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Quand les ignorants prennent la parole | 17 novembre 2009

Je reproduis ce message publié par Didier Cornaille et repris par bon nombre d'écrivains de Bourgogne. D'une part parce qu'il est important de tout faire pour ne pas brader la liberté d'expression et ne pas laisser n'importe qui, sous prétexte qu'il détient un pouvoir politique, se permettre de proclamer au grand jour de telles absurdités. D'autre part parce qu'il est aussi important lorsque l'on arbore l'étendard de la littérature engagée de prendre garde à ce qui se passe. Nous sommes dans une république qui tente d'appliquer des règles politiques à tout ce qui nous entoure. La démocratie incombe que le devoir de réserve n'existe pas mais que l'honnêteté prime. Mais sans doute suis-je idéaliste. Michel Benoit m'a dit qu'il rendait à la Nièvre ce qu'elle lui avait donné et bien tachons, pauvres écrivains que nous sommes de rendre à la littérature ce qu'elle nous a donné. Le droit d'écrire vrai selon nos convictions et d'écrire libres!

 

 

prenons garde à « L’ignorance »de monsieur Raoult  !


Monsieur Eric Raoult qui prétend imposer un « devoir de réserve » aux lauréats du Goncourt ne connaît « rien au milieu littéraire », selon Bernard Pivot, membre du jury du même Goncourt, qui sait ce dont il parle. Il est pourtant à craindre que, cédant à un penchant très courant, ces temps-ci, chez certains hommes politiques, monsieur Raoult feigne d’ignorer pour mieux les détruire les libertés les plus fondamentales dont jouit encore notre société. Comment peut-on concevoir un « devoir de réserve » imposé aux écrivains, quels qu’ils soient, autrement que sous la forme d’un bâillon ? Berlin 2009 n’est évidemment pas Bruxelles, Jersey ou Guernesey au lendemain du 2 décembre 1851… Que madame NDiaye trouve pourtant nécessaire de s’y réfugier au lendemain de l’élection présidentielle de 2007 est son droit le plus strict. Et personne, pas plus monsieur Raoult que nul autre, ne peut lui faire reproche d’expliquer ce choix par des propos certes rudes, mais revêtant, personne ne peut le nier, une large part de vérité. Madame NDiaye, qui s’exprimait ainsi plus de deux mois avant de se voir attribuer le prix Goncourt, n’est pas pour autant Victor Hugo ni monsieur Raoult un quelconque chien couchant de Napoléon le Petit… Prenons garde, pourtant, à la dérive actuelle du pouvoir. A coup de « bourdes » comme celle-là, n’est-il pas en train de nous réinventer un régime épuré de toutes les libertés et les avancées sociales acquises notamment au lendemain de la guerre ? Il est urgent de faire mentir ceux qui, dans certains milieux politiques, pensent que les dures réalités de la conjoncture actuelle rendent l’époque favorable à cette reprise en main. Marie NDiaye a eu raison de dire clairement sa pensée et de la confirmer après les attaques de monsieur Raoult. Nous pouvons encore, depuis la Bourgogne, apporter notre soutien total et entier à sa liberté d’expression. Mesurons bien la chance que nous avons de ne pas avoir, pour se faire, à nous rendre à Berlin. Et veillons à ce que l’air du Morvan, de l’Auxois, de Puisaye, de la Bresse ou d’ailleurs puisse continuer longtemps à porter haut et clair nos propos libres, indépendants, voire impertinents !
Didier Cornaille, Pierre Léger, avec le soutien de Michel Benoi, Antoine Gavory, France Baron, Jean Charles Cougny...

Publié par tritz à 17:21:15 dans BILLETS D'HUMEUR | Commentaires (2) |

A découvrir... | 17 novembre 2009

Le dernier livre paru de mon ami Michel Benoît C'est pas la loire à boire, sur le site des éditions Flagrant d'élie et son interview sur RCF dans la rubrique EMISSIONS ET INTERVIEWS

Publié par tritz à 03:00:37 dans BILLETS D'HUMEUR | Commentaires (0) |

L'hôtel des endormis | 28 octobre 2009

Elle avait les yeux d’Isabelle

Et le sourire d’Amélie

On aurait dit une demoiselle

Qui avait marché dans la nuit

Elle avait le sourire fugace

Et le parfum des ancolies

Allongée devant la terrasse

De l’hôtel des endormis

 

Elle prenait l’air de grande dame

Jouant de ses lignes allongées

Comme pour éviter un drame

Elle s’était mise à rêver

A rêver au temps qui passe

Aux princes cachés dans la nuit

Derrière les fleurs des terrasses

De l’hôtel des endormis

 

C’était le printemps ou l’automne

Ou un été caniculaire

Mais comme elle n’aimait pas d’homme

Tous les jours étaient des hivers

Elle promenait ses jambes lasses

Dans les rues des villes fleuries

Passant souvent sous la terrasse

De l’hôtel des endormis

 

Dans une chambre au dessus d’elle

Vivait un homme endolori

Par la mort de sa demoiselle

Parti un beau matin sans cri

Il fallait qu’aucun bruit ne fassent

Ses larmes de mélancolie

Quand il pleurait sur la terrasse

De l’hôtel des endormis

 

Je vous raconte cette histoire

Car quoi qu’on en dise chez vous

C’est par un funeste hasard

Que l’homme mit fin à ses jours

Il sauta de la terrasse

De l’hôtel où vivait l’ennui

Tomba sur une femme qui passe

Devant l’hôtel des endormis

 

