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Notre Cinéma


 



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Le Rêve De Cassandre - Woody Allen | 14 novembre 2007

 

    A l'image de Match point, Le rêve de Cassandre dans sa qualité, semble être le fruit de toute l'expérience de Woody Allen. De sa fameuse trilogie New Yorkaise à celle qu'il consacre ici à Londres, en passant par ses comédies légères et inégales, Allen a accumulé un savoir faire impressionnant, en résulte son dernier film, un grand film. Le scénario dans ses grandes lignes est des plus simple : Deux frères, dont les ambitions n'ont d'égales que les difficultés qu'ils ont à les assouvir, se retrouvent face au plus cruel des dilemmes : tuer, faire le mal et s'en sortir (le choix de la facilité), ou trimer toute leur vie, survivre modestement. Ils choisissent la facilité. Leur richissime oncle est un exemple, mais il doit réduire au silence un de ses collaborateurs pour rester en course. De cette idée de départ, découle un film rigoureux, solide, dont la maturité et la justesse reste marquante. Le tour de force du cinéaste, est de proposer une critique acerbe, mais jamais moralisatrice, du pouvoir. On n'arrive pas au sommet en restant dans la loi, avec l'argent on peut tout acheter, même la mort de certains... Le film ne cesse de montrer les travers de l'homme, ses déviances, ses choix égoïstes, sans pourtant s'embourber dans la critique facile et grossière, ni dans la psychologie abusive. Tout est dans le ressenti. Le spectateur, attaché viscéralement aux deux frères, est baladé, maîtrisé par Woody Allen. Cette maîtrise est affolante, le cinéaste orchestre dès la première seconde la tragédie annoncée, la catharsis fonctionne à merveille, chaque détail renforce un peu plus l'immersion du spectateur, qui, s'il sait où il va, y va à reculons, tendu comme les personnages. Le film brasse très large dans ses thématiques et jamais ne se perd, car il réussit à ne rien intellectualiser, tout est limpide, sensible. Les relations humaines, le pouvoir, l'argent, le destin, le choix, le hasard, la valeur de la vie. Tout ce que dit, critique le film, passe par le ventre, physiquement se ressent, sans besoin d'intellectualisation. Cette réussite indéniable est sans doute à mettre au crédit de l'expérience de son géniteur. Sans fioritures ni effets contingents, Allen semble prôner l'efficacité par l'émotion, et l'émotion par l'extrême rigueur de l'écriture et de la mise en scène de son film. Ajoutons également la très belle performance des acteurs, Collin Farel en tête, qui malgré son passé cinématographique parvient à faire oublier ses personnages précédents, et à toucher, sobrement. La superbe Hayley Atwell ne saurait être oubliée, comment pouvait-on mieux incarner (et filmer) l'ensorcellement par l'amour ? Un film essentiel d'après moi...

 

   000O

 

       Thomas Lefebvre

Publié par Notreciné à 22:39:49 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (0) |

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