. D'abord sa naissance. Elle arrivait sans prévenir, un dimanche ou un lundi, n'importe quel jour, à n'importe quelle heure. Et quand elle surgissait pour la première fois, il y avait beaucoup d'émotion chez la petite fille qui l'accueillait. Car Régula ne naissait que chez les petites filles dont l'âge variait entre onze ans et parfois seize, dix-sept ans.
Je vous l'ai dit. Elle arrivait sans crier gare, s'installait, se répandait durant trois, quatre, cinq jours. Sa couleur préférée était le rouge- rouge sang- pour tout dire.
Autrefois on l'accueillait dans des serviettes. A cette époque là, elle avait de la place.
Aujourd'hui, la plupart des femmes tentèrent de coincer Régula avec des petits tampons qui la comprimaient, la compressaient et l'absorbaient tout à la fois.
Je peux vous dire, elle aurait aimé couler librement sans retenue, au grand air. Régula ne comprenait ni le mystère, ni la honte, ni les sentiments très contradictoires qui l'entouraient.
Elle aurait aimé être acceptée pour ce qu'elle était, une honnête travailleuse, faisant ou accomplissant son boulot de nettoyage avec courage, ponctualité et rigueur. Régula savait son rôle essentiel à la vie des femmes.
La plupart lui devaient beaucoup sans le savoir, bon sang.
Régula aurait mérité d'avoir une fête... un témoignage de reconnaissance qui montre enfin au grand jour le rôle essentiel qui était le sien.
A la fin de sa vie, quand Régula disparaissait définitivement, beaucoup de femmes se disaient soulagées, et plus encore disaient la regretter. Le rêve de Régula aurait été de trouver un corps de femme qui l'accueille inconditionnellement, sans réticence, sans cachotterie, sans ambiguïté.
Oh ! Ne croyez pas qu'elle ait espéré un jour être aimée, cela, elle n'avait jamais pu se l'avouer, au plus profond de son silence, au plus secret de sa détresse.
Si vous m'avez vraiment entendu, vous devez entendre que l'existence de Régula est le symbole de la solitude la plus poignante, celle de ne pas avoir donné la vie.
Quand une femme porte la vie en elle, Régula disparaît pour de longs mois sans hésiter, sans revendiquer, elle se cache alors derrière la Voie lactée. Quand elle revient triomphalement et que le cycle de sa propre existence reprend, elle bouillonne d'impatience d'être respectée, reconnue et pourquoi pas glorifiée !
J'aimerais pour ma part que Régula soit appelée par un nom personnalisé. J'inviterais chaque petite fille, dans les trois mois qui suivent son arrivée au monde, à lui donner un prénom, un petit nom familier qui l'identifie comme un personnage important, unique et respectable.
Je connais une petite fille qui disait : « Thérèse est revenue » ou encore « Thérèse ne va pas tarder ». Il y avait beaucoup d'affection entre Thérèse et elle ! Car le dévouement de Régula sera sans limites durant quarante ans de la vie d'une femme.
Ce que je ne vous ai pas encore dit, c'est que Régula est un véritable baromètre pour les états d'âme. Elle est capable de faire mal, très mal au ventre le jour de son retour, quand elle sent que la femme qui la porte se vit mal comme femme ou s'accepte difficilement dans sa féminitude. Elle est comme ça , Régula.


Par Jacques Salomé

Publié par Isaïàenchemin à 17:43:37 dans Être Femme | Commentaires (0) |

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