Ont écrit dans "Notre Cinéma":
Anthony Boscher
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OOOO (inutile de se déplacer)
OOOO (à la limite)
OOOO (à voir)
OOOO (à voir absolument)
OOOO (chef d'oeuvre)
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La Question Humaine de Nicolas Klotz
Rime de films à films
Etrange coïncidence que celle qui rapproche deux films surtout pour celui qui fait le lien dans sa tête car alors elle lui apparaît comme pure imagination, fantaisie, de sa part et dans le même temps comme évidente et logique. C'est dans cet état que je me trouve suite à la vision de La question humaine de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval qui m'a littéralement bouleversée. Le film a une telle force qu'il semble faire partie de ces rares films qui se tiennent debout face au vent, cette force qu'ont par exemple les films de Jean Marie Straub et Danièlle Huillet à la différence que La question humaine est aussi un film d'une grande fragilité. Mais bon en disant cela je ne dis rien donc parlons plutôt du rapprochement avec Très bien merci que j'ai vu. En effet dans les deux films nous commençons dans une entreprise et puis nous assistons à une arrestation policière et enfin nous passons par un hôpital psychiatrique. Le plus troublant c'est qu'une même scène s'y joue : un interné demande une cigarette. Quelle relation unie ces trois scènes que l'on retrouve dans deux films français contemporains et dont les réalisateurs viennent d'horizons différents ? Les réponses sont multiples et complexes, peut être que les trois lieux associés symboliquement à ces scènes (respectivement l'entreprise, la prison, l'hôpital psychiatrique) sont des lieux d'enfermements et de négation de l'être humain dans notre monde moderne et que cette cigarette qui dans les deux films a un rôle essentiel, est celle du condamné du mort. Cette réponse semble trop simple pour être la bonne cependant je m'en contenterai pour l'instant faute de meilleur idée.
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Un Coeur Invaincu de Michael Winterbottom
et
Tout est pardonné de Mia Hansen Love
Indifférence polie
Le dernier film de Winterbottom, Un cœur invaincu, et de Mia Hansen Løve, Tout est pardonné, m'ont laissé assez indifférent. Ils ne sont pas mauvais, loin de là, et cependant suite à leur vision ils n'ont rien provoqué en moi, aucune réflexion, indignation ou quelconque émotion. C'était la première fois que cela m'arrivait et j'avoue ne pas encore avoir suffisamment de recul pour analyser vraiment pourquoi, j'y reviendrais donc.
Un coeur invaincu OOOO
Tout est pardonné OOOO
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Ratatouille (voir texte) OOOO
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Semaine du 10 au 16 octobre 2007
Barthélémy Guillemet
Publié par Notreciné à 18:13:45 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (0) | Permaliens
Avec La Maison des 1000 morts, Rob Zombie, ex leader du groupe White Zombie, passé derrière la caméra, fait parler de lui. Le film est baroque, carnavalesque, sauvage, irrévérencieux, en tout cas foutraque et sûrement à la marge de toutes les productions horrifiques d'alors. Puis vient The Devil's Rejects, deuxième film, apparement plus « appliqué » mais sur lequel souffle un troublant vent de liberté, dans lequel la violence est alors sans retenue (sans pour autant tomber dans le gore à proprement parler.) On ne pourrait alors parler de totale réussite (la faute à des influences pas encore digérées, à des effets clipesques pas toujours bien utilisés), mais Rob Zombie laisse le bénéfice du doute sur sa capacité à être un nouveau maître de l'horreur, ayant sa « patte », ses névroses, une manière bien à lui de montrer la violence. L'occasion d'ôter le doute au spectateur, sera bien évidemment son troisième film. Le chiffre « 3 » est celui qui devrait permettre de résoudre l'équation. Ce troisième film constitue un pari audacieux, sans doute casse-gueule, puisqu'il n'est autre que le faux-remake du Halloween de John Carpenter. « Faux-remake » car ce n'est que dans la dernière partie du film que Rob Zombie reprendra le développement de l'original. Autrement, on a l'enfance de Michael Myers, les pourquoi et les comment de toute cette mythologie du plus célèbres des boogeymen. En définitive, c'est donner une identité au Mal, là où Carpenter ne donnait aucune explication (comme à son habitude, le mal est abstrait The Fog, Le Village des Damnés, Assault on Prescrint 