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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)


C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."


Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.


Que serais-je sans vous ?


 

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L'oeil d'Oedipe

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Psaume XII | 04 novembre 2008

 

Je ne crois pas qu'il soit possible de mentir tout en étant fidèle à soi-même.


Sans même penser à celui qui se sert du mensonge pour arriver à ses fins mais simplement à celui qui y est poussé pour éviter des ennuis. Et j'écarte ici les ennuis qui seraient conséquence de premiers mensonges ou de cachotteries : ils sont les fruits d'actions réalisées en totale intention, que leur moteur fut la manipulation, la lâcheté ou la facilité.
Là ma prémisse ne fait aucun doute.


Je voudrais juste m'intéresser aux mensonges de fond, d'opinions, de convictions, voire de confession puisque c'en est encore d'actualité.
Faut-il rester d'une couleur, de la couleur qu'on a choisie, même au prix de sa vie ? Conserver sa foi la corde au cou ? Ou est-il possible de mentir pour sauver sa peau même si par là on trahit ouvertement sa préférence ? Et ce même en argumentant qu'il ne s'agit que d'une trahison de forme ; se recouvrir d'une peinture neuve en conservant sa sienne intacte en dessous ?


C'est à cet instant que se pose la question de la foi. Qu'en est-il ? S'agit-il d'un manteau que l'on porte pour se protéger du froid ou pour éblouir son entourage ? A partir de quel instant la foi devient-elle orgueil ? A partir du moment où elle nous a rendus bourreaux évidemment. Mais à partir du moment où elle nous permet de devenir victimes, nos convictions valent-elles davantage que celles de nos bourreaux ?


En ne tenant compte que de morale, il n'est pas possible de mentir et rester fidèle à soi-même. Seulement tout n'est pas si simple. Tout se nuance car tout est unique et nous ne pouvons plus le nier après l'effondrement des systèmes utopiques qui ont réduit cette réalité. Et il en va de même pour ce capitalisme qui ne nous propose que des manteaux d'apparat.

L'impératif logique catégorique est sans doute l'équivoque. Et ce paradoxe n'est-il pas à l'image de nos vies dont la confrontation seule permet la maturation ?

Publié par libou à 13:47:57 dans psaum-ades | Commentaires (1) |

Psaume XI : Tourbillon | 14 octobre 2008

Je pense que ça a commencé parce qu'une chose finissait.
Car tout finit même si rien ne s'arrête jamais.
C'était ainsi : ça devenait présent.
Et inversément à l'insidieuse purulence,
Je m'absentais toujours davantage.

Irrémédiablement happé, le vide m'aspira sur le chemin de l'habitude.
Je souffrais sans douleur et m'abandonnais au sens vide d'une direction sans but.
Je saisissais sans comprendre mais l'évidence me foudroya.
L'impasse brisait mes rêves, il ne restait que les abîmes
Et je m'y fondais dans une chute qui semblait ne point finir.

Tourbillon de mes sens       Tourbillon de mes rêves
Et ma quête de l'essence       Ciel qu'elle fut brève
Emporté dans la danse       Cité où tu crèves
Où de toute évidence       Tu trimes sans trève

Tourbillon de remous       Tourbillon de pensées
Esclave du doux       Leurre du passé
A être trop mou       Tarde à aimer
Laisser tourner la roue      Ne jamais l'arrêter

Tourbillon persifleur       Tourbillon fictionnel
Loin du parfum des fleurs       Rires des pucelles
Hoquetant de pleurs       Heure sans appel
Echapper à l'horreur       Trop tard : brisé les ailes

Je ne pouvais sombrer plus bas, la lumière n'existait plus. Fuir une chimère pour en trouver une autre. Bonjour ! Ne plus peser pour ne plus s'accrocher. Absent pour l'éternité, l'instant ultime était présent. Revenir au passé. Revenir au passé. A ce qui me semblait beau. Marcher une dernière fois vers cette aveuglante étoile. Celle qui depuis longtemps ne brille plus dans ma mémoire.

Et pourtant il marchait, mû d'une dernière force, soufflé d'un dernier souffle.
Une dernière révélation.
Ou simplement la première.
S'accrocher pour ne plus peser.
Pas après pas.
Marche après marche.
Chute après chute.
Se rapprocher de lui.

Si j'avais su que j'aurais encore mal...
Mal une dernière fois...
Si j'avais su que je pleurerais encore...

