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Laissez-vous entraîner par ce lieu de songes, de poésies et de réflexions personnelles... Le tout mélangé d'une pointe d'ironie et de gourmandise...

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La vie continue : Une expérience douloureuse ( 2 nde partie ) | 06 septembre 2008

C'était le vide total dans ma tête. Tout était noir. Que se passe-il ? Où Etais-je ? Ma tête, j'ai mal ! Cyril ! Cyril ! Où es-tu ? Je t'en supplie, sauve-moi. Pourquoi ne t'ai-je pas écouté ? Pourquoi ne m'as-tu pas forcée à rester chez moi ? Tatie, pourquoi m'as-tu laissée seule ? Pourquoi ai-je abusé de ta confiance ? Corentin, Matthieu, pourquoi m'avez-vous abandonnée ? Au secours, j'étouffe, je suffoque. A l'aide, quelqu'un !
             Cette forme, là, au-dessus de moi, ne serait-ce pas Florian ? Mais ma parole, on dirait que... Oui, aucun doute, ma jupe est belle et bien relevée !
            - Qu'est-ce que tu fais ? parvins-je à articuler tant bien que mal.
            - Chut, laisse-toi faire bébé.
            - Où sommes-nous ?
            - Dans une chambre.
            La porte s'ouvrit à la volée.
             - Fl-Flo !!!
            Chloé et Marjorie ! Quelle joie de les revoir !
            - Aidez-moi !
            - L'imbécile, elle a trop bu, répondit Marjorie. C'est un vrai légume.
            - Marjorie !
            - Putain mais c'est qu'il profite de la situation, ce salaud !         
            Je sentis quatre mains me tirer du lit. Florian résista un peu. Pour une fois que de la chair fraîche s'offrait à lui, il n'avait pas envie de s'en priver. Heureusement, mes amies avaient gardé toute leur lucidité et le menacèrent de porter plainte s'il ne me lâchait pas immédiatement. Florian était un adolecent avec un appétit certain pour les petites jeunes filles mais pas au point d'avoir des démêlés avec la justice. De plus, il était assez intelligent pour savoir qu'elles étaient sérieuses et qu'il risquait gros s'il n'obéissait pas. Il me libéra donc enfin et nous nous dirigeâmes toutes les trois vers la porte d'entrée.
            - Et les autres graçons? demanda Chloé. Tu crois qu'ils nous laisseront filer comme ça ?
            - Trop chaos par l'alcool, répondit Marjorie. Ils ne s'apercevront même pas de notre absence.
            Elle ouvrit le loquet de la porte d'entrée et nous entraîna dans les escaliers.
            - Courez les filles, courez ! Tiens bon, Flo.
            La peur au ventre, je m'efforçai de lui obéir.
            L'air frais me revigora et je sentis à nouveau la vie couler dans mes veines.
            - Flo, ça va ? demanda Chloé.
            Pour toute réponse, je vomis dans un caniveau.
            - Et maintenant, que fait-on ? ragea Chloé, nous sommes au moins à une heure à pied de chez nous. Nous n'avons ni portable ni carte téléphonique, Flo est trop malade pour marcher et il est une heure du matin. A part ça, tout va bien.
            - Tu es marrante, Chloé, répliquai-je, je te signale que c'est toi qui m'as poussé à accepter cette invitation !
            - Arrêtez ! ordonna Marjorie, ça ne sert à rien de se lamenter et se disputer ! De toute façon, nous sommes toutes les trois responsables. C'est Ben qui avait raison. Nous lui devons des excuses.
            La lumière d'un phare m'éblouit. J'entendis des pneus crisser et une portière claquer. Une jeune fille de vingt-deux ans aux longs cheveux noirs s'avança dans notre direction. Mais, je la connais ! Ce ne serait pas...
            - Sarah ! hurla Chloé en se précipitant sur sa sœur.
            - Les filles, je peux savoir ce que vous faites là à cette heure-ci ? Je reviens d'un bar et voilà que je croise trois gamines de quatorze ans dans des rues aussi mal fréquentées !
            Mes amies se perdirent en explications pour le moins contradictoire. Marjorie s'en tenait à la vérité, Chloé minimisait beaucoup les faits, sûrement pour éviter les foudres inévitables de sa sœur.
            - Stop ! nous coupa la jeune femme, je ne comprends rien. Montez en voiture ! Marjorie, tu as l'air plus en forme que les autres, tu me raconteras tout. Mais Flo ! s'écria-t-elle tout à coup en se tournant vers moi, comme tu es pâle ! Mais que se passe-t-il ?
            Des nausées m'assaillirent à nouveau.
            - Mais ma parole, tu es complètement ivre !
            Sarah m'aida à prendre place sur la banquette arrière. Chloé s'installa à mes côtés et Marjorie s'assit à l'avant.
            - Vous dormirez chez moi, déclara la conductrice en démarrant, et je vous ramènerai chez vous demain.
            - Ma tante n'est pas là, expliquai-je, mais je voudrais voir Cyril. Je lui ai promis de le prévenir en cas de problèmes.
            - Il est trop tard maintenant, répliqua-t-elle, on ne dérange pas les gens à une heure pareille. Mais je l'appellerai.
            Je me ratatinai sur mon siège et tombai dans un demi-sommeil. Seul le murmure de la voix de Marjorie qui racontait nos exploits troublait la quiétude de la nuit.
            Je sursautai quelques minutes plus tard par des reproches :
            - Ah non les filles ! Je ne suis pas contente du tout ! Quelle idée de suivre des garçons que vous n'avez jamais vus ! Je vous croyais plus intelligente que ça. Vous me décevez énormément, surtout toi Chloé, car je ne pensais vraiment pas ma petite sœur capable de se fourrer dans des situations comme celles-ci.
            Des larmes embuèrent les yeux de mon amie.
- Et ça ne sert à rien de pleurer ! Flo, ouvre la fenêtre, ça te fera du bien.
