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Notre Cinéma


 



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Nord - Xavier Beauvois (1991) | 22 août 2008

 

   Beauvois pulvérise  tout! Si c'est un des plus grands cinéastes français aujourd'hui, c'est entres autres choses parce que s'installer dans le cliché et le pathétique ne lui fait pas peur pour embrayer ses fictions et ses tragédies. Faire synthèse le code cinématographique du film d'angoisse avec la platitude des paysages du Nord de la France non plus. Voir la superbe séquence générique du début ou sur horizon d'usines et d' habitations d'une région à peine plus caractérisé que Nord (généralisation redoutable autant qu'audacieuse) se superpose une musique à faire peur. Par le point de vue d'un écran de télévision, les personnages sont observés et incarcérés dans leur inertie, dans l'annonce calme et présumée du drame à venir. Il faudra que le père soit enfermé en hôpital psychiatrique pour que ce gros plan et cet échange verbal puisse advenir entre le père et le fils. La profession du père et sa blouse blanche sont l'image clichée, le masque de sa propre folie. Dans l'intervalle des plans, un mort. Y a t'il un assassin autre que l'étouffement et la saturation affective que suscite la mise en scène? C'est l'eau paisible et anecdotique qui recueille l'aveu et la condamnation, puis la tentative de libération de cette castration par une mort nouvelle. Le sacrifice du corps massif du père ne suffira pas à éteindre le feu qui brûle en nos coeurs et en nos âmes. Dans le dernier plan, on rêve qu'en correspondance avec l'un des premiers plans du film, le bitume se déchire et se lève afin que l'enfermement du fils ne soit pas sa destination tragique. Mais comme Arlette Langmann est à la distribution du film, et comme Passe ton bac d'abord est textuellement cité dans le film, je serais tenté de conclure par la phrase de Maurice: "La tristesse durera toujours...".

       Thomas C

Publié par Notreciné à 14:37:35 dans Images en écho | Commentaires (0) |

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