13...). Rob Zombie envers (sans doute pas contre) Carpenter. Le concret contre l'abstrait. Le sauvage contre le retrait. La volonté est de faire tout l'inverse de son modèle, mais à quel prix? La caricature maladroite, voir crétine. Michael Myers était gros, laid, sans père, il hérite d'un beau-père alcoolique, beauf et violent. Par-dessus le marché, sa mère est strip-teaseuse et sa grande sœur préfère multiplier les coquineries au lieu de s'occuper de lui. Pas étonnant alors que le jeune Michael se retrouve être le souffre-douleur de son collège. Tout ce développement était-il nécessaire ? Le simple fait que le jeune Michael trouve une fascination à torturer les animaux aurait pu suffire. Oui, dès les premières minutes du film, on sait déjà que, dans la politique de démarcation quant à l'œuvre de Carpenter, Rob Zombie va à grands coups de gros sabots, jouer la carte de la surenchère à outrance. Dommage. Le film ne rime alors plus à grand chose qu'à une multiplication de scènes gore et brutale justifiant des questions finalement sans trop d'intérêt (comment Michael Myers change de vêtements au sortir de l'hôpital psychiatrique ? Comment il retrouve son masque ?). Outrance et surenchère. L'aspect intéressant du métrage réside dans la parole. Myers n'en fait plus usage, et à partir de ce moment, la parole de tout autre personnage, est vulgarisée, pervertie, finalement dénuée de valeur. Les mots de la mère, comme elle, ne sont plus. Pas de quoi sauver un film beaucoup trop rentre-dedans et maladroit pour être crédible. Et oui John, en cette fin d'année 2007, tu as été pas mal malmené, entre l'hommage à la noix de Rodriguez, et ce mauvais remake d'Halloween. En attendant, pour ce qui est de ton cas Rob, on a plus vraiment envie de douter.
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Publié par Notreciné à 13:58:10 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (3) | Permaliens
Nacho Grande
Second volet du diptyque Grindhouse, le Planète Terreur de Robert Rodriguez, à tout pour consoler les déçus de Boulevard de la Mort, c'est à dire ceux qui voulaient du Z, ceux qui voulaient voir au cinéma ce qui de coutume est direct-to-video. A ce titre, il est certain que Planète Terreur remplit son cahier des charges. Le réalisateur au chapeau, magnifiant son couvre-chef en accessoire héroïque, signe tel un Zorro du septième art ( ?) la pellicule de la fameuse dernière lettre de l'alphabet, ne reculant devant rien pour imposer cette lettre, exclue, désavouée desdites lettres de noblesses, dudit Cinéma. Aussi, plus qu'une création, Planète Terreur fait plutôt office de récréation, de recette, la bonne étant bien évidemment de faire dans le désordre, pourvu qu'il y ait tous les ingrédients.
Recette maison ? Tambouille-hommage, Planète Terreur porte tout de même la « patte » si particulière de son réalisateur. Mieux encore, son univers à l'imaginaire foutraque semble ici s'épanouir dans cette profusion désorganisée d'idées en tous genres. Le « Z » signé avec conviction et malice, balise ici les cheminements d'un objet filmique résolument anarchique et rigoureusement inexigeant, soit décomplexé de toutes structures proprement intelligentes. En cela le terme « cheminement » n'a pas lieu d'être, le seul sentier emprunté par le métrage étant un terrain défriché, où s'agitent dans cet espace de vacuité, les décors et protagonistes, comme autant de jouets posés sur un plateau. C'est sûrement l'effet voulu, ce charme que le réalisateur trouve aux films d'exploitations, et Rodriguez de recopier ce mode de production avec une application infantile que l'on craint à peine forcée. Le plateau : l'arrière cour des Troublemakers Studios (studios de Rodriguez donc), où la majorités des scènes du films sont tournées ; les jouets : des décors de la simplicité d'un jeu de légo, un personnage principal au charisme d'un action-man (à l'état de jouet, plastique et expression figée). Personnage stéréotypé, on est dans le personnage-jouet (quoiqu'il est marrant de voir que le personnage joué par Tarantino est d'avantage de prime-abord un militaire jouant à Tarantino, avant de finalement se faire maltraité par Rodriguez, comme un enfant bousille ses figurines). Si les militaires peuvent évoquer une imagerie à la Small Soldiers, on a aussi le personnage-référent, le Texan roi-du-barbecue très hopperien, ou encore notre fameux héros « action-man », qui s'essaye en héritier pas convainquant pour un sou, du pourtant charismatique et emblématique Snake Plissken.
