Ont écrit dans "Notre Cinéma":
Anthony Boscher
Thomas Clolus
Simon Gabillaud
Barthélémy Guillemet
Arnaud Hallet
Julien Huger
André-Pierre Lacotte
Simon Lefebvre
Thomas Lefebvre
Maxime Peyron
Flavien Poncet
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PROPOSEZ NOUS VOS TEXTES ET TOUTES VOS REMARQUES EN VOUS ADRESSANT A L'ADRESSE SUIVANTE: thomasclolus@hotmail.fr
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Notations de "Notre Cinéma":
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OOOO (à la limite)
OOOO (à voir)
OOOO (à voir absolument)
OOOO (chef d'oeuvre)
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Suite à des travaux universitaires réalisés dans le cadre d'un cours sur les auteurs du cinéma classique américain prodigué par Vincent Amiel à l' Université de Caen, Basse- Normandie, certains des rédacteurs de Notre Cinéma ont eu loisir de réfléchir sur le cinéma de deux des plus grands cinéastes de l'âge classique du cinéma hollywoodien. Il s'agit de Ernst Lubitsch et de Joseph L Mankiewicz. Les écrits qui ont résultés de cette réflexion se centraient autour d'une mise en regard de deux cinéastes qui ont leur force propre, mais dont la vision a pu s'enrichir dans le constat de ce qui, entre ces deux cinéastes, est de l'ordre du rapprochement, de la parentée, du miroitement, ou de l'écart subtil. En effet, nous nous sommes posé la question, eu égard à ces écrits, de ce qui s'articulait, dans ces deux cinéma, en termes de thématique, de motifs de mise en scène, et plus généralement de langage. Une tentaive de mise en relation pour faire ressortir ce qui relève de l'identité et de la spécificité propre à chacun; voilà ce qu'a pu nous apporter ce travail d'écriture.
Au delà de ce travail de recherche, il me semble important de signaler combien, pour nous, le surcroît d'attention porté, en la circonstance, à ces deux cinéastes, a pu être l'occasion du plaisir de la découverte ou de la redécouverte de certaines des plus belles oeuvres de ces deux génies créateurs. C'est dans ce prolongement du plaisir que nous souhaitons partager ces écrits sur la toile, avec le lecteur, à l'adresse de qui le voudra. Si un des objectifs d' Internet est sans conteste de rendre accessible ce qui ne l'est pas, nul doute que faire passer ces écrits d'exercices éphémères à l'état de bloc homogène autonome pourra, modestement, faire parti intégrante de ce partage de la visibilité et de la lecture. C'est pourquoi ce corpus conséquent fera l'objet, dans sa diffusion et son partage, d'une chronique, qui fera apparaître les textes de façon échelonnée dans le temps, tout au long de ce mois d' Avril, d'abord, afin de respecter les temps de lecture et de découverte que suscitent de tels écrits. Au rythme d'un texte par semaine, mis en ligne en une ou plusieurs parties, tout au long de la semaine, pour faciliter la lecture, nous esperons qu'au delà de leur divergence en termes d'objets d'études et d'approches analytiques, ces textes pourront constituer pour le lecteur un petit panorama cohérent du cinéma de Ernst Lubitsch et de Joseph L Mankiewicz, et surtout, une incitation euphorique à revoir les films de ces deux grands cinéastes.
Ca commence cette semaine...
Thomas Clolus
Publié par Notreciné à 17:10:11 dans Commentaires des rédacteurs | Commentaires (1) | Permaliens
Pléiades d'images. Nouvelle rubrique ? Plutôt le témoignage d'un pot pourri de films qui ont scandés la vie d'un cinéphile. Considérer, pour la ponctuelle occasion, le cinéma, non comme milieu duquel on extrait des objets singuliers par la sélection de l'élection et de la hiérarchisation, mais comme zone d'existence de toutes les images effectivement vus, en quantité et en qualité. Puisque de façon impertinente et peu raisonnable, on se sert d' Internet comme un espace permettant des pratiques au mieux hybrides, au pire peu recommandables, tentons le risque du pire ici, en résumant une somme de films à quelques mots, dans un esprit d'encombrement et de saturation mémorielle. Prendre la conscience du cinéphile comme foyer d'ingurgitation extrême qui ne saurait qu'au mieux, épeler d'une manière concentrée et égale le continuum d'images qui l'ont agis pendant un temps s'évaluant sur l'échelle du moyen- terme. Injure au discours critique, puisque par là, on le piétine et l'évince, dans ce qu'il possède de glissant, de ponctuant et d'organisé. Mais si, amoureux du discours critique de qualité comme nous le sommes, nous nous permettons une telle folie, c'est qu'elle se situe à milles lieux des enjeux d'une telle activité. Il s'agit tout au mieux d'une amusette, d'une détente. Voir ce qui reste, dans l'unité du temps d'écriture ponctuel et la compression fugace du souvenir qui ramasse les films.
