Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)
C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."
Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.
Que serais-je sans vous ?
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Météo-Suisse est décidément d'une précision remarquable : déjà dix centimètres de neige. Et ça continue. J'espère qu'ils seront tout aussi pertinents pour la suite de leurs prévisions : éclaircies à la mi-journée et améliorations croissantes sur les jours suivants.
Je ne vais pas retrouver ma tente aujourd'hui. Ce doit être un désastre absolu. Moi qui craignais ces rigoles convergentes... Quand la neige aura fondu ça sera tout juste un étang. Je vais tant bien que mal rejoindre la cabane du Plan. Celle qui eut la générosité de me prêter une couverture. J'irai constater demain l'ampleur des dégâts. En tout cas je remercie le hasard qui me contraignit à modifier mes projets pour m'amener à la cabane des Violettes. Je serais sûrement très malheureux aux Outanes. Si ce n'est mort de froid. Cela valait bien quelques ronflements.
Je ne vous ai pas encore bien situé les Outanes. C'est une minuscule vallée parallèle à celle du Rhône.
au-dessus de Sierre, sur la rive droite, on peut distinguer l'alpage du Plan. C'est un alpage encore sauvage car épargné de toutes ces constructions clairsemant le domaine skiable. En hiver il n'est fréquenté que pas les randonneurs qui y font le col de la Roue qui, justement, donne sur les Outanes. Comme cela laisse à prévoir, le vallon est totalement sauvage, ceint de pierriers et de falaises avec en son val, la Tièche qui y creuse son lit et comme sentinelles à chaque extrémité, le Schwartzhorn et le Mt-Bonvin. Un chemin pédestre le longe, reliant les Violettes à la Lämmerenhütte. Mais comme l'itinéraire n'est pas mentionné sur les cartes d'excursions, il y est très peu couru. D'autant que comme je disais précédemment, la rive droite est moins choyée par les promeneurs. La plupart des fiertés valaisannes élèvent leur majesté sur la rive gauche.
Signalons pour conclure que si la plaine du Rhône se dissimule derrière les falaises sud, les pierriers nord soutiennent le glacier de la plaine Morte. Qui d'ailleurs déverse avec fracas le suc de ses chaleurs estivales non loin de mon campement.
Publié par libou à 11:30:54 dans Oedipe Horn | Commentaires (0) | Permaliens
Solitude de l'artiste
du paria du maudit...
Vincent je te rejoins sur ton île flottante.
Les yeux de tes pinceaux me regardent si fixement
que mon être se dissout
comme un peu de couleur dans l'eau claire.
Fétu fragment poussière
dans la tourmente purificatrice...
L'eau ruisselle suinte de partout
la neige fond entre les nerfs les fibres
le printemps tarde tarde cependant
ou alors c'est un autre printemps
un printemps d'écuelle de chien
de pinceaux crucifiés de couleurs mutantes
d'oripeaux rongés par les mites
un printemps qui me renverse
me poignarde dans le dos
et m'achève d'un long rire aigre.
Vital Bender
Publié par libou à 23:41:35 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) | Permaliens
Après une tournée à la découverte des céréales du Vaud profond nous nous échouons quelque temps en l'intime sein de la capitale et déposons notre chapiteau mamelon en son centre érogène sis sur le gravier sec de Montbenon en face de la cinémathèque qui pour l'occasion ne manquera sans doute pas de projeter la série des "Emmanuelle" pour la plus grande joie des petits et... de moi-même. Dont l'enthousiasme douteux est largement exprimé à travers cette photographie d'un érotisme qui émoustillera sans aucun doute les plus endurcis d'entre vous. Cette débauche de stupre et de luxure débutera dès le 2 septembre et se prolongera sans faiblir jusqu'au 20 septembre. Ces sensuels moments atteindront leur paroxysme les mardis, mercredis et jeudis à 19h, les vendredis et samedis à 20h et les dimanches à 17h.
Les 11 et 18 septembre, le rappeur Obaké dont le sex appeal fait pâlir d'envie Prince lui-même nous communiquera par force expression sonore ses éclats de bonheur.
Pour satisfaire les plus ardents représentants de la gent masculine, il y aura la divine Chantal Bianchi, la délicate Corinne Galland, l'experte Julie Burnier et la sémillante Laurence Morisot.
Quant aux femmes elles trouveront leur apaisement sous les préli de Thierry Crozat, les mimi de Patrick Devantéry, les nénaires de Daniel Monnard et ... ... ... de votre serviteur.
Venez vous vautrer dans les derniers mais prometteurs soubresauts d'un été chaud chaud chaud.
Nous vous attendons de "pied" ferme.
(Vous trouverez ici toutes les informations complémentaires et surtout utiles.)