            En arrivant, Sarah aménagea rapidement un matelas où nous pourrions dormir à trois et elle nous prêta des tee-shirts en guise de pyjamas.
Maintenant que je me sentais mieux, la honte se faisait douloureusement ressentir. J'avais vraiment agi comme une petite fille sans cervelle. Pourquoi, mais pourquoi avais-je bu tous ces verres ? Mais il était un peu tard pour avoir des regrets. Le mal était fait. Ma tante ne me ferait plus jamais confiance et c'était bien fait pour moi. Quant à la réaction de Cyril, je n'osais même pas y penser.
            Malades et épuisées, nous rabattîmes la couette et nous éteignîmes la lampe. Nous étions sur le point de sombrer aux pays des rêves quand Sarah entra silencieusement dans la pièce.
            - Bonne nuit les filles, murmura-t-elle, si vous avez besoin de quoi que ce soit, réveillez-moi. Chloé, rajouta-t-elle, je t'aime.
            A travers le rai de lumière que filtrait la porte entrebâillée, j'aperçus des larmes de bonheur couler sur les joues de mon amie. Son visage était illuminé d'un vrai sourire.
            BIP-BIP-BIP ! Quoi ? Quoi ? Que se passait-il ? Ah oui, le réveil ! Il fallait que je me lève sinon, j'allais arriver en retard en cours.
            - Tatie, criai-je, je me lève dans cinq minutes. Tu peux préparer le petit déjeuner ?
Je m'assoupis et me réveillai à nouveau.
            - Mon Dieu, ce que j'ai mal au crâne ! dis-je en massant doucement mes tempes.
            Je me redressai sur mon séant. Mais je n'étais pas chez moi !
            - Flo, ça va ? demanda une voix fluette à côté de moi.
            Je me retournai. Chloé et Marjorie se tenaient auprès de moi. Tous les événements de la veille me revinrent en mémoire. Nous étions en fin août. Donc, pas la peine d'aller en classe. Mes amies et moi avions été invitées par des garçons et nous avions passé la nuit chez Sarah.
            - Vous êtes déjà debout ? dis-je en baillant.
            - Déjà ? s'étonna Marjorie. Mais Flo, il est midi.
            - Oui, renchérit Chloé et Sarah est à côté en train de raconter à Cyril et à sa mère ce qui s'est passé hier.
            - QUOI ! ! !
            - Oui, tu ne te rappelles pas ? Cette nuit, dans la voiture, tu voulais aller chez lui. Alors ma sœur m'a demandé son numéro. Elle a téléphoné, elle est tombée sur sa mère et lui a dit de passer te récupérer.
            - Ils dscutent depuis vingt minutes déjà, rajouta Marjorie.
            Vingt minutes ! Mais alors, c'était la sonnette de l'entrée et non le réveil qui m'avait tirée du lit.
            Dès que j'entrai dans le salon, Sarah m'adressa un grand sourire :
            - Bien dormi ?
            - Oui, merci.
            Apparemment, elle nous avait pardonné. C'était déjà ça. Un silence de mort s'abattit. Mon ami était assis sur un canapé. Une mèche rebelle tombait sur un visage dur et fermé. Les bras croisés et le regard foudroyant, il m'observait silencieusement. Je détournai les yeux et j'aperçus sa mère. Elle était dans le même état d'esprit que son fils. Ils étaient au courant de tout.
La voix de Cyril retentit :
            - Bonjour Florianne.
            C'était le ton le plus froid et le plus cassant que j'avais jamais entendu de toute ma vie. Cela me blessa profondément mais moins cependant que ce « Florianne ». Mon ami n'avait encore jamais employé mon nom entier. Soudain, une pensée horrible me vint à l'esprit : et si je perdais l'amitié de Cyril ? Non ! Non ! Impossible ! Rien que cette idée me poignardait.
            - Va te laver et habille-toi, me proposa gentiment la sœur de Chloé.
            J'obéis, complètement anéantie. En quittant la pièce, je lançai un regard désemparé à Cyril dans l'espoir de lire quelque chose dans ses yeux qui puisse me rassurer mais peine perdue.
            - Ne soyez pas trop durs avec elle, entendis-je, elle a déjà été assez punie.
            Le cœur saignant, je me précipitai vers la salle de bain, bousculant mes amies au passage.
            - Flo, tu pleures ! dit Chloé. Qu'est-ce qui ne va pas ?
            - LAISSEZ-MOI !
            Si seulement Cyril m'avait accablée de reproches ! Au moins, il aurait déversé sa colère et se serait calmé. Tandis que là...  Je ne savais pas s'il me pardonnerait. Et en admettant qu'il le fasse, au bout de combien de temps ? Au bout de combien de temps m'infligerait-il cette douleur ? Je soupirai, ôtai ma chemise de nuit de fortune et me plongeai dans un bain brûlant. Quoi qu'il en soit, une chose était sûre : j'allais passer un mauvais quart d'heure !
            J'avais raison. Enfin... à moitié seulement. Je pensais que Cyril et sa mère me tanceraient sévèrement durant tout le trajeten voiture. Or, il n'en était rien. Aucun des deux ne prononçait le moindre mot. Depuis que nous avions quitté Sarah, ils n'avaient pas desserré les dents. Et c'était pire. Je pleurais silencieusement sur la banquette arrière. Cyril me jetait des coups d'œil furtifs dans le rétroviseur ce qui était tout de même mieux qu'une ignorance totale. Nous arrivâmes devant la maison de mon ami.
            - Nous voici arrivés Flo.
            Pour la première fois de la journée, la mère de mon ami m'adressait la parole.
            - Je dois aller faire une course mais Cyril s'occupera de toi. J'ai appelé ta tante quand tu prenais ta douche. Je lui ai raconté brièvement les événements. Elle était affolée et rentrera plus tôt que prévu. Elle passera te prendre ici. Tu sais, ta tante a un métier difficile qui ne lui laisse pas beaucoup de temps libre. Pourtant, elle s'est toujours efforcée de te rendre la vie la plus heureuse possible. Je pensais que tu avais plus de reconnaissance que ça.
