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Le panoramique réduit la configuration d'un espace homogène, un, stable et géométrique en une bande plate et raide. L'immobilité sereine des objets (vérifiable dans la réalité) passe ici au statut d'un mouvement qui exhalte leur caractère sordide. L'espace ne cesse de se replier sur lui- même. Il n'a plus de centre, plus de repère. Il ne cesse de tenter de s'échapper de ses inexorables cloisonnements. Le cercle ouvert vers l'extérieur que dresse le panoramique ne fait que consolider le manque de perspective des lieux. Les meubles et les objets, par leur proximité, deviennent lignes stratifiés qui sont comme autant de barrières et de rayures à l'homogénéité et à la souplesse d'un espace habité. La lenteur amorphe du travelling a le ryhtme empesé d'un corps ensommeillé incapable de se lever. Au sein du monde réduit surdessiné par le film, l'arc du panoramique se limite d'autant plus, offrant l'image d'un centre mou qui, après s'être rassasié, se recouche. Les meubles sont des élastiques trainants et fatigués. Le corps humain n'est qu'une moindre animation, sollicitant tout au plus une attention dispersive. Second film d' Akerman, seconde expérimentation géniale sur l'espace clos. Et la gazinière est le mobilier le plus nettement dessiné du film.
Thomas C
Publié par Notreciné à 01:39:40 dans Images en écho | Commentaires (0) | Permaliens
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