Ont écrit dans "Notre Cinéma":
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Présenté en avant-première lors
de la 34ème édition du festival américain de Deauville, Max
La mise en scène sans grand intérêt laisse transparaître le personnage de Max joué par Steve Carell. Non content de devoir sauver le monde, Max va avoir une autre mission : reprendre le film à bout de bras pour tenter de faire oublier au spectateur la platitude de la mise en scène. Pari à moitié réussi car on ne peut pas laisser à un acteur si talentueux soit-il réaliser cet exploit. Max est un personnage intéressant puisqu'il est un savoureux mélange entre un OSS 117 et un James Bond. Il a les idées d'un 007 mais la naïveté comique d'un OSS. Ce melting-pot permet d'offrir au spectateur des situations drôles mettant en avant le pouvoir burlesque de Carell. Seulement voilà, il ne reste du film que quelques situations orchestrées par Max et une pseudo histoire d'amour trop voyante dès l'apparition du personnage féminin. La théorie du complot est elle aussi trop facilement visible pour créer un effet de surprise de taille. Le personnage joué par The Rock, l'envers de Max, rajoute une pointe d'ironie en se plaisant à s'auto-caricaturer, mais n'ajoute rien de plus à la mixture finale. De nos jours, il est fréquent de faire un film en engageant une star ayant le vent en poupe pour lui attribuer la tâche de faire du film un objet à part. Or, un long-métrage ne se construit pas uniquement sur les épaules d'un acteur, mais également par le travail du metteur en scène. En l'occurrence, ce dernier n'est pas absent du film uniquement des idées qui font de lui un actant de la machine cinématographique.
Au final que reste-t-il pour le spectateur ? Un Steve Carell au meilleur de sa forme qui tente malgré lui de faire remonter le film des bassesses de la médiocrité. Certaines séquences y parviennent comme celle dans l'avion tandis que d'autres ne font que prouver que les idées du metteur en scène sont bel et bien absentes du film (la mise en place du personnage féminin). Il ne reste donc au spectateur que quelques situations cocasses, un héros un peu idiot qui arrive à faire craquer la belle héroïne et qui sauve le président des Etats-Unis faisant ainsi d'une pierre deux coups. Qui a dit que nous vivions une période difficile ?
0OOO
Anthony Boscher
Publié par Notreciné à 12:02:10 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (0) | Permaliens
L'espacier qui règle le film repose sur un principe actif de distance compensée, ou les rapprochements et les réintégrations s'effectuent dans la foulée des grands écarts préalablement entrepris par le scénario. Quand la mère dépose/ relaie la possession de son enfant à Depardieu, ce délaissement et cette béance lui permet aussi le saut inattendu (car inespéré dans les premières minutes du film, à l'heure de la une de journal faisant l'éloge de l'accès et de la reconquête du travail mis en boule) vers l'institution. Saut précipité, puisque cette intégration s'applique dans le champ de l'aide à la veieillesse en maison de retraite. La coincidence et l'équilibre de cette rencontre, entre les balbutiements d'une intégration recherchée et la passivité amenagée de la vie finissante est une belle idée. On ne sait plus qui est le parrain de l'autre, qui veille sur l'autre. C'est d'ailleurs une des grandes beautés du film que de proposer un bouquet de veilles attentives et mutuelles, de sommeil en alerte. La nuit est un feu qui brûle, un visage illuminé par la grâce de quelque brindille qui se consumme. Aussi, les dormeurs veillent l'un sur l'autre (fils et père de substitution, les rôles étants glissants et homogènes). Il le faut, car, au petit matin, un corps peut être retrouvé mort, l'horreur et la disparition ayant le même visage que le confort de l'enfant qui dort. Le fils Depardieu tousse, jusqu'à l'agonie, et c'est le second fils de la forêt qui va opérer le grand écart d'une transaction entre forêt et civilisation, monde sauvage et grand patrimoine, présent sans identité et passé historique habillé en tourisme. Par l'imaginaire de l'enfance, l'inaccessible mute en peméabilité déroutante. C'est l'idéal porté par Depardieu, que va réaliser le second fils. Cet idéal qui, chez Depardieu, n'est qu'une vieille historiette, celle d'un valet dont les seuls chuchotements permettent d'établir un lien avec le roi. Ce n'est aussi que l'écran de papier administratif (acte de naissance pour devenir père) qu'il souhaite istantané, oubliant les lourdes et pesantes médiations du procédural et du judiciaire... L'équilibre et la recomposition du lien par le papier sera opéré par le second fils, qui obligera une autre mère de substitution au courage de la lecture d'une missive annonciataire du retour providentiel de la mère originelle, de la seule, de la vraie. C'est cet abus de l'enfance comme hyper- permission des noeuds et des accords retrouvés à partir d'espaces distendus qui fait la faiblesse du film. Le meilleur du film résidait dans le jeu du juxtaposé et de l'indissociable entre l'enfance brute et l'adulte vil (Guillaume Depardieu), entre la force virile et l'extrême finesse (Guillaume Depardieu), entre le clochardisme primitif, homme originaire et le soupçon aristocratique et versaillais (Guillaume Depardieu). Le plus mauvais réside en ce que les grands écarts deviennent instantannés réconciliés: en un raccord, l'enfant devient adolescent. Et, à la sortie de la maison, la mère providence revient dans nos bras, comme tombée du ciel. Et la fameuse France qui haît ne trouve pas à être représentée. Durant tout le film, elle reste à la lisière du champ. Avec la très douteuse valeur du courage comme principe d'évocation d'accomplissement futur des personnages.
