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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)


C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."


Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.


Que serais-je sans vous ?


 

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L'oeil d'Oedipe

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Jour IV (2) | 21 août 2009

De retour j'ai pu expérimenter une nouvelle fois la douche des glaciers et je comprends qu'avec une eau si froide une seule lettre sépare ablution d'ablation. Mais la pratique était indispensable car je venais d'offrir à la nature mon premier caca qui d'un beau brun vira instantanément au noir tant le festin comptait d'invités.

A l'instant où j'écris, je suis fasciné par le labeur de bergers éloignés qui tentent désespérément de rameuter leurs bêtes. Mission impossible. Ils les conduisent d'un côté, elle filent de l'autre. A peine rassemblées elles se scindent à nouveau. Un vrai bal clownesque que je savoure des premières loges de mon promontoire. Ça y est ils abandonnent.

Toujours de grandes difficultés à trouver le sommeil. Je ne m'épargne pourtant pas en journée. Et même là d'ailleurs, aucun coup de barre. Je pète la forme.
Le ciel aussi a pété sa rage. Puissantes rafales de vent toute la nuit pour exploser en orage peu avant l'aube.

Publié par libou à 21:27:38 dans Oedipe Horn | Commentaires (0) |

Jour IV (1) | 20 août 2009

Je viens de comprendre que si on marche tôt en montagne c'est surtout parce qu'il n'y a rien d'autre à faire. Il fait trop froid.
C'est presqu'à la course que j'ai entamé ma course et comme toute la montée est dans l'ombre j'ai même eu peine à transpirer. Je voulais contourner le Rothorn et le prendre par l'arête nord depuis le glacier du Lämmer. Par endroits elle ne fait guère plus de cinq mètres de haut. Je les pensais aisément franchissables.
C'était sans tenir compte de la friabilité de la roche de ce côté-ci. La montagne tombe en miettes. Les quatre mille de la rive gauche du Rhône offrent une fierté stable. Les reliefs de la rive droite me font penser à la peau d'un vieil éléphant. Ce qui leur confère une beauté très étrange, presque lunaire ; enfin selon l'idée que je me fais de la lune.
Donc c'est bien mal pris que se trouva pris celui qui croyait prendre. Tout s'effritait. Et sous la roche, le glacier formait un joli toboggan d'une centaine de mètres. Il aurait amorti ma chute et j'aurais eu de la peine à en mourir mais je me serais sans aucun doute trouvé bien amoché. Et sans téléphone car je l'avais laissé sous tente pour être certain de le retrouver au moment du devoir filial (c'est pas vrai, je l'avais sur moi mais trouvais l'anecdote amusante).
L'avantage avec une roche friable c'est qu'on peut y tailler des marches. Ca prend du temps mais je peine à renoncer.
Le point de vue en valut la peine. Le plateau du Rothorn ouvre sur tout le glacier de la Plaine morte. Et comme par rapport aux classiques réputés, cette partie est très peu fréquentée j'y ai goûté en solitaire.

