Synthèse des ouvrages et écrits produits ces dernières années de vacuité écarlate par l'auteur de ce blog Roussot Thomas.
Marc-Aurèle et l'empire romain Editions l'harmattan en collaboration avec Annabelle Chabert
Chasseur d'abîmes Editions Le Manuscrit
Algarades Volitives chez le Manuscrit
Ombre portée chez Amalthée.
Pensées inspirantes des leaders spirituels
en collaboration avec JP Bourre
Rédacteur pour le média citoyen Agoravox
Rédacteur pour le site Strictement Confidentiel
myspace.com/contrenature
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Nus et glacés
L'empathie rend aigre
brûle les yeux
Tu ne sens pas ma douleur
Elle t'indiffère et tu la méprises
Quand tu es blessée
Quant tu es joyeuse
J'oublie de respirer
Je ne rêve jamais
Je SUIS MORT-NE
Le suicide en bandoulière
Comme une facétie de fin d'année
La sympathie rend faible
Altère les mots
Tu ne crois plus en moi
Cela ne compte pas
Quand tu ris
Quand tu pleures
J'oublie de vivre
Au moment de t'étreindre
J'oublie de simuler ce qui n'est pas
Je suis dans le vrai
C'est-à-dire nulle part
Inhumaine et stupide
Tu rampes dans l'idiotie de l'insensibilité
Dans une pierre
elle loge
et mange sa pourriture
Un régime de fermentation
Qui clôture son esprit
Je lui parle comme à un cadavre et lui demande :
parle-moi dans tes rêves
marche à mes côtés
parle-moi dans tes rêves
marche à mes côtés
Mais dans une pierre elle loge
et mange sa pourriture
Obstruction
Obstruction des sourires fictifs
Ouvrent des fentes
Dans des avenues canines
Ouvrent des fissures dans ton coeur de silex
J'attends de voir s'écouler ton sang
Un rire nerveux accroché à la gorge
Décolore ta reconstruction
Insinue le poison dans tes idées
Y colle ma mauvaiseté
Tu verrouilles tes entrées
Et cachant tes pensées
Dédouble ton intérieur
Mais tout s'obstrue sur un rire authentique
Nus et glacés
Plaqués aux murs
De l'insomnie inaugurale
Reliés à nos ombres brûlées par les heures brutes
Fichées dans les crevasses
De nuits insomniaques
Captifs du maudit sous-sol
Soulager la tension du vide
Qui s'empare de la gorge comme un fauve invisible
Y crache ses impasses d'effroi
Enfermés dans des noeuds impersonnels
Privés de visage
Arrimés aux souvenirs létaux
Nus et glacés
Les porcs
Vous jouez aux porcs, et vous devenez l'auge
Vous jouez dans la boue du grégaire, et vous descendez dans l'informe
Chutez et demeurez au fond de vos gouffres
Vous aurez encore la vue pour entrevoir, au loin l'horizon
Où le monde s'ébat, aveugle
Quand on y descend, il est trop tard pour se lamenter
Les caves égotiques n'ont pas d'issues
Vous y avez établi votre théâtre de déréliction
Pour masquer vos tares, vos mastications de l'inutile
Vos singeries stériles
Regardez-vous
Regardez la mastication des millénaires
La tourmente de vos gesticulations tourne à vide
Et fermente déjà sous vos pas
Prend en étau vos replis orgueilleux
Il ne reste déjà plus que les restes
D'ombres enfuies
D'espoirs enfouis
Regardez-vous
Pendant qu'il demeure encore un rai de luminosité
Dans la crevasse de vos retraites porcines
Publié par ex nihilo à 22:00:40 dans EX NIHILO | Commentaires (1) | Permaliens
J'ai vu la lâcheté des vivants face à ceux qui ne parvenaient à mourir, face aux zombies reclus dans le déchirement d'eux-mêmes. Abandonnés à l'aberration d'une présence qui n'en était plus une. Il ne leur était plus accordé que des heures et des semaines de vomissements, de diarrhées, de tremblements convulsifs et de gémissements vains, perdus dans le silence opaque de couloirs vides et d'échos de téléviseurs ouverts en boucle sur l'inanité de tout. Il leur était désormais interdit de pouvoir communiquer, vivre quoi que ce soit de digne et de sensé. Interdit d'être à eux-mêmes et au monde. Interdits de décence, de sérénité, de paix psychique et corporelle.