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Thomas Clolus
Publié par Notreciné à 01:51:31 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (0) | Permaliens
Dans les échos bondissants et caverneux des emboîtements d'un bâtiment désaffecté, deux jeunes hommes se prennent pour Tony Montana. Pourtant, ce recours à l'exotisme cinématographique et au fantôme de mafieux ne signifie pas l'insouciance et l'innocence préservée d'une vie sans figure réelle de la corruption, puisque le monde truand est juste à coté. Seulement, les trous de ces bâtiments offrent comme des appels d'air fascinants et attractifs à ceux qui sont, d'une manière ou d'une autre, à la lisière du monde obscure. Un enfant gagne petit à petit à s'intégrer à ce monde. C'est une vision d'enfant (un regard dans l'entrebâillement d'un de ces espaces intermédiaires et délaissés) qui permet la récupération de l'arme perdue par l'un des mafieux, lors d'une altercation avec l'ennemi. L'enfant est attiré. A son tour, il servira d'aspirateur pour l'accomplissement d'une vengeance meurtrière. L'innocence est un voile qui permet à la logique meurtrière de s'accélérer. Des armes dérobées font office d'un trésor caché pour la pair de jeunes. Ainsi armés, l'illusion et le simulacre de bandit atteint le seuil limite de la folie chimérique (balles en dépense libre, à perte sur une plage) ou répétition des signes de reconnaissances du cliché mafieux/méchant s'approche dangereusement de la frontière de la chute dans le puit aux cadavres.
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Thomas Clolus
Publié par Notreciné à 00:43:44 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (1) | Permaliens
Style, formalisme, maniérisme, décalage parodique, art de la caricature? En fait, l'écriture cinématographique de Johnnie To n'entre dans aucun de ces cadres. C'est pourtant un principe peu identifiable mais récurrent qui survient depuis au moins ses deux derniers films (Exil et Mad detective) et qui se retrouve reproduit dans Sparrow. La scène se décante, le centre du sujet se perd, une déviation, un rebond, puis l'on finit par comprendre que la forme, la mise en scène a mangé le contenu et se l'ai approprié. Mais à part que chez Johnnie To, la forme vide est nourricière d'affects et de sens, ce qui n'est pas le cas chez de nombreux inventeurs, aussi bricoleurs que besogneux, mais dont la débauche d'énergie peine difficilement à faire acte. (Je ne citerais pas de nom, pour ne pas effaroucher les fans). Disons juste que dans l'inconstance du cinéma de Johnnie To, il y a un minimum d'équilibre pour que gratuité et arbitraire n'emportent pas complètement le morceau. Dans l'excentricté et l'extravagance de la mise en scène, il y a suffisament de pesanteur pour que légèreté aérienne ne rime pas avec évanscence. La mise en scène, chez le cinéaste Hong Kongais, c'est ce qui est minuscule et ce qui peut prendre deux modalités d'intervention: la fuite ou l'incarcération. Exemples choisis: Dans un ascensur, un groupe de voyous, sous l'effet de la concentration et du surnombre, s'évalue dans l'immobilité et le mutisme, entre torpeur et tension. Liberons l'espace par le bas, puisqu'un peu de mouvement doit naître, afin que puisse se soustraire au confinement et à l'inextricable les hommes. Dans une scène parente, un corps doit être massé pour que, rassuré, on puisse lui dérober son pendentif. Sensualité et ultra- sensibilité des choses sont le moyen de l'acquisition et du vol. Ces deux modalités se retrouvent dans l'opération de faire du vélo: au début, seul, en équilibre, avec joie, légeretè et allure. Ou à quatres: l'équilibre s'émousse, la chorégraphie est vascillante, le vélo s'écrase, pour que les cyclistes daignent se disperser. La relation à la femme tient de ce même enchassement binaire: fuyante, malgré le désir d'impression photographique, la femme fuit en fragment d'images. D'ailleurs, l'horizon du film sera l'acquisition par la femme de sa liberté et de sa fuite des groupes masculins, tel le moineau du personnage principal. Plus loin, les visages, abstraits dans le noir, la femme et l'homme échangent une cigarette. C'est l'imprégnation pulpeuse et sensuelle de la clope aux lèvres qui est au centre de la scène. Un coup, le cinéma de To enserre, imprègne et noue, dans une concision remarquable. Un autre, il déploie et étend, jusqu'à l'éviction.
