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Laissez-vous entraîner par ce lieu de songes, de poésies et de réflexions personnelles... Le tout mélangé d'une pointe d'ironie et de gourmandise...

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Chargé d'histoire... | 19 juin 2008

Petite photo prise par mon compagnon. Petite question : que représente-t-elle ? Réponse plus bas...      

 

               

 

Il s'agit d'une ceinture bien évidemment mais pas de n'importe quelle ceinture. Regardez attentivement la boucle et essayez un peu de lire l'inscription. Oui, vous voyez bien la devise "Gott mit uns" (Dieu avec nous). C'était la devise de l'armée prussienne qui a été reprise par la Wehrmacht. Mais cette ceinture a une histoire encore plus profonde si je puis dire : le grand-père de mon compagnon la portait durant la seconde guerre mondiale car il était un "malgré-nous", donc un alsaien incorporé de force dans la Wehrmacht.   

Essayez de vous imaginer durant cette période de l'histoire, en Alsace. Un coup français un coup allemand... Vous vous indignez lorsqu'on vous prend pou un allemand. Et voilà qu'un beau jour vous devez servir l'armée allemande sans que cela soit votre patrie. Enfin... Pour la petite histoire, je précise que le propriétaire de cette ceinture a été emprisonné par les russes et est finalement rentré indemne chez lui.

 

 

Publié par Sen à 22:27:31 dans Rêveries | Commentaires (4) |

Tarte à la tomate | 18 juin 2008

Ce soir, je vous propose une petite recette simple qu'on ne peut pas vraiment qualifier de provençale mais je l'aime beauoup alors j'avais envie de vous la faire partager.

 

Ingrédients (pour 2 personnes environ) :

- Une pâte brisée (vous pouvez bien sûr la faire mais cela ne change rien au goût alors...)

- 5 tomates.

- Une à deux cuillères à soupe de moutarde.

- Une bûchette de chèvre.

- Tous les ingrédients que vous souhaitez rajouter (poivrons, lardons, champignons etc.) 

1) Etaler a pâte brisée dans un plat à tarte allant au four.

2) Piquer la pâte avec une fourchette.

3) Etaler la moutarde sur la pâte avec une cuillère.

4) Couper les tomates en rondelles et les disposer sur la pâte.

5) Couper la bûchette de chèvre et déposer les rondelles sur les tomates.

6) Rajouter tous les ingrédients que vous souhaitez éventuellement rajouter. Personellement, j'apprécie quand il n'y a que des tomates et du chèvre mais chacun ses goûts...

7) Laisser cuire au four à 200° pendant 30 minutes.

 

A déguster avec une salade verte et un rosé pour les soirées d'été !

 

Bon appétit !

Publié par Sen à 21:54:24 dans Recettes | Commentaires (11) |

Extrapolation | 17 juin 2008

Ce soir, mon compagnon m'a entraînée à une conférence sur l'architecture, conférence à laquelle je suis allée avec un peu de réticence. Certaines choses m'ont intéressée, d'autres beaucoup moins. Quoiqu'il en soit, j'ai retenu que l'arche de la défense à Paris était déviée de 6°33. Mais pourquoi ?

Trois hypothèses apparemment :

1) Pour s'aligner sur une terrasse du Louvres.

2) Pour voir la perspective en coin (hypothèse plus valable selon l'architecte).

3) Sachant que sous l'arche se trouvent des métros, voies rapides souterraines et différentes galeries, le terrain ressemblerait assez à un gruyère. Or, il faut bien placer les fondations quelque part. Alors quelle solution pour l'architecte ? Vous l'avez compris : tout simplement décaler un peu l'arche.

A ce stade de la conférence, j'ai un peu décroché car je me suis perdue dans mes pensées. 

C'est fou quand même cette manie d'interpréter à tort et à travers ce que font certains artistes ! L'arche en est un bel exemple : voilà qu'elle présente un singularité et les gens imaginent toutes sortes de raisons à cela mais ne pensent généralement pas que cela puisse être dû à des raisons purement matérielles.