Se compose alors un nœud qui rassemble et étale des témoignages d'expériences tous aussi dissemblables les unes que les autres, à proportion du conflit identitaires que connaissent les films, sujets de ces expériences, entre eux. Comment, à rebours de l'exigence critique, une constellation informe de films cohabite au sein d'une même page de même que, d'une certaine manière, la pensée de ces films cohabite dans une mémoire de cinéphile. Honnêteté de l'exhaustivité consommée qui maltraite du coup la célébration due aux grandes œuvres au profit d'une remise à plat des films sur la loi boulimique et quantitative du « j'ai vu ». Oui, il s'agit de faire comme si certains objets ne méritaient pas d'être oubliés, et comme si tel autre ne méritait pas plus de visibilité sur le piédestal de la circulation scripturaire. Insolence inconsidérée envers notre croyance en le tri et à la désignation de ce qui, de façon rare et singulière, est de nature à constituer un objet cinématographique digne de ce nom, à l'inverse de tous les autres. Il s'agira simplement, sans volume d'enjeu communicationnel vraiment digne, pour soi, en quelque sorte, de faire le témoignage primaire que le cinéma, est aussi constitué, dans notre expérience effective de spectateur, en une série et une liste de choses vus, dans un temps donné.
En somme, cet écrit permet simplement d'évaluer comment la quantité nourricière du cinéma vécu aujourd'hui s'exporte sur la voie du discours et des mots par un langage fait de touches et de synthèse. Sans oublier la plus importante chose dans tout cela : à savoir que nous invitons prioritairement à la vision des films aimés au surplus, que nous continuons, même au grès de cette forme vagabonde, de désigner comme tels. Avant la volonté de partage de l'objet porteur, un contexte composé de matières d'images plurielles aura accompagné à ce souci de l'élection. Cette page est le relais de cette arène truculente et fade, minuscule et gigantesque, remplie et vide, à la fois, pleine d'incohésion, de contradiction et qui pourtant, sous la loi de la diffusion et du regard, se ramène aussi à la commune habitation. Avec comme risque stimulant d'encastrer l'exhaustif dans l'insuffisance de la page, de laminer l'espace de la communication et de l'entendement pour et par autrui en un marmonnement intime peu partageable. Pour pallier ce travers, essayons nous à une caractérisation franche et concise, à une nomination éclatante et sèche.
Thomas Clolus
Publié par Notreciné à 16:05:35 dans Commentaires des rédacteurs | Commentaires (0) | Permaliens
Au mois de Juillet, deux textes autant enthousiastes qu'ampoulés annonçaient sous l'enceigne d'une vaine sacralisation théorique la publication prochaine d'une longue série de textes portant sur l'analyse détaillée du dernier film de Quentin Tarantino, Boulevard de la mort. Annoncé comme une courte parenthèse, en attente de ce travail au long court, une série de textes à propos d'un « personnage » récurrent dans la filmographie de Quentin Tarantino, grossissant et s'amplifiant jusqu'à l'obésité théorique et démonstrative, s'est finalement substitué à l'analyse supportant la matière film comme objet défini et singulier, renvoyant aux oubliettes le précédent projet.
De ce soudain changement de cap, oublieux des programmes que l'on se fixe sur ce qui doit, sur le moyen terme, dans le dos de l'actualité, se faire place, tirons deux constats, valant auto- critique à posteriori et tentative de liaison avec un après qui nous vaut ce nouveau article programmatique.
Nous avons éprouvé une certaine difficulté à solliciter le support Internet pour travailler sur le moyen- terme. Filant la tentative d'examen de ce à quoi on se frotte en tenant une écriture régulière sur Internet, à notre ambition, la toile nous a opposé, comme un miroir coupant et déformant, nous renvoyant à notre propre indigence, l'image de notre peu de capacité à nous tenir, à nous ancrer à un socle par trop léthargique, qui n'a fait qu'accompagner notre fuite, notre décollement hors l'énergie rigoureuse, nécessaire à l'écriture intellectuelle suivie, au long cours. Afin, autant illusoirement qu'artificiellement, de coller, d'adhérer à un matériau- support qui ne cesse de nous déporter, de nous faire voltiger, dans une flottaison indécise et trouble, nous n'avons eu de cesse de tenter de nous asseoir, en préparant, en programmant, en jetant des ponts devant nous, en multipliant jusqu'à la déraison les points d'accroche, multiples, obsessionnels, peu surs du peu de confiance que l'on mettait, dans le même mouvement, en eux. La programmation non pas comme anticipation qui certifie, assure et rassure, mais comme défiance circonspecte et craintive. Il s'agissait de cacher le fait qu'on ne parvenait pas à ordonner les camarades d'écriture, les sujets, les idées et l'écriture, en mettant au devant de la scène la débauche teintée de débâcle anticipée et consommée d'un déploiement de préparatifs qui ne fait qu'annihiler les idées, avant même leur apparition.
