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Réalisateur : Ang Lee
Titre Original : Se jie
Synopsis : Dans les années 1940, alors que la seconde guerre mondiale n'en est qu'à ses balbutiements, le Japon occupe
Après deux long-métrages tournés aux Etats-Unis (« Hulk » et « Le secret de Brokeback Mountain »), le réalisateur Ang Lee revient aux sources et signe « Lust Caution » tiré de la nouvelle intitulé « Se jie » (titre original du film). Pour ce nouveau projet, exit les effets spéciaux et l'amour tumultueux entre hommes, Ang Lee s'intéresse ici à l'histoire de son pays en nous parlant d'amour, de luxure et de trahison.
De comédien à acteur de sa propre mise en scène
Le film ne se concentre pas sur le conflit entre chinois et japonais mais plus sur l'organisation de la résistance face à l'occupant. C'est pourquoi, l'organisation face à l'ennemi part tout d'abord d'un microcosme d'étudiants, dont fait partie Wong, qui veulent redorer le blason de leur pays en mettant en scène une pièce de théâtre patriote. La salle comble adhère au message exprimé par les étudiants, le mécanisme va donc s'enclencher. Ils vont donc tout mettre en œuvre pour assassiner M. Yee, un représentant important de la collaboration.
Wong et ses amis vont donc mettre en scène plusieurs personnages afin de pouvoir approcher M. Yee. Leur approche est tout d'abord une approche fictive puisqu'ils se servent de l'artifice théâtral pour mener à bien leur mission. A partir de ce moment, Ang Lee représente deux instances puisque d'un côté il y a l'espace filmique avec les acteurs évoluant sur le plateau de tournage puis une seconde instance avec Wong et les autres étudiants qui mettent en scène le meurtre de M. Yee. Le réalisateur parvient donc à représenter dans un même espace diégétique deux espaces diamétralement différents puisque l'un participe à la mise en place de l'espace filmique (le tournage) et l'autre fait parti intégrante du film (intra-diégétique). Quand les étudiants pensent la mise en scène de l'assassinat de M. Yee, ces derniers n'ont toujours pas quitté l'espace théâtral de leur précédente pièce. C'est pourquoi ils vont décider de faire évoluer le personnage de Wong. En effet, de simple personnage devant obtenir des informations sur M. Yee, elle va très vite prendre le statut d'objet et ne servant que d'appât. Alors que pour leur première et dernière représentation de cette pièce patriote fictive, le succès était bel et bien présent, il n'en va pas de même pour cette nouvelle mise en scène qui voit naître l'assassinat d'un autre collaborateur que M. Yee. Nous remarquons donc que l'utilisation de l'artifice théâtral au sein d'un espace qui prêche le naturel ne fonctionne guère. Alors que leur première pièce se clôturait par un succès, la seconde se conclut par un meurtre.
D'un amour masochiste à un amour « yin yang »
Très vite Wong va devenir un objet en atteignant par la suite le stade d'objet sexuel. Trois années se sont écoulées entre leur premier essai d'assassinat et le second essai. Lors d'une scène de retrouvailles, Kuang avoue à Wong qu'il n'était pas bien organisé et que leur plan ne pouvait qu'échouait. Nous apprenons par la même occasion que Kuang fait parti de la résistance et qu'il a besoin de Wong pour reprendre son rôle. Wong est le seul personnage dans le film qui n'incarnera pratiquement jamais son vrai personnage elle restera quasiment pendant toute la durée du film Mme Mak. Ce n'est que dans la seconde partie du film que Wong passe de femme objet à objet sexuel. En effet, elle va assouvir les désirs de M. Yee pour ensuite mieux le piéger. L'amour qui naît au sein du couple des personnages n'est pas un amour tendre mais plus un amour violent, masochiste exprimant la soumission de la femme et la puissance physique et sexuel de l'homme. De plus le fait que nous ne connaissons pas le prénom de M. Yee inculque une part de respect envers le personnage puisque nous ne le connaissons que par la dénomination de « Monsieur ». Les sévices subits par cet amour violent sont nécessaires aux besoins de
L'Histoire d'un pays en fond d'écran
Comme nous l'avons souligné, Ang Lee ne rentre pas dans le détail concernant le conflit entre chinois et japonais. En effet, ce dernier préfère se servir de ce passé comme toile de fond et se concentrer plus sur l'évolution du personnage qui passera par plusieurs états : de femme asexuée, elle deviendra objet sexuel de la puissance masculine pour finir par connaître les véritables sensations de l'amour. La dernière scène du film est très significative de ce qui a construit tout le film. M. Yee rentre dans la chambre vide de Wong, ce même lieu ou ils se sont unis et aimés et le dernier plan du film et le lit froissé par le corps de M. Yee. On peut ressentir de l'amour émanant de ce personnage à cet instant, cependant c'est bien lors de la scène du chant (véritable moment ou Wong se montre en temps que femme séductrice) que M. Yee à les larmes aux yeux. A ce moment précis, il réalise que sa relation avec Wong ne pourra dépasser celui du collaborateur et de la « courtisane ». Cette scène peut-être vu comme le climax du film puisqu'il dresse parfaitement la barrière qu'il y a entre les deux personnages. C'est également la seule scène ou Wong s'exprime en temps que femme et non comme un pantin sexuel.
Nous pouvons tout de même reprocher à Ang Lee de se servir du passé de pays qui est trop important pour ne l'utiliser seulement qu'en toile de fond.
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Anthony Boscher
Publié par Notreciné à 17:49:34 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (0) | Permaliens
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