Ce matin j'ai ouvert un mail de Marine. Le fait est que je n'en avais pas reçu depuis plusieurs mois, de très longs mois. Nous avions convenu qu'il était temps qu'on arrête les frais parce qu'on arrivait plus à s'apprécier comme avant, et qu'on se faisait du mal. Et voilà, nous nous étions quittées sur des mots qui fâchent et qui séparent les gens parfois pour la vie.
Mais ce matin, il y avait ce mail dans ma boîte électronique. J'étais tellement étonnée qu'au début j'ai cru qu'elle m'écrivait pour me dire qu'elle savait que je gardais contact avec son copain pour prendre de ses nouvelles de temps en temps et que ça me regardait pas. En gros, je m'attendais à un mail enflammé pour dire "
Arrête de demander de mes nouvelles, t'as plus rien à faire dans ma vie".
Alors j'ai mis un peu de temps à l'ouvrir, j'ai été me faire un café avant.
Mais voilà, c'était pas ce genre de mail. Pas du tout.
Je me suis plantée. C'était un message très émouvant, d'ailleurs, qui m'a tiré quelques larmes à 9h30 (et pourtant le matin je suis pas très subtile en général).
Car voilà c'était un message qui disait que je lui manque. Qu'elle a vu ma vidéo hier sur mon blog, et qu'elle a pensé qu'il était temps qu'on se revoie. Qui disait qu'elle n'était pas sure que j'y réponde, mais qu'elle était là maintenant et qu'elle attendait pourtant un geste. Comment a-t-elle pu croire que je n'y répondrais-pas? Je ne sais pas. Ce qui est sur, c'est que jamais je n'aurais effacé un tel message sans scrupule.
Avec Marine, ça a toujours été simple. Jusqu'au moment ou, en 2005, c'est devenu compliqué.
Je sais pas, cette année là on a eu du mal à se raccrocher, à se voir, à parler, à se comprendre surtout. On a connu des disputes terribles. On a connu des réconciliations négligées parce qu'on a voulu faire vite. Et on a connu ces mois-là de silence, de haine, mais je le sais pour elle aussi de nostalgie.
Aujourd'hui il est évident qu'on est plus les deux petites filles de petite section de maternelle qui partageaient du pain d'épice. On est plus non plus les deux filles qui détestaient Sandra et qui faisaient des plans au milieu de la nuit au collège pour qu'elle soit aussi seule que nous. Et je souhaite, je sais qu'on n'est plus non plus les deux ados du lycée qui se sont affrontées et qui se sont perdues. C'est con à dire, mais on a encore gravi une marche, et je crois qu'il est possible qu'on s'y retrouve, sur celle la.
Pis voilà, elle va parler Bulgare, moi je vais parler Allemand, je crois qu'on peut s'y retrouver dans tout ça, je crois qu'on peut se comprendre.
J'éspère.
Mais nous ne laissons pas tomber les gens comme ça. Nous ne laissons pas s'envoler les années sans rien en retenir. Et on en retient que de toute façon, on s'est trouvées et on a vécu l'une auprès de l'autre trop longtemps pour faire comme s'il ne s'était rien passé de beau. On en retient qu'on s'est aimées beaucoup, et que l'amour fraternel ne s'efface jamais.
J'en arrive donc à deux conclusions supers positives:¤ Elle est de retour dans ma vie
¤ Il y a des gens qui lisent mon blog et regardent mes vidéos!
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