Elle avait les yeux d’Isabelle

Et le sourire d’Amélie

On aurait dit une demoiselle

Qui avait marché dans la nuit

Elle avait le sourire fugace

Et le parfum des ancolies

Allongée devant la terrasse

De l’hôtel des endormis

 

 

Antoine Gavory

 

 

Publié par tritz à 22:36:51 dans QUELQUES TEXTES | Commentaires (0) |

Les séparés | 01 octobre 2009

Un merveilleux texte de Marceline Desbordes Valmore

 

Publié par tritz à 03:54:31 dans BILLETS D'HUMEUR | Commentaires (0) |

A ECOUTER ABSOLUMENT | 01 octobre 2009

A écouter absolument cette magnifique chanson "Paris nausée" de mon ami Michel Benoit, qui fait partie d'un spectacle intitulé "C'est pas la Loire à boire" dans la grande tradition des chansons cabaret. Une chanson nostalgique, tout a fait en accord avec cet esprit que Michel insuffle et transporte de cette grande famille des sensibilités...


Publié par tritz à 03:20:11 dans BILLETS D'HUMEUR | Commentaires (0) |

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OUVRAGES DE ANTOINE GAVORY

Présentation


FICHE SIGNALÉTIQUE

Nom:GAVORY
Prénom:Antoine
Né le: 11 février 1975
où? Amiens, en Picardie
Profession: auteur et journaliste
Lieu de vie:Entre Paris et la Nièvre



 


Chroniqueur littéraire magazine culturel KOIKISPASS

Producteur et animateur de l'émission "L'écriture en toute lettre" sur RCF 


Correspondant de presse pour le JOURNAL DU CENTRE





premier contact avec la littérature:
En 1983, avec la poésie, si l'on peut appeler ça de la poésie, étant donné que ça ne trouverait même pas sa place dans les mauvais livres. Et ça se poursuit depuis ce temps là à un rythme d'une cinquantaine de textes par an.

Premier livre:
Un soir, place Carnot en 1996, après être resté toute une nuit sur la place de Nevers et avoir discuté avec les gens qui passaient, ce qui m'a amené à écrire une nouvelle de réflexion sur les générations.

Première révolution:
La découverte d'Aragon, à travers Ferrat notamment et que la poésie en dehors de parler des petits oiseaux et des arbres verts pouvait aussi avoir un rôle social et politique et servir des causes.

Seconde révolution:
La parution de Barricades en 2007, texte sur l'engagement et sur l'idéal, qui m'a valu d'être un peu plus ancré dans la littérature engagée.

Pourquoi écrire:
Pour aimer. Pour parler. Pour hurler. Pour dénoncer. Pour colorier le monde avec des mots qui sentent bon. Je crois fermement au rôle de l'écrivain, et de l'artiste en général dans la société, si son intérêt est d'abord de communiquer avant de s'enrichir.

Des rêves:
Aucun. Toutes les choses dont je rêves j'essaie de les accomplir. A 8 ans les écrivains étaient pour moi des extra-terrestres puis une première rencontre avec TRoyat au salon de Paris m'a fait comprendre qu'être écrivain c'était avant tout vouloir et travailler.

Des projets:
Oui, tous les rêves que j'ai. Écrire encore. Monter sur les planches pour une pièce que je viens de terminer, continuer de rencontrer des artistes vrais qui vivent leur art comme un échange et non pas comme un succès personnel et un jour peut-être parvenir à écrire un album.

Des regrets:
Oui d'avoir mis 20 ans à me rendre compte que le journalisme était une chose fabuleuse, avoir attendu d'avoir trente ans pour faire de la radio, et regretter que l'édition française soie plus attachée, en grande partie, à ce que rapporte un livre qu'à ce qu'il contient, et que les éditeurs cherchant à investir sur la qualité n'arrivent pas à se faire connaître. Les écrivains écrivent avec leur sensibilité et sont vendus par des financiers, et la sensibilité ne se marchande pas.

Plus grande peur:
Les salons du Livre. on y est comme dans un cimetière, les gens passent, lisent notre nom, sans même nous regarder.
Et celle de ne pas être éternel.

Ce que vous aimez le plus:
D'être lu et apostrophé sur ce que j'ai écrit, même pour me faire insulter, ce qui m'arrive de temps en temps. Ce n'est même pas un désir mais un plaisir, cela montre au moins que ce que l'on écrit n'est pas toujours inutile. Et vouloir écrire utile ce n'est pas de la vanité, c'est du respect envers les lecteurs.

Ce que vous détestez le plus:
Les gens qui se prétendent auteur mais qui n'écrivent que pour eux, pour leur plaisir personnel sans chercher à donner. L'écriture n'est ni un loisir, ni une autopsychothérapie mêrme si ce peut être un exutoire et un plaisir. Il faut d'abord avoir envie de donner avant de recevoir. C'est la seule façon de se construire une légitimité.
Et ces mêmes auteurs, et d'autres, qui se croient importants parce qu'ils écrivent., ou d'autres, aigris parce qu'ils ne parviennent pas à la célébrité et qui se cloisonnent dans leur égotisme en se fermant à l'échange. Comme disait Guitry, la vie est une chose beaucoup trop grave pour être prise au sérieux. Être célèbre n'est pas important, ce qui compte c'est d'avoir quelque chose à dire et d'être entendu, et pas seulement écouté...

extrait d'un interview pour Radio France .

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