En second lieu, le loisir et la possibilité libertaire intégrale et placé sous le règne de la dérégulation, qui caractérise Internet, n'a pas tant épousé que trouvé matière à confrontation avec notre désir grandiloquent et extravagant d'écrire sur le cinéma. En effet, faute de barrières, de limites, de contraintes qui contrôlent, régulent le flot d'écrits dans une saine et souhaitable répartition et disposition de la penssée, dans l'espace et dans le temps, nous nous sommes engouffrés, engloutis, dans le chaos d'une production hasardeuse, peu contrôlée, sans pondération. Face à l'atrophie paresseuse et silencieuse du support dans ses exigences à l'égard de l'écrivain, celui-ci se fourvoie, s'abîme dans la planéité infinie et trompeuse jusqu'à s'enivrer lui-même de sa propre liberté. D'ailleurs, la liberté ne vaut que si, par ailleurs, il y a un cadre, des limites, des pondérables. Sinon, cette liberté n'est que vacuité et néant qui propulse et noie. S'enivrer jusqu'à accuser les disproportions formelles sur un support non régie par le monde de la proportionnalité. Autre motivateur froid et indolent de l'errance : la non réactivité sordide du support qui ne prévient ni ne sanctionne l'intervention, dans ses faiblesses et ses excès. Permettre l'obésité dilatoire et délirante du détail (série Earl Mc Graw) et ne pas enchâsser le centre du sujet après l'encombrement de prémisses affolés dans leur inertie sauvage et suicidaire (texte non écrit sur Boulevard de la mort).
Autre souci : face à une actualité dont la boîte de vitesse reste inexorablement et impunément bloqué sur la cinquième, nous recommandions fièrement (bien trop, sans doute), le ralentissement, salutaire. Sauf que confondre ralentissement et croupissement alangui et autiste n'est pas la voie du salut, pour le corps et l'esprit de celui qui, obnubilé par son unique et trop restreint sujet d'écriture, s'y absorbe jusqu'à l'avènement de son enterrement. Folie, tourment de l'écriture en roue libre, dans une libre dépense insensée et maladive, et oublier le reste, les camarades d'écriture, le cinéma comme art du présent et du changement permanent et les éventuels lecteurs, que de toute façon, on ne connaitra jamais, hormis une irréductible pincée.
Ralentir jusqu'à la dilatation mentale, s'arrêter jusqu'au gonflement débilitant, voilà ce à quoi nous nous sommes adonné. Il ne s'agit pas pour nous de dénier quelconque intérêt à la série textuelle sur Earl Mc Graw, ni de renier le plaisir (véritable,mais un plaisir souffreteux) pris à l'écrire. Il s'agit de s'entendre sur notre état d'esprit, à la sortie de l'écriture de ce texte. Expérimentation, exposé scientifique et fantaisiste intéressant, mais, à l'évidence, nous ne souhaitons pas cela pour la conduite prochaine de ce site. Car nous ne pouvons supporter l'asservissement à une telle dimension d'écriture qui fonctionne sur l'ouverture perpétuelle du regard sur un unique point d'horizon, sur le sourcillement analytique, sur le détaillisme démonstratif. Type de partage du cinéma, au long court, tout à fait acceptable, mais qui ne correspond sans doute pas à la voie de l'écriture en communauté, cinéphile, et internaute qu'il s'agit d'envisager pour ce site.
C'est pourquoi nous avons décidé, pour cette rentrée (qui s'aligne sur notre propre rentrée universitaire), de proposer une nouvelle rubrique, afin de prendre acte de ce changement de perspective, de ce besoin de respiration, d'aération, qui, je l'espère, libérera les énergies avec touche et parcimonie. Pari et volte-face risqué en fait, puisqu'il s'agit de suivre le penchant inversé de ce qui avait été défini précédemment. A savoir, au lieu de s'arrêter sur un point et de laisser filer l'actualité, il s'agira autant que faire se peut de prendre le pas de cette actualité en l'accompagnant de nos traces tenues, de façon modeste et discrète, sans tenter de nous imposer au devant et d'aboutir à l'obturation, tel un mastodonte égaré.
Concrètement, à chaque semaine des sorties (le mercredi), correspondra une petite publication qui condensera les opinions, les débuts de réflexion de chacun à l'endroit des films fraîchement vus. A l'évidence, notre motivation première est de partager la « conversation orale et écrite » de cinéma avec le plus de régularité et le plus d'individualités possibles, suivant la logique d'une simple passion cinéphile, sans autre ambition que celle de son énonciation à la trace, dont l'intérêt résiderait dans le fait qu'elle se poursuivrait, à court, moyen et long terme, quotidiennement. Il s'agit, dans cet espace quasi-anonyme, intime qui est le notre, d'actualiser l'existence du cinéma comme mode de vie, comme relevant de l'esprit critique communautaire.