Condamnés à la torture indicible et légalisée par une gigantesque hypocrisie collective.
J'ai entendu des sommités intellectuelles parler du respect du vivant, de la nécessité de laisser faire la nature, de ne pas violer les lois. Oui on parlait éthique et respect sur des plateaux de télévision, entre gens bien portants. J'ai entendu les responsables médicaux annoncer froidement qu'ils ne pouvaient plus rien, que l'on pouvait reprendre nos proches et les laisser mourir « en paix » chez eux, comme des chiens que l'on abandonne au coin d'un arbre, en bord d'autoroute.
Je pensais aussi mal qu'eux, bien à l'abri des faits incarnés et de l'odeur du sang et de l'urine incontrôlée que « l'éthique imposait la circonspection », « le principe de précaution », qu'il fallait éviter « les débordements », certains faits divers démontraient le danger d'une euthanasie incontrôlée. J'ai pensé l'impensable, théorisé sur du vent, me suis « masturbé » sur des principes creux, comme ces théoriciens désincarnés qui animent des pantomines irréelles. J'ai lu les interdits proférés par les religions, lu que l'homme ne dispose pas de sa vie, qu'elle est un don sacré et intouchable, inchangeable. Qu'il y a des pressions financières liées au coût élevé des soins, que cela pourrait discriminer une fois de plus entre les riches et les pauvres le traitement réservé à leurs proches. Qu'il pouvait exister des pressions morales de la part d'individus mal intentionnés. Que les patients pouvaient changer d'avis selon le degré de leur souffrance et parfois plonger dans l'indécidable de l'inconscience. Que les proches pouvaient projeter leur souffrance sur le malade et manquer d'objectivité quant à l'état réel du concerné.
Que l'on pouvait dissimuler un meurtre en acte compassionnel. Que la dérive vers l'eugénisme était ouverte béante sur l'arbitraire. Que la horde des héritiers rapaces profiterait d'une loi légalisant l'euthanasie pour accélérer le processus cynique de leurs désirs inavouables. Que les antidouleurs et les tranquillisants constituaient la chaîne parfaite des soins palliatifs rendant toute forme d'euthanasie caduque.
Mais ce verbiage a été balayé par ce que j'ai vu et senti, et comment j'ai vibré sous les coups de pieds et de tête donnés dans le vide, sur des lits d'abattoirs par des êtres que j'aimais. Alors j'ai compris qu'il fallait ouvrir les yeux sur l'intolérable et au nom de l'humain y mettre un terme. Un terme souverain et déterminé, dans l'assentiment lucide des concernés quand il est encore temps de trancher et sous le contrôle d'une loi qui se ferait enfin loyale et ouverte à la compassion, et véhiculant honorablement le refus catégorique de la cruauté pure. Celle de consentir à la lâche passivité devant le spectacle d'une désolation muette et inassumée. Indigeste et pourtant tolérée par l'aveuglement collectif. Aucun dogme religieux, aucun loi naturelle ne justifiera jamais les hurlements de condamnés qui se perdent dans la nuit des hôpitaux publics, dans des ressacs d'inhumanité au coeur du vingt et unième siècle.
Aucun politicien, aucun médecin, aucun philosophe en chambre, aucun responsable d'aucun ordre n'a la moindre légitimité pour tolérer cet intolérable là.Publié par ex nihilo à 20:39:32 dans EX NIHILO | Commentaires (2) | Permaliens
Emile Durkheim.
Jeune étudiant connu
pour ses tendances suicidaires et ses écrits morbides, Cho Seung-Hui,
un étudiant d'origine sud-coréenne âgé de 23 ans, en voulait aux
riches, aux imposteurs, au monde entier. Il avait fait l'objet d'une
enquête fin 2005, accusé du harcèlement sur deux étudiantes, et avait
séjourné dans un hôpital psychiatrique lors d'une brève période. Dans
un rapport daté du 14 décembre 2005, un 'expert médical lui attribuait
notamment le profil de "mentalement malade, mais ne présentant pas un danger imminent pour lui et pour les autres à cause de sa santé mentale". Il le décrivait comme un être "incapable d'émotion", d'"humeur dépressive", "qui ne reconnaît pas les symptômes d'un désordre profond"
.
