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Mes chers amis,
Je survis sans vous. A vrai dire, mieux que prévu.
Ca n'a pourtant pas été facile au début, de retrouver la France. L'accueil a d'ailleurs été plutôt brutal, à la frontière, aux alentours de 6h du matin, avec un contrôle inopiné du car par la douane française - on a vu plus sympa comme réveil. Et les retrouvailles avec le métro et le RER ont été terribles du fait de la soixantaine de kilos de bagages que je ramenais avec moi. Quelle idée d'avoir acheté des boules de pétanque au Danemark, aussi...
Le plus dur et le plus frustrant, au début, c'est la langue. D'abord, c'est trop facile, de parler français tout le temps. Quoique, pas tant que ça ; parfois les mots anglais sortent tout seul - lapsus rassurants, Erasmus n'a pas servi à rien. L'autre inconvénient, c'est qu'on comprend tout, et que les gens comprennent tout. J'avais perdu cette habitude désagréable de tout comprendre de la vie des grandes gueules pendues au téléphone. J'avais également perdu l'habitude de ne plus retenir mes mots français, personne ne pouvant me comprendre. La situation a quelque peu changé...
Voilà dix jours maintenant que je suis de retour. Et les activités n'ont pas manqué. La principale fut le but de mon retour anticipé. Ainsi donc ai-je été admissible au DUT Journalisme de l'IUT de Tours, et me suis-je présenté le vendredi 13 (oui, les amis, un VENDREDI 13!) à l'entretien de motivation et à l'épreuve d'anglais, en charmante compagnie d'une soixantaine d'autres candidats, tous -ou presque- aussi talentueux, intéressés, bavards, et motivés pour faire partie des vingt-cinq sélectionnés. Et moi, je suis passé à côté de la chance de ma vie, à peu de choses près. Le jury voisin du mien étant composé de, outre un professeur de l'IUT, du journaliste de France 2 Philippe Laffon... avec qui j'avais passé une partie de mon stage à France Télévision quelques années plus tôt.
Les activités ne manquent pas non plus, car nous sommes en Juin. Je ne sais pas ailleurs (je n'ai que très peu profité du Juin danois), mais Juin, en France, est un mois totalement différent des autres. D'abord, il y a le BAC. Le stress pendant plusieurs jours, les jeunes qui désertent les rues pour réviser, le traditionnel décrytpage des sujets de philo aux journaux télévisés, puis l'envahissement collectif synonyme de fin des épreuves. C'est aussi un temps de préparation: festivités de fin d'année, vacances, camps voire année suivante. C'est aussi la fête de la musique, samedi. C'est aussi l'Euro, ou disons plutôt, c'ETAIT l'Euro - la fin de la compétition n'ayant désormais qu'un attrait relatif du fait du départ précipité des Bleus qui n'ont visiblement pas apprécié l'air Suisse (faut dire que c'est très près de l'Autriche, ce pays).
Vous ne me manquez pas. C'est difficile d'expliquer ce sentiment mais le retour à la vie «normale» (normale jusque fin juin, du moins) s'accompagne de la reprise des habitudes «normales», et des retrouvailles avec les amis «normaux». Certes, penser à vous est un calvaire - je voudrais tant vous revoir, tous, très vite, dans un «flat» du skjølhojkollegiet ou devant le Social Club, peu importe. Mais le temps actuel (la pluie, le vent et le froid ont fait leur grand retour sur Aarhus) me rappelle que, même quand il pleut, il fait quand même beaucoup plus chaud en France ; mine de rien ça compte, et revenir en France aussi tôt n'était peut-être pas une si mauvaise idée. En outre, tout le monde part et je n'aime pas les adieux. D'ici là que je revienne à Aarhus, plus personne ne sera là.
Ce n'est pas simplement un départ géographique et physique. Ce n'est pas simplement l'abandon du statut d'expatrié et d'étudiant Erasmus. C'est beaucoup plus fort. C'est l'éclatement d'une communauté qui, au gré des cours, des fêtes et des affinités, avait fini par se former. Une communauté hétéroclite, multi-culturelle, multi-linguiste et complètement folle. L'année prochaine sera complètement différente, à Aarhus. Et nous, nous auront Internet pour rester en contact, mais nous ne le feront que peu. Parce que chacun de nous reprendra -ou démarrera- sa vie, en France ou ailleurs. Rien ne sera jamais plus pareil, comme avant, comme pendant. C'est l'après qui démarre, sans vous.
Ce n'est pas un adieu - je n'aime pas les adieux. Ce n'est qu'un au revoir. A bientôt, j'espère, et... chapeau.
Votre fidèle ami,
Nicolas
Publié par ncls à 18:56:23 dans Vie quotidienne | Commentaires (2) | Permaliens
23-06-2008 16:44
De marion et matthieu Sujet:
petit con
20-06-2008 18:52
De Debo Sujet:
hé bééé Url: [Liens]Lorsque la mémoire était la seule écriture, l'homme chantait.
Lorsque l'écriture naquit, il baissa la voix.
Lorsque tout fut mis en chiffres, il se tut.
R.Sabatier
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