Thomas C
Publié par Notreciné à 21:35:33 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (0) | Permaliens
Le presqu' Humain est partout. Un robot instrument- poubelleur batît des simulacres de buildings avec des déchets comprimés. Les objets du monde sont transformés en outil de collection rangés dans des remises, isolément du monde- dépotoire. Ces objets sont une tentative de renouer un lien affectif et social entre deux entités humanoides mais étrangères l'une à l'autre de par leur technologie et la civilisation différenciée dans laquelle elles tirent leur existence. C'est par la voix de la curiosité et de l'étonnement joueur que ces objets font office de tentative de lien entre les êtres automates. Le seul survivant de la terre est une aberration humanisée puisque c'est un robot susceptible d'éprouver des émotions. Sinon, il répond aux fonctions et à l'horizon que s'est fixé l'homme de notre société contemporaine: être seul, et travailler avec abnégation et bonne humeur. Il répond également au dogme contemporain dans le mesure ou son travail n'a plus d'usage, plus de sens. L'humanité a depuis longtemps quitté la terre. Mais persiste, sur la terre, la seule et dernière chose qui compte encore, plus que tout autre chose: le travail, comme effectuation matérielle permanente. Faire du déchet une compilation solide qui lui permet de s'accomplir en matière agrégée et monumentale. Recyclage à l'extension rotative minimale. L'humain est lui aussi devenu un presqu' Humain, puisqu'ayant atteint son idéal de confort paradisiaque, il habite sur une croisière spatiale permanente. Boule obèse, il n'occupe plus son temps par l'action et la pensée. Il est occupé et déplacé dans les lignes prédéterminés de son asujetisement. Il vit en couveuse. Parmi les hommes, le réprésentant du pouvoir n'est qu'une figure enfermée, une forme vide ou c'est le confort qui commande l'illusion du controle sur les choses du monde, tandis qu'un robot tentaculaire nous détient et qu"un autre, plus petit, nous guette. Les repères de la responsabilité du pouvoir vascillent. Une fleur est le dernier symptôme de la croyance en une vie terrestre. Sinon, qu'est- ce que la vie terrestre, sinon, un globe à taille humaine ou un ensemble de définition usagé? Les figures du pouvoir traditionnel sont des images périmées tandis que l'appel à revenir sur la terre n'est qu'une fausse alerte décelée par le pouvoir androide. La definition du mot danse déplace son sujet et son champ d'application puisque l'humain ne sait plus danser. Ce qui donne la mesure la plus proche de la définition de ce concept inconnu et lointain, c'est le mouvement physique de deux entités androide au sein de l'espace sidéral, à savoir l'éloignement par excellence. Dans ce monde, par quoi peut encore passer l'affect: dans les simulacres de ce que nous appelions yeux: c'est-à-dire le dérivé d'une paire de jumelles pour l'un et deux sources de lumière digitale bleux pour l'autre. Ainsi, d'un coté le regard est un reflet miroitant. De l'autre, il est éclat coloré. Le monde des humains n'a plus ni matière, ni consistance. Pour preuve, une paille ne suffit pas à un humain enflé en ballon pour éviter la chute. L'humain, magré ses formes proéminentes et son volumen'a plus de poids ni de lourdeur, par la grâce anesthésiante du glissement robotique. Les humains baigneurs, malgré leur surnombre au sein d'un espace réduit, ne vivent plus ensemble. A chacun son écran, son trajet propre. Cet humain est un baigneur déjà invalide qu'on soigne, qu'on protège du danger d'humanité qu'il ne contient déjà plus. De tous, c'est la terre qui semble être la plus seule. Le contact d'une entité extérieure à elle ne semble exister que sous la suggestion visible de l'explosion atomique. Qui plus est, malgré son vide et son inertie, sa proximité provoque la réaction et le reflex d'une menace, qui se solde par un tir armé surpuissant. Comme si le petit droide blanc et fluet, ne pouvait opérer une rencontre avec un monde aux exhalations de chaos (terre, fumées et déchet) par le salut d'un chaos rétroactif et réciproque. Dans un monde ou la matière ne signifie plus reconnaissance et identité, seul le contact accidentel entre deux matières contenant potntiellement du vivant peut redonner l'accès à l'hypothèse d'un lien. C'est l'altercation maladroite entre deux mains humaine qui provoque l'étonnement de la propension du vivant à l'attraction mutuelle. Car, il ne s'agit ni d'appréhension volontaire, ni de relation construite, ni de reconnaissance de semblable. Après tout, tel des androides, que cet contact fortuit provoque le soupçon de l'étonnement de la possibilité d'un rapprochement ne dépend pas de nous, humains. Cela semble être affaire de réflex, comme d'une réaction dont le sens provient d'ailleurs. Pour les deux droides, le contact accidentel entre deux extrémités, (simulacres de mains) atteste bien que l'approche entre deux êtres est affaire d'accrochage, d'incompatibilité d'état. Qui sait, c'est peut- être par l'enrayement mécanique et l'accident que l'être humain parviendra à se réconcilier avec son semblable.
Thomas C
Publié par Notreciné à 20:52:32 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (0) | Permaliens
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