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Aujourd'hui, j'ai envie de vous raconter ce que cette date évoque chez moi. La rentrée ? Oui, bien sûr. Mais pas la rentrée comme vous le concevez. Non pas une rentrée où on traîne les pieds pour aller en cours sous une froide pluie d'automne en regrettant les vacances. Non, non et non ! La rentrée ne représente pas cela pour moi !
Quand vient le mois de septembre, je goûte avec délice la fin de l'ennui. Car en vacances, je m'ennuie. Il faut dire que trois mois voire quatre, c'est trop. Je vous assure que les étudiants n'ont en général qu'une hâte : que les cours reprennent enfin. Bien sûr, ils ne débutent que début octobre mais en septembre, la fac se réveille après ces longs mois de silence : les étudiants travaillant pour la sécurité sociale guettent leurs congénères devant les portes de l'administration, les UFR ouvrent à nouveau, les nouveaux emplois du temps sont publiés, les murs se tapissent d'informations nouvelles, la bibliothèque universitaire reprend ses horaires normales. Alors les étudiants s'activent eux-aussi : ils font la queue des heures pour obtenir la carte étudiant, ils s'insrivent à la BU, ils choisissent les options, assistent aux réunions de pré-rentrée, s'inscrivent au TD, achètent éventuellement des livres au programme et surtout, ils remplissent la fiche pédagogique pour s'inscrire aux exams ! Donc vous voyez ? En septembre, les étudiants ont de quoi faire.
A côté de cela, au mois de septembre, je retrouve aussi tous mes amis perdus de vue pendant l'été. On se retrouve, on se complimente sur le bronzage ou le nouveau sac, on va boire un café. Bref, on parlotte, on parlotte et franchement, la vie reprend ses droits à ce moment-là. Fini les longues journées d'août qui se ressemblent toutes ! Je me souviens de ce premier septembre d'il y a deux ans. Après un mois mortel à Toulon, j'avais retrouvé tous mes amis de fac et particulièrement une. Nous sommes allées faire les magasins ensemble et nous sommes égalemen allées chez le coiffeur. Pour finir, nous avons bu un verre au centre ville d'Aix. Franchement, que demander de plus ?
Ce qui me plaît aussi en septembre, c'est mon indépendance retrouvée. Non pas que je n'aime pas mes parents, loin de là ! Mais vous savez ce que c'est, n'est-ce pas ? Difficile de supporter à nouveau les manies des parents une fois que nous avons pris l'hbitude d'agir à notre guise.
Je finirai par attirer votre attention sur le climat. Souvent, le mois d'août n'est pas ce qu'il devrait être : on frissonne, on se plaint que l'été est décidément bien capricieux, on met un gilet par précaution dans le sac... Et en septembre ? Fini, oublié ! Le soleil a fini de bouder et il resplendit à nouveau dans ce pseudo ciel automnal, il brille plus que jamais et tape sur les épaules nues des jeunes filles. Début septembre à Aix, j'aimais siroter un verre avec des amis sur une terrasse ensoleillée à proximité de la fac de lettres, j'aimais me prélasser sous ce chaud soleil de septembre avant l'hiver.
Voilà tout ce qu'évoque la date d'aujourd'hui pour moi et vous voulez que je vous confie quelque chose ? Toute cette ambiance de septembre que j'aimais, je l'ai perdue l'année dernière quand j'ai emménagé à Amiens. Là-bas, point d'été indien, point d'amis avec qui traîner en ville ( quand on débarque dans une ville inconnue... ), point de fac mais un IUFM miteux. Et vous savez quoi ? J'ai peur que ce soit la même chose cette année. Alors dites-moi, vivrai-je à nouveau un mois de septembre comme je les aimais autrefois ?
Publié par Sen à 19:19:00 dans Anecdotes | Commentaires (5) | Permaliens
Je parle de l'immortalité bien sûr. L'immortalité dont tous les hommes rêvent depuis la nuit des temps sûrement. Tous ? Vraiment ? En fait, s'il y a bien quelque chose que je refuserais, ce serait bien cela. De toute façon, l'immortalité n'existera sans doute jamais ( il ne faut jamais dire jamais ) alors la question ne se pose pas. Mais en admettant qu'une pilule nous permette un jour de devenir immortel et qu'on vous la propose, l'accepteriez-vous ?
