Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)
C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."
Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.
Que serais-je sans vous ?
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Ce qu'il faut d'ombre bleue et blanche d'ombre diaphane tout de même
pour masquer ce visage poupin
surgi d'une fente de la terre.
On ne voit que lui sur cette plaine
lui et son reflet d'émail
sa carapace de malheurs sans précédent.
Il appartenait à un homme sans doute
ce visage cet accident de terrain
à un homme ou à un être incorporel
à quelqu'un qui crut être et n'a jamais été
qu'une craquelure sur une plaine aride
qu'une courbe de niveau mal définie
dans un ciel à l'abandon.
Vital Bender
Publié par libou à 12:42:48 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) | Permaliens
Tentative de publication d'images. Ce que je n'ai jamais su faire par ce biais-là.
Donc ce sont des photos de la sortie des Artpenteurs à Verbier cet été. Nous avions déposé notre chapiteau à la Chaux à 2200m d'altitude le temps de deux représentations. Trois étaient prévues initialement mais la dernière dut être annulée.
C'était pour la reprise de Peer Gynt que nous avions tourné jusqu'à Avignon une année plus tôt.
Ces photos me plaisent et si elles ne donnent pas vraiment d'idée du spectacle, je trouve qu'elles laissent un bon goût de l'aventure.
Masque de l'Homme
Masque du fondeur de boutons.
Tous deux en attente du départ.
Lui aussi d'ailleurs.
J'en parle même pas.
Mais j'en croise les mousquetons.
Le pour et le contre.
Le jour et le contre.
Le roi des trolls prêt au départ.
Publié par libou à 12:23:12 dans puits à coq | Commentaires (0) | Permaliens
Ça y est. Ça sent la fin ; le retour à la vie. Enfin à l'autre vie. Celle mêlée de vies. Celle qui n'est plus uniquement dépendante des éléments naturels. Celle qui exige une participation active de notre part. Celle qui ne se contente pas d'un regard extérieur et contemplatif. Celle où un rôle doit être tenu, est attendu. Celle où les conséquences débordent de notre seule bulle.
Rêves cette nuit de ces choses que j'étais venu oublier mais dont le témoin est resté éveillé, là dans ce fleuve, dans ce lac au-delà de cette source où je suis venu boire.
Il s'agira d'en conserver la pureté le plus longtemps possible.
Peut-être qu'en la choyant il est possible de la rendre plus abondante que toute l'eau des mers...
Pour l'instant c'est l'inverse qui s'est produit.
Le ciel paraît dégagé. Les articulations des genoux signalent la sollicitude à laquelle elles sont soumises par une inflammation engourdie.
Je me dis que ça s'atténuera dans l'effort. En attendant le Mt-Bonvin encore trop enneigé, je suis irrésistiblement poussé vers le Schwarzhorn. Le sommet n'est pas moins haut mais comme je prétends y accéder par les chemins balisés je me dis que ça ira.
La neige est encore bien abondante les 500 derniers mètres de dénivellation et mes chaussettes sont trempes avant le col quelque 100 mètres au-dessous du sommet. Le col redescend sur la Lämmerenhütte au-dessus de Loèche-les-Bains. A mon portable il est 13h et la cabane est indiquée à 1h30. Si je ne traîne pas, je serai de retour pour 20h au plus tard. Je ne résiste pas à l'idée d'un café et me lance.
Publié par libou à 12:16:34 dans Oedipe Horn | Commentaires (0) | Permaliens
Dans le cratère de ta chevelure dénouée
un oiseau chante à tue-tête
un musicien ronge son frein
devant un verre vide.
Il regarde son violoncelle
ballotté par les vagues
il écoute l'oiseau menteur
lui susurrer à l'oreille
que le monde est beau
que la lumière reviendra
avec les débris de son instrument.
L'archet repose sur la table
l'oiseau sort du cratère
tes cheveux sentent bon
le musicien essuie une larme
commande un autre verre
mais il n'y a personne.
La mer est si agitée
qu'on ne sait plus
si c'est elle ou si c'est toi
qui a brisé ce coeur
ce coeur d'homme.
De la fumée partout de la fumée !
Le choc d'un morceau de bois contre un récif
le tintement d'un morceau de coeur contre un verre vide...
Le musicien pense qu'il va mourir.
Sa main tente de saisir l'archet
retombe
fumée
verre plein
verre vide
l'archet en travers de la gorge
les poux dans tes cheveux...
Un violoncelliste baigne dans son sang
sur une grève
qui ressemble à ton pubis.
Vital Bender
Publié par libou à 12:48:21 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) | Permaliens
L'absurdité est réelle à grande échelle :
Notre existence face à l'existence ou aux existences perd tout son sens.
Elle retrouve sa réalité dans le plaisir donné à une activité.
Publié par libou à 21:36:38 dans carnet d'autrefois | Commentaires (0) | Permaliens
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