            Ces paroles me déchirèrent le cœur. Mais je les avais méritées. Et puis, elle avait raison. J'avais agi comme une petite égoïste sans penser au mal que je ferai à ma tutrice. 
            Mon ami s'affairait dans la cuisine. Il allait et venait sans rien dire, rangeant tantôt un plat dans un placard ou lavant une assiette. Assise sur une chaise, je guettais le moindre de ses gestes, espérant qu'il s'intéresserait enfin à moi.
            - Cyril ?
            Il ne se retourna pas.
            - Cyril, murmurai-je plus faiblement, tu m'aimes encore ?
            Je réussis enin à capter son attention. Il posa le verre qu'il essuyait sur l'évier et répondit calmement :
            - Quelle question ! Si je ne t'aimais pas, je ne t'aurais pas ramenée chez moi. Si tu me laissais indifférent, j'aurais demandé à ma mère qu'elle te conduise chez toi et tu te serais débrouillée toute seule.
            - Mais tu es si froid ! Je ne te reconnais plus.
            Il explosa de colère :
            - Il y a de quoi Flo !
            Ouf ! il m'appelait à nouveau par mon diminutif.
            - Tu te rends compte de la gravité de ton acte ?
            Je baissai les yeux et fixai la table en bois. C'est fou ce que c'est intéressant.
            - Je vous avais fortement déconseillé d'y aller mais tu as voulu n'en faire qu'à ta tête et voilà où ça vous a conduit. En plus, tu m'avais juré d'être prudente. Eh bien ! Qu'est-ce que ça aurait été si tu ne m'avais pas fait cette promesse !
            C'est marrant, il y a des endroits plus clairs que d'autres.
            - Tu t'imagines que tu as failli te faire violer...
            Il y a cinq traits qui enroulent un nœud. Mais ils ne sont pas symétriques.
            - Et quand vous êtes parties, qu'auriez-vous fait si Sarah ne vous avait croisées ?
            Tiens ! Ca a la forme d'un animal. Un mouton peut-être ? Non, plutôt un chien.
            - Est-ce que tu peux seulement concevoir comment je me suis rongé les sangs quand Sarah nous a téléphoné ce matin pour nous dire qu'il y avait un problème ?
            Il y a quelque chose de gravé dans le bois. On dirait des lettres mal dessinées.
            - Et aussi, quelle idée de boire de la vodka à ton âge !
            Cette dernière phrase me cingla. Ma gorge se serra. Mes lèvres tremblèrent.
            - Cyril, articulai-je avec difficulté, c'est vrai que j'ai eu tort d'aller à cette soirée. J'aurais dû t'écouter et Ben aussi...
            - Ben est un garçon qui a un sens assez développé de l'humour mais c'est aussi un mec sensé et raisonnable. De plus, il a un cœur d'or. C'est vraiment quelqu'un de bien et vous devriez tenir compte de ses conseils plus souvent.
            - J'avais demandé du jus de fruit. Je te le jure. Mais, il y avait aussi de l'alcool. Ca aait plutôt bon goût alors j'ai voulu en boire d'autres. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Et puis, la vodka ne faisait aucun effet au début. C'est venu d'un seul coup et c'était trop tard. J'étais chaos, je ne pouvais pas me défendre. J'étais entièrement à sa merci. Et je ne sais pas comment, je me suis retrouvée à moitié déshabillée sur un lit avec Florian sur moi. Mais je ne voulais pas ça, je te le jure, je ne voulais pas...
            Des pleurs m'empêchèrent de donner plus de détails. Cyril m'observait avec intérêt. Tous les souvenirs de la soirée me brûlaient. Chaque seconde défilait une à une dans mon esprit. J'avais très envie qu'une voix amie chasse ces images de ma tête.
            - Par-pardonne moi ! balbutiai-je en sanglotant, pardonne-moi, pardonne-moi. J'ai eu si peur !
            - Flo, murmura mon ami en s'approchant de moi à pas feutrés, par pitié, arrête de pleurer !
            Comme je continuai de plus bel et que rien ne semblait me calmer, il m'enlaça. Peu à peu, le cauchemar de la nuit dernière fut atténué grâce à la douce main de Cyril qui passait tendrement dans mes cheveux.
            - Ca va aller ? demanda mon ami en m'aidant à m'allonger sur son lit.
            J'acquiesçai.
            - Tiens, reprit-il en me tendant un grand verre d'eau et un comprimé, tu devrais
prendre ça, tu auras moins mal à la tête.
            Je l'avalai et m'installai confortablement afin de me reposer et d'oublier les évènements de la nuit dernière. Même si je n'étais plus complètement abrutie par l'alcool, je me sentais tout de même un peu barbouillée. Heureusement, la chambre de mon ami était plutôt agréable avec tous ces rayons de soleil qui inondaient la pièce. Cette atmosphère chaleureuse me réchauffait le cœur et soignait mes blessures. Sur ce, je m'endormis profondément d'un sommeil sans rêves.
            La réaction de ma tante ne fut guère surprenante : colère, déception, inquiétude... Mais je ne pouvais pas lui en vouloir. Je lui avais causé tant de soucis ! Ce ne fut qu'au bout de deux jours de silence buté et d'explications emberlificotées qu'elle me pardonna enfin. Nous avions toutes deux décidées de ne plus jamais reparler de cette histoire à l'avenir. Cependant, elle ne put s'empêcher de me demander :
            - Et tes frères ? Tu y as pensé ?
            Quelle question... Corentin ! Matthieu ! Vous avez tout vu, n'est-ce pas ? Vous savez comment je me suis comportée ? Mais je vous en supplie, n'ayez pas une mauvaise opinion de moi s'il vous plaît ! Je regrette amèrement mon attitude.
             Un rayon de soleil perça les nuages à ce moment-là et baigna ma chambre d'une douce lumière dorée. Je souris. Tout était réglé.

