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EX NIHILO

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Le massacre du sens | 23 avril 2007

" Il doit y avoir une autre forme, plus moderne, du suicide, susceptible également de se combiner avec l'homicide. (...) L'état d'exacerbation où se trouve alors l'individu est tel que, pour se soulager, il lui faut deux victimes. Voilà pourquoi, aujourd'hui, un certain parallélisme entre le développement de l'homicide et celui du suicide se rencontre surtout dans les grands centres et dans les régions de civilisation intense. C'est que l'anomie y est à l'état aigu".

Emile Durkheim.


Quasiment huit ans jour pour jour après la tuerie du lycée de Columbine, en 1999, un forcené a provoqué une fusillade qui a fait 33 morts, le 16 avril, sur le campus de l'université de Virginia Tech, près de Laredo, dans l'État du Texas. C'est le plus sanglant carnage jamais commis dans un établissement scolaire aux Etats-Unis.


Jeune étudiant connu pour ses tendances suicidaires et ses écrits morbides, Cho Seung-Hui, un étudiant d'origine sud-coréenne âgé de 23 ans, en voulait aux riches, aux imposteurs, au monde entier. Il avait fait l'objet d'une enquête fin 2005, accusé du harcèlement sur deux étudiantes, et avait séjourné dans un hôpital psychiatrique lors d'une brève période. Dans un rapport daté du 14 décembre 2005, un 'expert médical lui attribuait notamment le profil de "mentalement malade, mais ne présentant pas un danger imminent pour lui et pour les autres à cause de sa santé mentale". Il le décrivait comme un être "incapable d'émotion", d'"humeur dépressive", "qui ne reconnaît pas les symptômes d'un désordre profond" .

Le contrôle des armes à feu aux Etats-Unis est à nouveau mis en cause. Le président George W. Bush a invité son administration à lui soumette des "recommandations" pour anticiper ce genre de massacre. Plus de 30.000 personnes succombent chaque année aux Etats-Unis à des blessures par balles. Son approche de la tragédie est centrée sur la santé mentale du forcené, il n'envisage pas de revenir sur la facilité de se procurer des armes pour tout citoyen de son pays, droit fondamental et historique garanti par la Constitution aux Etats-Unis.

Certains aspirent à renforcer la "loi Brady" qui impose que toute vente d'armes à feu soit précédée d'une enquête sur l'acheteur.

Le jeune homme a envoyé des vidéos à une chaîne de télévision le jour même de son action terroriste, aspirant clairement à s'inscrire dans l'histoire médiatique. Obsédé par une reconnaissance virtuelle. Désincarné dans le champ social. Il a fondé sa cause sur rien comme disait Max Stirner. Il voulait être puissance pendant quelques secondes ou minutes. Il lui fallait détruire. Détruire pour capter les ressources. Celles « qu'ils » ne lui avaient jamais accordées. Forcer le destin. Inscrire la trace d'une unicité quelconque. Décrocher une mort glorieuse. A leurs dépens. Prendre des galons dans le déshonneur et l'absurde des contingences. Ce serait pathétique et vain, il le savait. Le geste-massacre serait l'aveu de son désaveu. Ce serait entériner son rejet pour toujours. A jamais se faire doublure d'effroi. S'écrouler dans l'indignité. Loin des plages californiennes et de l'hédonisme qu'il percevait arrogant. Loin des réussites au formol couchées sur papier glacé. Loin des comptes en banques étoffés par l'obscénité et l'ignorance collectivement semée, si loin et pourtant si proche, totalement frustré et fasciné par ces artifices inaccessibles.

Dans cette interminable danse de duplicité quantique déversée sur les petites lucarnes à zapping qui proposent un monde par le petit œil de la lorgnette, un monde totalitaire de petitesse pour gens rapetissés, Cho Seung-Hui a voulu inscrire sa trace. Une trace empoisonnée. Une trace rageuse, enténébrée.

