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Faire l'amour au cinéma, est-ce possible? Contacter deux peaux dans un idéal de fusion des corps et des sens, sous le double épiderme du réel et de l'image cinématographique, n'est-ce pas prendre le risque d'aboutir à un trop plein de carne? Comment, dans cet état d'incarnation maladif et obsédé, montrer la relation sexuelle dans son déroulement, autrement que sous le signe d'une intense et interminable lacération ensanglantée. Le problème est que si le cinéma éprouve et fait endurer les surfaces, il n'a pas la capacité à cannibaliser et à faire disparaître entièrement. Donc, il poursuit de faire exister les surfaces, au dessous et aux couches supérieurs amoindris et pourfendus. Si le corps désirant se diminue jusqu'à s'étioler et à fondre sur le mode du dur et du sec au moment de l'acte sexuel, c'est aussi parceque l'image cinématographique de la femme est désir arrogant et plein. Dès son entrée dans le cadre, dès le début du film, Béatrice Dalle est une image qui cannibalise les sens. De là, lors du contact sexuel, la peau se recouvre de ce qu'elle contient, de façon élémentaire (le sang) afin de procéder à un réequilibrage d'incarnation organique et d'apaisement de l'eros par la froideur de l'effroi. C'est par ce principe de réequilibrage transversal que des scientifiques emboîtent des fragments de nature dans des éprouvettes.
Thomas C
Publié par Notreciné à 17:32:31 dans Images en écho | Commentaires (0) | Permaliens
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