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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)


C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."


Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.


Que serais-je sans vous ?


 

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Beduars (5 en fin) | 23 décembre 2009

Dans un décor d'extérieur, toujours à Amsterdam, ils assistent à la tractation d'un homme sans âge, une boursouflure molle au niveau du sexe, avec une femme au regard aussi absent que ses seins sont présents.
- Il va se vider dans un râle honteux, se sentant une haine prodigieuse pour lui comme pour elle qui aura vécu déjà morte, les yeux plongés dans l'infini de son néant. Hmmm ! Splendide !
Un profond dégoût transperce notre homme à la vue de la cruelle expression de satisfaction qui transfigure son abominable guide. Dans un mouvement exaspéré de colère il se rue sur lui mais avant même d'avoir pu l'atteindre ils se trouvent transportés dans une salle immense où des hommes discutent le prix d'un quelconque marché dans un état de douloureuse tension et de lourde animosité. Les individus sont effacés, ne subsiste que la volonté de puissance et de domination. Cet aspect qui le frappe alors contracte ses viscères. A lui qui si souvent fut dans cette même situation. Mais il n'a guère le temps de s'attarder à ce sentiment ; leur nouveau paysage ils le survolent, comme mus par un invisible moteur. Des soldats, du désert, des flammes, des cadavres éventrés, des mines décharnées, des paysages dévastés, un pétrolier déchiré, des villes, des métros bondés, des étudiants insipides, des immeubles, une chambre, un jeune homme. Il griffe fébrilement une feuille de papier, la blesse de son trait, y laisse une cicatrice intelligible.
Ils sont là tous deux derrière son dos.
- Il écrit notre histoire vois-tu ? Tout ce que tu fus contraint de subir est né de ses délires oniriques. Regarde-le. Vaine ambition d'un coeur qui me nourrit comme nous avons nourri son imagination. Acharnement subtil vers ce qui n'a pas de but. Artisan de son propre mal, du tien et de ma vie merveilleuse au-delà de toute autre. Touchant non ? Viens, laissons-le au charme de ses illusions, il n'est pas plus réel que nous-mêmes.

Sur le pont il jette son mégot puis continue sa marche, enveloppé de la fumée du monde, quand souffle au loin un indolent battement d'ailes.

Publié par libou à 13:59:32 dans poêt rerie | Commentaires (0) |

Beduars (4) | 22 décembre 2009

- Tu parles comme si ce mal terrible dont tu es la représentation touchait un grand nombre de personnes. Alors pourquoi moi ?
Cette question n'eut d'autre effet que de provoquer un puissant éclat de rire chez le monstre.
- Mais c'est qu'il y en a qui nous tiennent particulièrement à coeur. dit-il en saisissant le menton de notre homme et en lui mimant des sortes de baisers ridicules. "Néanmoins tu as raison. continua-t-il. Le mal est partout mais taisons-nous plutôt et viens ! Avec la désespérance que tu vis tu comprendras tout sans explication. Une vraie béatitude céleste ! Une illumination divine ! conclut-il dans un esclaffement guttural."
Et avant d'avoir le loisir de protester, voilà qu'ils se trouvent tous deux dans un des bars qui bordent les canaux d'Amsterdam. Autour d'eux s'active une foule de jeunes. Un, soutenu par le bar tente de se fabriquer une cigarette artisanale. Une bière devant ses yeux, tel un phare de détresse, attend patiemment de pouvoir remplir son office. Un groupe s'échauffe un peu plus loin et chacun mêle bruyamment ses avis à ceux des autres en les alimentant à grosses goulées de bière ou bouffées de fumée. Deux autres garçons essaient de séduire une fille aux pupilles vespérales. Le premier homme dort maintenant, affalé entre sa bière et son clope qui a roulé à l'extrémité du bar.
La strige observait tout ceci avec un ravissement extrême avant d'éructer un brame de contentement vers les étoiles. ./.

Publié par libou à 00:03:31 dans poêt rerie | Commentaires (0) |

Beduars (3) | 28 novembre 2009

- Bonsoir mon ami ! Alors, on ne m'a pas l'air dans son assiette ! La conscience titille tes entrailles ?
Que je me sens soulagé tout de même. J'ai bien cru que je ne pourrais jamais te visiter. Tu semblais si bien te fondre dans toute cette indifférence... Bref, mieux vaut tard que jamais n'est-ce pas ?

