Ont écrit dans "Notre Cinéma":
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Cruauté et jouissance coupable de la perversité. Dernière partie de l'oeuvre du grand Alfred Hitchcock. Le cinéma est affaire d'emballage et de vêtement, comme la mort d'ailleurs. Il faut serrer très fort le noeud de la cravate, non pour faire bonne figure mais pour étrangler les femmes. Etrangler une femme, pour un homme, n'est pas juste homicide de fait- divers mais parabole d'une relation sexuelle maladive et hyperbolique. Le processus de la jouissance de même que le chemin vers la mort entretiennent la durée comme connivence. Le marché de la nourriture est le théâtre du difficile camouflage de cette mort. Car, même mort, un corps éprouve les appétits sexuels les plus tenaces de par ses extrémités (ici le pied, partie du corps jugé profane et indésirable par les uns, figure ultime de la projection de l'appétence sexuelle pour les autres (Hitchcock, Bunuel, Tarantino). Pendant que la morte et son assassin se débattent, les pommes de terre tombent et se dispersent, preuve que la jouissance mortifère consomme, et consumme. Plus tard, ce sera le dégout malaisément dissimulée par puritanisme du détective devant un diner préparé par sa femme qui permettra à la vérité punitive de se faire jour. La négociation avec le jugement moral et la mort ne se résout pas sur le terrain judiciaire, mais quand le délice du suspense culinaire remplace la faillite culinaire. Trivialité et pulsion répulsive vont de pair avec la jouissance des vérités acquises sur la mort. Ce film est aussi un ordre auquel on ne saurait se soustraire: revoyons tous nos Hitchcock!!!
Thomas C
Publié par Notreciné à 23:49:36 dans Images en écho | Commentaires (0) | Permaliens
Emmanuel et Elise dans la même image. Chercher la bonne distance entre le père et la fille. Comment? Par le détours de petits jeux de mise en scène. Le jeu décale la vérité du sentiment révélé de même que le récit d'aventure et de fin du monde scénarisé par la fille et filmé par le père opère un lien désaxé et glissé de trouvaille et d'identification mutuelle. Une caméra enregistre une révélation muette. Un spectateur proche du filmeur retourne à la distance de celui qui doit déchiffrer un message filial non immédiatement dicible. Le mot famille est le dernier mot à apprendre dans le dictionnaire, mais comme bien d'autres, c'est une réalité dont le caractère fuyant et ouvert ne peut se résoudre à l'équivalence d'une définition verbale.
Thomas C
Publié par Notreciné à 16:38:26 dans Images en écho | Commentaires (0) | Permaliens
Doc, médiateur du cinéma qui accomplit sa vocation à construire, au cours de la projection, le partage d'une expérience dans son processus de dévoilement et de germination. Route one, c'est n'est pas jouer l'image mentale contre le réalisme, ni l'enregistrement brute contre la poésie, ni le sens incomprehensible et secret d'une réalité au prix du dévoilement dans sa complexité contre le regard social. En filmant les Etats- Unis et ses habitants, les Etats- Unis et ses routes, les Etats- Unis et ses matières physiques et sensorielles, Kramer filme les flux et reflux d'une expérience de la perception dans la souplesse et l'amplitude de ses changements et de ses miroitements. Dans le dedans de la réalité et de la vérité de la conscience perceptive, Route One est un film corps en ce qu'il allie systéme et dérèglement, centre et parenthèse, projection monumentale et simplicité de la présence du réel. Un des films les plus monstrueux de l'histoire du cinéma.
Thomas C
Publié par Notreciné à 16:22:58 dans Images en écho | Commentaires (0) | Permaliens
Les deux femmes sont des portes fermés à clés, table de lecture résistante à la lisibilité unique et au traumatisme d'un monde qui ne cesse d'exclure en décretant la violence. Résister à ce traumatisme, c'est habiter le monde de façon nouvelle, entre l'animé et l'inanimé, en s'ancrant dans les choses jusqu'à l'effacement visible et à la minéralisation. Résister, c'est épuiser les formes et les motifs en échos et en réflection. C'est faire perdre le langage corrompu et machnique à un employé de commerce sympathique davantage enfant qu'adulte. C'est transformer les couloirs et les portions d'espace en notes de musiques momumentales lorsque les partitions tombent et lorsque le jeu contraint des enfants ne parvient pas à bouleverser l'image.
Thomas C
Publié par Notreciné à 20:24:31 dans Images en écho | Commentaires (0) | Permaliens
Emmanuel Beart (Nelly) n'est pas tant la femme acquise de Paul (François Cluzet) qu'un fantasme érotique surpuissant qui dépossède l'âme et l'esprit au coeur même du foyer de l'aisance sociale et économique. L'hotel qui sert de théâtre au film n'est pas simplement un lieu dont le peuplement permet l'opportunité du pouvoir de son propriétaire. De par les principes de circulation et de mosaîque qui président à son agencement, il est la matérialisation de la perdition de la raison de l'homme. L'amour n'est pas la serennité d'une image fixe et institutionnelle. La disposition et la présence accessible de l'objet de l'amour n'est que le moyen de l'accroissement du sentiment irrépressible du manque et de l'angoisse du non accomplissement de l'être désirant.
Thomas C
Publié par Notreciné à 19:36:14 dans Images en écho | Commentaires (0) | Permaliens
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