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Fleurs Sélènes

Odyssée nocturne entre Eros et Thanatos

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Suivez le fil de mes pérégrinations oniriques entre rêve et cauchemar...




Les Fleurs de la Lune éclosent en ces lieux telles les créatures mystérieuses issues de l'imaginaire de nombreux artistes auxquels je rends ici hommage.




Enfin, si vous le voulez bien, laissez-vous guider au sein de ma propre toile, images et mots déposés par les sortilèges de ma muse sélène...




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Textes et dessins personnels réalisés conformément à la loi sur les droits d'auteur et protégés par



 
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...Miserere, Venere...































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Affaissement | 07 mai 2008


Affaissement

J'ai vu le soleil haineux germer ou sombrer
Dardant sur moi son vert faisceau
Fugitive vanité 

J'ai vu la lune insolente peindre la nuit
Engendrer l'assassin ou les fleurs
Caresses enfuies

J'ai senti le doucereux vent de l'oubli si pur
Entrebâiller mes plaies exsangues
Fraîches sutures

J'ai senti la beauté du monde entre mes mains
Exulter, frénétique et féconde glissade
Effondrement certain

Je n'ai pas vu la poussière suspendue à des fils
Refléter l'aveuglant désordre organisé
Chef d'orchestre habile

Je n'ai pas vu que mes yeux choisissaient de la nuit
Le fluide lunaire le plus envoûtant
Parfum d'envie

Je n'ai pas senti l'odieuse et charmante déliquescence
De ce souffle que l'on s'imagine divin
Fuite de l'Essence

Je n'ai pas senti le rongeur avide d'inconscient
S'acharner sur mes contemplations
Retour au néant

Il est déjà trop tard pour voir
Chaque plaie acceptable et sûre
Elles suintent seulement au miroir
Des songes, des mots jetés en pâture
Et qui sourdent du Moi certains soirs
Volés à la griffe de la temporelle créature

Notre étoile tombera, le sais-tu ?
Un jour ou peut-être une nuit, pourtant
Comprendrons-nous que nous ne sommes plus
Où l'étreindrons-nous encore mille ans ?
Cette cruelle brume de vie évanouie, sans plus
Dans l'esquisse de nos gestes évaporés au Temps.

Ligeia

Publié par ligeia77 à 00:27:27 dans Mes Textes et Poèmes | Commentaires (14) |

Rêver encore un peu | 28 avril 2008


"Un rêveur est celui qui ne trouve son chemin qu'au clair de lune et qui, comme punition, aperçoit l'aurore avant les autres hommes."

(Oscar Wilde)

Publié par ligeia77 à 09:49:31 dans Citations d'auteurs | Commentaires (6) |

Sysiphe | 17 avril 2008


Le mythe de Sysiphe
Fragment de dessin au crayon - Ligeia

"Et je vis Sysiphe qui souffrait de grandes douleurs et poussait un énorme rocher avec ses deux mains. Et il s'efforçait, poussant ce rocher des mains et des pieds jusqu'au sommet d'une montagne. Et quand il était près d'en atteindre le faîte, alors la masse l'entraînait, et l'immense rocher roulait jusqu'au bas. Et il recommençait de nouveau, et la sueur coulait de ses membres, et la poussière s'élevait au-dessus de sa tête..."


Ainsi Homère décrit-il le supplice de Sysiphe, condamné à faire rouler une énorme pierre jusqu'en haut d'une montagne, et encore et toujours, indéfiniment.
Ce supplice éveille des échos dans notre monde moderne : il semble que nous tous soyons condamnés à accomplir des tâches et à les reproduire indéfiniment, pour le seul besoin de les accomplir.

(Source
Kulturica)

Publié par ligeia77 à 12:04:29 dans Mes Dessins et Compositions | Commentaires (10) |

Timides lueurs | 12 avril 2008


C'est l'incertitude qui nous charme. Tout devient merveilleux dans la brume.

