Notule paternelle
De son vivant, ou peu après sa mort, qui a eu lieu il y a presqu'un quart de siècle, l'empreinte de mon père sur moi était fraîche et vigoureuse, mais j'esquivais de la percevoir, plus encore de l'analyser.
Maintenant que son image s'estompe (je n'aurais pas cru cela possible), la représentation que j'ai de son influence sur moi se perd dans celle des institutions que j'ai fréquentées, des milieux traversés, de la critique de l'époque vécue dans ma jeunesse, et des livres lus.
Sans savoir réellement les nommer, certaines de ses névroses, dont quelques absolues, de celles qui, à la longue, sécrètent la résignation, expérimentent leur surplus de vie en moi.
Pourtant, papa n'est pas devenu abstrait, il s'amenuise en s'étendant, se subdivisant en une sorte de constellation de divers mode d'existence possibles qui l'ont environné, et desquelles il a façonné son propre moi.
Publié par PandarDeBrillar à 22:26:58 dans Choses vues | Commentaires (0) | Permaliens

Avant-propos, écrit il y a un ou deux ans
Seuls subsistent d'une oeuvre deux ou trois moments : des éclairs dans du fatras. Vous dirais-je le fond de ma pensée ? Tout mot est un mot de trop. Il s'agit pourtant d'écrire: écrivons..., dupons-nous les uns les autres. Cioran (La tentation d'exister)
Je trouve, dans un de mes dictionnaires de citations « La vie n'est qu'une ombre qui passe, un pauvre acteur qui s'agite et parade une heure sur la scène, puis on ne l'entend plus. C'est un récit plein de bruit, de fureur, qu'un idiot raconte et qui n'a pas de sens. »
Alors je me dis que non, vraiment, je ne puis ni bâtir une vraie œuvre, ni ne pas l'entreprendre.
Comme on renonce à une ligne de conduite jamais tenue, je me résous ainsi à considérer mon existence et à en prendre des bouts pour en faire des fragments d'écrit.
Pour finir, je retrouve le désir, je régresse, je m'assieds devant mon ordinateur et commence : « Toute ma vie, j'en ai eu une autre... »
Ce sont des morceaux épars de ce projet que l'on retrouve ici.
Publié par PandarDeBrillar à 00:34:20 dans Choses vues | Commentaires (0) | Permaliens
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Un vent frais venu de nulle part : c'est moi.