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Laissez-vous entraîner par ce lieu de songes, de poésies et de réflexions personnelles... Le tout mélangé d'une pointe d'ironie et de gourmandise...

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Monde cruel des étudiants | 25 juin 2008

Je ne le pense pas vraiment bien sûr puisque j'aime être étudiante. Disons qu'il y a des points positifs et négatifs.

 

Points positifs :

- Pas encore de vraies responsabilités.

- Une vie un peu bohême.

- On peut partir voir des amis à l'autre bout de la France sur un coup de tête.

-On peut passer sa vie avec nos amis si on peut le concilier avec les études.

- On ne vit plus chez les parents sans avoir le stress de la vie active.

- Pour peu qu'on aime nos études (comme ça a été mon cas en lettres), c'est le paradis.

- Les villes étudiantes sont généralement assez dynamiques. Bon ok, Amiens est une exception.

- Nous ne sommes pas imposables.

 

 

Maintenant les points négatifs :

- Pas beaucoup d'argent, il faut toujours compter.

- Si les parents ne peuvent ou ne veulent pas payer les études, il faut concilier job et études.

- Le stress des exams et des concours.

- La peur de ne pas trouver de travail après les études.

- Les résidences étudiantes, les immeubles habités que par des étudiants aussi en fait (les voisins sont un cauchemar quand on aspire au calme et quand on veut dormir avant minuit).

- Les parents sont toujours sur notre dos parce qu'ils ont peur qu'on échoue.

Et enfin le dernier point négatif :

- Il faut trouver un job d'été !

 

D'habitude, cela ne me cause pas de problèmes : tous les étés, je travaillais pour la mairie de Toulon. Seulement voilà : cette année, la mairie n'embauche pas de saisonniers et j'ai été prévenue aujourd'hui. Et je fais comment maintenant pour trouver un job pour juillet ?
Monde cruel des étudiants...

 

 

 

Publié par Sen à 22:29:15 dans Anecdotes | Commentaires (10) |

Relooking | 25 juin 2008

Etant sujette en ce moment aux insomnies (mais je crois surtout que je suis décalée), je me suis amusée à relooker entièrement mon blog. Je n'en pouvais plus de ces tons verts ! Et puis, mon blog s'intitule rêveries au chocolat" et non "rêveries à l'anis" alors le marron est plus approprié. Honnêtement, vous en pensez quoi ? Bon, ce n'est pas tout mais ça m'a épuisée alors je vais aller dormir en espérant trouver le sommeil.

Publié par Sen à 01:42:44 dans Coups de coeur | Commentaires (8) |

La vie continue : Le coquillage nacré | 24 juin 2008

Voici la suite de "La vie continue". Pour lire le début, voir le thème intitulé La vie continue".
Avertissement : il s'agit d'un écrit d'ado donc le style est celui d'un ado. Vous savez donc à quoi vous en tenir si vous lisez ce récit. Sur ce, bonne lecture !

Je ne sais pas si ce récit intéresse vraiment du monde. Il faut dire qu'il n'est pas terrible. Mais bon, j'y tiens beaucoup malgré tout alors j'ai envie de le faire partager.