Ainsi emporté par son enthousiasme railleur, il bouscule du coude notre homme qui d'évidence doute encore de la réalité de cette apparition. Enfin d'un hésitant "Qui êtes-vous ?" il s'enquiert de l'identité de son interlocuteur.

- Moi ?! s'étonne-t-il, mais je suis en vampire ! Ca se voit pas ? Un lointain cousin de ces amateurs de sang chaud qui ont fait notre réputation. Je ne suis néanmoins pas tout à fait de leur catégorie, une souche particulière en quelque sorte. Bien que je ne répugne pas à cette divine boisson, je ne la dérobe pas du cou de mes victimes mais suce simplement ce qui s'échappe inévitablement - ou presque - de chaque individu à un moment donné de son existence. En d'autre termes, je suis un Beduars.
Allons, ne me regarde pas ainsi ! Je ne te veux aucun mal. Je me contente seulement de celui que tu consens bien à te faire. Et celui-ci, crois-moi, se trouve alimenté à de nombreuses sources partout autour de toi. On peut même dire qu'il naît de la furieuse contradiction des éléments constitutifs de chaque être humain.

Plus ses paroles se déversaient, plus ses yeux s'illuminaient d'une jouissance savourée et mesurée. Sa taille semblait croître comme pour encore davantage écraser l'homme de son regard chargé de pesante ironie. ./.

Publié par libou à 13:42:40 dans poêt rerie | Commentaires (0) |

Beduars (2) | 18 novembre 2009

Pourtant il est triste.

Son dynamisme coutumier semble effacé et sa pesante indifférence observe ce curieux cortège de réminiscences comme si elles n'étaient point siennes.

Le mouvement semble s'abstenir. Seule la rivière devant lui insiste vers sa finalité. Il a réussi. Oui mais à quoi bon ? La vanité de ses trépignements éteints le heurte en plein visage comme si tout ce pourquoi il s'était battu, ce qu'il avait pu obtenir n'avaient plus le moindre sens. A nouveau enfanté sur ce pont de bois ; il est à refaire, comme au premier jour.

Alors le monde au complet semble s'évanouir, enfoui par le roulement des flots quand un vent froid précédé d'un claquement sec de battement d'ailes brûle soudain ses tempes.
Extirpé de son aphasie, il découvre derrière lui, accroché à une poutre du ponton comme un vulgaire sac à ordures ce qui paraît être une gigantesque chauve-souris. Mais à peine a-t-il le temps de réaliser l'incongruité de cette visite qu'un éclair lumineux métamorphose cet ôte en une sorte de vampire de cinéma. Les membranes des ailes forment maintenant une splendide cape de velours noir et des dents aiguisées pointent hors de ses lèvres pourpres qui constrastent avec un teint désespérément blafard. ./.

Publié par libou à 11:14:58 dans poêt rerie | Commentaires (0) |

Beduars (1) | 14 novembre 2009

Janvier quelconque d'une année oubliée.
Comme deux battants à la cloche de son manteau ; ses pas sonnent sa course nocturne. Fidèle à son propre rendez-vous, il dérange les nuées à la rencontre de son ombre. Il tourne au coin de la rue du Bourg et au loin la silhouette un peu fantomatique de la passerelle se dévoile pudiquement.
Le crissement d'une allumette rompt le rythme de sa marche. Des lampadaires postillonnent la nuit de leur frêle halo mais leur indécence contribue encore davantage à l'envoûtante ambiance que créent déjà les rues trépassées.
Accoudé sur le rebord, sa cigarette éclaire un peu son visage à chaque aspiration. Des images défilent sans légende et sous lui le courant les emporte au loin. Il ne cherche pas à les retenir, sa volonté s'est éteinte et il s'abandonne à leur jeu. Marie, Yvan, l'usine, sa fille, Capri. Tout renaît puis meurt aussitôt, bousculé par d'autres vestiges. Toute sa vie, ses réussites, ses maîtresses, ses joutes. Les souvenirs revisitent son passé et rejettent tout instantanément. Il avait pourtant eu de la chance, il avait su prendre les risques qui s'imposaient. Aujourd'hui il est riche. Jacqueline suit ses traces. Enfin ; il est de ceux qu'on envie. ./.

Publié par libou à 13:18:47 dans poêt rerie | Commentaires (0) |

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