Le contrôle des armes à feu aux Etats-Unis est à nouveau mis en cause. Le président George W. Bush a invité son administration à lui soumette des "recommandations" pour anticiper ce genre de massacre. Plus de 30.000 personnes succombent chaque année aux Etats-Unis à des blessures par balles. Son approche de la tragédie est centrée sur la santé mentale du forcené, il n'envisage pas de revenir sur la facilité de se procurer des armes pour tout citoyen de son pays, droit fondamental et historique garanti par la Constitution aux Etats-Unis.
Certains aspirent à renforcer la "loi Brady" qui impose que toute vente d'armes à feu soit précédée d'une enquête sur l'acheteur.
Le jeune homme a envoyé des vidéos à une chaîne de télévision le jour même de son action terroriste, aspirant clairement à s'inscrire dans l'histoire médiatique. Obsédé par une reconnaissance virtuelle. Désincarné dans le champ social. Il a fondé sa cause sur rien comme disait Max Stirner. Il voulait être puissance pendant quelques secondes ou minutes. Il lui fallait détruire. Détruire pour capter les ressources. Celles « qu'ils » ne lui avaient jamais accordées. Forcer le destin. Inscrire la trace d'une unicité quelconque. Décrocher une mort glorieuse. A leurs dépens. Prendre des galons dans le déshonneur et l'absurde des contingences. Ce serait pathétique et vain, il le savait. Le geste-massacre serait l'aveu de son désaveu. Ce serait entériner son rejet pour toujours. A jamais se faire doublure d'effroi. S'écrouler dans l'indignité. Loin des plages californiennes et de l'hédonisme qu'il percevait arrogant. Loin des réussites au formol couchées sur papier glacé. Loin des comptes en banques étoffés par l'obscénité et l'ignorance collectivement semée, si loin et pourtant si proche, totalement frustré et fasciné par ces artifices inaccessibles.
Dans cette interminable danse de duplicité quantique déversée sur les petites lucarnes à zapping qui proposent un monde par le petit œil de la lorgnette, un monde totalitaire de petitesse pour gens rapetissés, Cho Seung-Hui a voulu inscrire sa trace. Une trace empoisonnée. Une trace rageuse, enténébrée.
Ne sont-ce pas les lois laxistes sur le port d'armes qui lui ont fourni les munitions et la haine en provision ? Ne sont-ce pas de fausses valeurs qui l'ont rendu malade ? Les massacres récurrents dans ce pays n'ont-ils aucun rapport avec la grande suffocation planifiée par des médias qui substituent en lieu et place d'une liberté et d'une souveraineté humaine, à hauteur d'individu, des heures de vulgarité, d'obscénité et de violence esthétisée complaisamment ? Les lions dans l'arène romaine ont été remplacés par l'audimat mais l'hallucination organisée naît à la même source fétide. Le règne de la quantité a triomphé, il est le roi de ce monde marchandisé. Les taux de suicides qui battent tous les records occidentaux n'y changeront rien, l'avidité du Léviathan économico- « culturel » est dévoreur de jeunesse. C'est sur le cadavre de la démocratie que cet étudiant a tiré, c'est de lui qu'il est né, comme une inconsciente sécrétion. Et ce spectacle de délitement médiatisé, de déréliction civilisationnelle nous rend convives de l'impersonnel, nous fait boulevards désincarnés. Il tue le cœur et l'âme des spectateurs mondialisés à chaque seconde, rendant des cultes au grand Morose, à l'anéantissement de toute élévation humaine. L'Europe reproduisant toutes les dérives américaines avec une décade de retard, il faut s'attendre à affronter de tels phénomènes nihilistes dans les années qui viennent dans nos contrées à la remorque de cet empire aveugle à ses propres retombées sociétales.
http://www.dailymotion.com/video/x1r6mg_le-tireur-de-virginia-tech-sexprime
Publié par ex nihilo à 06:53:52 dans EX NIHILO | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par ex nihilo à 04:34:41 dans EX NIHILO | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par ex nihilo à 21:40:14 dans EX NIHILO | Commentaires (0) | Permaliens
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