Carpenter, grand inspirateur de Rodriguez, aura donné effectivement envie à ce dernier de faire prédominer les Escape From comme ultime hommage de Planet Terror. Cela va de la musique, qui contrairement à l'usage qu'en fait le « maître », est ici insérée dans la logique de vacuité du jeu de plateau pour gamin à l'imaginaire gorgé de références fantastico-horrifiques dont fait office ce film Grindhouse. Où elle aurait pu faire montre d'un facteur thématique logique au film, elle semble se chamailler le privilège de la « bonne-scène » avec le thème original composé par Rodriguez. La verve anarchique et résolument Do It Yourself des Escape From doit avoir été suivie plutôt minutieusement par Rodriguez mais l'hommage s'affuble d'allusions politiques clarifiées, l'Irak et ses armes chimiques (alors que l'anarchie carpenterienne était emblématique d'une époque qui du fait de son absence de repères, sans point ni contrepoint, construisait un univers en roue libre, schizophrène, ou la démonstration hallucinée d'une situation absurde, la description d'un monde ressemblant de plus en plus à un garde-fous.).
Soit, mais n'oublions pas de compléter notre recette : pour faire de ce qui aurait sans doute été un piètre-hommage aux Escape From un - disons-le - « bon gros Z », ajoutez-y les névroses propre à l'auteur, à savoir l'arme comme prolongement du membre amputé (on se souvient de Sex Machine dans Une Nuit en Enfer) et un certain amour pour les premiers Peter Jackson (Brain Dead, Bad Taste) et leur lots de pustules, boursouflures et tous genres (pourvu qu'elles éclatent à un moment ou un autre). Voilà ce qui constitue un vrai film Z comme Rodriguez semble avoir la facilité de les faire. Avec beaucoup de boursouflures sur la forme et finalement peu sur le fond, le film Z est au cinéma ce que le soufflé est à la cuisine. Quoique, la profusion de références, touillées et mélangées ensembles, leur fait perdre tous enjeux. Les boursouflures dans et sur la pellicule ne parviennent donc pas à créer un quelconque volume. Le film s'écrase sur lui-même dans une bouillie écœurante et gavante (effet Z oblige, une fois de plus, c'est (on l'espère) voulu.). Voilà bien le sors de Planète Terreur. Les fans de Z ont de quoi s'en mettre sous la dent et plein les doigts, à l'image du Nacho Grande que Kurt Russel, héros emblématique de Carpenter justement, dévore salement dans le Boulevard de la Mort de Tarantino. Aussi, des deux films Grindhouse, l'un est un hommage de Cinéma pour le Cinéma, l'autre, un pot pourri de références cinématographiques dont la profusion et la diversité n'aboutissent à rien d'autre qu'à une bouillie dont il vaut mieux rire faute d'autres enjeux. Le Grindhouse, tel qu'il était sortit aux USA, donnait à voir Planet Terror avant Death Proof. Il est amusant de voir le métrage de Rodriguez retranscrit métaphoriquement mais fidèlement dans l'assiette de Kurt Russel dans le film de Tarantino, et de l'emblématique figure carpenterienne de dévorer cet hommage déstructuré. Carpenter, Tarantino...le Cinéma, le vrai, ne fait qu'une bouchée de la récréation Planète Terreur.
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Simon LefebvrePublié par Notreciné à 19:12:58 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (0) | Permaliens
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