Ce phénomène se rencontre aussi lors des interprétations de textes littéraires. Par exemple, quand un poète emploie tel ou tel mot, on y voit toutes sortes de raisons aussi bien politiques, culturelles et que sais-je encore ? Tout ceci est très intéressant et pourrait s'avérer vrai et probable mais pourquoi ne pas penser tout simplement qu'il a choisi ce terme-là parce qu'il en aimait la sonorité ? Pourquoi vouloir toujours tout interpréter, extrapoler ? Ne pouvons-nous pas nous arrêter devant un tableau et l'admirer sans chercher à comprendre pourquoi l'artiste a choisi telle couleur ou je ne sais quoi d'autre ?
Bon, après tout, je suis mal placée pour critiquer car des interprétations d'oeuvres littéraires, je n'ai fait pratiquement que ça durant mes années d'étude. Nous étions plus ou moins formatés à cela si je puis dire. Parfois, nous avions la preuve (grâce aux préfaces notamment) qu'un choix d'écriture signifie plutôt ceci ou cela donc nous pouvions interpréter les textes sans risques de nous tromper sur les intentions de l'auteur. Mais dans d'autres cas, quelle imagination de notre part quand nous imaginions telle ou telle interprétation ! Certains auteurs doivent parfois se retourner dans leur tombe en tout cas.  

 

 

 

Publié par Sen à 23:40:23 dans Rêveries | Commentaires (3) |

La vie continue : Un défi dangereux | 16 juin 2008

Voici la suite de "La vie continue". Pour lire le début, voir le thème intitulé La vie continue".

Avertissement : il s'agit d'un écrit d'ado donc le style est celui d'un ado. Vous savez donc à quoi vous en tenir si vous lisez ce récit. Sur ce, bonne lecture !

 

