Après nous avoir joyeusement baladés sur les routes sinueuses du Mont Akina à bord de la Toyota AE86 Trueno de Jay Chou dans
Initial D, énorme carton de l'année 2005 à Hong Kong, Andrew Lau et Alan Mak reviennent en force avec
Confession of Pain, leur dernier long métrage en date. Doté d'un confortable budget de 80 millions de dollars HK, ce thriller lorgnera de toute évidence davantage, en termes d'ambiance, du côté de la saga
Infernal Affairs que de celui des
drift battles survitaminées. Le scénario a été confié une fois de plus à Felix Chong, fidèle collaborateur des deux réalisateurs depuis 2001. Initialement prévu pour sortir dans les salles françaises au cours de ce deuxième trimestre 2007,
Confession of Pain atterrira finalement directement dans les bacs DVD le
4 juillet prochain sous la bannière de l'éditeur MK2.

Au générique de
Confession of Pain, on retrouve au premier plan les superstars Tony Leung Chiu-Wai et Takeshi Kaneshiro, et au second les actrices Shu Qi et Xu Jinglei. Depuis
2046 de Wong Kar-Wai, Tony Leung s'était fait un peu rare sur les écrans. On avait pu l'apercevoir en 2005 dans
Seoul Raiders de Jingle Ma, séquelle de la grotesque comédie d'action
Tokyo Raiders que le même réalisateur signait en 2000. Le film de Andrew Lau et Alan Mak marque le grand retour de l'acteur sur le devant de la scène, sachant qu'il a depuis enchaîné avec le nouveau film de Ang Lee,
Se Jie (
Lust, Caution en anglais), et qu'il vient depuis peu de retrouver Takeshi Kaneshiro sur le plateau du dernier John Woo,
The Battle of Red Cliff, actuellement en tournage. Takeshi Kaneshiro, quant à lui, ne se départit pas du rythme tranquille qu'il semble s'être imposé depuis le début des années 2000, soit celui d'un film par an à peu près. Sa volonté de varier les registres n'a cessé de s'affirmer au fil des années, comme en témoignent ses incursions remarquées dans des genres pour le moins divers : le film d'action SF avec
The Returner (Takashi Yamazaki, 2002), la bluette romantique avec
Turn Left, turn right (petite erreur de parcours commise par Johnnie To en 2003), le
wu xia pian avec
Le Secret des Poignards Volants (Zhang Yimou, 2004), ou encore la comédie musicale avec
Perhaps Love (Peter Chan, 2005). On le retrouvera par ailleurs prochainement aux côtés de Jet Li, d'Andy Lau et de Shu Qi dans le prometteur
Warlords de Peter Chan toujours, remake d'un classique de la Shaw Brothers. Le face à face Tony Leung / Takeshi Kaneshiro pourrait s'avérer particulièrement intéressant, les deux acteurs étant relativement éloignés en termes de jeu et d'univers.

Coté actrices, même si l'on peut craindre au vu des précédents films de Lau et Mak qu'elles ne se retrouvent très en retrait par rapport à leurs partenaires masculins, on se réjouit néanmoins de la présence de Shu Qi et de Xu Jinglei. Adulée durant les années 90 pour ses apparitions d'une dizaine de minutes ici et là dans quelques bons films, Shu Qi aura dû patienter jusqu'à 2001 et sa rencontre fructueuse avec Hou Hsia-Hsien sur
Millennium Mambo, pour se voir enfin accorder une chance de démontrer l'étendue de son talent. Depuis, elle alterne entre grosses productions fun (
So Close de Corey Yuen,
Le Transporteur de Louis Leterrier), films d'horreur à prétention psychologique (
The Eye 2 des frères Pang,
Home Sweet Home de Soi Cheang) et films d'auteur exigeants (
Three Times de Hou Hsiao-Hsien). Elle reprenait d'autre part l'année dernière le flambeau de l'actrice coréenne Shin Eun-Kyung dans le troisième volet de
My wife is a ganster. Xu Jinglei, l'autre comédienne principale de
Confession of Pain, est aussi la réalisatrice de trois longs métrages. En tant qu'actrice, on a pu la voir dans
The Stormriders d'Andrew Lau, ainsi que dans
Heroic Duo de Benny Chan. Elle sera aussi à l'affiche de
Warlords avec la plupart de ses partenaires de
Confession of Pain.
Enfin, que serait un film d'Andrew Lau et Alan Mak sans Chapman To ? Depuis
Infernal Affairs, difficile de passer à côté de celui qui fut l'inoubliable interprète de Itsuki dans
Initial D. Visiblement durablement marqué par la trilogie infernale du tandem Lau / Mak, il allait même jusqu'à se prêter aux délires peu raffinés d'un remake sobrement intitulé
Infernal Unfairs (ou
Love is a many stupid thing) et réalisé en 2004 par l'incontournable Wong Jing. Rassurons-nous, nous aurons le plaisir de profiter de la présence revigorante de Chapman dans
Confession of Pain, en plus de voir ressurgir Yueh Wah, le vétéran de la Shaw, très rare à l'écran depuis le milieu des années 90.
Synopsis de l'éditeur
Dans une ville d'amour et de prospérité, d'espoirs perdus et de morts prématurées, l'inspecteur chevronné Huei (Tony Leung) est exposé à tout : douleur, désespoir, horreur. Lorsque son beau-père est assassiné, il contacte son ex-partenaire Bong (Takeshi Kaneshiro) devenu détective privé. Peu après avoir accepté l'offre, Bong réalise combien les apparences sont trompeuses. Le crime est aussi monstrueux que parfait : les indices l'amènent sur une piste insoupçonnée déclenchant une périlleuse chasse à l'homme...