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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)


C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."


Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.


Que serais-je sans vous ?


 

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Alors il y aurait un pôle de cristal | 14 décembre 2009

Alors il y aurait un pôle de cristal
tintant sous la caresse des morts qui rôdent
un lieu d'ardentes paupières
où le râle des agonisants s'achève en notes cristallines.
il y aurait la mémoire de cristal
un chant un seul contenant toutes les émeraudes
les souvenirs rassemblés là dans leur globe musical
un lieu de poudre fine
et de chagrins banals
ici et partout ailleurs en chemin toujours en chemin
et sur la crête d'un rêve
ce papillotement carmin
cette note brève
cette note unique. Il y aurait
la nuit toute la nuit perdue
toutes les dissonances claires
de ce pôle central.
Un visage inspiré
en face d'un autre visage inspiré...

Vital Bender

Publié par libou à 19:30:31 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) |

Oedipe Roi toujours | 13 décembre 2009

Le vestige d'une présentation d'Oedipe Roi et Jocaste Reine sur le plateau de Canal 9. Un de ces très étranges moments qui se déroulent à la vitesse de la lumière. Où pris sous le feu on se démerde comme on peut pour ressasser ensuite toutes ces choses qu'on aurait préféré dire et celles qu'on aurait voulu ne point dire. (Faut aller en fin de journal.)

Et encore un article de Véronique Ribordy paru dans le Nouvelliste. Première critique dont je suis directement le sujet. Là aussi que de curieux sentiments en se disant qu'en fait c'est de soi qu'on parle.

Publié par libou à 18:52:58 dans cot-cot-idien | Commentaires (4) |

Alain Bagnoud : Le jour du dragon | 11 décembre 2009

En relisant mes mots sur "La leçon de choses en un jour" je n'aimerais pas qu'on soit tenté de classer Alain parmi les écrivains régionalistes, sans que j'en fasse pour autant une distinction qualitative mais simplement parce que je trouve que son écriture porte au-delà d'une géographie. J'y fus évidemment sensible puisque ce cadre m'était particulier mais le Valais n'en est pas le centre. L'espace y tiendrait une importance équivalente au temps. Puisque tous deux sont véhicules d'influences. Et ces causes sont surtout prétextes aux effets ; qui eux agissent sur le centre. Sur le sujet. Sur Alain. Bien sûr, avec tout le romanesque qu'impliquent les souvenirs.

Et dans ce deuxième opus le centre en question entre en adolescence avec ces mêmes quêtes et interrogations d'identité mais avec en plus, et c'est en cela que je trouve l'évolution entre les sept et les quatorze ans remarquable, une maturation lisible du héros sur les analyses qu'il porte à son expérience. Ce sont les réflexions d'un adolescent soutenues par la maturité d'un homme mûr, mais sans intrusion de ce dernier. Sans tricherie.

Dans "Le jour du dragon" le héros découvre l'amour, les rapports d'amitié mâtinés de pouvoir, les paradis artificiels, rencontre un artiste peintre, le désir et pèse leur rayonnement sur ce qui le constitue aujourd'hui. Et rétrospectivement il est difficile de dire lesquels, des pertes ou des gains, ont eu le plus de poids sur la richesse accumulée. Comme si les lois métaphysiques procédaient à l'inverse des physiques.

Je profite rapidement de ce post pour vous renvoyer vers un article splendide, qu'Alain Bagnoud a publié sur le site littéraire Coaltar, sur le poète Vital Bender dont vous pouvez lire ici sous la rubrique "Demain avant de naître" nombre de poèmes. Il a aussi rédigé une pertinente critique d'Oedipe Roi sur son blog. Critique qui me fait d'autant plaisir qu'il paraît avoir vu chez Oedipe l'essentiel que je souhaitais transmettre.

Faites-y un crochet. Ca vaut le détour.

Publié par libou à 13:29:38 dans lité-raclure | Commentaires (0) |

Safari dans l'avion pour Kin (2) | 10 décembre 2009

Notre trio fellinien, c'est confirmé, est donc constitué d'une brave famille de polonais tombés du ciel ; ils seront mes voisins de voyage. Ils ont dû gagner au loto, c'est pas possible, et s'offrir un safari ainsi que des (oui des) téléphones portables derniers cris ainsi que plusieurs (oui plusieurs) appareils photos. Elles, les femmes léopards, ont commencé par essayer de manipuler un appareil reflex très sophistiqué pour se prendre en photo dans l'avion. Et l'inévitable est arrivé : elles m'ont demandé de les prendre en photo et donc (et surtout) de mettre en marche l'appareil. J'ai fièrement réussi à l'allumer et à atteindre le menu sans pouvoir pousser plus loin : c'était écrit en russe. Le papa a trouvé une parade imparable : il a sorti un petit appareil numérique très accessible et facile d'emploi. Et le safari photo a pu commencer à plus de dix mille mètres d'altitude dans un airbus de la compagnie Bruxelles Airlines.