     Suite à mon aventure du premier jour, Cyril me surveillait sans arrêt. Mais comment pourrais-je lui en vouloir ? Il redoutait tellement qu'une idée farfelue me vienne à l'esprit ! Toutes les cinq minutes, des remarques fusaient telles que " Flo ! Viens mettre de la crème solaire ! " ou bien encore " Ne nage pas trop loin, c'est dangereux ! ". Et j'en passe. Quant à Chloé, elle guettait la moindre réaction de ma part et dès qu'une folie surgissait dans ma tête, elle s'empressait de la chasser. Malgré tout cela, nous nous amusions énormément tous les trois. Les vacances s'écoulaient calmement aux rythmes des vagues et du charme des Caraïbes. Le matin était consacré aux promenades et l'après-midi était égayée par la mer et les jeux. Cependant, chaque journée avait son charme personnel.
     Une semaine s'était écoulée depuis notre arrivée et nous nous apprêtions à aller en ville. Cyril ne nous accompagna pas, car il avait très mal à la tête et préférait se reposer. Chloé et moi lui avions proposé de lui tenir compagnie mais il avait catégoriquement refusé sous prétexte de nous gâcher une belle matinée. C'est ainsi que mon amie et moi arpentions les rues. Les adultes faisaient des courses et nous devions les rejoindre à l'hôtel plus tard. Nos sacs en bandoulière, nous flânions de vitrines en vitrines. De temps en temps, Chloé tombait sous le charme d'un bijou ou d'un vêtement quelconque tandis que je préférais nettement boire une boisson fraîche ou manger une glace sur une terrasse à l'ombre d'un palmier. Après avoir parcouru le centre ville pendant une petite heure, acheté un maillot de bain pour Chloé "absolument irrésistible" et mangé une bonne glace avec une montagne de chantilly, nous rejoignîmes l'hôtel à pied.
     - De quoi se dégourdir les jambes ! déclarai-je en riant tandis que Chloé haletait et maudissait le soleil.
     Cette petite marche me plaisait par-dessus tout grâce aux petits sentiers pittoresques. Les chemins de terre longeaient les habitations des autochtones, nous donnant ainsi un bref aperçu de leur mode de vie. Mais même si j'aimais bien me promener, j'étais quand même bien contente de retrouver le hall climatisé de l'hôtel.
      - Viens, dis-je, allons si Cyril va mieux.
     Elle approuva et grimpa les escaliers à toute allure. Mais elle s'arrêta nette sur le premier palier lorsqu'elle s'aperçut que je ne la suivais pas.
     - Flo, que fais-tu ?
     Je ne répondis pas. A vrai dire, je ne la regardai même pas. Mon regard était fixé sur la plage. Parmi tous les baigneurs se détachait une silhouette familière. Mon coeur fit un bond dans ma poitrine. Thomas ! Aucun doute possible, c'était bien lui. Bien évidemment, il était entouré de sa bande.
     - Flo ?
     Chloé m'appelait. J'aurais dû lui répondre mais n'y parvenais pas. Mes yeux ne pouvaient se détacher de mon ancien rival. Il riait. A cet instant précis, j'aurais aimé courir vers lui, le saluer gaiement et lui proposer une nouvelle course endiablée. Mais mon souhait était irréalisable, mes amis ayant pris en grippe le garçon et me détournant de lui dés que je tentais de l'approcher.
     Cyril me tira de ma rêverie. Il nous avait vues arriver par la fenêtre et était descendu dans le hall à notre rencontre. Je devais avoir une tête bizarre, car il me demanda ce qui n'allait pas.
     - Rien, rien. Je t'assure. Tiens, si Chloé et toi allez voir ma tante et ta mère ? Je vous rejoindrai tout à l'heure.
     Ils n'insistèrent pas. Dès qu'ils disparurent, je me précipitai vers la plage. Pourvu que Thomas soit toujours là ! Ce serait trop bête de le rater de si peu ! Malheureusement, j'avais beau chercher, il était introuvable. Mais où pouvait-il bien se cacher ? Je jetai un regard circulaire autour de moi. Des bandes d'enfants s'affairaient sur le sable ou dans l'eau mais Thomas demeurait invisible.
     C'est alors que je me souvins de ses paroles la dernière fois : " Reviens ici, comme ça, nous aurons l'occasion de nous revoir". Mais bien sûr ! Il se baignait certainement dans la crique. Je grimpai les rochers à une allure à battre tous les records. J'étais enfin sur la falaise, exactement au même endroit où Cyril nous avait surpris dans l'eau, et je dominais la bande de sable. Mon regard se braqua sur un garçon de onze ans environ aux cheveux blonds. C'était lui, je l'avais enfin retrouvé ! Curieusement, il était seul.
     - Thomas ! criai-je en agitant frénétiquement la main.
     Il se tourna lentement vers moi et nos yeux se croisèrent durant l'espace de quelques secondes. Des yeux moqueurs et charmeurs à la fois ! Ses prunelles pétillèrent de malice lorsqu'il me reconnut.
     - Flo.
     - Tu m'autorises à venir sur ta plage ?
     Sans attendre la réponse, je sautillai vers la crique. La descente ne dura que quelques secondes durant lesquelles j'avais l'impression de courir vers un rêve insensé et déraisonnable mais peu importe. Tandis que je bondissais de rochers en rochers, il s'écria :
