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Notre Cinéma


 



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Les mains négatives - Marguerite Duras | 08 août 2008

 

   Dans ce film, comme dans tout film de Marguerite Duras, on ne cesse de se poser la question: Ou se trouve la voix de Marguerite Duras? Par rapport à l'image, par rapport à nous, spectateur, par rapport au temps, et par rapport à elle- même, à sa propre instance d'énonciation. L'entre serait le sujet et l'énigme de tous les films de Duras. Et c'est peut- être parceque le rapport de Duras au cinéma n'est pas au centre, il est entre. En l'occurrence, entre le cinéma et la littérature. Et que l'image cinématographique proposée et le regard qui y succède ne cesse de se creuser et de se mettre en perspective. Les films de Duras nous donnent cette certitude absolu, si, après des années de visionnage de film, le doute était encore permis: La nature du cinéma n'est pas le plat de la ligne et de la surface, c'est la profondeur, et il ne s'agit pas pour nous de descendre, mais plutôt au film, à son sujet, qui se trouve toujours à des kilomètres (de temps et de conscience) en dessous la surface de l'image, de remonter jusqu'à nous. Cette remontée ne s'élabore pas sous l'enceigne d'une endurance ou d'un quelconque défi sportif, mais sous le signe d'un appel, d'un cri. Ici, le visible de l'image, en dépit de son apparente régularité et insignifiance, est marqué du sceau de cet entre- deux. La caméra est entre les  trottoirs et les routes, entre la vitesse du piéton et celle des voitures, entre le nocturne et le diurne, entre le désert et l'urbain. On pourrait poursuivre l'énumération. Je pense vraiment que le cinéma ne cesse de lister les choses... Entre le mouvement mécanique et la suspension mystique, entre le flottement marin et l'épreuve du sol dur. Et entre cette antre épaisse de l'image, à la fois obstacle et intermédiaire au savoir humain, la voix de Duras, fait de coupures, d'inttermittences, de blancs, c'est- à- dire d'entres, nous arrive. Elle ne fait que ca. Continuer de nous arriver. L'image est muraille que le mouvement ascendant de la voix abime dans un devenir lumineux. Duras est le plus grand puisatier/alpiniste de L'histoire du Cinema.

      Thomas C

 

Publié par Notreciné à 23:21:10 dans Images en écho | Commentaires (0) |

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