Ne sont-ce pas les lois laxistes sur le port d'armes qui lui ont fourni les munitions et la haine en provision ? Ne sont-ce pas de fausses valeurs qui l'ont rendu malade ? Les massacres récurrents dans ce pays n'ont-ils aucun rapport avec la grande suffocation planifiée par des médias qui substituent en lieu et place d'une liberté et d'une souveraineté humaine, à hauteur d'individu, des heures de vulgarité, d'obscénité et de violence esthétisée complaisamment ? Les lions dans l'arène romaine ont été remplacés par l'audimat mais l'hallucination organisée naît à la même source fétide. Le règne de la quantité a triomphé, il est le roi de ce monde marchandisé. Les taux de suicides qui battent tous les records occidentaux n'y changeront rien, l'avidité du Léviathan économico- « culturel » est dévoreur de jeunesse. C'est sur le cadavre de la démocratie que cet étudiant a tiré, c'est de lui qu'il est né, comme une inconsciente sécrétion. Et ce spectacle de délitement médiatisé, de déréliction civilisationnelle nous rend convives de l'impersonnel, nous fait boulevards désincarnés. Il tue le cœur et l'âme des spectateurs mondialisés à chaque seconde, rendant des cultes au grand Morose, à l'anéantissement de toute élévation humaine. L'Europe reproduisant toutes les dérives américaines avec une décade de retard, il faut s'attendre à affronter de tels phénomènes nihilistes dans les années qui viennent dans nos contrées à la remorque de cet empire aveugle à ses propres retombées sociétales.

 

 http://www.dailymotion.com/video/x1r6mg_le-tireur-de-virginia-tech-sexprime

Publié par ex nihilo à 06:53:52 dans EX NIHILO | Commentaires (0) |

doublure d'abîmes | 18 avril 2007




Dans le tissu des soirs
Se forment en creux
Des clartés d'air
Des glacis de matins pluvieux
Alors on sent comme une limpidité dans le temps
Comme un déjà-vu d'enfance
Reflet de journées ciselées de bleu
Il suffirait d'un geste pour que la jonction advienne
Que des joies échevelées nous rendent un bonheur désormais voilé
Sainte récurrence qui se pose sur nos coeurs pluvieux
A l'aube qui se laisse effranger d'anthracite
Au centre de rayons caressants
Nos regards ensommeillés fil­traient entre des ombres chinoises
Posées sur de sombres masses feuillues
Heures brûlées parmi les pensées en fleurs
Aurore veloutée contre touffeur d'été qui exalte d'odeurs d'humus naissant
Enfance translucide
Qui saisit d'un malaise inlassable les rejetés du commencement
Toutes les fenêtres de la mémoire ouvertes sur un désordre aérien
Formant les majestueux délabrements d'une embarquation en perdition
Baies d'espoirs découpées en arceaux sous des brumes fluides
Survolant la lourdeur verdoyante du lierre ancestral



Eclaboussures d'or
Fichées dans l'étoile
Je plie sur ton coeur
Aux courbes de calligraphies anciennes


Tu es dans la blessure
de cet automne
dans ces couloirs d'abandon

Dans la déchirure du temps
mémoire arrière
d'un temps déserté
par des mots-sable
et des pensées qui glissent
comme grains de sable
dans des allées désertifiées
des mots
empreinte derrière les pas

évanouissante à la vue
des iris
un lien à l'espace
délié de l'impénétrable
Embruns aux marées basses
dans la chevelure des femmes
Se dépose la fatigue dernière
Un passage comme si de rien n'était
Se remettre à pénétrer les faits de la vie
Sous un soleil aux nappes écarlates

A travers la fente ocre des pierres
Cétait le temps des chats gris
Qui striaient les allées
A la poursuite légère de quelques oiseaux furtifs
Mais toujours taraude ce noir profond
Qui ne fait que s'agrandir
Au milieu de toutes ces grandes choses offertes
Qui n'auront plus jamais lieu