     - Te voilà enfin ! Toute cette semaine, je t'ai aperçu de loin mais je n'osais pas t'approcher à cause de ce garçon.
     Il avait prononcé ce dernier mot avec une pointe de mépris dans la voix. Je n'en tins pas rigueur.
     - Pourtant, répondis-je, je ne t'ai pas vu une seule fois de toute la semaine. 
     - Nous pourrions rattraper le temps perdu. Qu'en penses-tu ?
     - Je ne sais pas trop.
     - S'il te plaît, essaie de faire un effort ! Nous ferons de la plongée sous-marine. Procure-toi un masque, un tuba et des palmes.
     De la plongée sous-marine ! Je n'en avais jamais fait mais cela promettait d'être très intéressant. J'acceptai donc sa proposition avec enthousiasme.
     - Très bien mademoiselle, alors rendez-vous à trois heures ici.
     Deux heures plus tard, j'étais déjà sur place avec mon sac à dos contenant le matériel de plongée. Chloé et Cyril avaient été très déçus que je ne vienne pas me baigner avec eux. Ils trouvaient même mon comportement plutôt étrange. C'était plutôt normal : j'avais fait un mystère à propos de cet après-midi. Tant pis. L'essentiel était qu'ils ne se doutent de rien.
     Je me demandai si Thomas ne s'était pas moqué de moi et s'il comptait réellement venir lorsque j'entendis un cri horrible. Je sursautai mais me calmai quand un rire bien connu retentit.
     - Thomas ! Ce n'est pas drôle !
     - Oh si, répliqua-t-il, si tu voyais ta tête !
     Il retrouva rapidement son sérieux et étudia l'état de l'eau.
     - Par-là, me dit-il en désignant un endroit du doigt, il devrait y avoir pleins de poissons. Nous explorerons donc ce coin-là.
    Comme je n'avais plongé, il m'aida à placer correctement mon matériel. Je ressentis quelque chose d'inhabituel lorsqu'il serra le masque à ma taille. Son visage était délicieusement proche du mien... L'excitation et la joie se mélangeaient en moi.
     - Ce n'est pas trop serré ?
     Ses yeux étaient penchés sur moi. Ils reflétaient la bienveillance. Son visage respirait la franchise, la sincérité et... l'émotion !?
     Il attendait une réponse. Je bafouillai imperceptiblement :
     - Euh... oui... euh...
     - Alors allons-y, murmura-t-il d'une voix étrangement chargée de douceur.
    Nous pénétrâmes lentement dans l'eau. Les palmes nous empêchaient de marcher correctement qu'importe ! Toute mon attention était portée sur lui et rien que lui. Je ne me lassais pas d'observer son visage si pur, d'habitude plutôt moqueur. Lui-même me lançait de temps en temps des coups d'œil furtifs. Dans ces cas-là, je détournais vivement la tête mais il devinait... Un caillou quelconque coinça tout à coup ma palme et je trébuchai.
     - Thomaaaaas !!!!!!!
     Il se précipita vers moi et stoppa ma chute. Instinctivement, il me prit dans ses bras. Je le laissais faire malgré le trouble que j'éprouvais. Je ne trouvais pourtant pas désagréable le contact de sa peau chaude et douce sur la mienne. Il me lâcha soudainement avant que la situation ne devienne vraiment embarrassante. Il éprouvait sûrement de la gêne, car il dit avec rapidité et sans me jeter un coup d'œil :
     - Bon, ici, nous pouvons plonger. C'est assez profond.
     A peine eut-il dit cela qu'il s'engouffra sous l'eau.
     - Lorsqu'il faut y aller...
     Je m'élançai à mon tour sous les flots. Cependant, dès que ma tête fut l'eau, ma respiration se bloqua. Affolée, je relevai vigoureusement la tête.
     Thomas m'avait vue faire et demanda :
     - Flo ? Que se passe-t-il ?
     - Je n'arrive pas à respirer !
     Il eut l'air soulagé. Comme si ce n'était qu'une broutille !
     - Ce n'est pas grave. Tu n'as tout simplement pas l'habitude. De l'eau a dû pénétrer dans ton tuba. Dans ce cas-ci, souffle d'un coup sec pour la faire sortir.    
     Après tous ces conseils, je plongeai une nouvelle fois et remarquai avec émerveillement que j'y voyais parfaitement grâce au masque. De plus, j'avais enfin compris le système du tuba. En quelques battements de palmes, je rejoignis Thomas et nous partîmes enfin à la découverte des fonds marins. Jamais je n'aurais cru que c'était si agréable ! Je nageais gracieusement. Mes cheveux flottaient autour de moi et me chatouillaient le visage. Sous moi s'ouvrait un nouveau monde rempli de merveilles, de mystères et de silence. Des couleurs chatoyantes se déployaient. Les algues émeraudes se balançaient, se laissant aller aux rythmes des vagues et des courants. Des coquillages de nacres et de corail tapissaient les rochers et le fond sablonneux. Des poissons plus ou moins gros s'aventuraient parfois près de moi lorsque je ne bougeais pas. Et pas le moindre chuchotement ne troublait ce petit monde. Seul le bruit de ma respiration parvenait à mes oreilles. Si j'en avais eu le pouvoir, je l'aurais retenue afin de ne pas troubler cette harmonie marine. De temps en temps, quelques rayons de soleil s'infiltraient sous l'eau, éclairant d'une lumière blafarde la surface lisse d'un rocher.