Voyons le bon côté des choses : j'imagine que si un individu quelconque devient immortel, il n'aura plus à souffrir de la vieillesse ni de la maladie. C'est un bon point, certes. De plus, il ne manquera pas de temps pour voyager, faire le tour de la Terre s'il le désire, tout découvrir, tout savoir, tout connaître. Cela semble difficile, bien évidemment, mais non impossible à condition d'avoir l'éternité devant soi. Finalement, le manque de temps est le seul obstacle à la Connaissance Ultime. Peut-être pas le seul en fait. Il faut aussi avoir envie de tout connaître. Vous me direz sûrement qu'il existera toujours de nouvelles technologies, de nouvelles découvertes, de nouveaux livres donc il ne pourra jamais tout connaître. Soit. Sauf s'il est le seul être humain à accéder à l'immortalité.
Maintenant, envisageons le mauvais côté des choses : s'il est le seul être humain immortel, cela signifie aussi qu'il est condamné à voir mourir toutes les personnes qu'il aime. C'est horrible, cauchemardesque ! Il ne pourra jamais rencontrer quelqu'un sans penser qu'un jour ou l'autre, il finira par lui rendre une petite visite au cimetière. Certes, il pourra toujours faire de nouvelles connaissances. Mais une fois encore, il sera attristé tôt ou tard par la mort de ces personnes.
En imaginant qu'il ne soit pas le seul être humain immortel, ne s'ennuierait-il pas ? A force de se dire qu'il a le temps de faire ceci ou cela ( après tout, il a l'éternité devant lui ), ne finirait-il pas par ne rien faire, s'ennuyer et être blasé ? Enfin, si on croit à la vie après la mort, il sera impossible à cet individu de revoir tous les êtres chers qu'il a perdus.
Bref, je refuserais sans doute l'immortalité si on me l'offrait. Mon conjoint pense différemment surtout parce qu'il aimerait voir comment vont évoluer les choses sur Terre. Je peux le concevoir : je suis moi aussi curieuse de savoir s'il y a vraiment une forme de vie intelligente sur une autre planète par exemple. Mais si je dois payer cette curiosité par un ennui permanent et/ou la douleur de perdre ceux que j'aime, non merci ! Je ne refuserais pas en revanche quelques décennies de rab mais l'éternité, hors de question ! Si vous êtes comme mon conjoint et aimerait bien être immortel(le), je serais curieuse de connaître vos raisons.
Publié par Sen à 21:55:42 dans Rêveries | Commentaires (8) | Permaliens
Publié par Sen à 20:46:27 dans Anecdotes | Commentaires (11) | Permaliens
Dans un ancien billet, je racontais tout ce que j'avais trouvé en fouillant dans un placard chez mon père et une des trouvailles n'est autre que le CD des musiques du Voyage de Chihiro, mon animation japonaise préférée. Tout à l'heure, je l'ai écouté à nouveau dans la voiture. Quel génie le compositeur des musiques, Joe Hisaishi ! Avec une mélodie très simple, il nous transporte dans un autre univers. Bien évidemment, mon jugement est biaisé à ce sujet puisque j'adore les animations japonaises pour lesquelles il compose les musiques. Donc forcément, en écoutant les musiques, ce sont les images splendides de Hayao Miyazaki qui défilent dans ma tête. Quelques notes graves... Chihiro est sur le point de rencontrer Yubaba, une musique mélancolique, elle est dans le train à la fin du film et regarde par la fenêtre les silhouettes s'éloigner. Quand vient enfin la musique de mon passage préféré du film, mon coeur s'emballe, tout simplement.
Bon, je vous propose quand même d'en écouter un passage :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/joe%2Bhisaishi/video/x4d2dp_22cartoons-le-voyage-de-chihiro-joe_music
Sur ce lien, vous pourrez entendre trois chansons différentes et ça tombe bien, il s'agit de celles que je préfère.
Un second lien où vous pourrez entendre le thème principal joué par Joe Hisaishi en personne :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/joe%2Bhisaishi/video/x4br6f_joe-hisaishi-live-le-voyage-de-chih_music
Publié par Sen à 11:19:51 dans Coups de coeur | Commentaires (9) | Permaliens
26 août... Aujourd'hui, nous sommes le 26 août. Date anodine... aujourd'hui ! Cela n'a pas toujours été le cas. 26 août 1994... une date qui me marquera sans doute à vie même si je n'y pense pas, je n'y pense plus. Si ! J'y pense en fait. Je ne pourrais jamais oublier cette date mais aujourd'hui, toute tristesse s'est envolée : les souvenirs de cette journée si spéciale pour moi se sont terrées au fond de coeur. Parfois, ils ressurgissent et j'y songe alors avec nostalgie et tendresse.
