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L’éventail du formulable | 16 janvier 2009

L’éventail du formulable

Hier j’ai compris les limites du temps
par la révélation de ce qu’un homme
si fort autrefois, devenu nonagénaire,
s’est éteint dans la maison d’à côté.

C’est comme si de mon enfance
sa présence si rayonnante survivait,
laissant un peu partout les doses d’espace
nécessaires à mon imagination
pour se faufiler entre les réalités.

Mais comment peut-on devenir si âgé
quand on a tant donné l’envie de bien faire
à tant de gens comme moi
si brouillons dans leurs manières?

Il ne savait pas combien j’aurais pu encore
avoir besoin de son entrain
pour vivre u
n deuxième carnaval,
et voir si le temps cède aux caprices
dans ses déguisements aléatoires.

Par la sagesse des actes il m’a guidée
vers les latitudes encombrées de mots
là où il fait juste bon vivre
après avoir terminé un travail infini.

Des mots qui restent et dont le pourtour
ne tremble pas comme la main
qui les écrit quand elle vieillit.
Car la mémoire vidée des surplus
revient toujours vers les jugements féconds.

La justice ne tremble pas non plus,
quand elle s’installe et signe ses autographes
permettant à l’art de renouer des occasions
entre le bien-être, la fragilité et la gourmandise.

Je connaissais son fils et je l’aimais
comme les horizons enflammés
qu’il dessinait aux moments d’extase.
En tout cas je l’avais cru ainsi capable
de transcender la simplicité de la géométrie.

C’est l’éventail du formulable, en petit,
qui s’était alors insinué dans mes veines,
comme une promesse qu’on aurait faite
juste avant que n’arrive le temps de vivre.

Publié par POETESSA à 23:49:24 dans POETESS | Commentaires (0) |

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