             J'avais passé une très bonne année mais j'étais tout de même très contente qu'elle s'achève. Eh oui ! L'été était déjà de retour et je venais d'avoir neuf ans.  Ces vacances-ci m'enchantaient tout particulièrement car ma tante et moi partions aux Caraïbes. Bien évidemment, Cyril et sa mère étaient de la partie. Cela allait de soi. Mon ami et moi étions tellement liés que jamais l'idée d'être séparés pendant un mois nous aurait effleuré l'esprit. Autre bonne surprise : Chloé nous accompagnait. J'en étais vraiment enchantée.
- Tu vas voir, s'enthousiasmait Chloé le dernier jour de classe, aux Caraïbe, il fait très chaud, il y a pleins de palmiers et des plages avec de grosses vagues.  
            Le dernier jour de classe, je pris soin de dire au revoir à mon institutrice et de la remercier pour tout ce qu'elle avait fait pour moi.
- C'était tout naturel, déclara-t-elle avec un petit sourire. Au fait, où pars-tu cet été ?
            - Dans les îles Caraïbes , répondis-je avec fierté et orgueil. Et je profiterai de la chaleur           pour m'entraîner au crawl !
            - Amuse-toi bien, mais fais attention aux requins.
            - Ne vous inquiétez pas, les requins nagent au large, il n'y a pas de danger.
            - Ne crois pas ça, répliqua-t-elle presque sèchement, ce n'est pas toujours vrai. En fin            d'après-midi, ils s'aventurent près des côtes.
            - Ne t'en fais pas, me rassura Chloé à voix basse, il n'y aura aucun problème. Elle dit ça          seulement pour te faire peur.
            Une semaine plus tard, nous étions tous les cinq en route vers l'aéroport. Il était encore très tôt car l'avion décollait à sept heures. Chloé et moi taquinions sans cesse Cyril qui avait hâte de profiter de son nouveau savoir : l'anglais qu'il avait appris en sixième. J'étais persuadée qu'un an ne suffisait pas pour se débrouiller dans une langue. Chloé était de mon avis. Cyril n'était pas dupe et doutait également de ses capacités mais il tenait beaucoup à tester ses aptitudes. A l'aéroport, Cyril, Chloé et moi nous serions bien amusés avec les chariots à bagages mais les adultes nous obligeaient à rester près d'elles de peur de nous perdre. Nous nous contentâmes donc d'admirer les avions à travers la vitre. Ils étaient vraiment énormes et impressionnants. Je me sentais tellement minuscule face à de pareilles machines !
            Quelques instants plus tard, nous montèrent à bord et l'excitation nous gagna. Cette imposante machine nous intéressait au plus au point. Nous nous sentions tellement à l'étroit dans les sièges et les hublots étaient tellement minuscules ! Comment pouvait-on observer la Terre à travers une aussi petite fenêtre ? Voilà un mystère que je me promettais de résoudre durant le voyage.
- Pourvu qu'on décolle vite ! dit Chloé, j'ai vraiment hâte de voir quelle impression ça fait.
            - Il paraît qu'on est écrasé sur son siège, répondis-je.
            Cyril, quant à lui, était très occupé à feuilleter les dépliants qu'il avait trouvés au dos du siège avant : il cherchait avec peine et insistance les quelques mots qu'il connaissait.
            Tout à coup, l'avion s'élança sur la piste, tout doucement puis de plus en plus vite. J'attachai ma ceinture. Une hôtesse de l'air apparut dans l'allée centrale et nous apprit l'utilisation des gilets de sauvetage. Elle reprit les explications en anglais au plus grand plaisir de mon ami qui essayait de comprendre tant bien que mal. J'écoutais moi aussi par curiosité. J'en conclue que je ne devais pas être faite pour cette langue. : je n'avais pas du tout aimé les sons.
 L'allure de l'appareil s'amplifia tellement que je fus totalement oppressée contre mon siège. Soudain, je m'aperçus que nous ne touchions plus le sol. Chloé avait eu la chance d'être placée à côté du hublot. Cyril et moi étions tous les deux agglutinés sur elle et essayions tant bien que mal de profiter du paysage aérien. Les maisons devenaient de plus en plus petites. On aurait dit des objets faits pour des poupées. Les voitures dans les parkings ressemblaient à des rectangles de couleur bien rangés : cela m'amusait follement. Malheureusement, l'avion pénétra dans les nuages. Fini la contemplation ! J'en profitais pour manger le petit déjeuner que les hôtesses avaient apporté. Le jus d'orange n'avait pas de goût, le beurre était dur comme de la pierre et la confiture trop froide. Seul le yaourt nature avec la dose de sucre me parut à peu près mangeable. Comme j'avais faim, je ne fis pas la difficile et avalai le tout de bon cœur non sans me plaindre à ma tante. Celle-ci me répondit avec une pointe d'agacement dans la voix :
