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Pléiades d'images. Nouvelle rubrique ? Plutôt le témoignage d'un pot pourri de films qui ont scandés la vie d'un cinéphile. Considérer, pour la ponctuelle occasion, le cinéma, non comme milieu duquel on extrait des objets singuliers par la sélection de l'élection et de la hiérarchisation, mais comme zone d'existence de toutes les images effectivement vus, en quantité et en qualité. Puisque de façon impertinente et peu raisonnable, on se sert d' Internet comme un espace permettant des pratiques au mieux hybrides, au pire peu recommandables, tentons le risque du pire ici, en résumant une somme de films à quelques mots, dans un esprit d'encombrement et de saturation mémorielle. Prendre la conscience du cinéphile comme foyer d'ingurgitation extrême qui ne saurait qu'au mieux, épeler d'une manière concentrée et égale le continuum d'images qui l'ont agis pendant un temps s'évaluant sur l'échelle du moyen- terme. Injure au discours critique, puisque par là, on le piétine et l'évince, dans ce qu'il possède de glissant, de ponctuant et d'organisé. Mais si, amoureux du discours critique de qualité comme nous le sommes, nous nous permettons une telle folie, c'est qu'elle se situe à milles lieux des enjeux d'une telle activité. Il s'agit tout au mieux d'une amusette, d'une détente. Voir ce qui reste, dans l'unité du temps d'écriture ponctuel et la compression fugace du souvenir qui ramasse les films.
Se compose alors un nœud qui rassemble et étale des témoignages d'expériences tous aussi dissemblables les unes que les autres, à proportion du conflit identitaires que connaissent les films, sujets de ces expériences, entre eux. Comment, à rebours de l'exigence critique, une constellation informe de films cohabite au sein d'une même page de même que, d'une certaine manière, la pensée de ces films cohabite dans une mémoire de cinéphile. Honnêteté de l'exhaustivité consommée qui maltraite du coup la célébration due aux grandes œuvres au profit d'une remise à plat des films sur la loi boulimique et quantitative du « j'ai vu ». Oui, il s'agit de faire comme si certains objets ne méritaient pas d'être oubliés, et comme si tel autre ne méritait pas plus de visibilité sur le piédestal de la circulation scripturaire. Insolence inconsidérée envers notre croyance en le tri et à la désignation de ce qui, de façon rare et singulière, est de nature à constituer un objet cinématographique digne de ce nom, à l'inverse de tous les autres. Il s'agira simplement, sans volume d'enjeu communicationnel vraiment digne, pour soi, en quelque sorte, de faire le témoignage primaire que le cinéma, est aussi constitué, dans notre expérience effective de spectateur, en une série et une liste de choses vus, dans un temps donné.
En somme, cet écrit permet simplement d'évaluer comment la quantité nourricière du cinéma vécu aujourd'hui s'exporte sur la voie du discours et des mots par un langage fait de touches et de synthèse. Sans oublier la plus importante chose dans tout cela : à savoir que nous invitons prioritairement à la vision des films aimés au surplus, que nous continuons, même au grès de cette forme vagabonde, de désigner comme tels. Avant la volonté de partage de l'objet porteur, un contexte composé de matières d'images plurielles aura accompagné à ce souci de l'élection. Cette page est le relais de cette arène truculente et fade, minuscule et gigantesque, remplie et vide, à la fois, pleine d'incohésion, de contradiction et qui pourtant, sous la loi de la diffusion et du regard, se ramène aussi à la commune habitation. Avec comme risque stimulant d'encastrer l'exhaustif dans l'insuffisance de la page, de laminer l'espace de la communication et de l'entendement pour et par autrui en un marmonnement intime peu partageable. Pour pallier ce travers, essayons nous à une caractérisation franche et concise, à une nomination éclatante et sèche.
Thomas Clolus
Publié par Notreciné à 16:05:35 dans Commentaires des rédacteurs | Commentaires (0) | Permaliens
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