En quoi cette journée, il y a 14 ans aujourd'hui, était si spéciale pour moi ? Vous serez sûrement déçus quand je vous l'apprendrai. Vous vous attendez sans doute à quelque chose de grandiose, de phénoménal etc... Il n'en est rien. En fait, un seul mot, un seul nom pour être exact, résumerait cette journée : Corentin.
Corentin, un petit garçon banal assez nonchalant. Sans le savoir, il a chamboulé mon coeur de petite fille à l'époque. Oh ! Un amour d'enfant sans doute mais un amour malgré tout. Amour platonique bien sûr. Le moment le plus sensuel en quelques jours de "relation" a été le bras qu'il avait passé autour de mes épaules lors de l'appel au centre aéré... Il ne savait même pas ce que j'éprouvais. Moi non plus en fait. Je pensais juste qu'il s'agissait d'un ami, d'un très bon ami même si je ne le connaissais pas depuis longtemps. Je ne comprenais pas pourquoi je tenais autant à lui. Pourquoi me suis-je attachée à lui d'ailleurs ? Il y avait plus mignon que lui dans le centre aéré mais c'était Corentin ou rien.
En fait, j'étais trop grande pour mon âge, un peu ronde et les disgrâces de l'adolescence ne m'avaient pas épargnée. Je n'avais pas tout à fait 11 ans. Une petite fille dans un corps d'adolescente, voilà ce que j'étais. Ma soeur se faisait complimenter à longueur de journée, elle était tellement adorable ! Mais qui aurait pu penser la même chose de moi avec mes boutons d'acné ? Je ne dis pas que Corentin faisait exception à la règle. Certainement pas ! Mais nous avons commencé à parler ensemble.
Je m'en souviens très bien, c'était le 23 août au soir et nous étions dans le gymnase. Devant nous se tenait un panier de basket. J'avais attrapé un ballon, avais visé le panier mais bien évidemment, je n'avais même pas touché le filet. C'était la première fois que je me livrais à cet exercice et j'étais loin d'être douée. En fait, je ne me souviens pas avoir été un jour douée en sport quel qu'il en soit... Bref. Corentin me regardait faire et je ne sais pas ce qui lui a pris mais il s'est mis en tête de m'apprendre à marquer des buts. J'écoutais ses conseils. Je n'étais pas très bonne élève mais il était patient. Et c'est comme ça que j'ai marqué le premier panier de ma vie. Le lendemain et le surlendemain, j'espérais vivement le revoir mais il était absent. Trois jour après cette première entrevue (et mon dernier jour de centre aéré par la même occasion), Corentin était présent à l'appel. C'était ce fameux 26 août 1994. Nous avons passé la journée ensemble, avons fait du basket, avons mangé ensemble mais voilà... la journée devait bien s'achever et je savais que je ne devais plus jamais le revoir. Dans ma grande bêtise, je n'avais pas pensé à lui demander ne serait-ce qu'un numéro de téléphone. Je n'avais même pas pu lui dire au revoir.
Ce jour-là, il y a 14 ans, ma mère a retrouvé sa fille au bord des larmes et elle a compris ce que représentait Corentin pour moi. C'est elle qui m'a expliqué que ce n'était peut-être pas que de l'amitié mais de l'amour. Un amour d'enfant certes mais un amour tout de même... Et j'avais mal parce que je savais que je ne le reverrai plus. En effet, je ne l'ai jamais revu. J'avais pourtant réussi à avoir ses coordonnées quelques mois après ce fameux jour, j'avais téléphoné chez lui mais vous savez quoi ? Il m'avait oubliée.
Ce 26 août 2008, je pense donc à Corentin, je pense à toutes les personnes à qui j'ai raconté cette histoire (une centaine de fois peut-être ?), je repense à toutes les recherches que j'ai effectuées pour avoir son nom et son numéro de téléphone, je repense aux après-midi passés devant ma machine à écrire où je tapais tout ce qui s'était passé ce jour-là. Enfin, je repense aussi au jour où j'ai commencé à écrire un récit fictif. J'avais 14 ans. Devinez le prénom d'un des personnages principaux ? Eh oui ! Corentin. Et aujourd'hui, c'est à vous que je raconte cette histoire...
Publié par Sen à 19:17:48 dans Anecdotes | Commentaires (3) | Permaliens
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