Ont écrit dans "Notre Cinéma":
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BD qui dégouline sur l'écran, de ses couleurs criardes et de ses décors carnavalesques (signés Denise Cronenberg, on est loin de la sobre précision de son travail chez David Cronenberg), Shoot' em up est une fable granguignolesque et infâme avec une esthétique digne du moyen- âge. Derrière les apparences d'un héroïsme subversif, se cache en fait la surdétermination d'une imagerie familialiste et outrancière dans sa visibilité crasse. Le méchant est irrécupérable de bêtise intégrale. Le gentil possède le charisme formaté de la brute héroïque. La prostituée bientôt faite mère est Monica Belluci. Bref, tout concourt à faire de ce film une débilité en plus dans le panel Hollywoodien contemporain. Récit analytique d'une scène clé, symptomatique de l'esprit du film, quand même, histoire de ne pas être venu pour rien. Enlacée l'un à l'autre, au cours d'une scène d'amour torride, la « brute héroique » et le personnage joué par Monica Belluci ripostent à l'offensive d'un assaillant armé jusqu'aux dents en conjuguant simultanément le tourniquet d'une embrassade inextinguible avec, pour défense, un tir en rafale nourri de mitraillette. Image archi- colorée au ralenti, la sphère de l'homme et de la femme ensemble ne cède rien à la violence spectaculaire qui émane de leur union. Energie de la relation charnelle et puissance du coup de feu s'accordent parfaitement. C'est par de tels condensés visuels, aussi pompiers que laids, que le film s'enfonce dans une dialectique convenue et regressiste.
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Thomas Clolus
Publié par Notreciné à 22:51:03 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (0) | Permaliens
Semaine du 17 au 23 Octobre.
L'entretien accordé par Lee Chang-Dong à Positif dernièrement ne peut que me conforter dans mon appréciation : ce film restera à mon sens un des meilleurs films de l'année (oui, et je signe !).
Si loin, si proche, riche et évident, pertinent et émouvant, juste mélodrame ne sombrant jamais dans un sordide pathos à l'américaine, ménageant l'espoir au plus noir de l'existence, Secret Sunshine est un bijou.
Publié par Notreciné à 22:48:45 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (0) | Permaliens
Le dernier voyage du Juge Feng de Liu Jie
et
Anayi : les longues marches(2006) de Chou Chou
Ces deux films à mon goût tout aussi plaisants semblent mettre en exergue des thématiques communes : la marche et les minorités...
Les Tibétains génocidés dans l'indifférence générale (chouette, on pourra fêter ça l'année suivant celle des J.O.) seront content d'apprendre, et de voir que le cinéma « officiel » chinois s'interroge sur l'identité et sur le devenir de ses minorités.
Remarquables photographies, luxuriance et vitalité des couleurs, profondeur des personnages, sobriété du jeu, adresses scénaristiques, ces deux œuvres nous montrent des visages de la Chine rurale, à des lieues (et à des lieux) de la Chine « qui gagne », celle de l'hypertrophie urbaine, du capitalisme-communiste dans ce qu'il a de plus abject.
La fraîcheur de Chou Chou la jeune réalisatrice et actrice de son propre film, le teint buriné du Juge Feng (heureusement secondé par son assistante d'une beauté tranquille et solide, quelque peu maternelle autant que « conjugale »), des visages de la Chine « vraie », de la Chine d'en-bas.
Ces chinois quasi anonymes, oui quasi parce que qui ne connaît pas le Juge Feng ?, marchent, marchent, marchent.
Mais dans ces longues marches les faux mouvements ne pardonnent pas. La jeune Chou Chou se blesse à la cheville, c'est son prince charmant d'une autre minorité qui la « sauvera ». Le juge Feng ira, lui, rejoindre ceux qui l'ont précédé, dans la marche, et dans la chute.
Ces deux films ne sont certes pas « du même moule » que I don't want to sleep alone ou que Still Life , ils sont toutefois l'expression de la pluralité chinoise.
Il est intéressant et peut-être même émouvant de constater qu'en dépit d'un régime politique affligeant, le cinéma chinois réussisse à nous offrir de tels joyaux de simplicité et de beauté, sans être pour autant, selon moi, de simples « cartes postales touristiques ».
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OOOO ( Control )
OOOO ( 24 hour party people )
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Les Simpson - Le film de David SilvermanAu fait doit-on dire Les SimpsonS en français ? En anglais The SimpsonS, certes...
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Retour en Normandie de Nicolas Philibert
oui...
Je n'ai pas été particulièrement emballé par ce dernier Philibert.
Sans doute ais-je encore trop en mémoire l'ennui profond que m'avait infligé le visionnage de "Innisfree", cet été à La Rochelle.
Le procédé est le même, même si les problématiques soulevées sont bien différentes.
Nul pesanteur nostalgique ici, « l'amour des gens », dans les deux films-documentaires, un regard bienveillant sur ces vies qui suivent leurs cours respectifs...
La rencontre avec une bonne partie de l'équipe des acteurs amateurs confirmait ce que le film semblait déjà dévoiler.
Des réflexions ou plutôt des amorces de réflexion qui semblent appeler une « suite », en quelque sorte. Je l'attends.
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Tout est pardonné de Mia Hansen LoveCe premier film, même s'il évolue parfois sur le fil du rasoir du « téléramisme » de base m'a séduit et j'attends donc le suivant.
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Quelques bons moments, c'est déjà çà.
Publié par Notreciné à 23:42:15 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (0) | Permaliens
La question humaine de Nicolas Klotz
La « question » est bien humaine, trop humaine...
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Boarding Gate d'Olivier AssayasJe suis donc resté bien en deçà de la porte d'embarquement : film trop confus à mon goût. Lost in translation.
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A l'extrême rigueur je conserverai les (belles) images des actrices, splendides, mais bon, ça fait quand même peu, non ?
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Vivement le prochain !
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Publié par Notreciné à 22:55:07 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (1) | Permaliens
Pier Paolo Pasolini écrivit dans son livre L'expérience hérétique un texte intitulé Observations sur le plan-séquence. Ce texte nous semble trouver un écho dans la filmographie de De Palma et plus particulièrement dans son film Snake eyes. Cet écho tout particulier tient à plusieurs éléments que nous étudierons un à un dans les pages suivantes mais semble prendre son origine dans le lien le plus superficiel entre ce texte et ce film qui est l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy à Dallas en 1963.
Nous avons vu à travers notre démonstration en quoi le texte de Pasolini trouvait un écho réel dans Snake eyes de De Palma, et il semble clair maintenant que ce texte nous parle encore au présent tant ce qui y est dit semble essentiel et peut être même la base d'une vision du cinéma qui n'est pas datable.
Barthelemy Guillemet
Publié par Notreciné à 22:17:05 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (0) | Permaliens
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