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Après le Voyage au centre de la Terre (11 juin) et La Rôtisserie de la Reine Pédauque (21 juin), c'est à Salammbô[1] que je désire faire allusion ici.
A dire vrai, ce n'est pas précisément le troisième livre auquel je m'attaque dans mes jeunes années, mais à peu près. Surtout, cette expérience diffère des précédentes en cela qu'elle m'engage à une nouvelle façon de lire - moins primesautière.
Qu'on en juge : d'une part je suis prévenu de la marotte qu'avait Flaubert de passer ses manuscrits au gueuloir et d'autre part du fait que l'écrivain-chercheur a réuni une documentation colossale afin d'y édifier sa somptueuse épopée.
Pour corser la tâche, mon exemplaire - ayant lui aussi appartenu à mon grand'père (cf. le 21.06) - présente un dossier sur la controverse avec Sainte-Beuve, qui avait éclaté à sa sortie. Et mes parents attendent que nous en parlions lorsque je l'aurai terminé.
Aussi, dès la fameuse phrase-seuil (qu'un de mes oncles me cite de mémoire lorsque je lui apprends que j'ai commencé ce roman) : « C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar » : je m'applique et j'apprends - ici, ce que signifie « incipit ».C'est donc les sens et l'esprit critique aux aguets que je traverse cette guerre inexpiable menée contre Carthage par des mercenaires impayés, mêlée à la passion fatale de Mâtho, chef des rebelles, et de Salammbô, fille du général carthaginois Hamilcar ainsi que prêtresse de la déesse Tanit.
Il n'en demeure pas moins que la veine lourdement dépaysante du péplum, analogue à celle du Quo vadis d'Henryk Sienkiewicz - que je lirai, dans la même collection, bien plus tard - parvient à retenir l'essentiel de mon intérêt.
Si mon plaisir à suivre les personnages et leurs aventures se trouve un brin atténué, j'entrevois cependant - plus que je n'éprouve encore réellement - les satisfactions, remises en question et perspectives, que suscite l'approche informée d'un texte.
L'intronisation flaubertienne, doublée de recommandations paternelles, a laissé une empreinte durable. Cette approche à tendance holistique, dont l'effort doit me garantir de la naïveté et m'ouvrir à la substance même des choses, sera pour longtemps la mienne.
A l'heure qu'il est, parmi mes indénombrables bouquins, il y a 176 volumes de la Pléiade. Chacun contient sa thèse d'Etat, et je les ai presque toutes méthodiquement arpentées.
Ce n'est plus le cas actuellement, mais il n'y a pas si longtemps encore, il m'est arrivé de renoncer à certaines lectures, uniquement parce que je ne trouvais pas d'édition assez critique à mon goût. Oui, je me soigne, merci !
Publié par PandarDeBrillar à 00:01:23 dans Lu | Commentaires (0) | Permaliens
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