     Tout à coup, Thomas attira mon attention sur un splendide poisson exotique de la longueur de mon avant-bras. Le jaune vif de ses écailles était strié de minces rayures bleu marine. Il disparut derrière un rocher. Mon ami désigna l'endroit en question du doigt. Je compris qu'il m'invitait à prendre cette direction. Je hochai la tête de haut en bas en guise de réponse. Nous nous trouvions donc à présent dans un endroit beaucoup plus sombre que précédemment. Une haute falaise se dressait juste à côté de nous. Ce coin-là était imbibé d'une couleur noir-bleuté. Seules quelques plaques de mousses dégageaient une lumière verdâtre. J'étais en pleine extase. Des poissons plus beaux les uns que les autres s'offraient à ma vue. Thomas aggrippa ma main. Curieusement, sous le charme de la situation, ce geste ne me troubla pas. Et je voulais qu'il ne me lâche pour rien au monde. Il désigna soudainement un endroit vers le fond des océans. Je compris qu'il avait envie de s'y aventurer mais j'éprouvais une certaine réticence à m'éloigner de la surface. Il le devina sans peine, me caressa doucement la joue pour m'expliquer qu'il revenait vite, se détourna de moi et se fondit dans l'obscurité des fonds marins. Deux minutes plus tard, mon ami me rejoignit. Il avait un air mystérieux. C'est alors que je découvris un magnifique coquillage nacré. Il me prit la main et déposa sa trouvaille sur ma paume. Je serrai son cadeau contre ma poitrine en guise de remerciement. Malheureusement, je ne pouvais pas sourire à cause du tuba mais, comme il devait me l'expliquer plus tard, mes yeux dépeignaient largement la joie et la reconnaissance que j'éprouvais.
     Un quart d'heure plus tard, nous étions de retour sur la plage.
     - Alors, demanda Thomas en enlevant son tuba et son masque, ça t'a plu ?
     - Oh, si ça m'a plu, quelle question ! C'était fabuleux, fantastique, magique ! Toutes ces couleurs et ces animaux étranges comme ces petits êtres avec le long nez et la queue recourbée...
     - Les hippocampes.
     - Oui, c'est ça les hippocampes. Et ton coquillage est tellement beau !
     Il se contenta de sourire en guise de réponse. Un sourire charmeur et ensorcelant. Envoûteur et mystérieux à la fois...
    Après avoir ôté ses palmes, mon ami passa un bras autour de mes épaules et nous nous affalâmes sur le sable brûlant. Un vent chaud nous caressait le visage.
     - Flo, tu te rappelles du jour de notre rencontre ?
    Sa voix était incroyablement chaleureuse. Cela contrastait avec son nez comique, ses yeux d'ordinaire moqueurs et sa bouche rieuse. Mais à l'instant présent, son visage émanait le respect le plus profond et le plus sincère.
     - Bien sûr que je m'en rappelle, répondis-je. Nous avions fait une course.
     Nous nous tûmes quelques minutes. Tout à coup, Thomas s'aperçut que je tenais mon cadeau fermement serré contre ma poitrine.
     - Tu connais la légende des coquillages nacrés ?
     Comme je fis signe que non, il rajouta :
     - C'est une très belle histoire. Je vais te la raconter.
     Je me redressai sur mon séant pour l'écouter plus à mon aise. Mes yeux étaient plongés dans les siens.
     - Il était une fois une jeune sirène âgée de dix-huit ans. Elle vivait dans un très beau palais dans l'océan, là où les hommes ne s'aventurent jamais et où tout est sauvage. Elle était très belle et très riche, son père étant le roi des fonds marins. Elle s'appelait Ondine. Comme toutes les sirènes, elle possédait de nombreux pouvoirs magiques. En outre, elle commandait les eaux grâce à un collier magique d'où pendaient quatre coquillages nacrés. Ses trois autres sœurs, Gaïana, Cyrielle et Véga exerçaient une influence considérable sur la terre, le ciel et le feu grâce à trois autres pendentifs. Les quatre colliers étaient indispensables à leurs survies, car si l'une d'elle perdait ou cassait ne serait-ce qu'un seul d'entre eux, les éléments se déchaîneraient contre leurs maîtresses en les entraînant dans la mort. Les quatre sœurs étant jumelles, elles possédaient toutes une longue chevelure dorée qui tombait en boucle dans le bas du dos. Hormis les colliers, leurs yeux étaient le seul moyen de les différencier : l'iris d'Ondine était vert émeraude, celle de Gaïana noir ébène, celle de Cyrielle bleu turquoise et celle de Véga rouge feu.
     Un jour, Ondine s'aventura seule loin du palais familial et se perdit. Lorsque sa famille découvrit sa disparition, la jeune princesse avait déjà atteint les limites du royaume et se trouvait à présent près du domaine des hommes mortels. Elle était totalement désorientée mais elle ne perdait pas courage. Pour se réorienter, elle ordonna à l'océan d'une voix mielleuse et étrangement enchanteur :
     Oh ! Océan ! Je suis ta maîtresse
     Moi Ondine, princesse de l'eau,
    