Tenir l'espoir dans nos mains nues
Vers les chemins de traverse
Le liséré de lumière déposé
Sur des persiennes de hasard
Trait de lumière
Eclairant la pierre de nos coeurs

planant
Dans l'ardeur désirante
des bois pris
Dans la terre
Des choses simples
Qui imprègnent le tissu du vouloir
Alors qu'à hauteur de poitrine
La nuit tombe trop tôt

Publié par ex nihilo à 04:34:41 dans EX NIHILO | Commentaires (0) |

Les germes de la guerre civile | 14 avril 2007



Les zones d' insécurité sont de plus en plus disséminées sur le territoire national contrairement à ce que  Mr Sarkozy a tenté de faire croire, après l'abandon de son mandat de ministre de l'intérieur ( l'augmentation des violences aux personnes est de + 5,5 % en un an et + 43 % en cinq ans, alors que depuis 2002, nous avons eu droit à dix lois sécuritaires ou comportant des modifications de nature sécuritaire ). La situation carcérale est encore un peu plus dégradée et la justice paralysée. La dérégulation ne concerne pas que les règles économiques, elle concerne également la violence que l'on dit urbaine (alors qu'elle touche de plus en plus les zones rurales).

Après le démantèlement de la police de proximité pratiquée sous le gouvernement de Mr Jospin, qui il faut le dire ne garantissait pas des résultats très performants, rien n'est venu la remplacer
La propagation des marchés parallèles et des vols avec violences ronge l'idéal démocratique et républicain. Pendant que le  libre-échange devient de plus en plus violent, les délocalisations qui poursuivent leur extension déshumanisante, la désertification des villages, la concentration asphyxiante dans les banlieues défavorisées, les flux migratoires incontrôlés et considérés comme des produits et des données numériques. Les lignes de séparation entre les individus ne sont plus seulement ethniques ou économiques mais déterminées par les moyens d'accès culturels à la civilité, à ce qui fonde la vie de la cité, en un mot à la civilisation.

Abreuvée de spectacles télévisuels pornographiques et violents, une certaine jeunesse est livrée à elle-même sans le dressage de l'éducation (qui est une violence nécessaire pour empêcher la substitution d'une violence infiniment plus grande, celle des instincts non réprimés, donc du règne de la bestialité).
Les loisirs prennent le rictus de la cruauté pure comme le phénomène du happy slapping  consistant à frapper par exemple le premier venu ou son professeur tout en le photographiant ou le filmant avec son téléphone portable pour ensuite visionner les images entre amis en riant "inconsciemment" du spectacle désincarné.

Pratiquer la tournante consistant à violer et parfois torturer une jeune fille le plus souvent dans une cave à plusieurs  pour combler sa misère sexuelle engendrée par l'absence de tous repères affectifs, identitaires et de toute estime de soi.


Se mulltiplient alors via les médias (qui n'hésitent pas à exploiter ce délitement froidement et cyniquement pour faire de l'audience) et dans l'inconscient collectif les angoisses et craintes des dangers qui accompagnent l'effondrement de l'autorité et du droit républicain. Après avoir été reniée tout particulièrement par la gauche de gouvernement (elle a avoué avoir êté naïve sur la question, mais n'était-ce pas plutôt un aveuglement idéologique intentionnel) pendant des années, jugée fantasmée et populiste parce que dénoncée par un parti nationaliste, cette réalité n'a plus pu être tue, tant ses débordements spectaculaires éclaboussaient le quotidien de toutes et tous, des pompiers caillassés aux medécins, des pompiers lynchés aux pharmaciens braqués, des enseignants poignardés aux journalistes chassés des quartiers, des lycéens castagnés et dépouillés aux jeux de cours de récréation montant en intensité perverse et jusqu'aux palais de justice et hôpitaux qui deviennent théâtres d'affrontements entre bandes ethniques déracinées et acculturées. 

Il en résulte la formation de véritables sphères barbares, avec leur appendices organiques,  voir le gang qui se nomme lui-même "gang des barbares" et torture un vendeur de portables pendant des jours en réclamant une somme fantasmatique, comme dans un mauvais film américain.