Un excellent repas nous a été servi avec un poulet au curry très convaincant. Les végétariens ont eu moins de chance que nous car pendant que nous mangions, les télés au-dessus de nos têtes nous déversaient d'interminables scènes de chasse où les léopards (sic !) n'en finissaient pas de dévorer différents types de gazelles encore vivantes (une fois le papa léopard, puis une fois le papa léopard avec sa femelle et sa fille aînée, puis une autre fois avec les enfants léopards. Mais à chaque fois une gazelle différente bien sûr...). Enfin, on est arrivés au bout du repas, heureux d'en avoir fini.

Sur ma droite, à côté de Corinne, une des rares femmes congolaises dans l'avion encore en boubou. Ses mains dépassent d'une grosse veste en laine et ses pieds nus de la vieille couverture d'une compagnie aérienne probablement disparue. Elle compulse le "dictionnaire des personnages de la Bible", ouvrage qui lui sera très utile quand nous traverserons l'orage tropical en descendant sur Douala. Pendant les franches secousses, mes Polonaises poussent des grands cris en s'agrippant l'une à l'autre pour ne pas tomber plus bas. La maman tentera quelques prières en polonais, sans grand succès à vrai dire.
Corinne et moi étions très bien entourés dans cet avion catholique. Nous ne risquions plus rien.

Et c'est ainsi que nous sommes arrivés sains et saufs à Kinshasa. Je vous passe l'épisode du douanier qui s'appelait aussi Thierry et qui nous a fait poireauter très très longtemps pendant que tous les autres voyageurs étaient déjà rentrés chez eux : il n'arrivait pas à déchiffrer les passeports de trois citoyens d'un pays du golfe persique. C'était écrit en arabe ! (véridique !).

Et nous voilà accueillis par un des membres fondateurs du Théâtre des Intrigants qui a certains passes droits car il est député de l'assemblée nationale. C'est Valentin Mitendo surnommé par ses proches et amis : "l'Honorable". Nous passons grâce à lui avec grande facilité les derniers contrôles douaniers. Nous voilà dehors, avec une flopée d'Intrigants à nous embrasser. Dont Edo, l'actuel directeur du théâtre et Bavon que nous connaissons bien pour avoir travaillé avec lui sur "Kardérah".

Et nous plongeons dans le noir de la ville.

Thierry Crozat

A suivre...

Publié par libou à 11:19:48 dans Kinstrata | Commentaires (1) |

Safari dans l'avion pour Kin (1) | 09 décembre 2009

Aéroport de Bruxelles. A l'embarquement de l'avion pour Kinshasa via Douala, une majorité de blacks tirés à quatre épingles avec des fringues de marque et tous et toutes des têtes sorties de chez le coiffeur il y a à peine cinq minutes. Au milieu de cette faune hautement stylée, comme une erreur d'espace-temps anachronique, trois êtres fabuleux dessinés par Boucq lui-même. Le papa d'abord (j'ai d'abord cru que c'était carrément un proxénète !), la soixantaine bien tapée, chaussures d'été blanches avec chaussettes intégrées, pantalon en tergal à carreaux écossais, la ceinture tenant le bas mais aussi le ventre qui s'affaissait en toute franchise et sans pudeur, la chemise à rayures avec petit col laissant dépasser une joviale et rougeaude tête à moustache et calvitie grise bien entamée. La femme numéro un, en fait la maman (et non pas une artiste de cabaret fellinien comme je l'ai d'abord pensé), donc fraîche retraitée, cheveux brunis et courts, en leggins moulants noirs avec santiags montantes et faux léopard avec chemise du même motif léopard en jersey retenue par une ceinture large et brillante. Avec bien sûr les obligatoires accessoires bling-bling colliers, bagouses et bracelets. En option, un vernis à ongles léopard lui aussi. Et maintenant la femme numéro deux, fille (et non pas la collègue de travail comme j'ai bêtement pensé au début), la quarantaine certaine malgré la couche de maquillage avec une tenue vestimentaire totalement clonée avec la mère ; les mêmes bottes et chemisier léopards sur leggins noirs. Les seules différences ; elle avait mis une jupe jersey léopard et avait une volumineuse coiffure échappée des meilleurs feuilletons américains (les mauvaises langues seront tentées d'évoquer "Mars Attack" mais je trouve ça exagéré) avec tout le bling-bling de rigueur bien entendu.

Nos blacks sortis plus haut des revues de mode s'avèreront être tous des camerounais. Ils descendront avec les léopards à Douala.

Thierry Crozat

A suivre...

Publié par libou à 23:21:55 dans Kinstrata | Commentaires (1) |

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