Une des quatre sirènes,
    
Amène-moi au-dessus l'eau
    
Les quatre coquillages nacrés de son collier scintillèrent tout à coup d'une lumière aveuglante et un miracle se produisit : l'océan se transforma en un gigantesque tourbillon dans lequel la sirène fut entraînée. Un fort courant l'amena vers un rocher sur lequel elle grimpa avec agilité en dépit de sa queue de poisson. Ce qu'elle découvrit la laissa muette de stupeur. Elle se trouvait à l'air libre et un bateau avançait droit sur elle. Elle n'en avait jamais vu, aussi prit-elle peur et plongea-t-elle vivement dans l'eau. De plus, elle était incapable de respirer à l'air pur. Cyrielle, maîtresse du ciel, avait le pouvoir de sortir de l'océan et de se transformer en oiseau. Gaïana, maîtresse de la terre, se métamorphosait en être humain et marchait sur la terre ferme dés qu'elle quittait son royaume. Malheureusement, Ondine dominait l'eau et ne respirait que dans cet élément-là. Cependant, ce gros bateau de bois l'intéressait au plus au point. 
     Elle ne résista pas longtemps à la curiosité :
     Oh ! Océan ! Je suis ta maîtresse
     Moi Ondine, princesse de l'eau,
    
Une des quatre sirènes,
    
Coule et donne-moi ce bateau.
    
Comme précédemment, les crustacés brillèrent et l'océan engouffra le navire. La coque de bois se craquela et éclata en morceaux. Les voiles se déchirèrent. Les hommes, paniqués, crièrent. Mais les courants les emportèrent dans les profondeurs marines où ils se noyèrent tous. Cependant, une magicienne très réputée et possédant de très gros pouvoirs survécut à la catastrophe grâce à ses dons.
     Découvrant Ondine, elle lui dit d'une voix menaçante :
     - Sotte jeune sirène, tu es la maîtresse des eaux et tu as abusé de ton pouvoir ce qui a coûté la vie à des centaines de braves hommes. Pour te punir, je vais te renvoyer chez toi sans ton collier.
     La sentence signifiant une condamnation à mort, elle poussa une exclamation d'horreur. Quelques secondes plus tard, par quelques tours de magie, elle était de nouveau chez elle mais complètement démunie et désemparée. Elle éclata en sanglots et expliqua sa mésaventure à ses soeurs. Celles-ci partirent immédiatement à la recherche de la vieille magicienne pour récupérer le collier, car elles risquaient toutes de mourir.
    Laissant Ondine au palais, Cyrielle, Gaïana et Véga partirent à la recherche de la magicienne qu'elles ne tardèrent pas à retrouver, car elles nageaient très vite, beaucoup plus vite que la sorcière. Mais cette dernière avait prévu la venue des trois princesses et leur avait préparé un piège : dés que les sœurs d'Ondine s'approchèrent d'elle, un mur invisible et infranchissable se dressa dans l'océan. Elles étaient prisonnières. La vieille femme s'enfuit à toute allure.
     - J'ai une idée, proposa Gaïana. Je vais provoquer un tremblement de terre sous-marin. Peut-être que cet obstacle s'engouffrera dans les entrailles de la terre.
     D'une voix toute aussi harmonieuse que celle de sa sœur, elle chanta doucement :
    Oh ! Sol terreux ! Je suis ta maîtresse
    Moi Gaïana, princesse sur Terre,
   
Une des quatre sirènes,
    Que la Terre s'ouvre et se craquelle.
   
Des éléments composés de terre indissoluble dans l'eau pendant à son collier étincelèrent d'une couleur or. Le fond marin émit un bruit roc. Les rochers, les poissons, les crustacés, la magicienne et les sirènes elles-mêmes frémirent et tremblèrent aux rythmes des secousses sismiques. Le sol se fissura et s'ouvrit dans de grands fracas entraînant les algues, les poissons, les hippocampes et les falaises. Mais les princesses et la vieille femme résistèrent. Malheureusement, Gaïana constata que le mur avait tenu bon lui-aussi.
     - Ca n'a pas marché, constata Véga. C'est à mon tour de tenter de le détruire. Je pourrais peut-être l'incendier :
      Oh ! Feu ardent ! Je suis ta maîtresse
    
 Moi Véga, la princesse du feu,
     
Je suis une des quatre sirènes,
     
Que ce mur solide prenne feu !
     
