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Distance organisée | 31 août 2009

 

Distance organisée

La seule chose qu’on peut
garder pour sûre en ces temps
qui traversent nos ébauches
en désertifiant les attaches
c’est cette disponibilité calme,
innocente et joyeuse
que je t’accorde sans échéance
à tout instant, à toute sortie,
comme une oie blanche
des marécages
alors que ton style froissant
domine la pyramide de l’esprit
qui se veut montrer rationnel.

Je te croirais innocent
s’il n’y avait l’ostentation
de tout ce désir de femmes
que tu déclines par images.
Je penserais que je compte pour toi,
mais tu survoles les textes
dont les lignes fixement
se braquent unilatérales
en barrières aux choix spontanés,
incluant trop d’indications
dans la doublure des sentiments.
Ta femme t’espionne et gène
ta moindre tentative développée.

Tu l’acceptes comme base
de tous les contacts qui doucement
dans l’ombre t’électrisent,
dans la distance que tu privilégies,
à l’endroit précis que tu indiques.
Tes stratégies d’évitement
fonctionnent comme en rêve
et si tu revenais à présent
pour me donner encore
par ta volonté une éventualité
j’essayerais encore cette fois
d’être moins limitée
au plus fort des tendances.

 

Publié par POETESSA à 04:35:31 dans POETESS | Commentaires (0) |

Boiteux | 23 août 2009

Boiteux

Mais je les fais rire,
les momies et zombies.
C’était peut être mon être boiteux
qui les rendait si sûrs de leur démarche.
Mais l’être boiteux n’est pas plus désireux
il est simplement plus lent
et s’il n’obtient pas le primat de la course
et l’objet convoité qu’il y avait au bout
il lui reste la consolation de sa vision
plus touchante et vaguement sereine,
par ces quelques secondes en plus
où il a pu observer les virages
du parcours des amoureux
sans être piqué au vif.

Publié par POETESSA à 03:01:05 dans POETESS | Commentaires (1) |

Frisson défait | 19 août 2009

Frisson défait

Le frisson que je n’ai pas eu
parce qu’elle est venue
nous faire croire qu’il y avait
des codes nous obligeant
à ne pas soigner l’aspect
le plus lourd de nos tendances.

Le code était là pour arracher
des mains des amoureux
le fruit mûr encore entier
qu’un couteau sans épines
aurait probablement défait
un jour sur une assiette.

Il s’agissait de notre sort
et tu avais enfoui le temps
dans les murs d’horloges ferrées,
fonctionnant sans avoir besoin
d’oser sentir l’émotion palpiter,
ni ne courant jamais bien loin.

La déception que tu m’as lancée
j’en ai attrapé l’image froissée
et l’ai attachée au pied du lit
pour qu’elle glisse dans les jeux
des minutes qui se déversent
hors de l’horloge emmurée.

Publié par POETESSA à 12:24:29 dans POETESS | Commentaires (0) |

Echanges entre nous | 19 août 2009

Echanges entre nous

Quelques détours ont dû apporter
la pluie dans le sens contraire
à la circularité d’une grosse calebasse
pour que l’idée de la fuite mûrisse
et que je puisse enfin choisir
dans quelle direction me libérer.

L’eau ainsi récoltée tu l’as donnée
à ta soeur pour qu’elle échappe
aux nausées de l’instabilité précoce
et puisse se forger un caractère entier
parmi les populations riches
qui ne se plaignent pas encore.

Et mon esprit tanné par les pluies
a pu encore se soumettre au soleil
après l’insensée submersion
pour échapper au contrôle affectif
qui aurait dû fixer les altérations
au seuil des premières simplicités.

A présent qu’une couche perlée
de désirs insondables a tapissé
les formes de mon autre style de vie
ce sont les couleurs de la liberté
que j’ai accroché au mur et tatoué
dans mon regard, qui ne fléchira pas.

Et c’est elle que je te donne, la liberté,
si tu la veux, si tu la prends,
avec tous les risques qu’il faudra
courir pour la garder immunisée
des eaux sales de l’hypocrisie maligne
et de toutes les impuissances aveugles.

Publié par POETESSA à 01:49:16 dans POETESS | Commentaires (0) |

Musique de guerre | 10 août 2009

Musique de guerre

De choisir mes musiques de guerre
pour combattre le point faible
de cet ennemi qui abuse
de toutes les patiences
ouvrant quotidiennement
d’autres espaces fascistes
dans les failles de la civilisation.

Il faut de la musique de guerre
là où le langage ne suit pas le corps,
pour dire que l’homme est cruel
en prétextant qu’il surveille son nid
mais dirigeant fétide contre les murs
son haleine de triple hypocrisie
et amère bêtise dangereuse.

Par les éclats de son miroir dévasté
la poudre qu’il déverse aux alentours
jette l’ennui dans les lieux
où il s’amène avec les siens
en changeant l’ordre sans jamais
demander l’avis de ceux qui étaient là
avant qu’il n'arrive avec ses bagages.

Et il n’a que la force pour s'immiscer
faisant pression sur des différences
qu’il aurait fallu plutôt négocier.
Et voilà que candide il peut détruire
tout symbole permettant
qu’un accroc puisse déboucher
sur une démarche de paix et respect.

Il nous oblige à nager avec lui
dans le néant d’un esprit sans fond
dont la teneur est déjà entachée
par toutes les pollutions ambiantes.
Il glisse sur toutes les exigences
mais devra s’adapter désormais
aussi à mes menaces et réactions.

Sachant que cet air est dans l'air,
cette musique de guerre, embrayée,
musique dont le rythme entraînera
forcément vers la mélodie chantée
et donc vers l’évidence complète
de ce qu’il y a eu tentative de mortifier
l’humanité parlante avant mon retour.

Publié par POETESSA à 16:15:54 dans POETESS | Commentaires (0) |

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