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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)


C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."


Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.


Que serais-je sans vous ?


 

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Beduars (2) | 18 novembre 2009

Pourtant il est triste.

Son dynamisme coutumier semble effacé et sa pesante indifférence observe ce curieux cortège de réminiscences comme si elles n'étaient point siennes.

Le mouvement semble s'abstenir. Seule la rivière devant lui insiste vers sa finalité. Il a réussi. Oui mais à quoi bon ? La vanité de ses trépignements éteints le heurte en plein visage comme si tout ce pourquoi il s'était battu, ce qu'il avait pu obtenir n'avaient plus le moindre sens. A nouveau enfanté sur ce pont de bois ; il est à refaire, comme au premier jour.

Alors le monde au complet semble s'évanouir, enfoui par le roulement des flots quand un vent froid précédé d'un claquement sec de battement d'ailes brûle soudain ses tempes.
Extirpé de son aphasie, il découvre derrière lui, accroché à une poutre du ponton comme un vulgaire sac à ordures ce qui paraît être une gigantesque chauve-souris. Mais à peine a-t-il le temps de réaliser l'incongruité de cette visite qu'un éclair lumineux métamorphose cet ôte en une sorte de vampire de cinéma. Les membranes des ailes forment maintenant une splendide cape de velours noir et des dents aiguisées pointent hors de ses lèvres pourpres qui constrastent avec un teint désespérément blafard.

Publié par libou à 11:14:58 dans poêt rerie | Commentaires (0) |

Beduars (1) | 14 novembre 2009

Janvier quelconque d'une année oubliée.
Comme deux battants à la cloche de son manteau ; ses pas sonnent sa course nocturne. Fidèle à son propre rendez-vous, il dérange les nuées à la rencontre de son nombre. Il tourne au coin de la rue du Bourg et au loin la silhouette un peu fantomatique de la passerelle se dévoile pudiquement.
Le crissement d'une allumette rompt le rythme de sa marche. Des lampadaires postillonnent la nuit de leur frêle halo mais leur indécence contribue encore davantage à l'envoûtante ambiance que créent déjà les rues trépassées.
Accoudé sur le rebord, sa cigarette éclaire un peu son visage à chaque aspiration. Des images défilent sans légende et sous lui le courant les emporte au loin. Il ne cherche pas à les retenir, sa volonté s'est éteinte et il s'abandonne à leur jeu. Marie, Yvan, l'usine, sa fille, Capri. Tout renaît puis meurt aussitôt, bousculé par d'autres vestiges. Toute sa vie, ses réussites, ses maîtresses, ses joutes. Les souvenirs revisitent son passé et rejettent tout instantanément. Il avait pourtant eu de la chance, il avait su prendre les risques qui s'imposaient. Aujourd'hui il est riche. Jacqueline suit ses traces. Enfin ; il est de ceux qu'on envie. ./.

Publié par libou à 13:18:47 dans poêt rerie | Commentaires (0) |

Baal Zebub | 18 octobre 2009

L'Ablate.

J'en ai déjà parlé auparavant sur ce blog, notamment en initiant la série des "Demain avant de naître". Vital Bender y avait apporté la contribution de certains de ses poèmes. Nous étions plutôt nombreux, pas toujours les mêmes à participer à ce journal littéraire.
Et avec certains plus téméraires nous avions aussi créé des soirées. Au début toutes simples où seulement nous lisions les textes des autres ou les nôtres. Puis ça s'était élaboré pour aboutir à des espèces de performances théâtrales où se mêlaient les délires de chacun dans un ensemble plus ou moins cohérent. Il doit en rester une trace vidéo quelque part. Je serais bien curieux de voir ça.
Tout ceci pour en venir à la piécette qui suit, écrite tout spécialement pour une de ces soirées dont le thème rassembleur était le phonème "b a l". Elle est un peu longue pour un post mais ça vous aidera à patienter. Je sais bien que sans moi vous êtes démunis et la dernière ligne droite d'Oedipe risque de bien m'occuper ces prochains jours.


Le grand prêtre
Voilà mes frères, l'heure décisive du rituel suprême a sonné. Baal Zebub, que son nom soit magnifié, a affrété ses mouches à terre. Le moment tant attendu, mes fils, est à nos portes. Levez les yeux et glorifiez ce céleste instant où le produit du grand fornicateur sera enfin inséminé dans sa terre porteuse. Toutes les conditions sont réunies mes enfants, et on m'a signalé à l'instant que le colis était livré. Qu'on l'apprête donc pour l'ultime sacrifice ; que le ferment de son sang soit mêlé à la glaise matricielle et qu'ils deviennent tous deux le ciment bâtisseur de la grande destruction. (il se calme) Amenez maintenant la vierge et ôtez-lui son bâillon. Qu'on entende la délectable et sacrée supplique qui doit précéder toute mise à mort.

Le travesti reste immobile et silencieux

Le grand prêtre
Ô vierge sublime ! Nous allons procéder à ton exécution et cela en passant par quatre chemins. Crie donc... griffe... hurle ! Car tu auras le privilège de voir passer ta mort.

il observe interloqué le travesti qui demeure toujours aussi silencieux et immobile

Le grand prêtre
Amenez les instruments et récoltez la souffrance. Que les larmes se fondent au sang et les supplications à la douleur !

Les bourreaux commencent lentement à démembrer le travesti qui commence à parler

Le travesti
J'aimerais ce soir qu'on me dise pourquoi il est des choses qu'il ne faut pas dire ou d'autres qu'on ne doit pas faire. J'aimerais aussi qu'on m'explique les critères qui permettent de classer ces choses dans les catégories du permis ou du déconseillé, de l'induit ou de l'interdit. Je voudrais comprendre ce soir pourquoi je me trouve ici où pour des raisons obscures on voudrait que je me plaigne, que je gémisse et demande grâce.