De trois petites pierres volcaniques accrochées à son collier émana une vive lumière rouge orangé. De belles flammes crépitèrent. Comme elles étaient issues d'un pouvoir magique, l'eau environnante ne pouvait pas les éteindre. Le feu attaqua l'obstacle. Malheureusement, il n'était pas assez puissant et l'incendie s'estompa.
     Les sirènes constatèrent tout d'un coup avec surprise et enthousiasme que les deux attaques précédentes n'avaient pas été totalement vaines. En effet, une petite brèche s'était formée sur un côté du mur. Malheureusement, elle n'était pas assez grande pour leur permettre de s'enfuir. Seul un bras pouvait passer. A ce moment-là, Cyrielle s'exclama :
     - J'ai trouvé la solution. Je vais provoquer une tempête. Le vent passera de l'autre côté grâce à la fissure et je lui ordonnerai d'amener la magicienne jusque devant nous. Lorsque cette terrienne sera là, nous l'attaquerons toutes ensemble et l'obligerons à nous libérer.
     A peine eut-elle exposé son idée qu'elle entonna :
     Oh ! Vent puissant ! Je suis ta maîtresse
     Moi Cyrielle, princesse du ciel,
     Je suis une des quatre sirènes,
     Amène-moi la vieille sorcière.
   
Trois symboles de vents puissants suspendus au pendentif de la sirène brillèrent d'une couleur blanche. Une formidable bourrasque agita la mer. L'eau ne pouvait faire mourir le vent, car il était sous le contrôle de Cyrielle. Il tourna quelques secondes autour des trois sirènes puis s'envola par la brèche.
     - Tu as réussi, s'écrièrent Gaïana et Véga d'une seule voix, tu es formidable !
     - Maintenant, répondit-elle la victoire est à nous.
     En effet, quelques minutes plus tard, la sorcière se dressa devant le mur invisible. Elle était sur le point de gagner la terre ferme lorsqu'un courant d'air l'avait entraînée. La chaîne aux coquillages nacrés d'Ondine pendait autour de son cou. Elle ne remarqua pas la fissure.
     - Vous allez nous délivrer, ordonnèrent les princesses en chœur, et nous rendre le collier de notre sœur. Si vous refusez, nous vous attaquerons sans hésitation.
     - Mes petites idiotes, répondit la magicienne avec un sourire ironique. Vous ne pouvez rien contre moi. J'ignore comment vous avez réussi à me ramener jusqu'ici mais j'ai bien peur que cela soit vain. Quant à votre sœur, elle a largement mérité sa mésaventure en provoquant la mort d'une cinquantaine d'hommes. Qu'elle s'en prenne à elle-même !
     Véga et Gaïana s'enflammèrent de colère et déclenchèrent leurs pouvoirs. La veille magicienne entonnait d'une voix morne une formule magique pour riposter :
     - Akkalisma, tu isrä maïakama
     Citrit fùtila är tuhliuzh ijpoïa
     Gloéifi zufahiuf makkalismada
     Fùiden ne tuciaj y glomykzugra
     Dés que son terrible chant s'acheva, des éclairs éclatèrent et la mer se déchaîna. Les sirènes se sentirent écrasées par un poids insupportable. Mais Cyrielle, qui était décidément plus maligne que les autres sirènes, s'aperçut que le collier s'était engouffré dans la brèche. La sorcière, toute concentrée qu'elle était sur son attaque, ne s'était rendue compte de rien. La maîtresse du ciel n'avait qu'à tendre le bras pour l'attraper. Peut-être qu'elle arriverait à le subtiliser. Il ne lui fallut pas longtemps pour mettre sa décision à exécution : avec un effort incroyable pour lutter contre la pression, elle agrippa le collier et tira dessus de toutes ses forces. Ses sœurs arrivèrent à la rescousse tandis que la magicienne tentait de faire lâcher prise aux sirènes.
     Tout à coup, ce qui dut arriver arriva : la chaîne de coquillage se brisa d'un coup sec. La rupture du collier signifiait la mort pour les quatre jumelles : Ondine, dans le palais de son père, poussa un hurlement horrible, les flots se déchaînèrent contre elle et l'entraînèrent sur terre où elle fut asphyxiée. Véga s'enflamma comme une torche, Gaïana tomba dans les profondeurs de la terre où elle périt, étouffée. Une bourrasque violente et destructrice entraîna Cyrielle et la projeta de plein fouet contre des falaises où elle s'écrasa : c'était la fin des maîtresses des éléments.
    La vieille femme savoura sa victoire et rentra chez elle. Pourtant, elle était très déçue d'avoir cassé le pendentif d'autant plus que les coquillages s'étaient dispersés aux quatre coins de l'océan. Il ne lui restait donc plus que la chaîne en main. Pendant de longues années, elle l'étudia ce qui lui permit d'en apprendre davantage sur les quatre sœurs.
     Le roi fut fort affligé de la mort de ses filles. Tout puissant qu'il était, il n'avait pas le pouvoir de les ressusciter. Depuis ce jour, l'eau, la terre, le feu et le ciel sont libres.
     Je demeurais pensive pendant quelque minute, car j'étais encore sous le charme de l'histoire de Thomas. Je tripotais dans ma main le gros coquillage nacré. Et s'il avait pendu autour du cou d'Ondine et de la magicienne ?
     Je me résonnai bien vite :
    - Ne sois pas stupide, Flo. Les sirènes n'existent pas.
    - Alors, qu'en penses-tu ?
    - Une belle histoire, c'est sûr.
    Je me redressai, m'avançai vers l'eau et criai d'une voix forte et tenant le coquillage devant moi :
    Oh ! Océan ! Je suis ta maîtresse
    Moi Flo, la princesse de l'eau,
    La cinquième mi-sirène mi-humaine
    Je t'ordonne... euh... qu'est-ce que je pourrais bien t'ordonner ?
   
