Ont écrit dans "Notre Cinéma":
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Le cumul des visionnages et des lectures aidant, le manque de temps me pousse à abandonner mes brefs écrits rapportant en quelques mots une courte réflexion sur chaque film vu. Aussi, je continuerais, chaque jour, à déposer un photogramme personnellement choisi pour chaque grand film vu en dvd et une image standard prélevée sur la toile internet de chaque film vu au cinema, accompagnée d'une notation, telle que la signalétise le nouveau barême.
Thomas C
Publié par Notreciné à 22:17:30 dans Commentaires des rédacteurs | Commentaires (0) | Permaliens
L'espacier qui règle le film repose sur un principe actif de distance compensée, ou les rapprochements et les réintégrations s'effectuent dans la foulée des grands écarts préalablement entrepris par le scénario. Quand la mère dépose/ relaie la possession de son enfant à Depardieu, ce délaissement et cette béance lui permet aussi le saut inattendu (car inespéré dans les premières minutes du film, à l'heure de la une de journal faisant l'éloge de l'accès et de la reconquête du travail mis en boule) vers l'institution. Saut précipité, puisque cette intégration s'applique dans le champ de l'aide à la veieillesse en maison de retraite. La coincidence et l'équilibre de cette rencontre, entre les balbutiements d'une intégration recherchée et la passivité amenagée de la vie finissante est une belle idée. On ne sait plus qui est le parrain de l'autre, qui veille sur l'autre. C'est d'ailleurs une des grandes beautés du film que de proposer un bouquet de veilles attentives et mutuelles, de sommeil en alerte. La nuit est un feu qui brûle, un visage illuminé par la grâce de quelque brindille qui se consumme. Aussi, les dormeurs veillent l'un sur l'autre (fils et père de substitution, les rôles étants glissants et homogènes). Il le faut, car, au petit matin, un corps peut être retrouvé mort, l'horreur et la disparition ayant le même visage que le confort de l'enfant qui dort. Le fils Depardieu tousse, jusqu'à l'agonie, et c'est le second fils de la forêt qui va opérer le grand écart d'une transaction entre forêt et civilisation, monde sauvage et grand patrimoine, présent sans identité et passé historique habillé en tourisme. Par l'imaginaire de l'enfance, l'inaccessible mute en peméabilité déroutante. C'est l'idéal porté par Depardieu, que va réaliser le second fils. Cet idéal qui, chez Depardieu, n'est qu'une vieille historiette, celle d'un valet dont les seuls chuchotements permettent d'établir un lien avec le roi. Ce n'est aussi que l'écran de papier administratif (acte de naissance pour devenir père) qu'il souhaite istantané, oubliant les lourdes et pesantes médiations du procédural et du judiciaire... L'équilibre et la recomposition du lien par le papier sera opéré par le second fils, qui obligera une autre mère de substitution au courage de la lecture d'une missive annonciataire du retour providentiel de la mère originelle, de la seule, de la vraie. C'est cet abus de l'enfance comme hyper- permission des noeuds et des accords retrouvés à partir d'espaces distendus qui fait la faiblesse du film. Le meilleur du film résidait dans le jeu du juxtaposé et de l'indissociable entre l'enfance brute et l'adulte vil (Guillaume Depardieu), entre la force virile et l'extrême finesse (Guillaume Depardieu), entre le clochardisme primitif, homme originaire et le soupçon aristocratique et versaillais (Guillaume Depardieu). Le plus mauvais réside en ce que les grands écarts deviennent instantannés réconciliés: en un raccord, l'enfant devient adolescent. Et, à la sortie de la maison, la mère providence revient dans nos bras, comme tombée du ciel. Et la fameuse France qui haît ne trouve pas à être représentée. Durant tout le film, elle reste à la lisière du champ. Avec la très douteuse valeur du courage comme principe d'évocation d'accomplissement futur des personnages.
