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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)


C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."


Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.


Que serais-je sans vous ?


 

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la belle et la bête à boire | 20 novembre 2009

Ernst Krenek pour deux raisons. La première parce que comme novembre son atonal travail a cette capacité de me balancer dans des états émotionnels contradictoires, tantôt dans le ping de l'angoisse, tantôt dans le pong de l'exaltation. La deuxième, et bien que cela n'ait rien à y voir, en référence à la Belle et la Bête de Cocteau. J'ai revu le film hier soir. Mais comme il s'agissait d'une version que j'avais téléchargée et que comme vous le savez on ne sait jamais vraiment ce que l'on télécharge le résultat n'était point accompagné de l'univers sonore de Georges Auric mais de celui de l'opéra composé en 1995 par Philip Glass. Musique d'une insistance un peu pesante à mon goût. Lors de sa création, le visuel était projeté avec ses sous-titres. Mon film en était exempt. Autant dire que s'il avait été chanté en Chinois je n'aurais pas fait la différence. Vous imaginez bien ma frustration, quelque peu remédiée aujourd'hui par quelques glanages de ci de là de par le web. Car que d'ambiguïté perdue sans les remarquables dialogues de Cocteau. Ambiguïté sans doute pas étrangère à l'étrangeté, au succès et à la pérennité du film. Principalement pour la figure de Belle. Évidemment l'interprétation est curieuse aujourd'hui, d'un mélo un peu comique. Mais l'équivoque des répliques ouvre des abîmes dans notre inconscient collectif de la femme-fille-mère-prude-dévergondée. Une Belle amoureuse de son bel Avenant mais qui sacrifie son amour au nom du père. Aurait-elle pu sans ce même esprit de sacrifice aimer la Bête au delà de sa laideur ? Ainsi son amour était-il véritablement désintéressé ? Même ses soeurs cupides et égoïstes auraient pu pour d'autres raisons éprouver de l'amour pour cette Bête-là... Bizarrerie qui tendrait davantage à démontrer que dans tout amour, c'est avant tout celui de soi qu'on cherche à travers l'autre.
A part ça, l'esthétique est splendide. Je repense à cette course de Josette Day (la Belle) à travers les couloirs et les escaliers du château. Ils sont rendus dans un ralenti qui par les mouvements de ses étoffes nous donne un sentiment d'envol... poétique.

Et là je suis bien content de voir que ce post est bientôt suffisamment long pour pouvoir évincer la dernière partie de mon titre. A boire. De Marion Vernoux. Avec Edouard Baer et Emmanuelle Béart. On m'avait conseillé ce film il y a deux ans quand je devais interpréter un alcoolique. Heureusement que je ne l'ai pas regardé avant qu'il ne soit plus que trop tard. C'est une comédie et ça justifie peut-être cet effet caricature. Pas à mes yeux. Ce film ne raconte plus rien. Il ne parvient même pas à faire rire. Ce qui est un peu dommage pour une comédie. Je pourrais m'en désoler quelques lignes de plus mais heureusement Cocteau a atteint mon quota. :-)

Publié par libou à 15:55:20 dans cinémoi | Commentaires (0) |

Encore un ventre à explorer | 19 novembre 2009

Encore un ventre à explorer, demain, un ventre chaud. Couloirs sans issue qui montent et qui descendent, labyrinthe cher aux poètes de la nuit carcérale et à leurs amours inavouées, inavouables, qu'ils tiennent en laisse (fantômes) jusqu'à l'heure du jugement dernier. Dans les yeux de mon amour, dans ces yeux-là, dans ces yeux seuls (pardonnez-moi si j'insiste) il y a des chiens tenus en laisse par des fantômes et des arbres immenses qui tapissent le ciel d'avant les temps vécus, les temps marins, les temps rauques jouxtant d'autres amours en forme de cour intérieure où la lumière ne pénètre que par saccades quand tout un fourmillement de visages et de trompes suffit à peine à donner l'illusion de la Vie et de la blancheur éternelle. J'explorerai ce ventre jusqu'aux boyaux les plus reculés dont aucune conscience humaine n'a jamais soupçonné l'existence : galeries en spirales qui se resserrent jusqu'à l'étreinte ulcérée qui me fera hurler de douleur ! Je poursuivrai néanmoins mon exploration. Seul ! Où es-tu, toi que j'ai libérée de cette tension qui te faisait t'agripper à des murailles plus lisses que du verre contre lesquelles tu usais tes griffes jusqu'au sang ? Aurais-tu à la fin traversé ces murs, cette part de ténèbres qui t'était due à toi aussi, et que nous n'avons pas su entretenir ?

