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Ce matin-là était un matin comme tant d'autres à Aix-en-Provence. Le soleil était présent mais il honore de ciel aixois 300 jours sur 365 alors ce n'est pas vraiment extraordinaire en soi... C'était un matin frais mais qui annonce une journée très chaude, le genre de matin qui dévoile un ciel pur et délavé, un matin qui suit une nuit d'orage... C'est le genre de matin où on aime parcourir le marché de long en large. Mille saveurs provençales nous chatouillent les narines : ici des olives vertes, brunes, noires, fourrées, épicées ne demandent qu'à nous sauter dans la bouche, là-bas nous pouvons trouver de la lavande, de la menthe, des herbes de Provence. Les marchés d'Aix-en-Provence regorgent de couleurs chatoyantes, de sons divers et d'odeurs alléchantes : des nappes jaunes à motif noires, de fausses cigales, l'odeur d'un poulet rôti qui nous met l'eau à la bouche.
C'est aussi le genre de matin où les commerces grouillent de monde : l'un veut son pain aux raisins, l'autre souhaite des gâteaux pour le dessert à midi, cette dame-là prendrait bien quelques saucisses pour faire des grillades, un enfant court vers la presse pour s'acheter ses bonbons. Enfin, c'est un matin où j'aime m'acheter une demi-baguette afin de déguster quelques tartines grillées avec une noisette de beurre et un thé nature.
Ce matin-là était un matin comme les autres à Aix et pourtant, rien ne sera plus jamais pareil. J'arpente les rues pour m'acheter ma demi-baguette mais le grille-pain est dans les cartons. J'aimerais une noisette de beurre mais mon frigo est vide et débranché. Et un thé ? Les tasses ne sont plus dans les placards. J'arpente ces rues... sûrement pour la dernière fois, en pensant que je ne serai bientôt plus aixoise. Et voilà que je croise au coin de la rue un sans-abris avec qui j'avais pris l'habitude de discuter un peu tous les matins. Je lui fais un petit signe de tête et à peine ai-je le temps de dire ouf qu'il dégaine un petit carnet et me lit sa dernière production... qui parle d'Aix. Il me demande ce que j'en pense, je réponds que ça me rappelle que je ne serai bientôt plus aixoise. Il me souhaite bonne chance pour la suite, je pars mais j'aperçois ses yeux humides. Effet d'optique, imagination ou... ?
Petit studio de 20m², tu as partagé trois ans de mon existence, tu auras vu défiler divers amis et l'amour de ma vie. Voici le lit où nous nous sommes embrassés pour la première fois et qui a partagé toute notre intimité. Voici ce tabouret quelconque sur lequel reposait une lampe de chevet mauve qui diffusait une lumière feutrée. Voici ce meuble à ordinateur sur lequel j'ai passé plusieurs heures pour aller sur internet, faire mon mémoire, regarder des mangas...
Voilà, je pars, je ne suis plus aixoise. Je suis en voiture et il y a des embouteillages. Mais c'est normal : après tout, c'est un matin comme les autres à Aix...
Publié par Sen à 18:51:17 dans Rêveries | Commentaires (1) | Permaliens
Cela faisait longtemps que je n'avais pas écrit sur mon blog. A dire vrai, je ne suis pas très douée quand il s'agit de mettre un blog à jour régulièrement. Dans peu de temps, j'habiterai à Amiens. D'aixoise je deviendrai Amiénoise et les tuiles au chocolat remplaceront les calissons. De toute façon, je n'ai jamais raffolé des calissons. Alors mes impressions :
- Je suis triste de quitter ma famille.
- Je suis triste de quitter mes amis.
- Je suis triste de partir en sachant que de nombreux amis partiront eux-aussi.
- Je suis triste car je serai loin de ma soeur qui étudiera à Marseille.
- Je regretterai le soleil.
- Je regretterai la mer.
- Je regretterai le chant des cigales l'été.
- Je regretterai les palmiers et les pins.
- Je suis triste que mon conjoint ne puisse pas venir me rejoindre tout de suite à Amiens.
- Je regretterai les cookies de la boulangerie à côté de chez moi.
- Je regretterai ce restaurant où ils font de si bonnes pizzas.
- Je regretterai les pains au chocolat de la fac de lettres.
- Je regretterai le pain aux olives d'une autre boulangerie à côté de chez moi.
- Je regretterai le restaurant l'aquarium où j'ai tant flâné avec mes amies et particulièrement Cristelle et Momo.
- Je regretterai les paninis 4 fromages de l'aquarium.
- Je regretterai le restau U où j'ai souvent mangé avec Caro pendant l'année de licence.
- Je regretterai les locaux pourris de la fac de lettres.
- Je regretterai ma directrice de mémoire de l'année dernière.
- Je regretterai mes années de fac.
- Je regretterai le chemin pour aller de la fac jusqu'à chez moi.
- Je regretterai la cafet de la fac de lettres où j'ai souvent bu des capuccinos avec divers amis.
- Je regretterai le cours mirabeau.
- Je regretterai tous les endroits où je suis sortie le soir.
- Je regretterai le cyber café d'où je me connectais quand je n'avais pas encore internet.
- Je regretterai le magasin de bonbons "gloups".
- Je regretterai un magasin où j'aimais flâner quand j'étais en quête de nouveaux mangas.
- Je regretterai mon auto-école.
- Je repense à tous les souvenirs que j'ai dans mon studio.
- Je repense à tous les souvenirs à Aix.
- Je suis contente d'aller dans une nouvelle région et une nouvelle ville.
- Je suis contente d'aller à l'IUFM.
- J'ai peur de ne pas réussir le concours.
- Je suis contente car je vais faire de nouvelles connaissances (j'espère).
- Je suis contente car j'habiterai pas loin de chez Julie.
- Je suis contente car les tuiles au chocolat, c'est bon.
- Je suis contente car j'ai repéré des magasins de mangas, un magasin de bonbons et des restos qui ont l'air sympas.
- Je suis contente car j'habite à côté de la gare, du centre ville, du cinéma d'Amiens et d'un magnifique parc aussi.
- Je suis contente car il y a des places gratuites à côté de chez moi.
- Je suis contente car Amiens est une très belle ville.
- Je suis contente car je n'habiterai pas loin de Paris.
- J'ai peur qu'il fasse toujours froid et gris.
- J'ai peur de me sentir seule là-bas.
- Je suis contente car mon nouveau studio est magnifique.
- Je suis contente car, habitant à 1000 km de Toulon environ, je ne verrai pas trop souvent mon père.
- Je suis contente d'avoir du parquet chez moi.
- J'ai peur de devoir attendre longtemps avant d'avoir internet à Amiens.
- Je suis contente car c'est un bon moyen de couper définitivement les ponts avec Denis et Hyacinthe.
- Je suis contente car c'est une nouvelle étape de ma vie.
Aix, au revoir, Amiens, me voilà !
Publié par Sen à 22:45:21 dans Rêveries | Commentaires (0) | Permaliens
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