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Notre Cinéma


 



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Amsterdam Global Village - Johan van der Keuken (1996) | 07 août 2008

 

    Démeler les noeuds de la réalité tout en faisant qu'ils restent serrés. Images par vagues amoncelés et feuillettés d'une réalité tissé de combinatoires composites ou rencontres fortuites et longues transversales forment le tissu du visible. Amsterdam Global Village est l'organisation folle d'une réalité comme mariage non cérémonial d'un monde concentré et redéployé dans tous ses états. A chaque séquence de ce monstre de film, l'enjeu semble aussi simple et aussi puissant que de ne cesser de tenter de raccorder le monde avec lui- même, de rabattre ses composantes avec ses démenbrements. Amsterdam n'est pas tant une ville monde dans le sens ou elle contiendrait un échantillon concentré de l'international. Elle est un centre qui permet l'exploration du monde. Amsterdam est pour le cinéaste un noyau et un tremplin d'accès et d'approche sensible du monde. C'est les milles et unes manières qu'a ce monde de se décortiquer, de se replier et de dérouler, qui fait le prix de l'oeuvre. Ce sont les milles et une manières d'approche et d'accès au réel qui font le langage cinématographique se démultiplier, s'infinitésimaliser pour mieux s'étendre qui fait la grâce de la projection. Van der Keuken filme tout, ce qui s'imprime, ce qui s'échappe, ce qui émane, ce qui persiste, ce qui ressurgit, ce qui manque, bref, ce qui est, d'une manière ou d'une autre. Et la folie de l'audace du filmage kaléidoscopique du grand Hollandais est sans commune mesure avec ce que j'ai pu voir jusqu'à aujourd'hui. Son ciné- oeil, qui s'installe, fuit, se saupoudre, s'évente, se ramifie, s'infiltre ou s'esquisse porte à un point d'incandescence l'amour qu'un spectateur peut avoir du Cinéma et de la Réalité. Avec sa caméra, Van der Keukn construit de la mémoire, de l'agencement. Il prend même de vitesse tous les flux contemporains du monde, sur lesquels il rebondit pour faire de la musique, du rythme, de l'aérien, du sous- terrain et de la vitesse.  La caméra est cet outil mirifique qui fait que le monde infuse en lui- même et  révèle son ébullition majestueuse.  Merci Johan.

          Thomas C

Publié par Notreciné à 23:38:16 dans Images en écho | Commentaires (0) |

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