            - Ecoute, Flo, le voyage sera long alors ce n'est vraiment pas le moment de te plaindre. Nous mangerons mieux en arrivant.
            - Pourtant, rajouta mon ami qui était presque aussi vorace que moi, c'est vrai que la nourriture est très mauvaise.
            Sa mère lui jeta un regard noir si bien qu'il jugea préférable de se taire.
            - Regardez un peu le paysage, déclara Chloé, nous nous trouvons maintenant au-dessus des nuages. C'est splendide !
            Cyril et moi accourûmes au hublot. Nous poussâmes un cri de surprise et d'émerveillement. Une nappe gigantesque blanche et crémeuse s'étalait au-dessous de nous. 
Mais ce qui était vraiment remarquable, c'était le levé du soleil. Les rayons rouge orangé teintaient les bandes nuageuses d'une couleur légèrement rosée. L'atmosphère en était imbibée. Après quelques minutes d'extase, nous reprîmes place dans nos sièges.
         Chloé laissa échapper un bâillement et s'assoupit. Par contagion, je l'imitai, fermai les yeux et m'enfonçai dans mon fauteuil pour être plus à l'aise. Tout doucement, ma tête s'inclina sur le côté pour tomber sur l'épaule de Cyril.
Mon ami me chuchota à l'oreille :
            - Tu as sommeil, Flo ?
            Je hochai imperceptiblement la tête en guise de réponse.
            - Allez, viens.
            Il m'attira légèrement à lui, m'allongea sur le côté et posa ma tête sur ses genoux. Sa main passa pendant quelques minutes dans mes cheveux. Cet élan de tendresse me touchait jusqu'au plus profond de mon cœur. La fatigue et l'émotion aidant, je m'endormis profondément.
            Je me réveillai uniquement à l'atterrissage. Les palmiers se détachaient sur un fond de ciel bleu et lumineux et on devinait que l'air était torride. Dehors, une bouffée de chaleur nous envahit. Le soleil poignant de juillet dardait impitoyablement sur nos têtes. Des gouttes de sueur perlèrent sur nos visages.
            - Dieu, c'est une véritable fournaise ! dis-je.
            - Et ce n'est que le début, répondit ma tante. Flo, quand tu voudras nager, ce ne sera pas sans crème solaire.
            Après avoir récupéré les valises, un taxi nous conduisit à l'hôtel. Il se trouvait au bord de la plage et avait l'air plutôt grand.
            - Les enfants, expliqua la mère de Cyril, Cyril et moi dormiront ensemble dans une chambre. Quant à toi, Flo, tu logeras avec ta tante et Chloé dans celle d'à côté.
            - Tant que vous y êtes, rajouta ma tutrice, vous feriez bien d'aller vous amuser pendant que nous nous occupons des bagages. Mais n'allez pas trop loin et ne vous perdez pas. Rendez-vous dans le hall dans une heure.
            Cette idée nous réjouit. Cyril manifestait le désir d'aller à l'office du tourisme. Chloé préférait nettement faire les magasins mais ce jour-là, c'était impossible car nous étions trop loin du centre ville. Quant à moi, j'avais plutôt envie de piquer une tête. La mer paraissait tellement bonne ! Cette étendue turquoise m'attirait. Il fut finalement convenu que Cyril irait chercher des prospectus dans une salle de l'hôtel qu'il avait repérée prévue à cet effet. Pendant ce temps, Chloé et moi irions à la plage où Cyril nous rejoindrait. Les adultes nous donnèrent les maillots que nous enfilâmes à toute allure dans nos chambres respectives.
            - Ne nage pas trop loin, recommanda ma tante, sinon je ne serai pas tranquille. Cyril, je compte sur toi pour l'empêcher de commettre des imprudences. Je ne m'en fais pas trop pour Chloé, elle est raisonnable mais avec Flo, on peut s'attendre à tout.
            Je décidai de ne pas relever cette dernière phrase.