      - Merci, murmurai-je en dévorant des yeux leur photo, merci beaucoup.

 

 

A suivre...

Publié par Sen à 20:19:50 dans La vie continue | Commentaires (0) |

La vie continue : Une expérience douloureuse ( 1 ère partie ) | 06 septembre 2008

                 Voilà la suite de "La vie continue". Pour lire le début, il suffit de consulter le thème "La vie continue". Je ne vous mets ce soir que la première partie du chapitre car je n'ai pas fini de le relire. Je mettrai la seconde partie plus tard.

Avertissement : il s'agit d'un récit écrit quand j'étais adolescente. Le style est donc ceui d'un adolescent. Vous savez donc à quoi vous attendre si vous le lisez malgré tout. Sur ce, bonne lecture !

            Par un beau soir d'été, je me promenais sur le port avec Chloé. Une douce tiédeur nous incitait, mon amie à moi, à flâner sans buts précis. La lune se reflétait sur l'eau et les mâts se balançaient allègrement au vent. Les vagues s'écrasaient en clapotis sur la digue. Les nuits d'août, le marché nocturne allait bon train : des stands de bijoux, habits, glaces et une foule d'autres choses encore longeaient le port.
            - Flo ! implora mon amie, aide-moi ! Quelle bague j'achète ? Je ne parviens pas à choisir !
            - Prends les deux, suggérai-je en léchant une glace à l'italienne.
            - Je ne peux pas ! Je n'ai pas assez d'argent. Tu ne pourrais pas m'avancer s'il te plaît ?
            - Tu sais parfaitement que j'ai tout dépensé alors décide-toi vite car je te rappelle que nous sommes déjà en retard.
            Cinq minutes plus tard, nous nous hâtions de rentrer le plus vite possible quand une voix nous interpella :
            - Salut les filles !
            Nous nous retournâmes vivement. Deux garçons de seize ans environ, plutôt mignons,  se tenaient dans un coin sombre de la ruelle. L'un était brun aux yeux verts et l'autre blond aux yeux bleus.
            - Ca vous dirait qu'on aille boire un coup ?
            - Désolée, répondis-je en entraînant Chloé qui bavait devant eux, nous n'avons pas le temps.
            Mais c'était sans compter sur mon amie qui minauda avec un sourire béat d'admiration :
            - D'accord.
            - CHLOE ! On ne peut pas.
            - Excusez-moi, dit ma compagne en m'agrippant, il faut que je parle à ma copine.
            Elle m'attira à l'écart et murmura :
            - Flo, ces mecs-là sont deux vrais bombes et pour les bombes, on est toujours libre, on n'a jamais quelque chose à faire. Compris ? Ta tante et ma mère attendront un peu. Nous ne sommes plus à quelques minutes près ! Et franchement, ne me dis pas que tu ne les trouves pas beaux !
            - Si, bien sûr, avouai-je, ils me plaisent beaucoup mais bon... je ne sais pas Chloé, ils ne m'inspirent pas trop confiance.
            - Ce n'est pas grave les filles, déclara le blond. Apparemment, vous n'êtes pas libres ce soir. Mais si vous voulez, on vous emmènera à une soirée samedi soir prochain. Rendez-vous ici à dix heures. Dites à vos copines de venir si elles en ont envie. Au fait, je m'appelle Florian et lui, c'est Jonathan.
            - Moi c'est Flo, répondis-je. Et elle, Chloé.
            - Alors, à bientôt.
            Et ils s'éloignèrent. Lorsqu'elle fut certaine qu'ils ne traînaient plus dans le coin, mon amie s'écria avec colère :
            - Bravo ! Tu as tout gâché ! Pourquoi n'as-tu pas accepté tout de suite ? Je ne te comprends pas.
            - Je ne suis tout simplement pas aussi inconsciente que toi, répliquai-je en me remettant en route.
            - Oui mais tout de même ! Remarque, reprit-elle au bout d'une minute, nous pourrons toujours les revoir.
            - Ne me dis pas que tu as l'intention d'aller à cette soirée ?
            - Et pourquoi pas ? Après tout, ils nous ont invitées. Et puis, rajouta-t-elle en me prenant le bras, avoue que tu les trouves mignons. Hein, dis !
            Elle me harcela tant et si bien que je finis par admettre qu'ils ne me laissaient pas indifférentes, surtout celui qui se nommait Florian. De fil en aiguille, mon amie me convainquit pour la soirée à venir. C'était décidé, nous les rejoindrions et advienne que pourra ! Pure folie ? Peut-être bien après tout, nous avions discuté avec eux deux minutes tout en plus. Mais je voudrais vous y voir à ma place : allez ôter une idée farfelue de la caboche de Chloé, surtout quand il s'agit de garçons, et vous comprendrez.
            - Génial ! dit-elle lorsqu'elle obtint mon accord. Nous pourrions proposer à Marjorie et Emmanuelle de nous accompagner, non ?
            - Bonne idée. Comme ça, nous serons entre copines.
            Sur ce, je souhaitai une bonne nuit à mon amie car j'étais arrivée chez moi. J'essayai de faire le moins de bruit possible en ouvrant la porte d'entrée pour ne pas réveiller ma tante. Mais dès que je pénétrai dans le vestibule, j'aperçus un rai de lumière provenant du salon. Quoi ! Ma tutrice ne dormait toujours pas ! En effet, elle était confortablement assise sur le canapé et lisait un livre apparemment passionnant.
            - Bonsoir tatie, murmurai-je, tu pensais que tu étais au lit.
            - Je t'attendais, expliqua-t-elle sans lever les yeux. Flo, tu sais lire l'heure ?
            - Humm.
            - Non parce que figure-toi que dix et onze heures, ce n'est pas tout à fait la même chose.
            - Désolée.
            - Tu me dis ça à chaque fois, mais fais attention à toi. Si tu n'es pas capable de respecter un horaire, je ne te donnerais plus la permission de sortir le soir. Bonne nuit.
            Je soupirai et gagnai ma chambre en maudissant Chloé.
            Le surlendemain, je me promenai avec mes amis sur le port. Seul Cyril n'était pas là. Chloé et moi racontâmes notre rencontre avec Florian et Jonathan.
            -  J'accepte de venir avec vous ! décréta immédiatement Marjorie. J'ai hâte d'être à samedi soir !
            Benjamin, en revanche, ne partageait pas notre enthousiasme :
            - Vous devriez faire attention les filles, vous ne savez rien de ces types.
            - Oh, tais-toi Ben ! dit Chloé, tu es beaucoup trop pessimiste et rabat-joie.
            - Ca vaut mieux que d'être complètement inconsciente comme toi.
            Mon amie ignora sa remarque, se tourna vers Emmanuelle et lui demanda d'un ton légèrement provocateur :
             Et toi, tu nous accompagnes ?
            l fallait être aveugle pour ne pas s'apercevoir qu'elle en mourrait d'envie. Mais, alors qu'elle s'apprêtait à répondre, son frère se fâcha :
             C'est hors de question ! Flo, Marjorie et toi pouvez faire toutes vos bêtises. Je vous ai déconseillé de revoir ces garçons. Vous ne voulez pas m'écouter, c'est votre problème mais je n'admettrais jamais que ma sœur soit impliquée dans vos histoires !
             Ce n'est pas à toi qu'on parle mais à Emmanuelle, répliqua mon amie. Ta sœur a le même âge que toi. Par conséquent, elle est assez grande pour prendre des décisions toute seule.
 - Stop ! hurla Marjorie. La seule que l'on entend pas, c'est la principale intéressée alors laissez-la donner s'exprimer.