Tourbillon !

A quoi bon toute cette futilité alors qu'il aurait seulement suffit de savoir voir ?

 

Publié par libou à 10:24:16 dans psaum-ades | Commentaires (0) |

Psaume X | 20 mars 2008

Comment parler de Dieu sans vouloir y croire ?

Comment aborder de façon pragmatique un sujet non empirique ?

Si je tente une réflexion sur la foi, je suis obligé d'admettre que je crois, de me laisser envahir par l'éducation chrétienne de mon enfance. Je suis obligé, en premier postulat, d'admettre Ton existence. Une fois ce postulat admis, je ne peux plus agir comme s'il ne l'était pas. Je ne peux ramener un texte où Tu es considéré comme réel à un ergotage qui Te nierait.

Si je m'inspire des psaumes, je ne peux qu'écrire une "lettre à Dieu" car les questions demeurent toujours et les hypothèses sont nombreuses.

D'ailleurs je crois que ce que j'ai fait jusqu'à maintenant n'est pas bien différent d'un semblable soliloque. 

Publié par libou à 18:01:59 dans psaum-ades | Commentaires (2) |

Psaume IX | 05 février 2008

Tout cet appel à la violence, à l'intolérance, ne peut trouver une source temporelle. Je ne peux comprendre tous les champs de bataille qui parsèment la Bible, cet adversaire irrémédiablement souillé, jamais assez mort, que dans un théâtre intérieur. C'est en admettant l'existence du pôle négatif et du combat qu'il sait perdu d'avance mais qu'il mène quand même qu'on peut imaginer une lutte impitoyable, l'autre restant toujours lui-même, dans un rôle attribué dès le départ.

Et je crois que cet ennemi, cette redoutable force malfaisante que l'on doit vaincre pour y établir la loi de Dieu, la terre de Dieu, est celle qui balance notre âme. Celle qui, connaissant sa défaite certaine, accepte son attribution jusqu'au bout.

Où la figure du rebelle trouve-t-elle alors autant de séduction ? Est-ce dans son opposition au conformisme, à l'habitude, au pharisaïsme ? Puisqu'il est évident que nous ne vivons pas dans un monde parfait, où situer le révolté dans une promiscuité aux valeurs bouleversées, à la violence glorifiée ? Et si Dieu n'était pas là où les hommes l'ont mis ? Est-il exact de se soulever contre ce qui n'est pas Dieu ? Est-il exact de courber l'échine devant ce qui n'est pas Dieu ?

Méfions-nous de ceux qui ont raison quand la raison se heurte aux sentiments. Rien ne nous dit qu'ils n'ont pas tort et que dans ce monde surformaté leur raison ne nous éloignerait pas de nous-mêmes.

Publié par libou à 13:56:40 dans psaum-ades | Commentaires (2) |

Psaume VIII | 13 janvier 2008

De tout ce qui existe nous sommes les seuls à nous interroger sur l'origine des choses. Les animaux suivent leur instinct ; le plus fort domine et le perdant observe son maître copuler à tours de reins. Servir à la subsistance de ses prédateurs est une chose naturelle à laquelle il faut se soumettre et dont on retarde seulement le plus possible l'échéance. Les planètes suivent leur mouvement, soumises à la logique des lois physiques.

Et là au milieu, l'être humain est tiraillé entre cette présence physique au monde et la conscience de sa prochaine et inéluctable disparition. Est-ce cette capacité d'appréhender notre fin qui nous rend capables de penser Dieu ?

Lesquels ont le plus de chance ? Ceux inertes et chimiques, ceux qui existent parce qu'ils existent ou ceux qui ne peuvent se contenter d'exister sans raison supra-sensorielle ?

Nous pensons mais la première question que nous nous posons c'est pourquoi. Nous n'avons ni n'aurons jamais de réponse concrète et pourtant il faut bien que nous existions pour une raison qui échapperait à la réalité terrestre, que nous concluions tôt ou tard à l'existence d'un Créateur vers qui il nous faille aboutir.

Et c'est à cet instant précis que nous avons le culot de nous imaginer supérieurs aux êtres qui subissent leur état (nous pourrions croire ne pas subir).

Pourtant ceux qui ne pensent pas ne pourront jamais avoir tort.

Publié par libou à 18:57:26 dans psaum-ades | Commentaires (0) |

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