            Cinq minutes plus tard, mon amie et moi longions le bord de l'eau et recherchions un coin agréable pour nous installer. La plage s'étendait sur des kilomètres. Des palmiers étaient plantés ça et là et formaient de longues ombres sur le sol uniforme. La mer était houleuse et les vagues léchaient le sable. Plus loin, elles se fracassaient sur les falaises. Ce serait un vrai coin de paradis s'il n'y avait pas autant de vacanciers. Les personnes étaient agglutinées les unes sur les autres. Nous ne pouvions pas faire un mètre sans se cogner à quelqu'un ou marcher sur la serviette du voisin. Visiblement, ce problème préoccupait également Chloé.
            - Viens, dit mon amie en désignant des rochers, allons voir s'il y a moins de monde de ce côté-là.
            - Peut-être qu'il y a une autre plage derrière, ajouta-t-elle, qui sait ?
            - Oui, renchéris-je, qui sait ?
            Nous nous faufilâmes tant bien que mal au milieu de la foule qui se prélassait au soleil. Les enfants jouaient sur le bord de l'eau. Certains entreprenaient la construction de châteaux, d'autres se poursuivaient et jouaient au ballon. Bref, les plages des Caraïbes n'avaient rien d'extraordinaire. Seul un détail m'étonnait : l'atmosphère était tellement suffocante que j'avais du mal à respirer, le sable me brûlait les pieds et je transpirais à grosses gouttes. Pourtant, personne ne se baignait. La mer se laissait aller au gré des vagues mais personne ne s'y aventurait. Chloé avait elle-aussi remarqué le phénomène : la perplexité se lisait sur son visage.
            Après avoir escaladé les rochers glissants et escarpés aperçus tantôt, nous découvrîmes une charmante petite crique totalement déserte. Elle était étroitement encadrée par de hautes falaises imposantes et intimidantes. Leurs ombres gigantesques recouvraient totalement la mince étendue de sable ainsi que quelques pierres émergeant de l'eau.
- Voilà exactement ce qui nous fallait ! dis-je, nous ne pouvions pas espérer mieux !
            - C'est vrai, approuva ma compagne, cet endroit est une petite merveille !
            Nous nous élançâmes gaiement vers le bord de l'eau et nous déshabillâmes à toute allure sans prendre la peine d'étaler nos serviettes. Chloé et moi nous apprêtions à plonger lorsque mon amie s'arrêta brusquement et attira mon attention vers un coin sombre que nous n'avions pas remarqué.
            - Regarde, une pancarte !
            Elle avait raison, c'en était bien une. Nous l'examinâmes de plus près et ce que nous découvrîmes nous frappa de stupeur. Le panneau en lui-même, malgré son aspect usé, n'avait rien d'extraordinaire. En revanche, l'inscription " No bathing after five " nous abasourdissait. Je ne comprenais pas l'anglais mais il y avait une traduction en français écrite discrètement sous la version originale.
            - Baignade interdite après cinq heures, lus-je à voix haute.
            - Bon, annonça Chloé avec une pointe de dépit dans la voix, je crois que nous pouvons abandonner notre projet.
            - C'est trop injuste ! m'exclamai-je non sans dissimuler ma colère et ma déception, il fait si chaud et nous ne pouvons même pas nous rafraîchir !
            - Ca ne sert à rien de se plaindre, protesta mon amie.
            Je me renfrognai. Je savais bien qu'elle avait raison mais tout de même ! L'eau semblait tellement bonne et accueillante ! Quel dommage que nous ne puissions pas la brasser !
            - Viens, rajouta Chloé en m'éloignant du rivage, habillons-nous et essayons de rejoindre Cyril. Demain, je te promets que nous reviendrons ici de bonne heure et tu pourras nager autant que tu voudras.
            - D'accord, murmurai-je dans un soupir.
            Nous nous apprêtions à partir lorsqu'une bande de garçons d'une dizaine d'années environ surgit. Ils portaient tous une serviette et un maillot.
            - Qu'est-ce que vous faites ici ? demanda le plus grand d'entre eux.
            C'était un garçon blond aux yeux bleus plutôt mignon. 
            - C'est notre plage ici ! précisa-t-il.
            - Eh ! Il n'y a pas votre nom écrit autant que je sache, répliqua Chloé.
            - Non, mais nous connaissons cette crique bien avant vous.
         - Alors tu devrais savoir qu'il est interdit de se baigner après cinq heures, répliquai-je.
Le petit groupe jeta un coup d'œil en direction de la pancarte. Le même garçon qu'auparavant s'exclama :