Nous nous tournâmes tous vers notre amie. Elle nous regarda l'un après l'autre l'air plutôt gêné. Elle avait sûrement envie d'accepter notre proposition mais elle avait peur de décevoir son frère.  Au bout d'une minute ou deux, Benjamin ordonna à sa sœur :
             - Viens, nous partons. De toute façon, tu n'iras pas là-bas.
            - Non, insista Chloé. Ne le laisse pas diriger ta vie !
            Emmanuelle hésita quelques secondes, poussa un soupir et rejoignit son frère.
- Ce qu'elle peut être faible ! pesta mon amie. Si seulement elle n'était pas aussi passive et se rebellait de temps en temps !
            - Ne la juge pas, Chloé. Je la comprends, tu sais. Elle aime beaucoup son frère et elle ne veut pas perdre sa confiance.
            Si j'avais été dans sa sitatiation, qu'aurais-je répondu  ? Aurais-je pu prendre le risque de décevoir mes frères ? De toute façon, la question ne se posait pas à l'heure actuelle, bien malheureusement...
Les jours suivants se déroulèrent dans une atmosphère d'impatience. Chloé, Marjorie et moi essayions des vêtements et nous maquillions afin de voir ce qui nous irait le mieux pour le Grand Soir. Benjamin participait à nos préparatifs mais il semblait avoir perdu le sens de l'humour. Il ne souriait plus, ne riait plus et se montrait particulièrement froid avec Chloé. Quant à sa soeur, cette atmosphère tendue entre son jumeau et nous la désemparait mais elle ne pouvait y remédier.
            Bientôt, un problème de taille s'imposa : comment persuader nos mères et ma tutrice de nous laisser aller à cette soirée ? Je doutais de leurs permissions. Mais après tout, pourquoi en parler ? Il suffisait d'inventer un stratagème pour qu'elles ne soient pas au courant. Je passais en revue toutes les ruses possibles et inimaginables mais aucune ne marcherait. Bizarrement, c'est ma tante qui résolut le problème :
            - Flo, je suis désolée, je suis obligée de m'absenter ceweek-end. C'est pour mon travail, tu comprends ? Ma chérie, ça m'embête de te laisser seule mais je n'ai pas le choix. Comme je sais que tu es autonome et que tu passes beaucoup de temps avec tes amis, j'ai pensé que ça ne te dérangerait pas trop. De plus, je sais que tu es une adolescente responsable.
            Je n'y croyais pas. C'était trop beau pour être vrai ! Chloé et Marjorie pouvaient dormir chez moi et à nous les garçons ! Ca ne me plaisait pas trop de profiter de la confiance de ma tutrice, surtout après le discours qu'elle m'avait débité, mais je ne voyais pas d'autres solutions. C'est pourquoi je répondis :
            - Ne t'en fais pour moi, vas-y. Je me débrouillerais très bien toute seule.
            - Je suis vraiment fière de toi, déclara-elle chaleureusement.
            Le sourire qui illuminait son visage fit naître en moi un sentiment de culpabilité. Depuis la mort de mes frères, elle avait toujours été tellement compréhensive et gentille ! Cependant, je ne renonçai pas à notre projet. Le vendredi matin, elle partit comme prévu. J'étais enfin libre.
            Au beau milieu de l'après-midi, Chloé et moi écoutions de la musique dans ma chambre quand Cyril arriva. Je ne lui avais pas encore parlé de Florian et Jonathan, redoutant un peu sa réaction. Peut-être que je devrais me taire au moins jusqu'à dimanche. Tel que je le connaissais, il nous mettrait des bâtons dans les roues.
 - Cyril ! dit Chloé dès qu'elle l'aperçut, il faut absolument que je te raconte notre rencontre avec deux garçons super mignons samedi dernier.
Trop tard pour tout lui cacher à présent !  J'aurais dû mettre les choses au point avec cette petite idiote.
            Mon ami fronça légèrement les sourcils.
            - De quels garçons « super mignons » parles-tu ? 
            - Ne pense plus à ça, répondis-je précipitamment en lançant un regard noir à ma compagne, ce n'est rien. De toute façon, nous ne les reverrons sans doute jamais. Et toi...
            - Mais Flo, interrompit Chloé, ils nous ont donné rendez-vous demain soir !   
            Je l'aurais giflée.
            Cyril me lança un regard interrogateur et légèrement courroucé. Je tentai de me justifier :
- C'est vrai mais nous n'avons pas l'intention de répondre à leur invitation.
            -  Flo, nous avons déjà tout prévu !
            - CHLOE, LA FERME !!!
- C'est toi qui va te taire, ordonna Cyril d'un ton cassant. Laisse-la parler. Chloé, rajouta-t-il, je t'écoute.
Mais elle avait compris qu'elle avait fait une gaffe et était aussi muette qu'une tombe.
            - PARLE !
            Elle s'exécuta. A la fin de son récit, il déclara :
            - Et vous vous imaginez peut-être que je vous laisserai faire ?
- De toute façon, répondis-je, tu n'as pas le choix et tu es très mal placé pour nous donner des conseils. Tu n'es jamais chez toi le samedi soir. Tu es trop occupé à draguer des filles.
Il devont rouge pivoine et détourna la tête en murmurant quelque chose d'inaudible. J'avais marqué un point. Il décréta finalement :
            - Ce n'est pas la même chose, Flo. J'ai dix-sept ans, vous en avez quatorze. A votre âge, je ne faisais pas toutes vos bêtises. Et un garçon, rajouta-t-il, ça court moins de danger qu'une fille.
- C'est exactement pareil, je ne vois pas de différences.
- Si tu y vas, je t'en mets une, siffla-t-il entre ses dents.
            - Cyril, murmurai-je d'un ton un peu peiné, je ne comprends pas pourquoi tu te mets dans un état pareil pour cette histoire.
            - Parce que je m'inquiète, soupira-t-il d'une voix beaucoup plus radoucie.
            - Mais tu n'as aucune raison de l'être, répliquai-je avec tendresse et en le prenant dans mes bras. Bon d'accord, nous allons voir des garçons, c'est vrai. Et alors ? C'est de notre âge. Nous nous amuserons un peu, peut-être sortirons-nous avec quelqu'un et c'est tout. Il n'y a vraiment pas de quoi en faire un plat.
            - D'accord, répondit-il en esquissant un sourire, tu as peut-être raison. Mais soyez prudentes.
            - Tu as ma parole, lui soufflai-je à l'oreille.
            Je pensais vraiment ce que je disais.
            Tout-à-coup, comme s'il sortait d'un rêve, il demanda :
            - Excuse-moi mais j'ai dû mal entendre. Tu as dit que vous alliez sortir avec quelqu'un ?
            - Non, nous allons jouer au scrabble toute la soirée avec une tisane. Non mais Cyril, tu crois quoi ?
            - Flo, je connais bien les garçons. Ils voudront aller plus loin. Peut-être même qu'ils abuseront de vous.
            - Je t'ai dit que je serai prudente alors tu n'as pas de soucis à te faire.
            - De toute façon, rajouta Chloé, dès que Flo flirte avec quelqu'un, tu n'es pas content. Bien sûr, reprit-elle en le regardant droit dans les yeux, tu ne dirais pas non si c'était avec toi !
            Une lueur de panique brilla dans les beaux yeux noirs de Cyril et il marmonna en détournant la tête quelque chose comme “n'importe quoi”.