Vital Bender

Publié par libou à 00:25:36 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) |

Beduars (2) | 18 novembre 2009

Pourtant il est triste.

Son dynamisme coutumier semble effacé et sa pesante indifférence observe ce curieux cortège de réminiscences comme si elles n'étaient point siennes.

Le mouvement semble s'abstenir. Seule la rivière devant lui insiste vers sa finalité. Il a réussi. Oui mais à quoi bon ? La vanité de ses trépignements éteints le heurte en plein visage comme si tout ce pourquoi il s'était battu, ce qu'il avait pu obtenir n'avaient plus le moindre sens. A nouveau enfanté sur ce pont de bois ; il est à refaire, comme au premier jour.

Alors le monde au complet semble s'évanouir, enfoui par le roulement des flots quand un vent froid précédé d'un claquement sec de battement d'ailes brûle soudain ses tempes.
Extirpé de son aphasie, il découvre derrière lui, accroché à une poutre du ponton comme un vulgaire sac à ordures ce qui paraît être une gigantesque chauve-souris. Mais à peine a-t-il le temps de réaliser l'incongruité de cette visite qu'un éclair lumineux métamorphose cet ôte en une sorte de vampire de cinéma. Les membranes des ailes forment maintenant une splendide cape de velours noir et des dents aiguisées pointent hors de ses lèvres pourpres qui constrastent avec un teint désespérément blafard.

Publié par libou à 11:14:58 dans poêt rerie | Commentaires (0) |

Jour 0 (2) | 17 novembre 2009

Je découvre ma chambre. Elle comporte cinq lits et nous y serons quatre. Quatre hommes bien évidemment. Les femmes se trouvent dans une autre aile du centre.
Une courte promenade dessine ses sentiers à l'extérieur, eux aussi séparés de ceux des femmes.
Le repas du soir est excellent et d'une grande diversité. Ce sera ainsi durant tout le séjour. Ce service ainsi que toute la marche de la maison sont assurés par des bénévoles, des méditants en fait. De ceux qui ayant déjà participé à plusieurs cours ont la possibilité de s'inscrire en tant qu'auxiliaires.

Je rencontre mes camarades de chambre dans le silence. J'ai bien tenté d'entamer quelque conversation mais la réception en fut si glaciale que je me suis rapidement replié dans ma bulle. Avant le coucher, on nous passe un enregistrement traduit de maître S.N. Goenka qui est à l'origine de la propagation de la technique Vipassana à travers la planète. Les règles du centre et le déroulement du cours nous y sont décrits. La voix du récitant est d'un mielleux comique. Le cliché même de l'illuminé, ou plutôt du méditant ; ce qui n'est pas pareil... Une espèce de mélopée polie et scolaire d'où toute expression exagérée est absente. Le ton est juste mais un peu plat.
En tout cas il est donné. On n'est pas là pour rigoler mais une profonde "opération chirurgicale est sur le point d'avoir lieu."

Publié par libou à 11:44:12 dans LaViePasseAnna | Commentaires (2) |

ArTpenteurs / Intrigants | 16 novembre 2009

Vous avez pu voir régulièrement les photos issues du périple des ArTpenteurs (Peer Gynt / Tartuffe) à Verbier. Thierry Crozat et Corinne Galland (deux des quatre membres du noyau de la compagnie) multiplient cette fois-ci les distances et le dépaysement. Ils se sont rendus en République Démocratique du Congo pour une collaboration artistique avec la compagnie des Intrigants qui désire monter Lysistrata d'Aristophane. Ils ont prévu pour le coup d'animer des ateliers autour du Choeur grec et du jeu masqué. De retour Thierry nous a fait parvenir sous forme d'épisodes un journal de leur séjour. J'ai trouvé ça si fascinant qu'avec son accord j'ai eu envie de vous le faire partager :

Lysistra est l'histoire d'une grève du sexe déclenchée par les femmes de tout clan pour mettre fin à la guerre et forcer les hommes à signer la paix ; c'est une comédie vieille de deux millénaires éternellement d'actualité.
Cette farce résonne terriblement en écho au conflit qui se déroule toujours dans les riches régions de l'est du pays (Kivu). Le viol systématique est devenu une arme de guerre utilisée par toutes les factions armées impliquées dans le conflit (dont l'armée régulière...).
Nous vous proposons par ces quelques carnets de route de vous faire partager ce séjour à Kinshasa avec le théâtre des Intrigants.

Thierry Crozat

A suivre...

Publié par libou à 22:38:53 dans Kinstrata | Commentaires (0) |

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