Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)
C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."
Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.
Que serais-je sans vous ?
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Le 26, Ulysse, le fils d'une grande amie fêtait son 10ème anniversaire.
Sa mère avait organisé une sortie en cabane pour la circonstance. La cabane de la Dôle Rochefort , au-dessus de St-Cergue. Absolument magnifique et aux parages bien plus tranquilles que ceux des cabanes valaisannes en cette saison.
Comme il se trouve que mon amie maman d'Ulysse et son ami (à mon amie donc ; qui l'est bien moins pour moi, amie qu'il ne l'est lui pour elle, ami. C'est clair non ?) projettent une virée d'une année sur les océans de notre planète.
Comme il est bien connu que tout marin devient chanteur je lui ai composé une petite chanson d'anniversaire que nous entonnâmes lourdement (heureusement pour vous y a que les paroles) :
De Magellan à Marco Polo
De l'Atlantique au Pacifique
Toutes les sirènes des Baltiques
Se passent le mot : C'est un héros
Cheveux au vent, dent de Sextant
Il fend la brise et les océans
Le grand Ulysse, à la proue de son sloop
Ira sur l'eau ; ça c'est un scoop
Même pas la soif ni même la faim
Même pas la houle ni les ouragans
N'entameront son bel élan
Il les vaincra en un tournemain
Refrain
Les Vahinés sèment leurs fleurs
Les fiers Vikings aiguisent leur hache
Les Esquimaux préparent leurs soeurs
Car il arrive ; le Suisse sans vache
Refrain
Du lac Léman au lac Baïkal
De la mer Rouge à la mer Noire
On y verra flotter ses voiles
Dès qu'il aura largué les amarres.
Refrain
Voilà.
Mais en fait ce qui m'arrangerait bien c'est que quelqu'un veuille bien y poser quelques accords incomparables et inédits
.
Publié par libou à 12:26:25 dans cot-cot-idien | Commentaires (1) | Permaliens
Comme je m'étonnais des récentes et nombreuses visites constatées sur ce blog, Maximilien hasarda une explication de son cru : C'est normal, les pré-suicidés, ça a toujours beaucoup intéressé les gens... {Je précise quand même, car on ne sait jamais à qui on a affaire, que c'était là un trait d'humour. (Enfin je crois) Car je pète la forme.}
Etant donné le résultat affiché par ces blogs, pourrait-on affirmer que le porno est pré-suicidaire ?
Quoi qu'il en soit, j'ai retrouvé dans mon carnet d'autrefois une phrase d'une comique circonstance :
"Un homme sans passion n'est rien. Le suicide est la dernière passion de celui qui pense qu'il n'est rien."
Publié par libou à 22:43:59 dans carnet d'autrefois | Commentaires (4) | Permaliens
Ca s'est reproduit.
Mais c'est bien connu, ça se reproduit vite les cafards. Et quand d'un coup de talon on pense s'en être débarrassés, la progéniture est déjà en voie de relève.
Hier soir, c'était la deuxième de La Grande Peur dans la montagne. Adapté du roman de Ramuz et franchement brillamment mis en musique par Jean-Claude Broccard.
Je n'en avais pas parlé avant le 17 parce que les deux soirées étaient complètes de longue date.
Donc hier soir rebelotte de pelotte de vide là au creux du dedans. De ce vide énorme que rien ne paraît devoir combler. De ce vide sans prise, sans aspérité. Juste ce vide tristesse. Juste cette tristesse vide. Sûrement pas tout à fait sans raison mais magnifié par la chute de tension, par le relachement de la pression, par le devoir accompli. L'adrénaline, le contrôle, le don puis le retour à soi. Soi face à soi quand le public quitte la salle. Soi face à soi dans les congratulations. Soi face à soi dans le tintement des verres. Soi face à soi dans cet alcool sans goût et sans effet.
Et tellement trop face à soi qu'on préfère la solitude tant ce soi s'absente des autres, de tout, de la vie. Tant ce soi nous dépasse et nous isole.