            - Bon, reprit-il au bout d'une minute de silence, vous avez gagné. Allez-y mais je ne serai vraiment pas tranquille. N'oublie pas ta promesse, Flo. Fais attention et s'il y a le moindre problème appelle-moi même si c'est au beau milieu de la nuit. Je resterai chez moi demain.
            Une heure plus tard, Cyril décida qu'il était temps de rentrer.
            - Si ça te dérange pas Flo, dit Chloé, j'aimerais bien rester encore un peu, juste pour voir si tu as un pantalon que je pourrais mettre demain.
            - Non ! répondit Cyril à ma place. Tu rentres avec moi, il faut qu'on parle.
            Elle leva les yeux aux ciels et me souffla à l'oreille avec une pointe d'agacement :
            - Je sais parfaitement ce qu'il veut me dire.
            Et ils partirent.
            C'était enfin le grand soir. Mes amies et moi nous hâtions vers le lieu du rendez-vous.
            - Nous sommes bientôt arrivées ? demanda Marjorie pour l'énième fois.
            - Un peu de patience, répliquai-je, ce n'est plus très loin. Voilà, rajoutai-je au bout de deux minutes, c'est ici.
            Oui, mais excepté un chat malingre fouillant dans une poubelle, il n'y avait pas âmes qui vivent. La ruelle semblait beaucoup plus sombre et sale que dans mes souvenirs. Même l'atmosphère était pesante. Seul un lampadaire projetant une lumière blafarde nous éclairait. Cela me mettait plutôt mal à l'aise. Espérons qu'ils ne nous fassent pas trop attendre car l'endroit était lugubre.
            Au bout de vingt minutes, nous commencions à nous impatienter et notre enthousiasme s'émoussait un peu.
            - Si dans cinq minutes ils ne sont pas là, on s'en va, proposai-je.
            A peine avais-je dit cela qu'ils apparurent.
            - Excusez-nous pour le retard, s'excusa Florian, nous ne pensions pas que vous viendriez. Je vois que vous avez emmené une copine, constata-t-il en reluquant Marjorie. Parfait ! Venez, nous allons chez un copain qui organise une fête chez lui. Ses parents ne sont pas là.
            Nous marchâmes longtemps à travers des rues sordides dont je ne soupçonnais même pas l'existence. Le lieu du rendez-vous semblait être un vaste boulevard avec de larges trottoirs en marbre en comparaison de celles-ci. Mais les garçons nous avaient mis à l'aise et le décor nous importait peu. Ils étaient vraiment sympas et nous parlions ensemble comme cinq vieux amis. Et dire que Cyril et Benjamin s'inquiétaient pour nous !   
            Marjorie m'attrapa soudainement par l'épaule, m'attira un peu à l'écart et s'exclama à mi-voix :
            - Woua ! ils sont vraiment craquants. Je vous remercie Chloé et toi de m'avoir proposé de venir. Quel dommage qu'Emmanuelle soit pas là !
Nous arrivâmes enfin devant un immeuble crasseux.
            - Nous y voilà, annoncèrent les garçons.
            L'endroit en question était vraiment sale et sombre mais nous étions toutes tellement excitées que cela nous importait peu. Les deux garçons nous grisaient complètement. Il y avait bien une petite voix au fond de moi qui me conseillait de fuir au plus vite mais je n'y prêtais aucune attention.
            Les amis de Florian et Jonathan étaient cinq autres garçons âgés de seize à dix-huit ans.
Nous pénétrâmes dans un petit salon très bien aménagé quoique petit. Des bougies dans des coupelles illuminant la pièce et la musique de fond créaient une atmosphère chaleureuse. Quelques fauteuils d'aspect confortable encerclaient une table basse.
            - Installez-vous, les filles, mettez-vous à l'aise.
            Marjorie tomba immédiatement sous le charme d'un des garçons. Celui-ci prit place à ses côtés et tous deux commencèrent à discuter comme de veiux amis. A ma grande joie, Florian s'assit auprès de moi sur un canapé. Il était tellement mignon ! La façon dont il posait son regard sur moi me faisait littéralement fondre. Je jetai un coup d'œil à Chloé qui se faisait draguer par Jonathan. Elle m'adressa un grand sourire, visiblement aux anges. Un quart d'heure plus tard, tous deux s'enlaçaient. Il en était de même pour Marjorie.
            - Alors, demanda Florian en passant un bras autour de mes épaules, ça va ?
            - Oui, oui, minaudai-je.
            - Pas trop fatiguée ?
            - Non, j'ai l'habitude de me coucher tard.
            Même si à mon avis nous n'avons pas la même conception d'une heure tardive. Sa main glissa lentement le long de mon bras jusqu'à la cuisse ce qui provoqua en moi une sensation inconnue. Des frissons me parcoururent l'échine. Je me sentis électrifiée. Toutes les cellules de mon corps s'activèrent à cent à l'heure. Et j'avais très chaud. C'était tellement étrange ! Mais que m'arrivait-il ?  Florian m'effleura doucement les reims, puis le ventre jusqu'à la poitrine. Mon visage vira au rouge. Je trouvais qu'il prenait un peu trop de liberté. De quel droit se permettait-il de me toucher alors qu'il ne me connaissait pas ? D'un autre côté, je reconnais que cela ne me déplaisait pas totalement. Ses yeux verts fouillèrent longuement au fond des miens. Mon Dieu ! Ce qu'il pouvait être craquant ! Et, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, il se rapprocha de moi et m'embrassa langoureusement. Un baiser humide et âcre.
            Je revins à la réalité lorsque notre hôte, David, nous proposa des boissons.
            - Bonne idée, approuvai-je, je meurs de soif.
            - Qu'est-ce que je te sers ?
            - Un verre de jus de fruit ne me déplairait pas.
            - Moi aussi ! s'exclama Chloé.
            - Pareil pour moi, renchérit Marjorie.
            Tous les autres garçons commandèrent de la bière.
            Il disparut dans la cuisine et revint cinq minutes plus tard avec un plateau chargé de verres.      Je pris machinalement le mien et le portai à mes lèvres mais, dès la première gorgée, une vague de chaleur se répandit dans tout mon corps.
            - Bizarre ce goût !
            - Ne t'inquiète, me rassura Florian, c'est normal. Mais tu peux boire. Ca ne va pas te faire de mal !
            Je haussai les épaules. Après tout, pourquoi se poser des questions alors que tout se passait à merveille ? Je vidai le tout en dix minutes à peine. Après tout, il avait raison. Ce petit plus n'était pas mauvais du tout ! J'en commandai donc un autre que je vidai allégrement. Mais voilà... je n'avais que quatorze ans et n'avais pas l'habitude de boire. Petit à peti, je ne me sentais pas trop dans mon assiette et c'est pourquoi je gagnai la fenêtre en titubant. J'aspirai une grosse bouffée d'air frais ce qui me fit le plus grand bien. Mais oh là là, ma tête ! Elle était si lourde que je pouvais à peine la porter !
            - Tiens, je t'ai apporté un autre jus de fruit, claironna-t-il, amélioré à la vodka bien sûr ! rajouta-t-il plus bas.
            C'était donc ça cet alcool ! Je tournai lentement la tête. Je voyais flou mais je devinais sans mal la silhouette de Florian.
            - C'est gentil, ça, déclarai-je, mais je n'ai pas trop envie.
            - Oh ! Quel dommage ! Mais je ne te laisse pas le choix, chérie. Allez avale. Tu verras, tu seras en forme après ça.

