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Notre Cinéma


 



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Charly - Isild Le Besco | 08 novembre 2007

 

   A force de brusquerie,  d'exhibition d'affect direct et de crudité dramatique, Isild Le Besco dénude sa mise en scène au risque d'anéantir l'expression de son film. Le frère de la cinéaste joue un adolescent vivant chez ses parents dont le mouvement physique et scénique se base sur la passivité et l'inertie. Accompagnant et temporisant cette inactivité, la caméra, par une surcharge immobile et gratuite, tente, à chaque instant, de tout allumer, de tout intensifier. Filmage sans nécessité qui déroule, sans tenir compte de l'évolution de son personnage et de celle des  situations dramatiques proposés par le film. Charly est un film qui mise sur l'enfermement. Celui de la castration sèche qu'impose à tout fragment de réalité la mise en scène. Celui du mutisme du jeune garçon et de son désir d'évasion, par l'entremise de la minuscule étendue d'une carte postale. Celui de l'espace. En effet, l'essentiel de l'action du film va, après la fuite du jeune homme de chez lui, se situer dans le rétrécissement d'une caravane dans laquelle vit une jeune prostituée. Ne tirant que peu profit de ces caractéristiques spatiales, la mise en scène poursuit de s'affoler, de s'émietter, de multiplier les plans et les points de vue, en toute gratuité. Les routes et chemins traversés par le héros ne suffisent pas à tracer des lignes, des directions. La poétique dramatique du film se joue, dans sa seconde partie, sur le travail en roue libre de la parole, injonctive et colérique, de la prostituée qui ordonne, dirige le jeune homme. Ainsi, le corps féminin, dans l'urgence de l'exercice de la responsabilité d'autorité et de direction dont il se sent investit, se fait le relais de la mise en scène, misérable et bruyante. Récit initiatique statique, les choses bouillonnent, mais elles n'avancent pas. L'histoire de ce film est celle d'une palpitation immobile, distribuant ses chocs et ses coups, dans l'instant. Ainsi, le film se fait le dépositaire, auprès du spectateur, d'un bloc émotionnel momentané, mais qui finit par se dissoudre, peu de temps après la projection.

0OOO

Thomas Clolus

Publié par Notreciné à 00:17:42 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (0) |

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