Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)
C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."
Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.
Que serais-je sans vous ?
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La femme que j'aime a les seins plus doux qu'un jet incessant de pétales
vers le ciel d'automne cramoisi.
Nous sommes de ce temps-ci (et d'aucun autre) !!!
J'allume une cigarette en imaginant que ta soeur a des règles plus abondantes qu'un rayon
sur ses lèvres enfantines.
Qu'elle me montre son globe lumineux en retroussant sa lèvre.
Que nous nous aimons sur un tapis roulant.
Que le réchauffement de la planète
est dû à notre immunité et à notre insouciance.
La femme que j'aime a la douceur des roses blanches
leur tiédeur égratignée.
Ne me demandez pas s'il est possible
de survivre à cette intuition.
Et je ne sais plus si c'est toi l'unique l'ineffable ou si c'est une autre
si c'est à toi ou à elle ou au monde entier que je m'adresse
alors que je devrais déchirer cette page !
je ne sais plus m'émouvoir d'un rien
d'yeux clairs
d'yeux fraternels
qui se cherchent obstinément dans la réalité et peut-être aussi dans le rêve
quand le volcan s'est réveillé à l'intérieur du sang
que le corps entier n'est plus qu'une irrésistible secousse.
Oh ma soeur que j'ai abandonnée à des chimères sans issue
poursuis ta route avec au fond des yeux l'éclatement la scission
la désintégration permanente
et tu n'auras plus jamais froid !
Tu éclaireras ta propre nuit de tes fumigations diamantées.
Nous retrouverons-nous nous reconnaîtrons-nous un jour au bout tout au bout de cette route
au bout de cette comédie ?
Vois-tu
je ne m'accorde plus le temps
de me jeter sur un lit de feuilles
d'y mourir une heure
un instant
afin de renouer avec la saison qui fut tienne.
Soeur des ombres claires et des bleuissements
soeur des lunes en éventail sur la mer
soeur des orques et des récifs coralliens
soeur des reflets d'épouses dans les flaques d'eau
soeur des jardins en friche et des feux de broussailles
soeur des éclaboussures de nuit sur une nappe blanche
oh ma soeur clouée à ce tronc centenaire
qui n'a gardé que tes initiales
qu'une égratignure...
Vital Bender
Publié par libou à 13:57:27 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) | Permaliens
Pour rassurer ma mère qui s'angoisse dès qu'il s'agit de montagne, j'avais promis de lui composer un sms au terme de chaque journée. Au moment de m'en acquitter, je ne parviens pas à mettre ma main sur mon téléphone. Et je retourne mon sac et mes souvenirs en vain. Le plus probable est que je l'aie oublié à la cabane. Impossible d'y retourner. La nuit tombe et j'ai déjà cinq heures de marche dans les pattes. Je l'imagine désemparé ameuter pompiers et Rega.
Voilà le geste manqué par excellence. Pour moi, même si c'était de bon coeur, c'était céder par complaisance à un caprice que d'accepter de jouer ce jeu. Si je me blesse je peux appeler, si je me tue rien ne presse.
De plus, on s'habitue d'abord à imaginer le pire avec ce genre de procédé. L'état permanent est l'alarme. Elle ne s'apaise qu'à la réception du message. Alors que dans le cas inverse l'état permanent est la confiance, qui ne prend fin qu'au moment d'agir. Sans compter que bien plus d'incidents bénins peuvent interrompre cette régularité que l'accident tant redouté. La preuve par les faits.
Mais cette fois-ci la Rega ne fut pas sollicitée à blanc car je l'ai finalement retrouvé dans mon texte d'Oedipe.
La nuit fut bien plus agréable. L'addition matelas - couverture fit bien l'affaire et pour la première fois, en me couchant en même temps que le soleil, je n'ai pas eu froid. Par contre je peine à m'endormir et je me réveille très tôt. En pleine forme.
Publié par libou à 18:35:56 dans Oedipe Horn | Commentaires (0) | Permaliens
Au matin le temps est couvert et je tourne en rond, ne sachant que décider.
J'avais d'abord l'intention d'atteindre les 2997m du Trubelstock avant de regagner l'emplacement de ma tente... Et puis merde, on est en juillet, qu'importe la pluie.
Finalement, si quelques bancs de brouillard raffraichirent la montée, il ne plut que très peu et l'excursion suivit mes prévisions sans autre encombre. De retour au camp, tout est à sa place même si la toile de sol ne paraît pas si imperméable que le vantait le prospectus. Heureusement, si le matelas se dégonfle, il aura au moins la vertu d'isoler la couverture que j'ai ramenée de la cabane. La montagne est décidément une affaire de matériel. D'ailleurs, enfin équipé en feu grâce à mon incartade, je découvre dans un rire que mon réchaud était pourvu d'un allume-feu incorporé. Mes allumettes me seront de rien. ./.
Publié par libou à 00:12:57 dans Oedipe Horn | Commentaires (0) | Permaliens
Mes cheveux ont blanchi jusqu'au dernier en une nuit
mais je ne suis pas fou
non je ne suis pas fou !
j'habite un trou de mémoire perdu dans une vie quelconque.
L'eau que je bois est une eau joyeuse
elle court entre les plis de roche
comme elle je me sens libre.
La nuit qui me tient chaud est pareille
à la première nuit du monde.
Le silence qui me gouverne
contient tous les échos.
L'aube qui point entre les branches basses
me convie à toutes les fêtes.
L'horizon est partout en moi.
Le temps recule l'espace
jusqu'au seuil de l'instant
et l'instant dit-on est éternel.
L'ordre s'inscrit dans les pierres
la présence dans l'appel
du jour à venir.
Vital Bender
Publié par libou à 21:35:18 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) | Permaliens
Les masques ressortent de leurs cartons après une année de repos. Peer Gynt fait une virée direction Valais. A Verbier plus précisément. Et à la Chaux très exactement pour ce que l'Office du Tourisme appelle la fête des familles. Il y aura surtout Henri Dès. Enfin c'est eux qui le disent. Moi en lisant leur programme je trouve qu'il y aura surtout nous puisqu'apparemment Henri Dès sera gratuit et que nous coûterons 60.- tout compris.
A ce prix-là, il est bien clair que les stars c'est nous !
Mais la politique des prix en station procède d'une logique qui m'échappe. Je me souviens d'une vitrine à Crans-Montana qui se vantait de vendre les pulls les plus chers du monde. Je crois que la boutique n'a jamais liquidé son stock avec autant de facilité. La clientèle de Verbier est peut-être programmée de même façon. J'espère seulement que cette clientèle compte un pourcentage de francophones assez honorable pour mieux que parcemener les gradins du chapiteau. De toute façon, cela ne me regarde pas.
Ce qui me regarde c'est le jeu. Et jouer une pièce nordique à 2200m d'altitude est d'une intégration on ne peut plus réjouissante. La pièce d'Ibsen est un vrai petit chef d'oeuvre et la mise en scène de Thierry une réelle merveille d'astuces. Je renvoie ceux que cela intéresserait à la revue de presse des Artpenteurs.
J'avais déjà parlé de la création en son temps mais voici juste quelques mots sur cette photo puisqu'elle a été prise bien avant l'aspect définitif de la scène. Le masque de Peer est terminé mais celui de Solveig encore en fabrication. Les personnages sont en cours de recherche et je trouve que ça se sent. J'aime bien les photos des processus. On y trouve une autre suspension que lors des représentations.
Publié par libou à 16:07:19 dans puits à coq | Commentaires (1) | Permaliens
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