            - Et alors ? Qu'est-ce que ça fait ? Nous, nous n'avons pas peur de nager. Vous, je parie que vous n'osez pas mettre ne serait-ce qu'un pied à l'eau de crainte de vous noyer.
            Mon visage s'empourpra et je répondis du ton le plus cinglant possible :
            - Ce n'est même pas vrai ! Je nage aussi loin que je veux ! N'est-ce pas Chloé ? demandai-je à mon amie.
            Elle bafouilla imperceptiblement d'un air gêné quelque chose comme :
            - Oui, c'est vrai.
            La réponse était prévisible :
            - Eh bien, vas-y, prouve-le. Nous allons faire une petite course tous les deux et nous verrons bien qui de nous deux est le meilleur ! A condition que tu aies assez de courage, bien évidemment !
            - On y va tout de suite ! dis-je d'une voix tremblante d'indignation et de menace.
            Les amis de mon rival arboraient un sourire moqueur.
            - On va bien s'amuser, murmura un petit brun.
            - Flo, ne fais pas de bêtises ! me souffla Chloé à l'oreille.
            - Ne t'inquiète pas, répondis-je légèrement agacée.
            - C'est dangereux ! cria-t-elle, s'il y a une interdiction, c'est qu'il y a une bonne raison.
            - Mais non, il n'y a aucun problème, assura le garçon. Nous nous baignons tous les soirs et il ne s'est jamais rien passé.
            Loin d'être tranquillisée, elle insista :
            - Soyez raisonnables ! Demain, faites votre défi ridicule si vous en avez envie. Ca reviendra au même.
            Sans l'écouter, nous nous dirigeâmes vers la mer.
            - Tu as plus de cran que ta copine, c'est déjà ça. Au fait, je m'appelle Thomas.
            - Flo.
            Lorsque l'eau nous ceignit la taille, Thomas donna quelques consignes :
- Nous nagerons jusqu'à la bouée jaune, nous la toucherons et nous reviendrons. Il est strictement interdit de se reposer et de gêner l'autre. Si l'un de nous ne respecte pas ces règles, il est disqualifié.
            Je jetai un coup d'œil sur la plage. L'anxiété se reflétait sur le visage de mon amie. Je la rassurai d'un regard.
            - Prête, demanda-t-il ?
            - Tout à fait.
            - Prêt...
            Je me concentrai.
            - Feu...
            Je me positionnai.
            - Partez !
            Nous nous élançâmes. Au début, j'avais un peu de mal à synchroniser mes mouvements à cause des vagues. De plus, Thomas nageait comme un véritable poisson. Chacun de ses gestes prouvait un entraînement intensif. Mais après tout, moi-aussi je me débrouillais bien alors il n'y avait pas de raisons. Les enfants hurlaient à pleins poumons. Leurs encouragements me parvenaient indistinctement par bribes. Mon Dieu ! Ce qu'il était doué ! Il avait de l'avance sur moi. Si je voulais remporter la victoire, je devais mettre immédiatement la vitesse supérieure.
Je forçais impitoyablement sur mes bras et mes jambes bien qu'ils aient déjà atteint un rythme infernal. Des crampes se formaient au bout de mes doigts et de mes pieds mais je ne m'arrêterais sûrement pas pour un détail aussi minime. Il ne fallait surtout pas que je relâche mes efforts.
Une grosse vague ralentit l'allure de Thomas. Grâce à cela, je le rejoignis alors que nous n'étions plus qu'à deux ou trois brassées de la bouée. Une vraie chance ! Nous la touchâmes tous les deux en même temps.
            Au retour, mon rival se fatiguait parce qu'il était parti trop vite. Quant à moi, j'avais encore de l'énergie à revendre ce qui me permit de le dépasser. J'apercevais les silhouettes des enfants qui se démenaient comme des diables. De temps en temps, des remous me cachaient leurs vues. Plus j'approchais du rivage, plus ils grossissaient.  J'étais toujours en tête et la ligne d'arrivée était proche. Mais un courant avança Thomas de quelques mètres et nous arrivâmes en même temps sur le rivage. Chloé et les garçons retenaient leurs souffles. Ils étaient visiblement sous le choc. J'étais plutôt satisfaite même si je devais partager ma victoire. Mon adversaire se tourna vers moi. Il ne me regardait plus avec ironie. Son visage respirait le respect et l'admiration.
            - Bravo, dit-il simplement, tu es vraiment courageuse. Je n'avais jamais rencontré une fille comme toi auparavant. Reviens ici, comme ça, nous aurons l'occasion de nous revoir.
