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<< Le sourire de ma mère - Marco Bellochio | Le chemineau - Jean Marie Straub et Danièle Huillet (2001) | Le rémouleur - Jean Marie Straub et Danièle Huillet (2001) >>
Le regard en coin baissé d'un visage de femme traumatisé est le deuil actif et la révolte mélé du récit et du souvenir d'une disparition: celle d'un être et d'une activité que le temps a privé de ses allers et venues. Le récit, au plus près du contact physique (peau et regard, voix et visage) tend à faire revivre les noeuds et les étendues à la fois mesurables et mystérieuses de ces allers et venues, de ces distances parcourus, de ces points de départs et d'arrivée. Quand la mesure et la localisation imaginaire est privé de son effectuation par le terrible constat de l'impuissance et de l'abyme provoqué par la disparition et son caractère non résiliable, c'est le visage qui se fige, se transformant en ligne de temps immobile. La glace de cette image est le soupçon prodigieux et magique d'un rêve d'éternité, alors que tout passe, s'escamote et se détruit. Le Chemineau dure 4 minutes et 36 secondes. Comme tous les Straub, c'est un film majestueux et d'une puissance inégalable.
Thomas C
Publié par Notreciné à 00:10:57 dans Images en écho | Commentaires (0) | Permaliens
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