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Notre Cinéma


 



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What's a nice girl like you doing in a place like this? - Martin Scorsese (1963) | 01 août 2008

 

    Répétition régressive et précipitation balbutiante se conjuguent avec débordement créatif et emboîtement maladif des images, dès le premier film (réalisé à l' Université, film d' étudiant donc) de Martin Scorsese. Déjà les images s'affolent, s'effritent en se paralysant les unes au contact avec les autres. Il faut aller vite pour espérer échapper à l'image- attraction qui nous saigne et qui monopolise notre regard sur le monde. Pour contrarier l'election exclusive et le monopole asphixiant, il faut qu'hape le regard la seule image attraction capable de faire dévier le regard de l'image artistique, en l'occurence ici, l'image photographique. Celle de la femme. Organiser une fête, remplir l'image, pour que l'élision fonctionne mieux. Mais ce contact réduit au partage avec l'unicité provoque en retour l'isolement: car les images à nouveau se fixent. Si le personnage tente d'aérer la boîte implosive de Scorsese en prenant en charge le récit, cette voix se retrouve plongée dans la scène en retrait d'un improbable père- psychiatre. Déjà une image double d'un cinéaste- spectateur. Pas de dialogue entre un père et un fils, ni entre un malade et un patient. Mais le redoublement bégayant de la parole de l'un par l'autre. Le relais de la parole n'explicite pas l'état de ce que l'on voit. Une itération qui obstrue les espaces possibles est à l'oeuvre. La forme court est concentrationnaire, elle noie un personnage incapable d'exister autrement que sur le mode de l'interstice et du transport barbare entre les plans. Le personnage termine à l'état de figurine au milieu de l'océan. A l'avenir, dans l'oeuvre de Scorsese, il sera toujours très difficile pour les personnages de finir la tête hors de l'eau et hors des flux aliénants du film.

       Thomas C 

 

Publié par Notreciné à 12:59:02 dans Images en écho | Commentaires (0) |

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