La fonction protectrice de l'Etat régalien qui doit séparer l'ordre du chaos, la prospérité du paupérisme, la démocratie de la tyrannie, et au final  la civilité de la barbarie se dissout. Et ce processus ouvre un abîme au coeur de la Nation.

Je me promenais vers la foire du Trône peu de temps avant la mort de ce policier, le Week-end de Pâques dernier. Les tensions étaient déjà palpables, des groupes de jeunes se jetaient parfois des cailloux entre eux en se croyant dans la bande de Gaza alors qu'on était en plein bois de Vincennes, ou bien s'amusaient à renverser les poubelles, actes de nihilisme pur, un dimanche ensoleillé, près d'un lac sur lequel évoluaient barques et cygnes et autour duquel  des  familles promenaient leur progéniture calmement.
Etrange contraste qui soulignait les inégalités engendrées par un capitalisme cynique qui depuis des décennies dans ce pays avait fait son marché sur le continent africain sous la houlette des libéraux de droite, instrumentalisé les immigrés, exploités jusqu'à la moelle pour mieux casser les prétentions salariales des autochtones et par la suite anesthésier leur capacités de réaction en les culpabilisant via l'idéologie antiraciste secrétée par une gauche internationaliste tout aussi cynique puisque n'assurant pas les conditons d'intégration authentique à ces mêmes immigrés qu'elle prétendait aimer et défendre alors qu'elle n'aspirait qu'à recevoir leur voix pour assurer ses réélections et mener grand train, vivre dans des hôtels particuliers dans le Marais (pendant qu'eux parfois flambaient vifs  dans des hôtels de seconde zone), Place des Vosges et ailleurs, tout en omettant pas de mettre ses enfants dans le privé. Oui elle parlait de tolérance, de mixité culturelle, de chances pour la France, de Touche pas à mon pote mais cette gauche là, pas celle des militants sincères mais des élites payait déjà l'impôt sur l'ISF et pratiquaient le mépris de classe à l'égard des français moyens jugés beaufs et tournés en dérision par ses médias aux ordres comme Canal +. Elle méprisait tout autant le déracinement des immigrés livrés à eux-mêmes et réduits à retourner leur ressentiment lié à ce sentiment d'abandon contre ceux qu'ils pensaient être leurs bourreaux, à savoir leurs voisins blancs, pourtant aussi déshérités qu'eux et vivant dans les mêmes conditions de déréliction.Mais comment avoir une conscience de classe, développer une analyse politique cohérente quand le père est au rmi et que le grand frère ramène cinquante fois plus d'argent par la vente de cannabis aux enfants de la bourgeoisie  française.

Ce système était parfaitement ficelé, un véritable parc à humain totalitaire, un totalitarisme soft, sans chars ni hélicoptères, juste pourvu de l'essentiel, le lavage de cerveau via des médias aux ordres, des miroirs aux alouettes allant de Tapie à l'Om, du PSG à NTM, la fête de la musique et la Gay Pride, Paris Plages et les soldes de printemps, la messe du vingt heures et les concerts d'un Johnny lui ausi délocalisé.
Le Léviathan donnait des miettes d'espoirs et de divertissement tout en tenant les rênes vitales et les profits essentiels tirés de cette mise en scène chatoyante, profits allant toujours dans les poches d'élites toujours moins nombreuses mais plus puissantes. La nouvelle aristocratie avec leurs nouveaux cerfs. Leurs gueux corvéables à merci, licenciables à merci, avec emplois bidons, statuts précaires et quand ils renâclaient aux corvées absurdes et dévalorisantes, il suffisait de dire que cinq cent attendaient le poste derrière. Et on pouvait en prime se foutre d'eux via des humoristes privilégiés et des acteurs culturels auto proclamés détenteurs du bon goût et des critères pertinents pour classifier ce qui est démocratique et ce qui ne l'est pas. 
Quant on décidait de ne plus participer à ce morbide simulacre de liberté, on était tout simplement exclu du jeu. Poussé à la mort sociale.