            Je souris de fierté et le félicitai à mon tour, car il m'avait donné du fil à retordre. C'est alors que j'aperçus Cyril perché sur les rochers. Il n'avait pas l'air content du tout. Mais pourquoi était-il fâché ? Peut-être parce qu'il m'avait vue dans l'eau. Mais, il était trop loin pour lire la pancarte alors comment savait-il que c'était interdit ? Il descendit rapidement sur la plage et s'avança vers nous. Il semblait vraiment en colère.
Les enfants, un peu effrayés, s'écartaient de lui sur son passage. Lorsqu'il arriva à ma hauteur, il me fusilla du regard. Je m'apprêtai à lui donner quelques explications :
            - Cyril, écoute...
            - La ferme ! hurla-t-il.
            - Dis-donc, protesta Thomas avec indignation, pour qui tu te prends pour te permettre de lui parler sur ce ton ?
            Cyril se tourna lentement vers lui. Mon rival ne l'impressionnait guère. Il répliqua d'une voix cinglante :
            - C'est toi qui t'es baigné avec elle alors que vous n'aviez pas le droit. Je parie que tu l'as provoquée. Flo n'aurait jamais fait quelque chose d'aussi stupide sans la mauvaise influence de quelqu'un. Quant à toi, s'écria-t-il en se tournant vers Chloé, je ne te félicite pas. Tu aurais pu l'empêcher d'aller à l'eau.
            Elle s'expliqua d'un ton légèrement courroucé :
            - J'ai bien essayé mais elle a refusé de m'écouter.
            - Viens, m'ordonna-t-il d'un ton sec. Toi, Chloé, ramasse les affaires et rejoins-nous à l'hôtel. Il faut qu'on ait une discussion sérieuse tous les deux, rajouta-t-il en me lançant un regard noir.
            Aïe ! Je redoutais le pire !
            Nous marchions tous les deux en silence. Cyril n'avait pas desserré les dents depuis cinq minutes environ. Tout d'un coup, il engagea la conversation :
            - On peut dire que tu commences bien tes vacances !
            Je ne répondis rien. Il s'arrêta de marcher, me regarda dans les yeux et me demanda :
            - Flo, tu as perdu la tête ? Tu te rends compte que vous avez risqué votre vie tous les deux ?
            - Tout de suite les grands mots ! répliquai-je en levant les yeux au ciel.
            - Je ne plaisante pas et je n'exagère pas non plus, reprit-il en haussant la voix. Je sais très bien de quoi je parle ! Je suis allé dans la partie de l'hôtel réservée au tourisme. J'ai un peu flâné et j'ai décidé de vous rejoindre sur la plage en emportant des prospectus en français pour pouvoir les étudier calmement ce soir. J'ai lu en marchant. Le livret parlait des requins et des zones à risques. Bien évidemment, cette partie de la plage en fait partie. N'avez-vous pas remarqué avec Chloé que personne n'était dans l'eau ? La baignade devient dangereuse dans la soirée car c'est l'heure la plus propice aux attaques. S'il t'était arrivé quelque chose, je ne me le serais jamais pardonné. D'autant plus que j'étais censé vous surveiller.
            - Mais je ne savais pas qu'il y avait des requins. La pancarte ne l'indiquait pas !
            - Oui, c'est pour des raisons de tourisme. Les vacanciers auraient peur. A cause de cela, des écervelés comme toi sont blessés par des requins plus ou moins gravement. Et il y a beaucoup plus d'accidents qu'on ne le pense !
Je venais juste de lire ce passage lorsque je t'aperçois dans la mer avec ce garçon en train de nager comme une folle. Si tu savais à quel point je me suis affolé ! Je t'ai crié de revenir mais tu ne m'entendais pas. Je m'apprêtais à descendre sur la plage lorsque tu es sortie de l'eau. Lorsque je me suis remis de mes émotions et que j'ai vu que tu allais bien, je suis tout simplement sorti de mes gonds.
            - Je suis désolée.
            - Tu peux l'être.
            - Excuse-moi, implorai-je, je recommencerai pas.
            - Tu as intérêt !
            Il me pardonna de bon cœur, heureusement ! Il passa un bras autour de mes épaules et  nous rentrâmes à l'hôtel. Je scrutai l'horizon et aperçus vers le rivage des ailerons noirs et aiguisés. Je frémis d'horreur. Dire que j'aurais pu me retrouver nez à nez avec une de ces bêtes à cause d'un défi stupide ! Et ma tante ! Qu'allait-elle penser de tout cela ?
            - Cyril ?
            - Oui ?
            - Tu pourrais ne pas en parler à tatie ?
            - Tu exagères, Flo !