            Et il me versa le liquide dans la bouche. Si je n'étais pas aussi abrutie, j'aurais pu me débattre mais j'étais beaucoup trop faible pour réagir...

 

Je mettrai la seconde partie sur mon blog demain ou après-demain.

Publié par Sen à 00:10:51 dans La vie continue | Commentaires (6) |

Inconnu | 04 septembre 2008

J'erre dans cette ville que je ne connais pas. En fait si, je la connais un peu. Mais vraiment un tout petit peu n'est-ce pas ! Alors je marche, j'essaie de me repérer, mon esprit schématise la ville. Tiens, en passant par là, j'arrive ici. Ah ah ! Il était donc là ce fameux magasin que je cherchais. Quel coquin celui-là !

Pour l'instant, je me suis fait une idée du centre ville de Bordeaux, je visualise à peu près sa structure, les grands axes seulement bien sûr. Les raccourcis, les petites rues, les subtilités diverses, très peu pour moi pour l'instant ! Dommage peut-être. Mais ça viendra. Ne désespérons pas. Je ne suis pas pressée de toute façon et je découvrirai tôt ou tard tous les trésors que recèle la capitale d'Aquitaine. J'imagine cela comme un visage inconnu : les traits saillants sautent aux yeux et mille facettes différentes de cet inividu s'imposent en nous à force de le côtoyer. Mais quand vient le jour où plus rien ne peut nous surprendre ( si cela peut s'avérer possible ),  quelle tristesse ! Cela devient fade. Je ne vais donc pas me précipiter sur les secrets multiples de Bordeaux. Attendons plutôt.

De toute façon, je connais le principal. Peut-être pas le principal en fait. Enfin bref... Ce n'est pas très important. Au moins, j'ai repéré l'utilitaire : supermarchés, concessionaire en cas de problème avec ma voiture, imprimerie. Bon c'est vrai, je ne connais pas que cela. Je sais aussi que je peux déguster d'excellents milkshakes au caramel à tel endroit, que ce magasin avec tous ces chocolats me rend ivre de gourmandise ( comment ça je ne pense qu'à bouffer ? ), je sais que cette boutique regorge de livres en pagaille, je sais que ce cinéma d'auteurs me fera rêver, je sais que je pourrais m'acheter des habits à tel endroit etc.