L'idée d'établir des barrières pour limiter les intrusions gagnait certains partis politiques, ramenait la France aux problématiques connues durant l'Antiquité, on pensait à la Grande muraille de Chine et le limes de l'Empire romain. Les USA avaient bien installé un mur entre eux et le Mexique récemment. Israël avec la Palestine également.

Mais nous avions le souvenir amer de la ligne Maginot. En attendant les quartiers huppés avaient trouvé les meilleures  fortifications : des loyers inaccessibles.
Les tentent poussaient comme des champignons près des bois de la ceinture parisienne et même au coeur d'un quartier central, près du canal St Martin.
Sept millions de gens vivaient dans la pauvreté, beaucoup en travaillant. et ceux qui ne le pouvaient point étaient culpabilisés et accusés de parasitisme.

La disparition de la guerre totale à caractère militaire, ouvrait en fait vers la prolifération de conflits de basse intensité, hors de toutes lois régulières sur des champs de batailles publics. Conduits par des civils contre des civils. Oui cela se nommait une guerre civile.
Des centaines de véhicules étaient brûlés chaque année, un mois entier d'émeutes avaient retourné le pays dans le feu et le bruit du verre brisé. Plus tard une femme avait été enflammée vive dans un autobus. Sans raison. Les normes éthiques avaient disparu du champ social depuis longtemps, quand une femme se faisait violer dans un wagon bondé personne ne réagissait. On avait vu dans le journal que ça pouvait être risqué et que ça pouvait mal tourner d'agir pour une inconnue. Le règne de l'invidualisme cynique était à son comble. On battait tous les records d'Europe de prise d'antidépresseurs et d'anxiolytiques ainsi que celui du taux de suicide chez les jeunes. C'était en avril 2007. Et ce pays avait un nom : la France. On allait bientôt voter pour élire une personne censément à même de régler tout cela...

Publié par ex nihilo à 05:23:07 dans EX NIHILO | Commentaires (2) |

Double traitement des affaires Redeker/Soral | 12 avril 2007

L'intégrité comportementale, voilà ce qui définitivement caractérise la valeur des individus. Il y a ceux qui se couchent, les représentants de l'esprit de Munich, et les autres, qui passivement contemplent l'état des choses. La veulerie et la lâcheté ont toujours été majoritaires.

Mais il demeure des individus qui souhaitent pouvoir encore se regarder dans la glace le matin. Et ils existent encore quitte à se griller les bonnes entrées, la respectabilité des troupeaux moutonniers et lâches, quitte à subir l'inquisition idéologique totalitaire qui a cours dans ce pays

Je ne me pronconcerai pas sur le contenu des déclarations de Soral ou de Redeker, de savoir s'ils elles sont indécentes, provocantes, transgressives, peu diplomatiques, violentes, illégales, insultantes, ce n'est pas à moi de le dire. Je suis écrivain, libre d'esprit et comme Voltaire même si "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire". C'est ce qui fonde notamment un pilier essentiel de la république française, le droit à l'expression. Si certains estiment certaines déclarations intolérables, qu'ils se reportent aux tribunaux, nous sommes dans un état de droit (même si la judiciarisation des idées me semble déjà en soi une vertigineuse régression des libertés) . Ce n'est pas à des milices fascistes sionistes ou islamistes de faire régner la terreur et leur loi dans ce pays. Redeker, professeur de philosophie qui a notamment évoqué Mahomet comme étant  "un maître de haine" a reçu un mail de menace de mort, ce qui est intolérable. Il a bénéficié immédiatement d'une protection policière, d'un branle-bas de combat médiatique important, d'une pétition considérable (http://www.petitionredeker.inf...du soutien de très nombreux intellectuels avec à la clef un meeting de soutien.