            Cependant, il garda le silence. Peut-être m'avait-il totalement pardonné ou bien alors, il avait oublié. Quoi qu'il en soit, ma tutrice n'apprit cette aventure que bien des années plus tard. Je me souviens encore de sa tête ce jour-là !

 

 

A suivre !

 

Publié par Sen à 23:28:57 dans La vie continue | Commentaires (0) |

Contre nature | 15 juin 2008

Hier soir, j'ai vu une émission sur je ne sais plus quelle chaîne traitant de Stonehenge, ce fameux monument construit il y a 4000 ans environ si mes souvenirs sont bons. 4000 ans... de quoi me laisser rêveuse. A quoi ressemblaient les hommes il y a 4000 ans ? Comment vivaient-ils ? L'Homme a-t-il évolué depuis 4000 ans ? Faisons un petit calcul : dans 4000 ans, nous serons en l'an 6008. Je doute un petit peu que les hommes existent encore dans 4000 ans vu l'état actuel de notre planète. Quoique... dans 4000 ans l'Homme aura certainement trouvé le moyen de rendre habitable un pauvre astre ( Mars ? Encelade ?) qui n'a rien demandé à personne et le polluer lui-aussi. 

Imaginons donc que l'Homme existe encore et qu'il évolue. Comment pourrait-il évoluer ? Je ne sais plus où j'ai entendu cela mais il semblerait que tous les poils et cheveux disparaîtront. Logique après tout : l'Homme est devenu de moins en moins poilu au fur et à mesure qu'il a évolué. Alors quoi de plus logique qu'il perde aussi les cheveux, les sourcils, les cils et les poils en général ? Ce n'est pas super ça ?  Plus de complexe de calvitie messieurs, vous serez tous logés à la même enseigne. Quant à vous mesdames, plus besoin d'investir dans une pince à épiler ni souffrir le martyr pour des épilations intégrales. Elle n'est pas belle la vie ? Certes, plus de mascara non plus ni de belle coiffure pour attirer les mâles. Mais bon... il y a toujours un revers à la médaille. D'après ce que j'ai entendu également, l'Homme n'aura plus d'orteils à cause des chaussures qui le rendent inutiles ( hi hi hi, on économisera sur le vernis à ongles et fini les ampoules sur les orteils !) et les femmes perdront leurs poitrines parce qu'elles allaitent de moins en moins. C'est bête les filles, il faudra trouver une autre forme de féminité comme les hanches par exemple. La question est : existeront-elles encore ? Oui parce qu'on peut imaginer que la procréation se fera uniquement par tubes, fécondationss artificielles ou je ne sais quoi d'autre. Peut-être que tout cela ressemblera aux "décantations" dont parle Aldous Huxley dans Le meilleur des mondes. Bref, à quoi serviront donc des hanches si elles n'abritent plus de foetus ?

Pourquoi pas des implants pour éviter que l'Homme ait encore besoin d'apprendre des choses ? Après tout, nous touchons de plus en plus à la génétique et nos techniques informatiques se développent à une vitese ahurissante. Nous pourrions donc imaginer que les futurs enfants de notre monde naîtront avec des mini ordinateurs intégrés en eux. Ce serait une évolution possible de l'Homme. Certes... Mais évolution naturelle ? Depuis la préhistoire, l'Homme a évolué naturellement mais dans le cas de ces implants, l'Homme provoquerait l'évolution lui-même ce qui serait quelque part contre nature.

Bien évidemment, tout ce que je viens d'écrire n'est jamais que le fruit de mon imagination trop débordante, le tout agrémenté d'une théorie que j'ai entendue il y a quelques années je ne sais plus où. Tout ceci est en effet assez abracadabrant. Quoique... Mais je pense malgré tout que la théorie la plus probable est que l'Homme n'existe tout implement plus.

Publié par Sen à 21:44:17 dans Rêveries | Commentaires (7) |

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