Journal intime communautaire, blog cinéphile ? Nous ne sommes pas loin d'une forme légère, mineure, vulgaire, égale à toutes les autres. Les écrits ne seront ni des critiques de films, ni véritablement des articles, encore moins des analyses. En fait, nous ne savons à l'heure qu'il est pas à quoi ils ressembleront véritablement. Nous ne faisons qu'envisager grossièrement les contours de notre mode de partage du cinéma. Pas d'analyse au sens ou cette notion revêt l'exigence d'une étude approfondi, à laquelle nécessite une maîtrise à propos d'un objet sur lequel on a suffisamment de recul afin d'en proposer un contenu savant, de type démonstratif. Privilégions ici l'écriture du cinéma comme prolongement naturel de la séance, dans les cendres encore chaud suite à l'allumage auquel donne lieu la projection. La projection allume les affects, éveille l'esprit, embrase le corps. Notre écrit ne sera pas distance souveraine critique et théorique, mais continuation tiède de l'expérience. Repousser les frontières d'une expérience définie, en jouant les prolongations. Faire vivre, encore, dans une translation des sens en mots. L'écriture sur le cinéma non pas comme résumé, résultat d'une vision, mais comme restes vifs d'une perception subjective, imparfaite, éphémère, et sincère. Ce qui sera à l'œuvre ne sera pas tant l'intellectualisation du film, comme objet absolu et autonome des forces qui le regardent, qui en disposent, que celle d'un moment particulier, non réitérable, celui de la première projection d'un individu particulier. Profiter de l'ouverture du média Internet à l'écriture de soi dans la dérive, dans le perfectible, dans le non conventionnel et le non établi du quotidien pour énoncer cette digestion en cours. Si cet écrit prochain sera l'étude de quelque entité que ce soit, ce sera davantage celle d'une subjectivisation d'un objet cinématographique, dans les strates de son devenir, déchiqueté et liquide, plutôt que celui du cinéma, dont l'étude répond à une ambition bien supérieur que celle pouvant être soutenu par un vulgaire site internet. N'y voir aucune péjoration, juste le constat d'une juste répartition des domaines, des supports, des actions et des occasions. Témoigner d'une rencontre singulière, tenter dans définir les arrêtes, les permissivités, les impasses d'une existence subjective du cinéma, c'est sans doute le mieux que l'on puisse faire. Conjuguer la fébrilité subjective et l'enthousiaste sans cesse relancée de notre passion du cinéma, qui se veut raisonnable, c'est ce que permettra peut- être les lignes qui suivront dans ces pages. Il s'agira plus certainement d'une correspondance suivie, avec le lecteur, avec la consistance volatile et enlevée qui caracérise la lettre. Retrouver l'énergie pincante de l'envoi, du jaillissement qui relance, dans le momentané, ou l'instant, ce serait une chose intéressante à mettre en oeuvre. D'ailleurs, nous pensons que la légèreté dépliée et feuilletée d'internet, du numérique ressemble assez, d'une certaine manière, à l'intensité friable et spontanée de la lettre, de la correspondance. Bomber le mail, l'épaissir dans une pagination continuelle et archivable, placarder en série unie le mot, ce sera peut-être l'action de la nouvelle rubrique, intitulé pour la circonstance CORRESPONDANCE CINEPHILE.
Pas de critique, parce que nous respectons trop ce travail pour prétendre empiéter sur lui. Que nous ne sommes pas découvreurs, étant donné que nous venons après d'autres, qui voient les films, et les aiment, en premier. Que ce travail critique est fait, dans sa pleine puissance, ailleurs, par d'autres entités, de plus belle manière que ce que permet aujourd'hui un site internet. Retrait de la critique car sa définition recouvre une complétude, un agencement ordonné et structuré dans le partage/ passage d'un film qui n'aura pas lieu ici. Nous privilégierons ici le fragment, le morceau, le désordre, l'élan, l'impulsion, ainsi que la trace, le reste, le dépôt. Paresse ? Moindre ambition ? Goût du désordre initiatif et incomplet, futilité gonflée ? Peut- être tout cela à la fois. Et aussi une expérimentation intime qui nous motive, ici et maintenant. Essayons.
