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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)


C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."


Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.


Que serais-je sans vous ?


 

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L'oeil d'Oedipe

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Longtemps j'ai songé | 26 août 2009

Longtemps j'ai songé à t'offrir - pour toi ou pour ton regard qui semblait si vide - l'éclat et la tiédeur de la première neige pour la peau et pour les yeux mais tu détournais les tiens en riant ou en te forçant à rire et je ne songeais plus à rien qu'à éprouver pour moi-même l'incommensurable, l'éphémère. On n'apprend rien, on ne sait rien, une cigarette pend continuellement à ma lèvre depuis que je repense à toutes ces minutes, ces joies, ces ports, ces attaches, une cigarette qu'il ne me vient même pas à l'idée d'allumer car tu ne fumais pas, pas encore. Aujourd'hui, tu dors, tu te jettes là où tu es, n'importe où, tu te laisses engloutir par le sommeil, ta vie est un engloutissement perpétuel, j'allume ma clope, j'ai inventé cette histoire pour ne pas avoir à l'allumer trop tôt, mes cheveux poussent à l'envers et dans la verrière au-dessus de ma tête, je t'entends rire ou faire semblant de rire (de quoi ? de tout !), j'écarte un rideau, tu apparais, mes cheveux tombent la nuit et repoussent la journée, la verrière est un morceau de sucre dans mon café, le chat (ai-je un chat ?)... je n'ai pas de chat..., je vois des poils partout, sur mon oreiller, à chaque extrémité du vide, entre les lignes de ce poème et je songe, oh je songe à certaine partie de ton corps (bien sûr !). Le soleil est une boule de poils lumineuse, les étoiles sont des bogues velues éclairées de l'intérieur. J'ai jeté mon coeur au ruisseau, ce n'est pas vrai, qu'est-ce qui est vrai ? qu'est-ce qui m'empêche de le faire ? simplement je voudrais disparaître, vivre sous la terre, creuser, creuser, vivre à l'intérieur des murs, des troncs d'arbres, ignorer l'espace, ignorer le commencement et la fin, ignorer ces visages penchés sur le mien et qui déjà s'embuent doucement.

Vital Bender

Publié par libou à 23:35:13 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) |

Albert Muret à Flanthey | 25 août 2009

A la nouvelle salle de gymnastique et accessoirement halle polyvalente. Inaugurée il y a au moins une année, je me réjouis de la découvrir. J'en entends causer chaque fois que je rentre au pays.

Ils ont pensé à moi. Ça m'a fait plaisir alors que nul n'est prophète chez soi. J'ai pas eu le temps de prophétiser ailleurs que déjà on se prémunit contre mes reproches futurs et amers ! Vous savez ?! Ceux-là même du self made man qui s'est construit seul contre tous et qui a brandi son flambeau en dépit des railleries qui ont carburé son moteur jusqu'au faîte de la gloire. De cette gloire revancharde et aigrie censée posticher le menton d'un adulte qui n'a pas grandi.
Non. Moi c'est autre chose. Et bien pire. Tout le monde croit en moi et attend mon retour tout auréolé de gloire. Gloire qu'on se partagerait au grand buffet des rêves en jachère. Celui qui tel un Christ s'est un jour chargé de toutes les responsabilités humaines et les aurait assumées à lui seul, pour la multitude et les siècles des siècles. (A part ça comment voulez-vous qu'une religion n'ait pas un succès garanti après de telles promesses ? Voici-Gala ça marche aussi...) Alors que si je suis parti avec mes rêves de gosse en bandoulières c'était justement pour que jamais la moindre barbe ne noircisse mon visage poupon et rondelet.
Mais voilà qu'il faut revenir tout épaissi d'expérience et lire les poèmes culinaires d'Albert Muret. Mais qui est donc Albert Muret ? Si j'en parle autour de moi, que ce soit en Vaud ou en Valais, il paraît bien un peu avoir glissé dans l'oubli. Moi-même, outre la fameuse anecdote comme quoi C.-F. Ramuz le visitant à Lens s'éprit un peu de sa servante Ludivine et les quelques tableaux de sa main que j'avais pu admirer dans les espaces communaux, n'en sais à peu près rien. Je vais donc me servir du quatrième de couverture de l'ouvrage que vous viendrez écouter (n'est-ce pas !?) et que je lis à l'occasion de sa réédition par "Les amis de Muret" : Le peintre et écrivain Albert Muret (1874-1955), représenté ici peignant en habit de chasse, (Eh beh non... ça vous ne pouvez pas le voir puisque c'est sur le livre que je recopie. C'est bien dur en effet et je comprends le désarroi frustré qui vous saisit à la gorge mais... c'est la vie. Par contre si vous venez samedi je vous montrerai tout ça en partageant quelques verres et mignardises du terroir.) a vécu à Lens de 1900 à 1919. Il y recevait de nombreux amis, parmi lesquels l'écrivain Ramuz, le peintre Auberjonois et le musicien Stravinsky, tous amateurs de bons vins et de bonne chair.
Donc en fait, on peut surtout constater que même en rééditant ses poèmes on parle surtout de ses illustres contemporains. Quelle injustice. Comme si après ma gloire promise on disait : Emery, ce gigantesque comédien qui connaissait bien le président de commune, le propriétaire de la Villa Bardibury et notre vénéré curé.