Publié par libou à 23:47:21 dans puits à coq | Commentaires (0) | Permaliens
Longtemps j'ai songé à t'offrir - pour toi ou pour ton regard qui semblait si vide - l'éclat et la tiédeur de la première neige pour la peau et pour les yeux mais tu détournais les tiens en riant ou en te forçant à rire et je ne songeais plus à rien qu'à éprouver pour moi-même l'incommensurable, l'éphémère. On n'apprend rien, on ne sait rien, une cigarette pend continuellement à ma lèvre depuis que je repense à toutes ces minutes, ces joies, ces ports, ces attaches, une cigarette qu'il ne me vient même pas à l'idée d'allumer car tu ne fumais pas, pas encore. Aujourd'hui, tu dors, tu te jettes là où tu es, n'importe où, tu te laisses engloutir par le sommeil, ta vie est un engloutissement perpétuel, j'allume ma clope, j'ai inventé cette histoire pour ne pas avoir à l'allumer trop tôt, mes cheveux poussent à l'envers et dans la verrière au-dessus de ma tête, je t'entends rire ou faire semblant de rire (de quoi ? de tout !), j'écarte un rideau, tu apparais, mes cheveux tombent la nuit et repoussent la journée, la verrière est un morceau de sucre dans mon café, le chat (ai-je un chat ?)... je n'ai pas de chat..., je vois des poils partout, sur mon oreiller, à chaque extrémité du vide, entre les lignes de ce poème et je songe, oh je songe à certaine partie de ton corps (bien sûr !). Le soleil est une boule de poils lumineuse, les étoiles sont des bogues velues éclairées de l'intérieur. J'ai jeté mon coeur au ruisseau, ce n'est pas vrai, qu'est-ce qui est vrai ? qu'est-ce qui m'empêche de le faire ? simplement je voudrais disparaître, vivre sous la terre, creuser, creuser, vivre à l'intérieur des murs, des troncs d'arbres, ignorer l'espace, ignorer le commencement et la fin, ignorer ces visages penchés sur le mien et qui déjà s'embuent doucement.
Vital Bender
Publié par libou à 23:35:13 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) | Permaliens
A la nouvelle salle de gymnastique et accessoirement halle polyvalente. Inaugurée il y a au moins une année, je me réjouis de la découvrir. J'en entends causer chaque fois que je rentre au pays.
Ils ont pensé à moi. Ça m'a fait plaisir alors que nul n'est prophète chez soi. J'ai pas eu le temps de prophétiser ailleurs que déjà on se prémunit contre mes reproches futurs et amers ! Vous savez ?! Ceux-là même du self made man qui s'est construit seul contre tous et qui a brandi son flambeau en dépit des railleries qui ont carburé son moteur jusqu'au faîte de la gloire. De cette gloire revancharde et aigrie censée posticher le menton d'un adulte qui n'a pas grandi.
Non. Moi c'est autre chose. Et bien pire. Tout le monde croit en moi et attend mon retour tout auréolé de gloire. Gloire qu'on se partagerait au grand buffet des rêves en jachère. Celui qui tel un Christ s'est un jour chargé de toutes les responsabilités humaines et les aurait assumées à lui seul, pour la multitude et les siècles des siècles. (A part ça comment voulez-vous qu'une religion n'ait pas un succès garanti après de telles promesses ? Voici-Gala ça marche aussi...) Alors que si je suis parti avec mes rêves de gosse en bandoulières c'était justement pour que jamais la moindre barbe ne noircisse mon visage poupon et rondelet.
Mais voilà qu'il faut revenir tout épaissi d'expérience et lire les poèmes culinaires d'Albert Muret. Mais qui est donc Albert Muret ? Si j'en parle autour de moi, que ce soit en Vaud ou en Valais, il paraît bien un peu avoir glissé dans l'oubli. Moi-même, outre la fameuse anecdote comme quoi C.-F. Ramuz le visitant à Lens s'éprit un peu de sa servante Ludivine et les quelques tableaux de sa main que j'avais pu admirer dans les espaces communaux, n'en sais à peu près rien. Je vais donc me servir du quatrième de couverture de l'ouvrage que vous viendrez écouter (n'est-ce pas !?) et que je lis à l'occasion de sa réédition par "Les amis de Muret" : Le peintre et écrivain Albert Muret (1874-1955), représenté ici peignant en habit de chasse, (Eh beh non... ça vous ne pouvez pas le voir puisque c'est sur le livre que je recopie. C'est bien dur en effet et je comprends le désarroi frustré qui vous saisit à la gorge mais... c'est la vie. Par contre si vous venez samedi je vous montrerai tout ça en partageant quelques verres et mignardises du terroir.) a vécu à Lens de 1900 à 1919. Il y recevait de nombreux amis, parmi lesquels l'écrivain Ramuz, le peintre Auberjonois et le musicien Stravinsky, tous amateurs de bons vins et de bonne chair.
Donc en fait, on peut surtout constater que même en rééditant ses poèmes on parle surtout de ses illustres contemporains. Quelle injustice. Comme si après ma gloire promise on disait : Emery, ce gigantesque comédien qui connaissait bien le président de commune, le propriétaire de la Villa Bardibury et notre vénéré curé.
M'enfin voilà. Je m'étale et me déballe pour finalement juste habiller un peu mon intention de vous inviter à festoyer ce samedi prochain 29 août à 18h à la salle de gym de Flanthey. C'est gratuit et il y aura aussi Noël Cordonier, un spécialiste en la matière qui vous dira tout ce que j'ai omis avec une autorité qui expiera toute la dérision de ce post.
La reproduction en médaillon est donc d'Albert Muret lui-même. Et c'est la colline de Lens. Pas encore affublée de son Christ roi qui se donne à voir aujourd'hui des lieux à la ronde et qu'on remplacera bientôt par mon effigie de nouveau messie.
Publié par libou à 16:52:34 dans puits à coq | Commentaires (0) | Permaliens
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