COMMENCEMENT LE 10 OCTOBRE
Notre Cinéma
Publié par Notreciné à 15:25:53 dans Commentaires des rédacteurs | Commentaires (2) | Permaliens
Donc, tachons de proposer un corpus de textes directement inspirés par l'expérience à laquelle nous a convié Boulevard de la mort, le dernier film de Quentin Tarantino. Comment décrire cette écriture, de la manière la plus honnête possible, avant qu'elle n'existe, et alors qu'elle ne se pare d'aucun projet programmatique ? Comment ne pas s'affaisser devant l'ampleur de la tâche, comment, aussi, ne pas se pâmer en vulgaires facilités. Se dire que cet écrit ne s'origine d'aucune contrainte, n'est limité par aucun code, et ne souffre pas la pression d'aucun enjeu, d'aucune conclusion. Mais comment alors, l'écriture peut s'organiser, se libérer si il n'y, apparemment, aucune nécessité qui la pousse, la motive. En fait, c'est notre passion de Tarantino,du cinéma, plus largement, qui, seule nous oblige. C'est la hantise désirable de l'écriture à libre disposition, en connaissance du véhicule de générosité dont elle peut se faire le point d'appui, qui nous fait avancer, dans l'ombre de l'instant, dans l'incertitude de ce qui s'alignera sur le blanc du papier informatique.
Disons le clairement, humble pour une fois, (à la vérité, croyez le, on est jamais trop humble, toujours possédé par son propre narcissisme qui nous démanche, quand il ne nous empêche pas, en nous mettant purement et simplement à l'arrêt), c'est l'ignorance, plus que le savoir (l'écriture est rarement une affaire de savoir, en tant que le savoir serait quelque chose de constitué à l'avance), qui nous assène, dans la pénombre, le coup sous lequel on finit par chuter, de cette chute s'échappant difficilement des lettres, des mots, des phrases ; c'est déjà beaucoup. C'est cette même ignorance qui nous intime un ordre quasi-militaire dans son caractère arbitraire et injuste de faire, d'effectuer, d'agir. Remercions alors la permissivité de l'ignorance qui troue une béance, nécessaire à son possible remplissage. Sentiment d'impuissance néanmoins qui commande un prélude, puis un autre dans la suffocation froide et crispante du retardement de l'échéance ou il faudra placer les premiers mots à propos de ce film. Pourtant, il faudra bien sortir du sentiment rassurant de n'écrire sur rien, c'est-à-dire de ce qui ne concerne que soit, sa peur, sa faiblesse, son inconséquence. Et il faudra bien commencer à écrire sur ce qui, à défaut d'importer plus, prétexte un sujet de cinéma. Pour quelle raison, également, peut on éprouver la crainte d'écrire sur un tel sujet ? De peur de souiller par des poussières de mots l'œuvre tant chérie. Continuons de défoncer les portes ouvertes en disant que tout écrit ne fait peut-être au fond que témoigner, dans la faiblesse du déni, dans la honte de l'aveu, du rapport d'un moi à l'écriture et des impossibilités d'expression de ce moi. Alors que ce que l'on souhaite, sincèrement, mais naïvement, sans s'en donner les moyens, c'est d'écrire en étant au service de.
Aussi, on peut à la rigueur espérer que ce préliminaire vain et sordide vaille plus que l'égotisme d'une psychanalyse scripturale. Au mieux, comme tout le site Notre cinéma d'ailleurs, comme portant sur la possibilité étriquée d'écrire sur le cinéma. D'abord témoigner, avant d'oublier et d'entrer dans ce qu'on croit être le vif du sujet, pour tous ceux dont le rapport à l'écriture et, plus largement, à l'énonciation ne va pas de soi, pis encore, n'existe pas. Je signe ce truc de ceux pour qui écrire n'est ni une habitude, ni un métier. C'est plus que jamais le cas, quand on est, comme nous, étudiants. Après tout, écrire, quand on est étudiant, c'est encore majoritairement la servilité passive de la prise de note. Aucun rapport à l'écriture que l'accusé- réception de paroles en mots, l'impression personnelle valant aide-mémoire, comme si les contenus prodigués n'avaient pas suffisamment de force pour s'imbriquer dans leur énonciation première chez le récepteur. L'écriture ne vaut en ces circonstances que comme imitation translatée et économie de la mémoire. Ecrire pour ne pas oublier. L'écrit est sous le centre de l'accessoire d'une médiation, d'une translation. Il n'a pas d'autre finalité que celui de la tenue en laisse d'un contenu, dans son résidu délavé et asséché. La prise de note est une écriture pour soi. Elle ne sort pas, pour autant, de l'impersonnel. Ecrire à l'université, heureusement, ne se résume pas à cela. Ce sera, au fil des années passées, le passage de la médiation respectueuse à l'égard d'une commande au statut d'études plus approfondis, plus sophistiquées à propos de sujets adéquats et motivants, autrement plus exaltants.