M'enfin voilà. Je m'étale et me déballe pour finalement juste habiller un peu mon intention de vous inviter à festoyer ce samedi prochain 29 août à 18h à la salle de gym de Flanthey. C'est gratuit et il y aura aussi Noël Cordonier, un spécialiste en la matière qui vous dira tout ce que j'ai omis avec une autorité qui expiera toute la dérision de ce post.

La reproduction en médaillon est donc d'Albert Muret lui-même. Et c'est la colline de Lens. Pas encore affublée de son Christ roi qui se donne à voir aujourd'hui des lieux à la ronde et qu'on remplacera bientôt par mon effigie de nouveau messie.

Publié par libou à 16:52:34 dans puits à coq | Commentaires (0) |

Jour V | 24 août 2009

Pour l'instant la tente tient l'eau mais si ça continue avec cette violence j'ai des doutes. Il est 09h15 et le troisième orage éclate. Ma virée me paraît compromise. Suis condamné à l'attente, inquiet pour le matériel. Ça passerait du supportable à la misère totale. Quelle impuissance !
Le voilà exactement sur ma tête. Ouaouh !
10h20. Plus d'une heure de déluge et ça a tenu. Seulement c'est plutôt morose sous tente. On y est bien que couché. Et dehors tout est trempe et il fait trop froid pour tourner en rond...
Advienne que pourra. Je me lance à l'assaut du Mt-Bonvin.
Au bout de trois heures, un nouvel orage se précise à l'horizon. Je rebrousse chemin direction cabane des Violettes. L'averse se déclenche à l'instant même où je franchis le chambranle de la porte. Timing impeccable.
Je m'enquiers de la météo. Des orages sont prévus pour toute la nuit suivante avec une baisse de température et du coup une limite des chutes de neige à 1800 mètres. Je décide de dormir sur place. C'est aussi l'occasion d'un vrai repas. L'ambiance s'annonce bien différente, une famille vient de débarquer avec trois enfants en bas âge...
Les enfants n'ont pas bronché, par contre l'ennemi surprit ma vigilance à l'endroit même qui nourrit la réputation des nuits en cabane : les ronflements. Il y avait là des spécimens de la brigade d'intervention spécialement aguerris. Cela ajouté à mes insomnies chroniques depuis que je suis en montagne, la nuit me parut longue. Très longue...

Publié par libou à 21:07:27 dans Oedipe Horn | Commentaires (0) |

Quand la voix claire a résonné | 23 août 2009

Quand la voix claire a résonné dans ce couloir qui n'a pas de fin
le poète a ouvert lentement les paupières et il a vu - oh il a vu tant pis si vous ne le croyez pas ! ...
il a vu la femme originelle enfanter le soleil de sa bouche
la tempête se lever entre ses cuisses ouvertes sur un horizon sans limites.
Le blé coulait devenait lui-même paysage.
Le paysage s'écartait devant la femme
qui s'avançait vers un arbre solitaire.
L'arbre et la femme s'aimèrent.
La maison entière prit feu.
La femme ensemencée roula sur le sol aride
où le poète sans esprit l'aima à son tour.

Vital Bender

Publié par libou à 22:54:17 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) |

Le chant du monde : Jean Giono | 22 août 2009

Je ne m'attendais pas à ça. Je ne m'attendais à rien de surprenant d'ailleurs. Sans jamais avoir été tenté de le lire, j'avais classé Giono dans les écrivains populaires. Et peut-être l'est-il. Mais alors avec classe. Tout ce livre est poésie. Tant dans la forme que dans son cadre. C'est un livre frontière. On passe dans un univers qui paraît réel ou envisageable comme tel à des espaces improbables, comme nappés de vapeurs à la fois étranges et sensuelles. Il s'en dégage une atmosphère tant romantique que libidineuse mais d'un sanguin davantage sous-jacent que directement exprimé. Les personnages sont corps et force brute. Ils sont vie et Giono les lance dans son histoire et regarde comment ces muscles réagissent, la part qui échappe à leur raison, celle qui suit leur vérité peut-être essentielle, en dépit des conséquences qui pourtant sont rarement la facilité, mais qu'on assume comme une fatalité nécessaire.
J'y ai aussi pu lire l'opposition entre l'inné et l'acquis même si l'acquis n'est pas celui induit par l'homme mais celui que les éléments naturels ont modelé chez le héros principal, en l'occurrence pour lui : le fleuve et l'eau. Alors que le Rouquin représenterait le feu par excellence, mais celui qui brûle dans ses veines depuis sa naissance. La nature n'a pas encore pu y imprimer sa tempérance.
Le titre, s'il demeure énigmatique quant aux faits me semble confronter dans le déroulement du roman ceux qui entendent le chant du monde et ceux qui tentent de lui imposer leur mélodie.

Publié par libou à 15:59:21 dans lité-raclure | Commentaires (0) |

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