“Tout individu doit avoir le droit de blasphémer. La liberté d'expression ne se négocie pas”, affirmait à cette occasion Arié Bensemhoun, le représentant toulousain du Comité représentatif des institutions juives de France (CRIJF) . C'est pour défendre la liberté de Robert Redeker, et cette tribune ultra offensante sur l'islam dans le Figaro, que 800 personnes s'étaient réunies à l'occasion de ce meeting, dont Mohamed Abdi, de l'association Ni putes ni soumises, le maire (UMP) de la ville Jean-Luc Moudenc, les philosophes Bernard-Henri Lévy et Pascal Bruckner, le journaliste Philippe Val ou l'écrivain Claude Lanzmann. Pour le porte-parole du CRIJF, il était “inacceptable” que l'enseignant de la banlieue de Toulouse soit “maintenu au secret, caché par la police et donc réduit au silence” . Redeker a été invité au journal de 20 heures de France 2 et a reçu des milliers de lettres venant de la" France profonde.”. Bref une saine réaction républicaine, rien à dire.

Ses propos ont pourtant été jugés racistes par beaucoup (inutile de les reproduire ici, ne soufflons pas sur les braises encore ardentes), et certains de ses soutiens y compris les plus déterminés les ont jugés infâmes. Mais ils ont défendu l'homme et sa liberté au nom de cette tradition républicaine. Pour le sociologue Soral, le scénario est très différent, et c'est un euphémisme. Tenant lui aussi des propos véhéments mais concernant eux le sionisme et l'histoire de la communauté juive lors de l'émission Envoyé Spécial sur France 2, propos d'ailleurs tronqués et sortis du contexte d'un discours plus long contrairement à la tribune de Redeker, que s'est-il passé pour lui ? Un mail de menaces de mort ? Non, des dizaines. Deux agressions physiques dont l'une qui l'a rendu aveugle pendant quelques heures au gaz lacrymogène, des insultes taguées sur sa façade d'immeuble. Une librairie ou il faisait une dédicace saccagée et la libraire comme les clients castagnés par une horde de militants casqués et armés. Depuis un ostracisme inégalé des médias et des divers cercles intellectuels comme l'école Sciences-po qui l'expulse manu militari après l'avoir invité pour une conférence sous prétexte qu'il trouble l'ordre public !! Kafka est de retour.

Réaction de l'Etat français ? Aucune ! Pas de protection policière. Pas de condamnation officielle. Pas de dissolution de la milice concernée et fichée par les rg (contrairement à la tribu K très rapidement dissoute). Pas de soutien des intellectuels français, pas de meeting, nada. Imaginons un instant qu'une milice type Gud ait massacré une librairie et un auteur comme l'infiniment estimable Mr Bernard-Henry- Levy, non seulement cette structure aurait été légitimement dissoute, ses membres immédiatement incarcérés et pour de longues années, une manifestation monstre regroupant toute la classe politique française bien en avant du cortège aurait été organisée et des médias en alerte rouge sur le retour du nazisme auraient assuré une saine dénonciation républicaine de cette barbarie.

Et bien pour Mr Soral, rien de tout cela, bien au contraire, il est interdit ou décommandé de toutes les émissions, notamment à la demande de grands démocrates comme Mr Besancenot (un fervent partisan de la dictature du prolétariat qui s'y connaît en démocratie) lors de l'émission Ripostes, préférant parler avec un membre du FN, ce que n'est pas Mr Soral, non lui a le tort de venir de la gauche prolétaire, celle des banlieues désabusées, c'est criminel. Pire, il pense que l'internationalisme est le faux-nez du mondialisme ultra-libéral, il croit que la stigmatisation et l'instrumentalisation menée par la gauche comme par la droite des immigrés sert le capitalisme, bref c'est un monstre, ils nous le disent ces gens qui payent l'ISF et mettent leurs enfants dans le privé tout en prêchant la tolérance et l'ouverture. Certaines de ses idées sont peut-être nauséabondes ou contradictoires (j'avoue mal comprendre sa défense du voile même contre le string sous prétexte de lutte anti libérale quand on se dit progressiste), mais je ne suis pas habilité à les analyser n'étant pas un grand marxiste, ce que je sais, c'est que ce pays devrait avoir honte de sa couardise qui nous rappelle comme dirait l'autre, les heures les plus sombres de notre histoire.