Thomas Clolus
Publié par Notreciné à 23:04:57 dans Commentaires des rédacteurs | Commentaires (0) | Permaliens
Réfléchir sur le cinéma, je pense que c'est avant tout réfléchir sur l'essentiel, la base et l'enjeu de ce qui fait cinéma, c'est-à-dire les œuvres, les films eux-mêmes, dans leur existence pleine. De par les circonstances de diffusion et de réception, de par le monde dans lequel on vit, fait de vitesse, de profusion, d'émiettement cumulatif et d'un oubli subséquent, on oublie que la part véritable du cinéma, c'est d'abord et en dernière instance, un film, en tant qu'entité indépassable. En fait, dans une acceptation qui penserait le cinéma comme emblème du monde, du présent, du contemporain, il faudrait infléchir cette conviction, et s'aligner sur ce qui semble, de fait, dans l'expérience quotidienne du spectateur de cinéma, du cinéphile, du critique, constituer véritablement le fait cinématographique en tant qu'expérience quotidienne, périodique, annuelle et dans son présent social. Il apparaît alors que le cinéma, ce n'est plus un film, ou même des films, en tant qu'entités limitées, structurées, autonome et se suffisant à eux-mêmes. Force serait de constater que le cinéma- monde, ce n'est plus le film- monde, mais un éclatement d'images, issus de foyer d'existence diverses, se diffusant d'un bloc farouche et brutal, dans une homogénéité pâteuse et mêlée. Et la conscience cinéphile qui en découlerait, ce serait non plus celle se conformant à l'unicité impériale, définitive et rangé d'un panthéon de films bien définis, bien reconnus, et remobilisables par le cinéphile, durant toute sa vie, dans un souvenir impérissable qui conserverait dans la médiation qu'il entreprend de ces films l'intégrité souveraine et inaliénable dont chaque fragment, chaque scène, chaque plan, mériterait la mémoire éternelle bien davantage que cents autres films vus dans une vie. Ce serait le résultat d'une cuisine fusionnelle et magmatique de corpus d'images- éclats, d'images- éclairs, multiples, dans une hiérarchisation et une provenance incertaine. Ce système d'images existerait dans la conscience sous la forme d'une arborescence inorganisée, ininterrompu et hybride ou les images, à la provenance diverse, acquièrent familiarité, proximité, se côtoyant dans un photo- rama cérébral géant sans légende qui reconstruirait à partir de fragments multiples, un macro-film personnel.
Ce qui fait cinéma, ce n'est plus un film singulier, conservé, de par la prestance et la place de ce film dans une organisation du monde qui le singularise, intègre dans la mémoire. Ce sont des bouts, des images ignorantes de leur provenance originelle, qui flottent dans une surface indécise, déréglant les systèmes dont proviennent initialement ces images. Ces images existent dans un état de transformation dans l'esprit du récepteur par rapport à leur état, à la nature par laquelle elles existaient quand elles étaient part inaliénable et nécessaire morceau d'un film. La configuration de la conscience cinéphile, suivant le mouvement des modalités d'existence du cinéma dans le monde, est faite de ce montage d'images intensives qui par collage, accumulation, superposition, cohabitent dans une pluralité massive et non volontaire. La force de ces images, appelant à leur mémorisation et au prolongement de leur existence, n'est plus le fait de films particuliers, parfois oubliés, mais de leur existence en compagnie du grand monde des images, grande mosaïque qui concilie oubli et rétention mémorielle. Un film en chasse dix autres, mais la coexistence brutale et supplétive de ce corpus de film provoque la remontée d'images issues de films précédents, qui trouvent une considération et une place nouvelle, en compagnie des esseulements d'images ainsi reproduits, issus du dernier film. Ainsi, la composition du panorama intime du cinéphile post-moderne passe par une composition nouvelle ou les images accumulées composent leur propre cinéma, leur propre montage, dans un remodelage nouveau et intrépide. Les films sont là, en retrait, pendant que des blocs d'images se repoussent ou s'attirent comme des aimants. Pendant que des nouvelles constructions (collectives, intimes, mentales, perceptives) s'échafaudent, sur la base de la superposition, de la fusion partielle et de l'extraction. Images isolés et plurielles formant mosaïque en guise de représentation du monde, et non plus films. C'est sans aucun doute le phénomène qui s'opère aujourd'hui. Lisons à ce sujet la dernière partie du livre de Jacques Aumont, LE CINEMA, UN ART MODERNE, ou l'auteur esquisse le croquis de cette modalité d'existence nouvelle du cinéma, dans le monde, notamment du point de vue du regard critique.