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Thomas Clolus
Publié par Notreciné à 01:51:31 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (0) | Permaliens
Dans les échos bondissants et caverneux des emboîtements d'un bâtiment désaffecté, deux jeunes hommes se prennent pour Tony Montana. Pourtant, ce recours à l'exotisme cinématographique et au fantôme de mafieux ne signifie pas l'insouciance et l'innocence préservée d'une vie sans figure réelle de la corruption, puisque le monde truand est juste à coté. Seulement, les trous de ces bâtiments offrent comme des appels d'air fascinants et attractifs à ceux qui sont, d'une manière ou d'une autre, à la lisière du monde obscure. Un enfant gagne petit à petit à s'intégrer à ce monde. C'est une vision d'enfant (un regard dans l'entrebâillement d'un de ces espaces intermédiaires et délaissés) qui permet la récupération de l'arme perdue par l'un des mafieux, lors d'une altercation avec l'ennemi. L'enfant est attiré. A son tour, il servira d'aspirateur pour l'accomplissement d'une vengeance meurtrière. L'innocence est un voile qui permet à la logique meurtrière de s'accélérer. Des armes dérobées font office d'un trésor caché pour la pair de jeunes. Ainsi armés, l'illusion et le simulacre de bandit atteint le seuil limite de la folie chimérique (balles en dépense libre, à perte sur une plage) ou répétition des signes de reconnaissances du cliché mafieux/méchant s'approche dangereusement de la frontière de la chute dans le puit aux cadavres.
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Thomas Clolus
Publié par Notreciné à 00:43:44 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (1) | Permaliens
Le pari de la dignité par la victoire et la reconquête de l'amour en suspens, c'est aussi le pari du silence, nous dit Hellman. Quand l'expression résiduelle d'un homme passe par l' horreur muette des caquètements et des combats des coqs, l'homme est en retrait, au mieux gardien vigilant de la fragile et hystérique bête à laquelle il a légué sa destiné et son humanité. Au pire, il ressemble à une poule angoissée, pétrie à la périphérie du terrain d'évolution du coq, impuissant dans la directive et le devenir de la bête banale et monstrueuse. Les combats de coqs sont la resurgence d'images d'une humanité abandonné qui s'abandonne elle- même dans le spectacle d'une virtuosité encanaillée et emplumée: au ralenti: les stratégies des combattants sont cruelles, les coups sont précis et saignant. Par l'accélération d'un montage fragmenté, quand la belle à reconquérir est invité à regarder le véritable visage de cet homme qui a remis son dernier espoir à un être minable jeté en patûre à ses adversaires: l'éclat du soleil qui aveugle impose aux combattants l'image de leur avilissement. L'intrusion solaire au milieu de la scène d'affrontement impose surtout l'ultime blessure à un amour déjà mort. Lorsque l'homme reprend la parole, c'est afin de prononcer ces mots: "elle ne m'aime plus". La renaissance de la parole de l'homme est l'acceptation d'une séparation dont la lutte animale a permis de donner l'illusion et le spectre d'une réconciliation possible. Illusion qui correspond au temps comprimé et accéléré que prend la mort à étreindre les cockfighters. La survivance d'un amour que l'on sait d'avance perdu et déchu est pour Hellman d'une bestialité acharnée.
Thomas C
Publié par Notreciné à 17:51:56 dans Images en écho | Commentaires (0) | Permaliens
Faire l'amour au cinéma, est-ce possible? Contacter deux peaux dans un idéal de fusion des corps et des sens, sous le double épiderme du réel et de l'image cinématographique, n'est-ce pas prendre le risque d'aboutir à un trop plein de carne? Comment, dans cet état d'incarnation maladif et obsédé, montrer la relation sexuelle dans son déroulement, autrement que sous le signe d'une intense et interminable lacération ensanglantée. Le problème est que si le cinéma éprouve et fait endurer les surfaces, il n'a pas la capacité à cannibaliser et à faire disparaître entièrement. Donc, il poursuit de faire exister les surfaces, au dessous et aux couches supérieurs amoindris et pourfendus. Si le corps désirant se diminue jusqu'à s'étioler et à fondre sur le mode du dur et du sec au moment de l'acte sexuel, c'est aussi parceque l'image cinématographique de la femme est désir arrogant et plein. Dès son entrée dans le cadre, dès le début du film, Béatrice Dalle est une image qui cannibalise les sens. De là, lors du contact sexuel, la peau se recouvre de ce qu'elle contient, de façon élémentaire (le sang) afin de procéder à un réequilibrage d'incarnation organique et d'apaisement de l'eros par la froideur de l'effroi. C'est par ce principe de réequilibrage transversal que des scientifiques emboîtent des fragments de nature dans des éprouvettes.
Thomas C
Publié par Notreciné à 17:32:31 dans Images en écho | Commentaires (0) | Permaliens
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