Il faudra maintenant pour les sociologues encore pourvus d'un courage intellectuel minimal (condition indispensable à toute pensée libre) analyser les tenants et aboutissants de ce double traitement, si tant est que leurs capacités neuronales soient encore en mesure de le faire...

Publié par ex nihilo à 12:52:23 dans EX NIHILO | Commentaires (10) |

Révolution des origines ? | 11 avril 2007


Selon la thèse jusqu'à présent enseignée dans toutes les écoles et devenue implacable idéologie, l'homme proviendrait uniquement d'Afrique puis aurait ensuite émigré vers l'Europe et l'Asie. Une étude américaine, parue lundi 2 avril, infirme cette vision réductrice. Les Annales de l'Académie nationale américaine des sciences (http://www.pnas.orgwww.pnas.org/) ont produit le résultat de ses recherches, et ils concluent qu'il n'y a pas eu qu'une seule migration d'Homo sapiens venu d'Afrique orientale vers l'Europe et l'Asie, pendant une période de 25 000 à 65 000 années, aboutissant à la substitution des humains autochtones primitifs. Ces scientifiques théorisent une propagation génétique de l'Homo sapiens à partir de plusieurs foyers, en Afrique et en Asie. Cette pluralité de souches invaliderait donc l'unicité de l'expansion originelle. "La plupart des caractéristiques morphologiques correspondent à celles des humains modernes, alors qu'une minorité de traits s'apparente davantage à des hommes plus primitifs", précise Hong Shang l'un des coauteurs de cette découverte. Les chercheurs soulignent que "des ossements légèrement plus jeunes et ayant le même mélange de caractéristiques morphologiques ont aussi été découverts en Eurasie orientale".



Pour conforter leur thèse, ces paléoanthropologues s'appuient sur l'analyse du plus ancien squelette humain d'Eurasie jamais découvert. Découvert près de Pékin en 2003, dans la grotte de Tianyuan, à Zhoukoudian, il est constitué de trente-quatre fragments d'ossements. D'après les hypothèses des scientifiques, ce squelette daterait de 42 000 à 38 500 ans. Ces révélations infirment la théorie de la migration de l'homme moderne, ces ossements ouvrent des perspectives absolument novatrices aux chercheurs du monde entier tant sur le plan biologique qu'au niveau anthropologique. A plus longue échéance, cette étude pourra permettre de combler les gouffres qui émaillent la filiation entre les humains primitifs et les humains modernes en Eurasie orientale.



Pour Yves Coppens, l'Afrique demeure le seul et unique berceau de l'humanité (même si ses travaux moins médiatisés sont nettement plus circonspects, allez comprendre...). Il y a 500 000 ans, selon lui, le genre Homo habilis se serait répandu partout, sauf en Amérique et en Australie. Une glaciation aurait alors isolé l'Europe, où l'espèce aurait évolué de façon indépendante en donnant l'homme de Neandertal.



Il est également admis aveuglément que le prétendu berceau de l'humanité se situerait dans l'Est-africain, à l'Est du Rift, le long de la "corne" qui va du Kenya à l'Ethiopie. La découverte de Toumaï , au Tchad, invalide également cette localisation théorique, les chercheurs conformistes sont là aussi désavoués. Ne pas trouver d'animaux à 460 millions d'années ne démontre en rien qu'il n'y en pas eu ! Ne pas trouver de souches humaines antérieures ailleurs qu'en Afrique invitait à dire qu'il n'y en avait pas, c'est maintenant chose faite, mais il est envisageable d'en trouver ailleurs également, du jour au lendemain !