Le grand prêtre
Mais elle est folle !

Le travesti
Ca ne sera qu'une fois de plus où l'on se dérobe grossièrement à mes questions... auxquelles je me suis sans doute habitué d'ailleurs. Elles arrivent comme ça un jour on ne sait trop comment et on se gausse d'une conscience, on savoure une liberté, on arbore une supériorité, puis le temps passe et avale tout. (on lui ôte le premier bras) Mais c'est pour ça qu'on vieillit, pour ça que la peau se fripe, que les cernes noircissent et que les seins tombent. A cause de ces questions qui demeurent malgré l'inertie des automatismes, malgré les gestes qu'on répète ou ces vérités qu'on s'invente et auxquelles on croit coûte que coûte. Alors que là, tout au fond, à l'apesanteur de ce maudit instant de lucidité, la question persiste sans réponse. On évite d'y penser mais on sait ; c'est intime et indélébile.

on lui a déjà arraché les deux bras

Le grand prêtre
Ta gueule ! Ta gueule ! Ta gueule ! Ta gueule !... Tu vas supplier oui !?! (il lui crache dessus et le rosse) comme pour lui-même : C'est pas possible qu'il n'ait pas mal ! Putain il va tout foutre en l'air ! au travesti : C'est bon t'as fini ?! à part : Au moins c'est déjà ça. (il arpente la scène puis décidé) Tranchez-lui le reste ! Il finira bien par crier... de toute façon il est trop tard.

Le travesti
Mais le plus drôle, c'est que malgré tout ça ; au lieu de se sentir libérés définitivement et inéluctablement, on s'acharne sans aucune réponse puisqu'elles n'ont pas de raison... on s'acharne à vouloir croire que c'est important, que NOUS sommes importants et qu'il faut se protéger, s'épargner émotions et douleurs, faire sa place, briller, se déhancher lubriquement aux yeux de cette digne broyeuse d'âmes, de cette institution du respectable. (on lui tranche la première jambe)
Ou alors on s'insurge contre elle, contre le fait qu'elle nous étouffe, qu'elle ne nous permet pas de paraître le torse bombé ou les poches pleines, car on tient à son petit rôle et qu'importe les moyens (il imite le grand prêtre) "Le grand moment est arrivé" Mais quel moment pauvres cons !? Le moment de la réponse ?

le grand prêtre s'affale et pleure sur sa cérémonie qui bat de l'aile mais seulement sur sa cérémonie

Vous ne mesurez même pas la taille de votre bêtise. Vous êtes la victoire du monde dont vous souhaitez la fin, vous êtes son apothéose, son couronnement par l'absurde. Et vous voudriez que j'aie mal, que je souffre et que je gémisse alors que vous fûtes ma révélation, ma frontière tant attendue, cette limite où on bascule. (on lui coupe la deuxième jambe et il tombe). Léger, si léger tout à coup, je vole et vous n'en savez rien ; vous n'en saurez jamais rien de cette baffe qu'on reçoit tout à coup et qui n'a tellement aucune nécessité qu'elle en devient indispensable...
Plus de place, plus de déhanchement, plus que l'essentiel... tellement vivant, tellement là, et pour l'éternité.
Je vous aime couillons ! il pleure doucement, les yeux remplis d'amour
Je vous aime.

(A la mémoire d'Olivier qui jouait le rôle du travesti et qu'un anévrisme cérébral a depuis fauché à l'aube de sa renaissance.)

Publié par libou à 17:30:43 dans poêt rerie | Commentaires (0) |

Aurore | 10 novembre 2008

 

Parle-moi de tes aventures nordiques, de tes aurores boréales, de tes yeux bridés, du soleil levant, de ces danses de homards sous le moletonné de tes rhododendrons...
Parle-moi de ce poivre et de ce sel, de ce qui nous laisse un peu entrevoir notre finitude et qui nous mord la fesse.
Parle-moi un peu de ce qui ternit jusqu'à l'éclat de nos plus beaux rêves, de nos grandioses espoirs mais qui laisse apparaître des couleurs à travers les bas-fonds de l'absurde.
Parle-moi de la mort ou de la vie, de ces pierres qui poussent et nous soulèvent avant de basculer. AU MOINS NOUS POUVONS LIRE LEUR NOM !!!

Est-ce que tu te masturbes encore ? Là est la question et nulle part horreur !

Ailleurs, des chevilles, une gauche, une droite, puis alternativement. En mouvement sur les feuilles mortes immobiles. Serait-ce un pléonasme ? Je n'en crois rien puisqu'elles n'ont pas de bas, pas de poils. Sauf un peut-être mais il n'a pas été oublié. Je bats leur rythme, le saccade en poubelle. Plastique. Belle de hasard.
Rencontre.

Il était temps, ça ne tenait qu'à un fil.

Publié par libou à 09:04:25 dans poêt rerie | Commentaires (1) |

Au fil de l'eau | 17 octobre 2008

 

L'eau suit son cours
Elle suit souvent son cours
C'est si paisible un lit
Si tranquille de s'écouler
Bercé par ses propres vagues

La jeune fille suit son cours
Elle suit de l'eau le cours
Au bord de son lit
C'est si tranquille d'écouler
Tant d'heures en pensées vagues

Le garçon suit son cours
Mais sa vie n'a plus cours
Tout au fond de son lit
C'est si tranquille d'écouler
Ses jours dansés dans les vagues

Publié par libou à 10:23:06 dans poêt rerie | Commentaires (0) |

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