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Nous n'étions plus que vingt-cinq lundi dernier. Vingt-cinq « heureux élus » sur les centaines de demandes qu'a reçu la formation.
C'est qu'entrer en école de journalisme est loin d'être une sinécure. C'est un processus qui prend plusieurs mois, voire des années pour peu que l'on s'acharne. Il y a en début d'année l'envoi des dossiers de candidature, lettres de motivation, CV et articles à l'appui. Seul un dossier sur dix est retenu, paraît-il. Pour les 10% de chanceux, viennent ensuite les épreuves écrites, mi-mai. Synthèse, écriture, légendage et un questionnaire de culture générale aussi farfelu que thématiquement diversifié. Nouvelle sélection, et nouvelles épreuves pour les soixante derniers, un mois plus tard. Cette fois, il s'agit de convaincre un jury (un professeur et un journaliste), le tout en vingt minutes. Un test d'anglais clôt la session de recrutement. Seul vingt-cinq seront pris. Les résultats : fin juin.
Positif.
L'été est passé. On s'est endormi en rêvant de plateaux de télévision, de reportages photos au bout du monde et d'enquêtes sur les narco-traficants. On voyait, serein, l'école arriver comme l'étape initiale d'une logique ascension vers les cîme du Journalisme et de la béate reconnaissance admirative du grand public.
Et puis l'on est vite retombé sur terre, ou plutôt sur nos chaises. Journaliste est un métier précaire. Sortir d'une formation reconnue n'empêche pas les années de galères, les CDD en presse locale, et le risque de passer sa carrière à couvrir chiens écrasés et querelles de voisinage. Chance, talent et pistons sont autant d'atouts que le futur journaliste doit essayer de développer en sa faveur. Et en attendant les spots des plateaux télé ou les studios des grandes radios parisiennes, on nous forme à la presse locale, la « PQR » (Presse Quotidienne Régionale), celle qui fait vivre le plus de journaliste et fait vendre le plus de journaux (rappellons que Ouest-France est le quotidien le plus vendu en France).
Quant aux clichés, tentez de les remiser au garage, ils reviennent au galop. Le journaliste est un type « qui fume, qui est de gauche et qui boit beaucoup ». Démenti immédiat de notre professeur-référent : « c'est pas tout à fait vrai, il y a aussi quelques journalistes de droite ». De préférence, le journaliste est aussi cynique ; et lorsque l'étudiant ne l'est pas encore, il risque de le devenir rapidement. Parmi les règlent qui régient la hiérarchisation de l'information, la plus emblématique est bien la fameuse loi du mort/km. Ainsi vaut-il mieux deux morts à deux kilomètres de chez soi, que cinq morts à dix kilomètres. « Et si en plus, ces deux morts sont des enfants, c'est génial », insiste notre professeur. Encore mieux si c'est un crime de sang, parce que, paraît-il, « c'est plus croustillant ».
Le journaliste n'est pas le seul cynique de l'histoire. Les pages les plus lues d'un journal sont, dans l'ordre, les rubriques nécrologiques, compte-rendus de justice et faits divers. « Adaptez-vous à la demande du public », nous bassine-t-on. CQFD.
L'Auberge Danoise revient donc, en France, à Tours. Peut-être pas aussi active que l'année dernière, mais tout aussi enthousiaste. Bonne lecture et à bientôt !
Publié par ncls à 21:29:37 dans Vie quotidienne | Commentaires (1) | Permaliens
04-10-2008 16:25
De Debo Sujet:
hé bien... Url: [Liens]Les bonnes choses ont une fin, l'expatriation aussi. Et à défaut d'exotisme, direction Tours !
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