Alors j'y suis retourné, dans cette salle vide, pour tenter de mesurer la profondeur du gouffre. Le laisser m'envelopper tout entier. Et pleurer peut-être.
Même pas.
Alors j'ai continué parce qu'il m'en fallait encore, il fallait plus de profondeur, il fallait continuer à forer. Et j'ai trouvé un bar dans ma sacoche. Un bien sordide, bien joyeux de cette joie des autres avec juste un ivrogne, un turc bien saccagé, un vieux millionnaire sur le renvoi, un patron sans dignité, un "je fus" plein de ce qu'il n'est plus, un écumeur planétaire de terrains de golf, un miroir à solitude.
Et je m'y suis miré.
Mais, il m'en fallait encore. Et j'ai poussé la porte d'une pseudo disco à musique sans âme et sans sens, à musique rythme et creuse. Une pseudo disco avec ses serveuses peinturlurées et ses serveurs gominés. Une pseudo disco pleine de ces désespérés qui s'ignorent et qui gigotent, de ces mains qui se baladent, de ces solitudes qui mijotent.
Et j'ai chargé tout ça dans mon gouffre.
Puis lourd de tout ce vide, je me suis mis à léviter. Tout doucement d'abord de sorte qu'on ne me remarque pas.
Dans la position foetale d'une posture assise, j'ai glissé au-dessus du bar, au-dessus du gel et du mascara et j'ai tourné, sur moi-même, dans le tourbillon de mon gouffre, dans l'oeil du cyclone, dans le soleil vert de mon plexus.
J'ai tourné.
J'ai tourné.
J'ai tourné.
J'ai décidé que je marcherai droit dans la nuit glacée qui m'attendait. Dehors.
Même pas.
Publié par libou à 16:23:46 dans cot-cot-idien | Commentaires (6) | Permaliens
Ce matin (enfin l'autre déjà, vu que le prochain se profile rapido), me suis fait réveiller par Mozart.
Par aucun artifice technologique capable de me le balancer dans les oreilles en guise de réveil d'un respect plus tolérable que la moyenne.
Non c'était rien que Mozart en cher et en rêve qui me regardait comme ça, sans double menton, sous le molletonné de mon duvet.
(Et là j'avoue que je rapporte en substance parce que si ce matin c'était tout à fait net, je n'ai pas eu le courage d'allumer mon ordi, et la journée a passablement embrumé le propos) :
"Il n'y a aucune raison à l'existence de l'être humain...
Et c'est pour ça qu'on va lui en trouver une !"
J'ai passé une bonne journée.
Publié par libou à 02:04:50 dans cot-cot-idien | Commentaires (4) | Permaliens
Une des dernières répliques des Bas-Fonds est donnée par le personnage du Tartare.
Il lève sa bouteille de vodka au ciel en criant : On va danser, on va chanter et quand la mort viendra... on mourra !
Et tout le monde d'acquiescer joyeusement.
Mais ce soir, la panse arrondie par le repas de fête où ni nous ne chantâmes, ni nous ne dansâmes ; j'ai comme une envie d'en modifier la conclusion d'un zeste de citron : On va danser, on va chanter et quand la mort viendra... on rira !
Mais attention, pas ce rire empreint d'ironie ni de provocation, pas ce rire pied de nez et insouciant, pas cette manifestation d'indifférence ; mais un vrai rire de joie et de gratitude.
Mais attention, pas de cette gratitude par rapport à un soulagement, un bienfait, un ouf ; mais une vraie gratitude pour la vie qui s'accomplit ainsi dans sa célébration la plus magnifique. Le puissant et sincère rire de gratitude quant à une vie bien remplie qui se voit consacrée par sa propre cessation.
Le rire de l'absence de regret.
Le rire de la paix éternelle...
Publié par libou à 02:40:52 dans cot-cot-idien | Commentaires (4) | Permaliens
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