Thomas éclata de rire et se jeta moi. Je tombai à la renverse sur le sable. Mon ami était sur moi. Toutes personnes sensées se seraient empressées de se relever. Mais lui restait immobile, allongé sur moi. J'étais écrasée par son poids mais je ne me plaignais pas, j'étais bien. Il se redressa légèrement et me regarda dans les yeux pendant quelques secondes. Une flamme brûlait dans ses yeux bleus et embrasait mon regard.
     - Qui sait ? murmura-t-il dans un souffle, peut-être que tu es une réincarnation d'Ondine. Ca expliquerait pourquoi tu nages si bien et pourquoi tu es si belle.
    D'une caresse, il dégagea les cheveux de mon visage et déposa un baiser sur mes lèvres. Les siennes étaient fermes, pulpeuses et salées à la fois. Je me sentais bouleversée. Alors, finalement, c'est ça ce que l'on nomme amour ? Tenir un garçon par la main et l'embrasser ?
     - Tu es belle, répéta-t-il.
     Il se redressa.
    Après s'être séchés et habillés, nous parlâmes de choses et d'autres. Cependant, Thomas gardait ses distances vis-à-vis de moi et réciproquement. Finalement, peut-être avions-nous peur. C'était bien normal après tout, nous n'étions que des enfants.
    Vers cinq heures, comme nous ne pouvions plus nous baigner à cause des requins, je décidai de rejoindre Cyril et Chloé. Je n'avais pas envie qu'ils me cherchent et me trouvent avec Thomas. Ils seraient certainement furieux. J'expliquais cela à mon compagnon.
     - Déjà !
     Il était visiblement très déçu mais il n'insista pas.
     - Alors, je suppose que je dois te dire au revoir, rajouta-t-il, car je ne te reverrai certainement pas.
     - En effet, c'est probable.
     Nous devions mes amis, ma tante et moi-même rentrer en France le lendemain.
     - Alors Flo, au revoir. J'espère que je te reverrai. Garde bien mon coquillage.
     Des larmes lui montèrent aux yeux.
     - Ne t'inquiète pas, répondis-je, je suis sûre que nous nous rencontrerons à nouveau. Je ne t'oublierai jamais et jamais je ne me séparerai de ton coquillage. Maintenant, il faut que je parte.
     Mais, avant de m'éloigner, je m'approchai de lui et l'embrassai.
     Lorsque je décollai mon visage du sien, il me souffla à l'oreille :
     - Pense à moi de temps en temps.
     - Pas que de temps en temps, murmurai-je.
     Je partis en courant et grimpai la falaise. Là, je découvris Chloé et Cyril.
     - Que faites-vous ici vous deux ?
     Mes amis se regardèrent visiblement embarrassés.
     - Eh bien en fait..., commença Chloé.
     - Vous m'espionniez ?
     - Mais non, calme-toi, nous ne sommes pas ici depuis longtemps. Nous sommes juste partis à ta recherche. Nous nous doutions que tu serais ici.
     - Et pourquoi vous prenez cet air coupable alors ?
     - Eh bien, reprit Chloé légèrement gênée, tu l'embrassais quand nous sommes arrivés.
     Je devins rouge comme une pivoine. Heureusement, Cyril détendit l'atmosphère en éclatant de rire :
     - Et voilà notre Flo amoureuse ! Quelle histoire !
     - Tu ne m'en veux pas d'avoir passé l'après-midi avec lui ?
     - Ma foi ! Nous sommes arrivés à cinq heures sur la falaise et tu n'étais pas en compétition de natation avec lui alors je n'ai aucune raison d'être fâché.
     Chloé, Cyril et moi regagnâmes l'hôtel, mais, avant de partir, je jetai un coup d'œil sur la crique. Thomas était parti. Le reverrais-je un jour ? J'étais incapable de répondre à cette question mais j'espérais bien que oui.