Bref, j'ai fait un premier état des lieux de la ville. Seconde épreuve maintenant : la voiture ! Oui parce que c'est bien beau d'aller à tel ou tel endroit mais jusqu'à présent, ma voiture n'a jamais emprunté les zones piétonnes. Alors je vais devoir modifier ma représentation de la ville pour l'adapter à la voiture. Difficile. Figurez-vous que je pensais pouvoir accéder à tel endroit en empruntant telle route mais... sens interdit. Pfff... je le sentais ce coup-là ! Et plus je pense pouvoir me repérer, plus les sens intedits me narguent. A la fin, j'erre au hasard dans la ville en priant pour tomber sur un endroit que je connais. C'est que je me perds vite... Mais je ne désespère pas, j'y arriverai ! Prochain défi : aller de chez moi à la gare en voiture. Ca peut être utile à l'occasion. Si quelqu'un souhaite me rendre visite à Bordeaux, je me vois bien lui proposer de prendre le tram avec ses valises parce que je ne connais pas le chemin.

Publié par Sen à 23:07:51 dans Anecdotes | Commentaires (4) |

Aubergines farcies à la mozzarella | 02 septembre 2008

Diététique et savoureux à la fois. Voilà donc la recette que je vous propose ce soir : aubergines farcies à la mozzarella.

Ingrédients ( pour 4 personnes environ ) :

- 4 aubergines.

- 200 grammes de mozzarella.

- 150 grammes de riz.

- 200 grammes de chair à tomates.

- 2 oeufs.

- 2 cuillères à soupe de basilic haché.

- sel, poivre.

 

1) Couper les aubergines dans le sens de la longueur.

2) Les vider et conserver la chair.

3) Cuire les aubergines et sa chair prélevée à la vapeur.

4) Cuire le riz.

5) Couper la mozzarella en petits dés.

6) Battre les oeufs.

7) Mélanger dans un saladier le riz cuit, la mozzarella, le basilic, les oeufs, la chair d'aubergine, la chair de tomate.

8) Saler et poivrer.

9) Garnir les aubergines de ce mélange.

10) Faire cuire au four pendant 15 environ à thermostat 6 ( préchauffer préalablement le four ).

 

Voilà, c'est prêt !

 

Bon appétit !

 

Publié par Sen à 21:22:03 dans Recettes | Commentaires (9) |

1er septembre | 01 septembre 2008

Aujourd'hui, j'ai envie de vous raconter ce que cette date évoque chez moi. La rentrée ? Oui, bien sûr. Mais pas la rentrée comme vous le concevez. Non pas une rentrée où on traîne les pieds pour aller en cours sous une froide pluie d'automne en regrettant les vacances. Non, non et non ! La rentrée ne représente pas cela pour moi !

Quand vient le mois de septembre, je goûte avec délice la fin de l'ennui. Car en vacances, je m'ennuie. Il faut dire que trois mois voire quatre, c'est trop. Je vous assure que les étudiants n'ont en général qu'une hâte : que les cours reprennent enfin. Bien sûr, ils ne débutent que début octobre mais en septembre, la fac se réveille après ces longs mois de silence : les étudiants travaillant pour la sécurité sociale guettent leurs congénères devant les portes de l'administration, les UFR ouvrent à nouveau, les nouveaux emplois du temps sont publiés, les murs se tapissent d'informations nouvelles, la bibliothèque universitaire reprend ses horaires normales. Alors les étudiants s'activent eux-aussi : ils font la queue des heures pour obtenir la carte étudiant, ils s'insrivent à la BU, ils choisissent les options, assistent aux réunions de pré-rentrée, s'inscrivent au TD, achètent éventuellement des livres au programme et surtout, ils remplissent la fiche pédagogique pour s'inscrire aux exams ! Donc vous voyez ? En septembre, les étudiants ont de quoi faire.

A côté de cela, au mois de septembre, je retrouve aussi tous mes amis perdus de vue pendant l'été. On se retrouve, on se complimente sur le bronzage ou le nouveau sac, on va boire un café. Bref, on parlotte, on parlotte et franchement, la vie reprend ses droits à ce moment-là. Fini les longues journées d'août qui se ressemblent toutes ! Je me souviens de ce premier septembre d'il y a deux ans. Après un mois mortel à Toulon, j'avais retrouvé tous mes amis de fac et particulièrement une. Nous sommes allées faire les magasins ensemble et nous sommes égalemen allées chez le coiffeur. Pour finir, nous avons bu un verre au centre ville d'Aix. Franchement, que demander de plus ?

Ce qui me plaît aussi en septembre, c'est mon indépendance retrouvée. Non pas que je n'aime pas mes parents, loin de là ! Mais vous savez ce que c'est, n'est-ce pas ? Difficile de supporter à nouveau les manies des parents une fois que nous avons pris l'hbitude d'agir à notre guise.

Je finirai par attirer votre attention sur le climat. Souvent, le mois d'août n'est pas ce qu'il devrait être : on frissonne, on se plaint que l'été est décidément bien capricieux, on met un gilet par précaution dans le sac... Et en septembre ? Fini, oublié ! Le soleil a fini de bouder et il resplendit à nouveau dans ce pseudo ciel automnal, il brille plus que jamais et tape sur les épaules nues des jeunes filles. Début septembre à Aix, j'aimais siroter un verre avec des amis sur une terrasse ensoleillée à proximité de la fac de lettres, j'aimais me prélasser sous ce chaud soleil de septembre avant l'hiver.

Voilà tout ce qu'évoque la date d'aujourd'hui pour moi et vous voulez que je vous confie quelque chose ? Toute cette ambiance de septembre que j'aimais, je l'ai perdue l'année dernière quand j'ai emménagé à Amiens. Là-bas, point d'été indien, point d'amis avec qui traîner en ville ( quand on débarque dans une ville inconnue... ), point de fac mais un IUFM miteux. Et vous savez quoi ? J'ai peur que ce soit la même chose cette année. Alors dites-moi, vivrai-je à nouveau un mois de septembre comme je les aimais autrefois ?

Publié par Sen à 19:19:00 dans Anecdotes | Commentaires (5) |

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