La recherche scientifique s'élabore aussi sur la foi, j'entends l'hypothèse encore indémontrable, l'intuition qui ouvre d'éventuelles perspectives qui peuvent être ensuite confirmées par les faits, et sans cette ouverture théorique la science s'enferme dans des dogmes (qui souvent mutent en idéologies). On ne cherche que ce que l'on espère trouver. Il faut préserver la science de cette subjectivité rétrécissante. Le monogénisme est une hypothèse parmi d'autres, rien de plus. Stephen Jay Gould le paléontologue américain, envisage par exemple plusieurs apparitions de vie distinctes tout au long de l'histoire de la vie terrestre, donc la diversité des lignées. Il s'est également opposé à la vision adaptationniste primitive qu'il critique au profit du hasard dans l'évolution.


Toutefois, si ces révélations se confirment dans le temps, elles posent des problèmes scientifiques nouveaux, car le polygénisme se concilie fort mal sur un plan théorique avec la très faible variablilité de l'ADN humain (0,1%) et avec l'interfécondité qui caractérisent fondamentalement l'espèce humaine. L'unicité biologique de celle-ci est établie, et le polygénisme ouvrirait une complexification accrue quant à ce processus final. Il n'y a donc encore rien de conclusif. La thèse du polygénisme accentue paradoxalement la nécessité d'envisager des métissages multiples durant cette période. La simultanéité de souches distinctes implique une "réunification" par métissage.
Il est bien question de l' Homo sapiens et non de l'Homo erectus, dont l'apparition en Afrique est toujours d'actualité.

Les implications philosophiques et éthiques de cette question sont importantes. Car le monogénisme présente dès son origine un arrière-fond métaphysique, à savoir l'unicité absolue du genre humain, thèse défendue par tous les monothéismes (qui en tirent le principe du couple humain primordial et du péché originel en option). Cette croyance, d'origine biblique, fait écho à la «nature humaine» ainsi qu'au caractère accidentel, voire imaginaire des différenciations ethniques originelles.

Une vision du monde multicommunautariste, multiculturelle, pluriethnique et multipolaire pourrait retrouver une éventuelle légitimité ontologique tirée de ces découvertes. Le mondialisme s'appuyant lui sur une vision unilatérale et ethnocentrée du genre humain.

Les dangers et volontés conflictuelles que l'on pourrait tirer de ces travaux sont multiples, notamment l'instrumentalisation au profit d'un darwinisme social, racial ou culturel.
Ces recherches peuvent également favoriser les théories différentialistes qui impliquent la conception d'attitudes et de comportements émanant d'appartenances particulières et non universelles. Cette essentialisation des identités est déjà à l'oeuvre à travers le communautarisme, le régionalisme et l'ethnisme (doctrine selon laquelle l'identité ethnique est première dans l'ordre des modes d'identification d'un sujet).
Un relativisme éthique et culturel se nourrit de cette vision pluraliste de l'humanité.
Le droit et même parfois le devoir de différence sont susceptibles de déboucher sur le conflit de type xénophobe dans une application négative, mais peuvent aussi ouvrir sur des modèles multiculturalistes, impliquant des statuts et traitements différents en fonction des diverses appartenances identitaires.

Si des communautés humaines autonomes ont au stade de l'homo sapiens existé, c'est une invitation à réévaluer absolument toute notre vision du politique qui en découle, une ouverture à plus de considération pour le principe de singularité, de différentiation et au final de diversité naturelle à rebours du processus d'uniformisation libérale et capitaliste en cours sur toute la surface du globe.

L'hétérophobie (rejet de la différence en tant que telle) est mise à mal par ces révélations.
La mixophobie également (phobie du métissage), la croyance en des lignées absolument pures étant depuis longtemps invalidée sur le plan anthropologique.

Mais un certain universalisme étriqué ne sortirait pas indemne non plus, celui qui aspire à des valeurs, des normes culturelles et comportementales unifiées et unilatérales.
L'idéal d'une civilisation transculturelle unique et radicale est mis aussi en cause par ce travail.
En l'état actuel des connaissances, le mythe fondateur de l'apparition du genre humain demeure à construire à défaut d'une claire connaissance des conditions exactes de son avènement.

Publié par ex nihilo à 21:40:14 dans EX NIHILO | Commentaires (0) |

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