(Oscar Wilde)

Publié par ligeia77 à 12:23:51 dans Citations d'auteurs | Commentaires (4) |

Murmures | 02 avril 2008


Murmures

Au bord de mes songes ce soir, je suis amarrée, contemplative, entre deux eaux.
Le rêve a ennué ma réalité, les voiles diaphanes autour du grand lit murmurent une mélodie étrange, des pulsations ivoirines. Le temps m'emporte, je suis à nouveau là-bas... murs blancs, écrans froids, effluves écœurants, perfusions.
Quelque chose de moi y est resté, ce sera toujours comme ça.
Goutte-à-goutte, silence, murmures...
Le rêve m'étreint à nouveau, mes yeux minéraux crèvent la nuit.
Je vole au-dessus de ce corps étendu que je reconnais trop bien, ce visage qui n'a pu que fixer la fenêtre.
Au-dehors brasillent des étoiles d'onyx, le vent tresse des notes douces, une mélodie de boîte à musique.
J'aperçois quelques mots gravés sur une pierre à demi-enfouie sous les mousses parfumées.
Quelques mots que personne ne lit plus... mais cette nuit est cruelle...
 « Je ne suis pas né, je n'ai pas vécu, mais elle m'a aimé »
Une épitaphe...

 
Le  vent désormais froid soulève les voiles, le murmure se répand, cristallin et entêtant.
Poème né du silence, rempli de silences, doucereux et effroyable.
Est-ce l'empreinte d'une vie enfuie, la rémanence de derniers mots ?
Est-ce la douleur d'une vie esquissée ou celle d'une mort trop lente ?
Pourquoi ces murmures ? Pourquoi maintenant ?
Je n'entends pas les mots, je ne comprends pas ces sons diffus,
Juste leur mélodie agonisante pénètre mon âme avec effroi
Et cette voix, si fluette, si fine, si jeune...
Quel caprice du destin t'a arraché à ta vie naissante ? T'en souviens-tu seulement ?
Petit ange du crépuscule,
Si seulement ton cœur avait un refuge ...
Silence glacial.
Brisé.
« Tu veux jouer avec moi ? »
Oublie que tu ne peux pas jouer, que tu ne pourras jamais rire,
Murmure encore ces sons à mon oreille,
Si je peux les entendre, ils resteront comme une lettre d'amour adressée à personne.
Sur ma page blanche, j'essaierai de les traduire...

Tu voles à travers les ténèbres, tu te fonds dans la rosée, tu perles comme l'absinthe au coin des lèvres enfiévrées d'oubli, tu te caches parmi les herbes folles, tu flottes, nimbé de lumière parmi les filaments aquatiques de la lune, tu t'enroules et résonnes au cœur de la stèle abandonnée.
Tu ne me quittes pas.
Tu ne me quitteras pas.
Jamais.

 
« Je ne suis pas né, je n'ai pas vécu, mais elle m'a aimé »
Une épitaphe...
Celle de l'enfant sans nom.
Son épitaphe invisible, aucune pierre pour la graver.
Juste des murmures gravés à même mon cœur, à l'encre écarlate du remords.

« Je suis mort sans te rejoindre, je ne savais pas ce qu'était la lumière du jour, la chaleur de tes bras... je suis mort sans le savoir, sans même penser que l'oubli se refermerait à jamais sur moi, emplissant ma gorge, embrumant mon esprit comme un venin puissant...
 Si j'avais grandi, j'aurais cueilli le reflet de la lune pour en faire un anneau merveilleux que tous m'aurait envié, je l'aurais accroché à mon épaule pour m'en faire un arc magique ! Ou bien j'en aurais ceint le front adoré de ma reine, mon ange, celle dont les bras ont dû tant me chercher...
Maman, je suis là encore, je suis là toujours... mais qui le sait à présent ?
M'entends-tu ?
Viens jouer avec moi dans la clarté brumeuse de cette lune d'été, toi qui m'a trouvé, ne me crains pas, je suis si triste. Je ne t'emmènerai pas mais ose me regarder, cherche bien mon reflet, il est là dans le miroitement des eaux profondes. Ne me crains pas, mon regard n'est plus vide aurait-il été bleu, aurait-il été vert ?... Désormais,  il reflète celui des anges.
Approche !  Entends mes pleurs sans larmes, offre-moi un peu de ta chaleur... ne me crains pas, je suis désolé, ne me crains pas et viens jouer... je suis si triste...

 
« Je ne suis pas né, je n'ai pas vécu, mais elle m'a aimé »
Une épitaphe...
Celle de l'enfant sans nom.
Celle de l'enfant que j'ai tué.

Si vous lisez ces lignes, ne vous souvenez pas de moi, seulement de ces murmures qui hantent mes nuits.

Abortion

Ligeia

Publié par ligeia77 à 13:11:15 dans Mes Textes et Poèmes | Commentaires (14) |

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