 

A suivre !

 

 

 

Publié par Sen à 23:20:53 dans La vie continue | Commentaires (3) |

A un ange | 23 juin 2008

Aujourd'hui, je voudrais vous raconter l'histoire
D'un ange qui perdait les plumes de ses ailes.
Elles resplendissaient au soleil autrefois,
Doux souvenirs laissant dans sa bouche un goût de miel.

 

Mais voilà que ses plumes flétrissent, fânent et meurent ;
Elles se décharnent et leur vitalité s'estompe.
Le petit ange sourit amèrement et pleure
De désespoir à l'idée de vivre dans l'ombre.

 

Pauvre petit ange qui souffre le martyr
Dès qu'une plume décide de faire un caprice !
Ce phénomène a été nommé maladie,
Une maladie bien sournoise et maligne.

 

Petit ange, tu n'aspires qu'à enfin guérir
Bien que nul maintenant ne puisse soigner tes maux.
Le désespoir parfois dans ton coeur se glisse
Mais aie confiance, tes ailes brilleront à nouveau.

 

 

Petit poème parce que j'aimerais te donner quelques-unes de mes plumes mais je ne puis qu'assister à ta souffrance, impuissante. Mais aie courage, petit ange, les jours au goût de miel reviendront. 

 

 

Publié par Sen à 20:21:26 dans Rêveries | Commentaires (6) |

Les fantômes du passé | 22 juin 2008

Connaissez-vous le site "Copains d'avant" ? Vous savez, ce site où tout le monde montre à quel point ils ont bien réussi dans la vie, sont beaux, grands, forts, intelligents, heureux etc. Oui bon d'accord, j'ai moi-même dit dans ma fiche que j'étais professeur des écoles. Après tout, ce n'est qu'un demi mensonge puisque ce sera vrai dans un an si j'ai le concours. Je soupçonne de toute façon d'anciennes connaissances d'avoir fait pire.

Voilà comment cela s'est passé au début : je sélectionne la plus belle photo que j'ai de moi, je remplis soigneusement la petite fiche, passant tout de même sous silence certaines choses dont je suis peu fière. Peu de temps après, deux personnes souhaitent me rajouter dans leur liste d'amis. L'un a été dans la même école que moi du CP à la terminale mais si mes souvenirs sont bons, il ne m'a jamais adressé la parole sauf pour dire "non" quand j'avais voulu l'inviter à danser à une boum en CM2. La seconde était dans ma classe en première et terminale. Je me souviens juste qu'elle avait dit à une fille que je ne lui avais rien fait mais que bon... elle me trouvait bizarre. Alors que devais-je faire ? Ma foi, je les ai acceptés dans ma liste d'amis sans toutefois leur envoyer ne serait-ce qu'un message. Je veux bien essayer de nouer des liens avec des amis ou plutôt des pseudo-amis du passé mais je n'ai absolument pas envie de faire le premier pas.

Une troisième personne a souhaité me rajouter dans sa liste d'amis ce soir mais cette fois-ci, elle n'était pas anodine. De plus, contrairement aux deux autres, elle m'a laissé un message. Elle disait entre autre que la vie nous avait séparées. Elle a peut-être la mémoire défaillante car si mes souvenirs sont bons, nous étions bonnes amies de la 4ème à la seconde où nos relations s'étaient dégradées ce qui m'avait fait souffrir. Ces histoires d'adolescents sont plutôt banales et souvent amusantes pour les adultes mais la souffrance que j'endurais à l'époque n'avait rien d'amusant : elle me dévorait chaque jour un peu plus. Jusqu'à ce jour de juin où n'en pouvant plus, j'ai voulu résoudre mes problèmes à ma manière. Manière désespérée sans doute... Mais que pouvais-je bien faire d'autre à 15 ans ? Résultat : plusieurs nuits blanches pour ma famille et moi et rapports plus cordiaux avec cette fille en fin d'année de seconde. Nos rapports ont été courtois en première et nous nous sommes littéralement ignorées en terminale.

Et voilà que ce soir, elle m'écrit un message comme s'il ne s'était rien passé, comme si nous avions toujours été amies et que nous nous étions éloignées sans conflit. Mais finalement, était-elle vraiment responsable de mon acte il y a neuf ans ? Non finalement... elle n'en avait été que l'élément déclencheur mais certainement pas la cause. Et puis, elle n'avait même pas 15 ans à l'époque. Alors qu'étais-je censée faire ? Tout simplement pardonner je pense, répondre à son message amical et enterrer pour de bon les fantômes du passé. Qu'ils reposent en paix.  

 

Publié par Sen à 23:46:58 dans Anecdotes | Commentaires (5) |

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