Pour autant, l'objet film, l'œuvre, doit pouvoir exister de toute sa force dans le regard et la conscience des cinéphiles. Nul doute que si le phénomène d'existences dans le monde du cinéma, celui que nous venons d'évoquer, celui de la dissémination et de l'envol solitaire et fragmentable, procède de l'organisation de la société dans son ensemble et des conditions de production des films, notamment de leur quantité , cela n'est la raison que de façon partielle. Surtout, les films, dans leur nature, ont pris l'habitude, d'exister en rapport, en liaison avec d'autres, et se font échos l'un à l'autre. Le film, aujourd'hui, très souvent, porte en lui la conscience de son appartenance à une chaîne d'existence plurielle, qu'il partage avec nombres d'autres films. Ce liant, cette dépendance secrète et intime, tient au genre, à l'histoire du cinéma, au rapport au cinéma du cinéaste et du spectateur. Par conséquent, le film, dans sa consistance même, dés sa création, et, anticipant sur sa réception par le spectateur, contient cette autonomie relative, et sa force est non plus celle de la suffisance sacrée mais, de façon plus ou moins assumée, celle, apaisée et relative, de l'unité- membrane d'un continuum qui le précède et le dépasse. Le film n'est plus la preuve d'un rigorisme autonome, d'un tableau qui se sépare du reste, non, il appelle l'ailleurs, s'alimente de lui et même, lui délègue des enjeux et des finalités esthétiques, dans un régime de diligence et de circulation permanent.
Redoublement dans la conséquence : le film dont le mode d'existence est volontiers celui de « l'être avec la conscience de l'autre », existe, en tant qu'œuvre perçu comme entité autonome et inaliénable, sacrée, dans le retrait, la discrétion, sans qu'il perdre rien de sa force, de la valeur qu'on peut lui accoler. Par lui-même, son potentiel d'image emprunte, d'image magnétisante, d'image qui frappe et persiste durablement, sans souffrir le mélange et la pénétration de la part d'autres images provenant d'autres films, est latent, plus lent, moins direct, moins immédiat que celui des films- œuvres. En fait, si les frontières sont si difficiles à définir et, à vrai dire, nous échappent à nous même, c'est qu'il n'y a pas de dimension conceptuelle, durable et intangible, qui formerait une récurrence et, de ce fait, offrirait une ligne de partage claire entre des films autonomes, des films- œuvres disions nous et des films- chaînon. Une telle bipartition n'existe pas, en tous cas pas dans une dimension théorique. Elle est laissée aux aléas de la conscience individuelle, de l'expérience de cinéma, à moyen- terme. Elle est relative, voué aux contingences perceptives et impressives. Qui plus est, le désir d'affermir et de motiver un tel partage n'est pas l'objet de ma démonstration présente. Ces lignes ne valent en rien tentative de thèse. Simplement, il s'agit de dire qu'à une échelle donnée de temps, variable (un an, plus, moins), et qu'à l'échelle d'un groupe de cinéphile (détermination tout aussi imprécise), dans une logique globale d'appréhension, conséquente à leur vision, des films comme grande chaîne créatrice d'images isolées, s'échappe une poignée de films. Ceux- cis, dans l'esprit, de par leur force persistance, insistante et obsédante, font, plus que d'autres, indéniablement œuvre, au sens où nous décelions qu'une telle perception est devenu minoritaire aujourd'hui. Tel film, dans une individualité exclusive, compulsive et arbitraire, reste et grandit pour son seul compte, dans les sens et dans l'esprit du cinéphile, et cela au beau milieu de la kyrielle d'images (pourtant remarquables, pourtant exemplatives) qui nous frapperont, desquelles on s'appropriera. Telle une ligne parallèle indestructible, pleine d'opiniâtreté résistante et agaçante, dans sa puissance de rayonnement, ce film continuera, sous une même intensité, à accaparer notre esprit et nos sens, notre regard. Ce film, avec toute son emprise vampirique, continuera longtemps de nous regarder, dans une incise jamais démentie.
S'opère une bipolarité simultanée dans la conscience passionnée du cinéphile ou une vie se dévoue au bénéfice de l'occupation des monstres filmiques, peu nombreux, élus, dont, non seulement l'excellence, mais aussi la grâce incontrôlable et indéfini nous point, dans la durée. Pendant le même temps, une vie dont l'espace est occupé par les autres films, à l'excellence parfois pas moins grande, mais qui n'affectent pas avec autant de vélocité le sentiment de l'éternel. Ce qui fait la césure , entre les deux catégories, c'est le déni de notre inconscient de nous débarrasser, de tirer un trait sur cette petite dizaine de films qui continue, en dépit des exigences de l'actualité, à nous nourrir. Démanteler la prise de l'actualité qui appelle notre conscience à s'appliquer ailleurs, à coté, ou gisent pourtant tant de perles. Ces films nous accompagnent, plus que cela, ils nous tiennent à la peau, tenace, et nous voudrions avoir le lux de nous arrêter (s'arrêter quelques instants, quel bohneur impossible), pour avoir loisir d'en disposer encore et encore, par le partage de la communication, par la rêverie hantée que suscite ces films en nous, par l'écriture aussi, pourquoi pas. Notre contact avec ces films est celui d'une torsion dont la pression est jouissive et douloureuse, plaçant notre esprit dans un état incessant d'instabilité et de bifurcations échevelé. Gangrène salvatrice et omnipotente, la froideur et la sagesse de la dé- liaison n'est qu'une perspective encore lointaine , qui restera inactualisable jusqu'à nouvel ordre. Alors, que les films, aujourd'hui, ont la sévère tendance, en dépit et du fait de leurs forces singulières, de se chasser mutuellement, de s'émietter, ceux là restent. Le résiduel de ces films est pesant, consistant, d'une matière nébuleuse et délicate, d'une échelle à la fois envahissante et proportionnée juste comme il faut.