Publié par libou à 16:34:24 dans Oedipe Horn | Commentaires (0) |

La femme que j'aime | 18 août 2009

La femme que j'aime a les seins plus doux qu'un jet incessant de pétales
vers le ciel d'automne cramoisi.
Nous sommes de ce temps-ci (et d'aucun autre) !!!
J'allume une cigarette en imaginant que ta soeur a des règles plus abondantes qu'un rayon
sur ses lèvres enfantines.
Qu'elle me montre son globe lumineux en retroussant sa lèvre.
Que nous nous aimons sur un tapis roulant.
Que le réchauffement de la planète
est dû à notre immunité et à notre insouciance.
La femme que j'aime a la douceur des roses blanches
leur tiédeur égratignée.
Ne me demandez pas s'il est possible
de survivre à cette intuition.
Et je ne sais plus si c'est toi l'unique l'ineffable ou si c'est une autre
si c'est à toi ou à elle ou au monde entier que je m'adresse
alors que je devrais déchirer cette page !
je ne sais plus m'émouvoir d'un rien
d'yeux clairs
d'yeux fraternels
qui se cherchent obstinément dans la réalité et peut-être aussi dans le rêve
quand le volcan s'est réveillé à l'intérieur du sang
que le corps entier n'est plus qu'une irrésistible secousse.
Oh ma soeur que j'ai abandonnée à des chimères sans issue
poursuis ta route avec au fond des yeux l'éclatement la scission
la désintégration permanente
et tu n'auras plus jamais froid !
Tu éclaireras ta propre nuit de tes fumigations diamantées.
Nous retrouverons-nous nous reconnaîtrons-nous un jour au bout tout au bout de cette route
au bout de cette comédie ?
Vois-tu
je ne m'accorde plus le temps
de me jeter sur un lit de feuilles
d'y mourir une heure
un instant
afin de renouer avec la saison qui fut tienne.
Soeur des ombres claires et des bleuissements
soeur des lunes en éventail sur la mer
soeur des orques et des récifs coralliens
soeur des reflets d'épouses dans les flaques d'eau
soeur des jardins en friche et des feux de broussailles
soeur des éclaboussures de nuit sur une nappe blanche
oh ma soeur clouée à ce tronc centenaire
qui n'a gardé que tes initiales
qu'une égratignure...

Vital Bender

Publié par libou à 13:57:27 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) |

Jour III (2) | 11 août 2009

Pour rassurer ma mère qui s'angoisse dès qu'il s'agit de montagne, j'avais promis de lui composer un sms au terme de chaque journée. Au moment de m'en acquitter, je ne parviens pas à mettre ma main sur mon téléphone. Et je retourne mon sac et mes souvenirs en vain. Le plus probable est que je l'aie oublié à la cabane. Impossible d'y retourner. La nuit tombe et j'ai déjà cinq heures de marche dans les pattes. Je l'imagine désemparé ameuter pompiers et Rega.
Voilà le geste manqué par excellence. Pour moi, même si c'était de bon coeur, c'était céder par complaisance à un caprice que d'accepter de jouer ce jeu. Si je me blesse je peux appeler, si je me tue rien ne presse.
De plus, on s'habitue d'abord à imaginer le pire avec ce genre de procédé. L'état permanent est l'alarme. Elle ne s'apaise qu'à la réception du message. Alors que dans le cas inverse l'état permanent est la confiance, qui ne prend fin qu'au moment d'agir. Sans compter que bien plus d'incidents bénins peuvent interrompre cette régularité que l'accident tant redouté. La preuve par les faits.
Mais cette fois-ci la Rega ne fut pas sollicitée à blanc car je l'ai finalement retrouvé dans mon texte d'Oedipe.
La nuit fut bien plus agréable. L'addition matelas - couverture fit bien l'affaire et pour la première fois, en me couchant en même temps que le soleil, je n'ai pas eu froid. Par contre je peine à m'endormir et je me réveille très tôt. En pleine forme.

Publié par libou à 18:35:56 dans Oedipe Horn | Commentaires (0) |

Jour III (1) | 11 août 2009

Au matin le temps est couvert et je tourne en rond, ne sachant que décider.
J'avais d'abord l'intention d'atteindre les 2997m du Trubelstock avant de regagner l'emplacement de ma tente... Et puis merde, on est en juillet, qu'importe la pluie.
Finalement, si quelques bancs de brouillard raffraichirent la montée, il ne plut que très peu et l'excursion suivit mes prévisions sans autre encombre. De retour au camp, tout est à sa place même si la toile de sol ne paraît pas si imperméable que le vantait le prospectus. Heureusement, si le matelas se dégonfle, il aura au moins la vertu d'isoler la couverture que j'ai ramenée de la cabane. La montagne est décidément une affaire de matériel. D'ailleurs, enfin équipé en feu grâce à mon incartade, je découvre dans un rire que mon réchaud était pourvu d'un allume-feu incorporé. Mes allumettes me seront de rien. ./.

Publié par libou à 00:12:57 dans Oedipe Horn | Commentaires (0) |

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