Toutes ces lignes dans le seul but d'introduire, ou plutôt, de réintroduire, selon le prisme de notre perception, un de ces monuments : le dernier film de Quentin Tarantino, Boulevard de la mort, vu et revue au Cinéma Lux de Caen pendant ce mois de juin. Film avec lequel le cinéma s'augmente, puis se suspend, dans une plénitude incoercible. Si nous décidons d'écrire sur le cinéma, aujourd'hui, c'est dans le simple désir de s'aligner sur le suspend amorcé par ces quelques films dont nous parlions plus haut. En disposer à volonté, dans une souffrance euphorique qu'on souhaiterait partageable. Qui sait ?
Dans le strict cadre de ce site, choisir ce film, pour inaugurer un traitement à moyen- terme, dans une certaine épaisseur, sous un certain angle, l'objet cinématographique, cela se justifie à l'échelle du site, parce que chacun de ses membres, nous-mêmes, avons éprouvé de concert la même félicité eu égard à la vision de ce film, qui, pour la première fois, nous a rassemblé, a insufflé amour et adhésion, effet d'un accord tacite. La vision collective de Boulevard de la mort est survenu de façon transversale à la création de Notre Cinéma, de sorte que nous considérons qu'il constitue le premier point d'accroche , le premier évènement cinématographique qui nous constitue comme zone de passage, espace de témoignage de l'expérience cinématographique. L'anecdote familiale est que ce film, pour chacun d'entre nous, s'est posé en œuvre valant pour ses qualités supérieures. Je citerais (à l'indirect) mes deux amis, parce qu'une énonciation spontanée au détour de la sorti d'une séance vaudra toujours mieux que mon babillage théorie, lourd et hésitant. Julien Huger déclarant dans une émotion humide et sincère, avec sa tenue coutumière, que Boulevard de la mort lui avait donné l'occasion de la plus grande expérience cinématographique, en compagnie de la dernière livraison de David Lynch, INLAND EMPIRE ; tandis que Simon Lefebvre balbutiait, infantilisé d'un coup par le choc esthétique qui nous précédait, dans une simplicité d'expression qui valait économie d'une vérité élémentaire à l'égard de laquelle il est nécessaire d'être exigeant, non excessif, que Boulevard de la mort était un chef d'œuvre. Si je reprends ces deux phrases, ce n'est pas tant par narcissisme communautaire et par inclinaison amoureuse, dans l'hébètement du plaisir d'évoquer ses amis, pas seulement du moins, que par la capacité de ces mots à attester de ce qui se disait à l'instant. Car la comparaison avec le Lynch ainsi que la dénomination de Chef d'œuvre atteste de la réception individuelle de la part de ceux qui ont prononcés ces mots du film de Tarantino en tant qu'œuvre autonome, inaliénable, souveraine dans son entité unitaire, par opposition aux autres films, aimés eux aussi, chef d'œuvres, pourquoi pas, mais sans le pouvoir ciselant et la force de cimentier de Boulevard de la mort. De fait, chef d'œuvre est tellement une formule galvaudée, démocratisée et, par là même, dévaluée, aujourd'hui, que l'évidence du raccordement que j'appelle ne frappe pas d'emblée. En fait, la nature de la réception, de la rencontre qui a pu avoir lieu ne peut que se disqualifier si on la rapporte au témoignage, même intime, même informel. C'est dans l'invisible, l'anonyme du lien auguré entre un film et des spectateurs que s'évalue l'intensité d'une telle rencontre, et, par effet de ricochet, que se scelle le statut du film, dès lors envisagé comme œuvre.
Avant de passer outre le dégoulinant de l'euphorie scabreuse, et d'en appeler à passer du temps à propos de Boulevard de la mort, désir gratuit plutôt que programme, journal écrit d'une expérience plutôt que projet d'analyse, je dirais pour ma part que je remercie Tarantino de même que je remercie, pour l'année en cours, Lynch, Eastwood, Rivette, De Oliveira et Jia Zhang ke. Merci d'exister, et de nous faire exister. Hommage à suivre...
Thomas Clolus
Publié par Notreciné à 21:25:02 dans Commentaires des rédacteurs | Commentaires (0) | Permaliens
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